Philip Miloko : Au rythme du zouk et de la rumba
L’artiste s’est entouré de Toumba Minka, Charlotte Dipanda et Vieux Briscard pour donner plus d’éclat à son nouvel album. –
L’album s’ouvre sur un makossa dansant. "Aime-moi comme ça". On retrouve un Philip Miloko, fidèle à sa tradition des boutades qui fait sa particularité : "je suis un prince sans royaume. Un ange qui ne porte pas d’aile", clame l’artiste. Ce titre très enlevée est une histoire d’amour sans intérêt, mais le fond est une longue litanie des noms des célébrités et d’illustres inconnus lancées à la pelle comme son ex mentor Petit-Pays. Mais le premier constat qui se dégage de ce troisième album de Philip Miloko baptisé "jalousie et rivalités", c’est la dominance par le zouk (trois titres sur huit chansons) qu’on retrouve dans "ma patrie", "Lyly" et "je m’engage à t’aimer". L’autre nouveauté est la rumba dans lequel Miloko exécute avec une certaine réussite dans "jalousie et rivalités", le titre éponyme de l’album.
En dehors du zouk et de la rumba, Philip Miloko renoue avec le makossa qui l’a révélé au grand public. En dehors du titre "aime-moi comme ça", d’autre titre comme "ma patrie", "ancestralement" et "sofa go finish" sont des makossa. Dans ces titres, l’artiste clame son patriotisme. Dans "ma patrie" notamment, l’artiste crie qu’"on ne combat pas un gouvernement, mais on ne défie pas un peuple". Allusion faite aux fameuses émeutes de la faim de février 2008 que l’artiste de passage au Cameroun, avait vécu. Pour la première fois, l’artiste pense à ses fans d’expression anglophone avec "sofa go finish". Un makossa dans lequel l’artiste chante en duala et surtout en pidgin. Dans l’ensemble, l’album est aussi plaisant à l’écoute qu’elle est dansante. Normal. Un regard sur la fiche technique permet de comprendre que l’artiste s’est entouré de confrères reconnus pour leur talent. On retrouve par exemple Ntoumba Minka à la guitare. Ce dernier est accompagné de Vieux Briscard, le guitariste de l’ivoirien Frédéric Meiway. Charlotte Dipanda, la diva montante de la musique africaine quant à elle a fait un featuring avec Philip Miloko.
Elle se retrouve également aux chœurs avec Marcelle Bea. La forte dominance du saxophone (dans »jalousie et rivalités » et »Lily ») s’explique par la présence de King Blaise International qui est sorti des moules de l’écurie du grand Manu Dibango.
Seule ombre dans ce scintillant tableau, la monotonie dans les trois titres zouk de l’album. Tout comme on peut aussi déplorer l’omniprésence de l’artiste qui est en même temps auteur-compositeur, interprète, réalisateur, concepteur, arrangeur. Ce qui pourrait laisser libre cours à des supputations. Mais de manière globale, "Jalousie et rivalités" s’inscrit dans la même logique "Que je danse, tu danses", le précédent album de l’artiste : Des musiques plaisantes à l’écoute que dansantes. Pour le grand bonheur des adeptes des discothèques.
Fiche technique
Titre de l’album : Jalousie et rivalités
Sorti officielle : Décembre 2008
Huit titres + un instru
Featuring : Charlotte Dipanda (dans »un grand amour » et »Lily »)
A écouter : "jalousie et rivalités", "ma patrie", "sofa go finish".
Eric Roland Kongou

