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Francine Rogombé Etomba : Une Rose au sommet de l’Etat

La présidente par intérim du Gabon a la délicate mission de mener son pays vers une transition sans heurts. –

Si la cérémonie de prestation de serment de la présidente de la République par intérim, avant-hier, dans la vaste salle des conférences de la Cité de la démocratie à Libreville a mis sur le devant de la scène deux femmes, on aura surtout vu Rose Francine Etomba, épouse Rogombé. La présidente du Sénat gabonais, conformément aux dispositions de l’article 13 de la constitution de ce pays, succédait à titre intérimaire, à Omar Bongo Ondimba décédé quelques jours plus tôt dans une clinique à Barcelone en Espagne, mettant ainsi fin à un suspens qui planait depuis le début de la polémique sur la disparition de celui qui venait de tirer sa révérence après plus de quatre décennies de présence à la tête du pays. Le regard droit, le ton rassurant de sa première adresse à ses compatriotes ont fini de tranquilliser ceux qui doutaient des capacités de celle qui, le 16 février dernier, à peine élue sénateur de sa région natale de Lambaréné, a accédé à la fonction de présidente du sénat, devenant ainsi le successeur du président de la République en cas de vacance à la tête de l’Etat.

Depuis mercredi dernier donc, elle exerce la plénitude la fonction présidentielle à une exception près : elle ne peut pas organiser de référendum, ne peut pas procéder à la modification de la constitution et ne peut pas dissoudre l’Assemblée nationale. Mais cela n’enlève rien à l’importance de la charge qui pèse désormais sur les épaules de cette magistrate de 66 ans qui, si elle peut présider aux destinées du Gabon par le simple fait du respect des mécanismes constitutionnels, ou encore comme certains l’ont affirmé, par la volonté du défunt président qui aura particulièrement veillé à son élection, une délégation d’officiels du Parti démocratique gabonais (Pdg) avait à cet effet fait le voyage de Rabat au Maroc où Omar Bongo Ondimba s’était rendu au chevet de son épouse, Rose Francine Rogombé peut se considérer aujourd’hui comme faisant partie de la vieille garde des cadres du Pdg restée fidèle au chef. Sa prestation de serment, dans les termes voulus par la constitution, est la traduction en actes de la solidité des jeunes institutions de ce pays, récemment créée par la Constitution avec la volonté du président Omar Bongo Ondimba et de l’ensemble de la classe politique gabonaise. Leur mise en place aura nécessité quelques années seulement…

Missions
Première femme à diriger une institution parlementaire dans un pays où la promotion de la femme est loin d’être un simple slogan creux, ( Marie Madeleine Mborantsuo dirige la Cour constitutionnelle et a conduit de main de maîtresse pourrait-on dire, la cérémonie de prestation de serment de la nouvelle présidente, tandis qu’une autre femme occupe la fonction de Vice premier ministre), Rose Francine Rogombé accède à la charge suprême après être devenue après son élection le 16 février dernier, la seconde personnalité de l’Etat. Ses premiers mots de chef de l’Etat ont été pour rassurer ses compatriotes " Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais, en vue d’assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l’État de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge et d’être juste envers tous", ensuite la communauté internationale envers laquelle elle s’est engagée à respecter les engagements pris par son pays, et enfin tous ceux qui vivent au Gabon.

Le premier défi auquel elle doit faire face aujourd’hui, au-delà de l’organisation de l’hommage à rendre au défunt président, est l’organisation dans les délais prescrits par la loi, soit 45 jours, d’un scrutin présidentiel. Un délai par ailleurs prorogeable comme le lui a indiqué la présidente de la Cour constitutionnelle lors de sa prise de fonction. Un devoir de sa charge qu’elle entend assumer en veillant "au respect de la constitution et des libertés ". Un scrutin auquel elle ne pourra pas prendre part. mais qui ne s’avère pas être une sinécure. L’organisation des précédentes élections au Gabon a toujours été émaillée d’accusations de fraude, avec au ban des accusés, le Pdg, au sein duquel pourrait émerger le quatrième président de la République gabonaise.

Bien qu’arrivée à la tête du Sénat en tant qu’élue de cette formation politique, celle qui est aujourd’hui, après la libérienne Helen Johnson Sirleaf, la deuxième africaine à accéder à la fonction de chef de l’Etat sur le continent, doit donner des gages de son impartialité afin de garantir la crédibilité d’un processus enclenché depuis la disparition d’Omar Bongo Ondimba, et qui vaut à ce petit pays d’Afrique centrale d’être présenté depuis quelques jours comme un modèle de transition politique, et où la plupart des acteurs s’accordent d’ailleurs à reconnaître qu’il devrait être ainsi mener à son terme pour servir de modèle. Reste à Rose Francine Rogombé de mener le processus au bout sans heurt, et de passer le flambeau à celui qui va diriger le Gabon pour les prochaines années. L’avenir du Gabon reste ainsi suspendu au succès ou à l’échec de la mission de cette femme qui, tout au long de son investiture n’aura laissé transparaître ni inquiétude, ni signe de faiblesse. De quoi apporter un démenti à tous ceux qui avaient prédit l’apocalypse après la disparition d’Omar Bongo Ondimba.

Jean Francis Belibi

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