Lapiro plaide non coupable
L’audience de la Cour d’appel du Littoral d’hier 10 juin 2009 a porté essentiellement sur le réquisitoire et les plaidoiries des avocats des deux parties. –
Espérant qu’ils seront compris et que le droit sera enfin dit, les avocats de Lambo Sandjo Pierre Roger ont plaidé pour la non-culpabilité de leur client. En dépit du fait que le réquisitoire du ministère public qui a soutenu que Lapiro soit déclaré coupable comme ce fut le cas devant le premier juge. Le ministère s’est appuyé sur le fait que Lapiro était le seul à circuler véhiculé pendant cette période des émeutes alors que la circulation était bloquée, et qu’il a tenu une réunion à son domicile dans la soirée du 25 février 2008 sans en informer le sous-préfet, ni avoir donné les objectifs et l’identité des participants.
Par ailleurs, s’appuyant sur les déclarations des témoins, le ministère public a dit que Lapiro encourageait les manifestants avec le slogan “ Mbanga must change ”. Dans sa suite Me Faustin Ntédé, l’avocat du ministère des Finances, s’est appuyé sur le fait que Lapiro n’a produit aucun témoin faute d’éléments contradictoires à fournir. Tout en rappelant que le Centre divisionnaire des impôts (Cdi) qui a été incendié était le plus beau et qu’il a coûté 80 millions Fcfa, il s’appuie sur les déclarations d’un témoin pour soutenir que l’accusé a été complice de sa destruction. Toutefois, il demande d’annuler les exceptions soulevées par la défense qui remettait en cause sa présence du côté de la partie civile, parce que sans fondement légal.
Revenant à la charge, les avocats de la défense ont démonté un à un les arguments de la partie civile. Tout d’abord, ils ont soutenu que le ministère des Finances n’avait pas place dans ce dossier conformément à la loi pour n’avoir pas pris part aux débats en instance. Et dans ce cas, il ne saurait apparaître en appel. Un argument en béton qui, s’il était pris en compte, pourrait permettre tout simplement de réduire la partie civile au ministère public. Puisque la Sabc et Tangui s’étaient retirés en cours de procès au Tribunal de grande instance (Tgi) du Moungo. Et depuis l’ouverture du procès en appel, la société des Plantations de Mbanga (Spm) n’a comparu aucune fois. Surtout que son avocat avait rappelé lors des plaidoiries au Tgi que la Spm n’a jamais porté plainte à Lapiro, mais à X.
La Spm dédouane Lapiro
Plus encore, les avocats ont rappelé que les dirigeants de la Spm ont reconnu que c’est eux qui avaient contacté Lapiro de Mbanga au regard de son statut de leader d’opinion pour sauver ce qui pouvait l’être de leur patrimoine. Rappelant que le fait que Lapiro était le seul à circuler aisément dans la ville en voiture et en moto n’était en rien la preuve de sa complicité. Puisqu’il y a eu des personnes dans les villes de Douala et Yaoundé qui ont fait autant sans qu’elles ne soient rendues responsables des casses.
Or, il est reconnu, d’aveux des témoins, que même les autorités ont fait recours à Lapiro à qui on a reconnu d’avoir sauvé la mairie, le lycée bilingue et la station service de la foudre des émeutiers. Quant à sa participation directe ou indirecte à l’incendie du Cdi de Mbanga, il est établi que Lapiro n’est pas sorti dans la journée du 27 février 2008 après qu’il ait échappé au lynchage des jeunes de Muyuka la veille à cause de la présence des éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir) qui tiraient à vu au point d’en faire des morts.
Au finish, les avocats de Lapiro ont soutenu qu’aucune preuve de sa complicité n’a été produite, seulement des affirmations gratuites et contradictoires. Tel que son slogan de campagne aux municipales qui était repris par les manifestants, mais qui ne justifie en rien sa responsabilité.La collégialité a mis l’affaire en délibéré pour le 24 juin 2009.

