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Nollywood : quand le film devient industrie

Le statut économique du cinéma au Nigeria était l’objet mardi du colloque des Ecrans noirs. –

Les cinés TV made in Nollywood sont un business qui marche. Au Nigeria comme dans d’autres pays africains, francophones ou anglophones. Le cinéma nigérian réussit à percer malgré des moyens modestes. Un succès décrypté mardi par des producteurs et réalisateurs ayant travaillé dans l’industrie cinématographique nigériane, au cours de la deuxième journée du colloque « Economie et cinéma : faut-il industrialiser le cinéma africain ? », organisé au Ccf de Yaoundé dans le cadre des Ecrans noirs. Le Français Pierre Barrot, ancien journaliste, désormais producteur, a exercé en terre nigériane durant plusieurs années. Il a partagé son expérience « nollywoodienne » avec les autres cinéastes et producteurs au colloque.

Avant de débarquer au Nigeria, Pierre Barrot a participé au Burkina Faso à la production de la série « Taxi-brousse », pendant trois ans. Son constat : « Au cours des deux premières années, nous tournions avec 95 à 96 % de financements extérieurs. Puis la dernière année, ces financements étaient de 100 %. » Or, au Nigeria, tous les films sont tournés certes avec de petits budgets, mais des moyens internes. Plus intense que le cinéma, le phénomène des vidéos. Comme l’explique Kingsley Osuro, producteur nigérian d’environ 12 films sur une vingtaine d’années, « les films vidéo de Nollywood représentent un grand marché. Ils sont spécifiques au Nigeria parce qu’ils montrent ses réalités internes. »

L’économie de Nollywood a ceci de particulier qu’elle dérive intégralement de l’enceinte du pays. Parler de la cinématographie nigériane a introduit le débat sur le doublage et le sous-titrage des films étrangers au Cameroun. Pour Kingsley Osuro, le bilinguisme du Cameroun est un avantage pour le développement de ces deux domaines, utiles à la promotion de films nigérians. Nollywood reste un modèle africain en matière de financement des œuvres cinématographiques, mais il est loin de concurrencer « the » Hollywood : il faut en moyenne le budget de 1 800 films nigérians pour la production d’un film hollywoodien.

Monica NKODO

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