Raymond Tchenko : « La fracture numérique au Cameroun demeure »
A l’issue d’une conférence de presse tenue à Yaoundé, le Dg de Saconets explique les raisons pour lesquelles l’accès à Internet reste globalement prohibitif.
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Avec le boom des offres Internet au Cameroun en ce moment, peut-on encore parler de la fracture numérique ?
Oui, malheureusement. L’évolution technologie n’a pas été suivie par l’accès de tous les Camerounais aux services Internet. La fracture numérique se mesure au taux de pénétration. Il est en ce moment en deçà de 10%, contrairement aux pays de l’Afrique du Nord comme la Tunisie et le Maroc qui sont au-delà de 50%. La fracture numérique au Cameroun demeure.
Les internautes continuent aussi de se plaindre de la qualité du débit…
En ce moment, au Cameroun, le terme haut débit est très relatif. Quelqu’un qui vous fournit du 256 dira haut débit, de même qu’un autre qui vous fournit du 56. Pour dire franchement les choses, il y a un peu de tricherie. En fait, les gens font la comparaison entre ce qui se faisait avant et ce qui se fait maintenant. Avant, la connexion était très lente et maintenant qu’elle est un peu rapide, les gens parlent de haut débit. Pourtant, il y a quand même des normes de qualité.
Il y a une très forte concurrence dans l’offre d’accès Internet au Cameroun, mais les coûts restent globalement prohibitifs…
La concurrence en elle-même est une bonne chose. Mais seulement, les effets de la concurrence ne peuvent se faire sentir que si derrière, les moyens d’accès sont mis à la disposition des opérateurs. Pour être clair, quand je prends le cas de Saconets que je dirige, nous prenons le Wimax que nous offrons chez un opérateur local qui en a l’exclusivité. Les prix que nous répercutons aux clients sont donc fonction de ceux que nous recevons. Le propriétaire de la fibre optique doit ramener ses prix à la baisse, ceux de tous les fournisseurs d’accès vont aussi baisser et cela permettra au maximum de Camerounais d’avoir accès à Internet.
Jean Bruno Tagne

