Mongo Béti : Une bibliothèque aux » Peuples noirs »
La veuve de l’écrivain camerounais l’a annoncé mercredi dernier à Yaoundé.
Justin Blaise Akono – La librairie Peuples Noirs, située au quartier Tsinga à Yaoundé pourrait abriter dans les prochains jours une bibliothèque. " La librairie ne nous permet pas de supporter les différentes charges et nous avons pensé rentabiliser l’espace en ouvrant une bibliothèque ", a annoncé Odile Tobner lors de l’assemblée générale de la société des amis de Mongo Béti (Sambé). La veuve de Alexandre Biyidi Awala alias Mongo Béti, alias Eza Boto a révélé que l’ouverture d’une bibliothèque était le deuxième projet pour cette année. Le premier, la construction d’une stèle sur la tombe de son époux a été rejeté par le fils de l’écrivain.
Le projet de bibliothèque est l’un des projets majeurs de la Sambé pour l’année en cours. Les autres projets portent sur l’organisation couplée des manifestations marquant la mort de Mongo Béti décédé le 7 octobre 2001 et, surtout, de Thomas Sankara, le chef de l’Etat Burkinabe assassiné le 15 Octobre 1987, " deux grandes figures africaines du XX siècle ", a commenté Odile Tobner. Le philosophe Fabien Eboussi Boulaga, membre de la Sambé a proposé que l’accent soit mis sur Thomas Sankara, les faits et gestes qui démontrent qu’il était un africaniste, cette interview qu’il avait accordée à mongo Béti et que ce dernier n’avait pas publiée, etc.
Créée en février 2003, la Sambé était réunie en assemblée générale pendant laquelle elle a reconduit son bureau. Sa mission est de " perpétuer l’action et le combat de Mongo Béti ", a rappelé le vice président Michel Kamdem. Il a indiqué que l’objectif actuel est de " s’opposer à la seconde mort de Mongo Béti. Seconde mort qui consiste à voiler son œuvre ". Pour cela, il a rappelé cette série de conférences animées par les enseignants de l’université de Dschang à l’alliance franco-camerounaise de la même ville le 18 octobre 2006 sur le thème "Connaître Mongo Béti ". Tous les membres de la Sambé, une vingtaine, ont suggéré que de telles actions se pérennisent. Cependant, ils ont déploré l’absence des œuvres de " l’écrivain rebelle " dans les programmes scolaires depuis son retour au pays en 1991. Ils comptent alors marquer le terrain à travers la publication des articles, des conférences et autres activités intellectuelles.
En marge de cette réunion, Odile Tobner a présenté un livre sur Mongo Béti, qui vient de paraître : Mongo Béti : Le Rebelle I est un ensemble d’articles de Mongo Béti réunis par André Djiffack, enseignant dans une université de l’Oregon aux Etats-Unis. Il compte 700 pages. Il est le premier de trois tomes et est publié aux éditions Gallimard en France. Ce livre, selon la veuve de l’auteur " rebelle ", devrait arriver au Cameroun au plus tard à la fin du mois de juin prochain. Tout comme l’ouvrage " Mongo Béti parle ", un texte d’Ambroise Kom est né de plusieurs entrevues avec Mongo Beti en juillet 98 et juillet 99. Publié une première fois en 2002 et réédité cette année. Il est le résultat d’interviews originales (bien les questions ne soit pas explicitement mentionnées dans le livre), et s’attarde sur le parcours et le cheminement d’un intellectuel engagé né sous la colonisation.
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