NJOH MOUELLE ajourne la « fermeture » de la Crtv
Le media audiovisuel à capitaux publics accepte le principe d’une revalorisation des droits d’auteurs. La menace de fermeture formulée par les artistes désamorcée.
Par Rémy Biniou –
Les artistes affiliés dans les quatre sociétés de droits d’auteurs (Scaap, Cmc, Socadap et Sociladra) du Cameroun peuvent envisager l’avenir avec optimisme. En effet, les conclusions de la bipartite (Crtv – Sociétés des droits d’auteurs) d’hier au ministère de la Communication laissent espérer à moyen terme une amélioration des revenus des artistes. La Crtv – par les voix de son président du conseil d’administration et de son directeur général – s’engage à revaloriser, dès l’exercice budgétaire, l’enveloppe destinée aux sociétés de droits d’auteurs de la place. Ce sera désormais une dotation budgétaire obligatoire. Actuellement fixée à 350 millions de fcfa, cette dotation est payée au gré des humeurs du directeur général de la Crtv. En attendant l’année prochaine, les dirigeants du média audiovisuel à capitaux publics acceptent de verser aux sociétés – indiquées supra – l’argent dû pour l’année en cours. Bien plus, la Crtv accepterait de discuter des contours du remboursement des 5% perçus par la Cmca (Crtv marketing and communication agency) au titres des droits d’auteurs auprès de ses annonceurs et autres clients. Collectée depuis plusieurs années, cette taxe n’a jamais été reversée ni dans les caisses de l’Etat, ni aux sociétés des droits d’auteurs. Ces dernières évaluent les arriérés à payer par la Crtv au montant de 400 millions Fcfa. En clair, pour cette année, les sociétés de droits d’auteurs attendent 750 millions Fcfa de la Crtv. Des évaluations concertées entre les deux parties permettront d’arrêter, de commun accord, la somme à verser finalement par la Crtv aux artistes. Menace de fermeture désamorcée
Flairant le danger, le président du conseil d’administration (et non moins ministre de la Communication) est monté au créneau pour désamorcer la bombe des artistes. Vendredi dernier, il a réuni les parties en conflit pour écouter leurs arguments. Pour le président du conseil d’administration de la Cameroon music corporation (Cmc), Sam Mbende, la Crtv doit augmenter la redevance due aux sociétés de droits d’auteurs pour trois raisons au moins. Primo : le budget de la Crtv est passé d’une quinzaine à une vingtaine de milliards de francs Cfa. Secundo : la convention Crtv- Cmc sur les droits d’auteurs porte uniquement sur le réseau hertzien. Or depuis plus de quatre ans, la Crtv est officiellement arrimée au réseau satellitaire. Ce qui suppose une augmentation considérable de son audience. Enfin, la Cmca collecte abusivement à hauteur de 5% une taxe dénommée droits d’auteurs. Face aux arguments développés par les uns et les autres, le ministre s’était donné quelques jours de réflexion. Hier, en “ bon politique et fin négociateur ” – selon le propos d’un participant à la réunion-, il a ramené avec tact à la raison toutes les parties. Prônant la tolérance à tous les participants (les quatre présidents des conseils d’administration des sociétés de droits d’auteurs, leurs collaborateurs ; le directeur général de la Crtv et ses collaborateurs). Un jugement à la Salomon. Pour combien de temps ? L’avenir du cessez-le-feu tient en tout cas aux respects des engagements pris. Le messager |


