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Thierry Michel : « Un cinéma africain sans salle de cinéma est possible »

Selon le réalisateur belge, la tolérance zéro envers le piratage est la condition sine qua non pour faire décoller le marché de la vidéo.

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Quelles sont les pistes de l’industrialisation du cinéma africain à votre avis ?
Je fais le constat tragique de la disparition des salles de cinéma et de l’exploitation en salle. C’est, de manière plus optimiste, l’apparition de jeunes cinématographies qui utilisent l’outil numérique et qui, aujourd’hui, assurent  une forme de distribution artisanale en rencontrant des publics qui se multiplient comme de petits ruisseaux pour devenir de grandes rivières de nouvelles formes de rencontres avec le public.L’avenir, c’est aussi la diversification des lieux de rentabilisation d’un film. Ce n’est pas seulement la salle de cinéma, mais également le Dvd, à condition qu’il y ait éradication totale et une tolérance zéro du piratage. L’avenir c’est également ces nombreuses chaînes de télévision nationales et panafricaines à la condition également qu’il n’y ait pas de piratage.
Et j’ajoute la vidéo sur demande sur Internet. Je pense qu’il y a des sources diverses comme celles-là  qui émanent de jeunes réalisateurs qui sont en train de repenser le cinéma désormais dans une perspective différente de la grosse exploitation sur 35m visant à concurrencer Hollywood. Ils travaillent en vue d’un cinéma qui parte de moyens et des outils disponibles entre les mains des jeunes cinéastes et qui, à partir de là, dans un cinéma plus populaire que par le passé, jouent sur la quantité de films qui rencontrent des vrais publics, et dont les auteurs pourront devenir des auteurs de films d’arts et d’essai connus et reconnus.
 

Donc un cinéma africain sans salle de cinéma, c’est bien possible !
Oui, c’est possible, mais il faut créer des conditions de distribution artisanale, il faut créer des conditions de vente des Dvd pour empêcher le piratage. Le cinéma passe par tous les médias possibles et imaginables. Le cinéma, c’est une démarche artistique qu’on peut rentabiliser sans passer nécessairement par l’exploitation en copie 35mm. Mais, il faut surtout que les Etats aient des politiques fiscales incitatives, des taxations sur la publicité, sur les bénéfices des sociétés. Ça se passe comme ça en France et dans d’autres pays : les entreprises doivent consacrer un certain pourcentage de leurs bénéfices au mécénat culturel, que ce soit dans le cinéma ou dans d’autres formes d’expression artistique : le théâtre ou les arts plastique. A  partir du moment où il y a une véritable législation sur le cinéma comme c’est le cas au Maroc où émerge une véritable industrie cinématographique. Le Maroc produit autant de films que l’Afrique noire. Pourquoi ? Parce qu’elle a mis cette législation et ces obligations  fiscales en place pour favoriser la production. C’est très jouable. De l’argent en Afrique, il y en a. l’Afrique regorge de richesses énormes. L’essentiel est de savoir qui se l’approprie, qui l’utilise, à qui il est redistribué et à quelles fin cet argent est utilisé.

Maurice Simo Djom

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