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Vincent Ndoumbe : 30 ans derrière la caméra à la Crtv

Le réalisateur d’« Accord majuscule » et de « Just for fun » prépare la deuxième saison de « Cité campus ».

ImageLes amoureux du petit écran connaissent parfaitement Eshu, le monstre de pingrerie du sitcom «Retrouvailles bar » et de l’émission de satire sociale « Just for fun ». Ces deux programmes ont un autre point commun, Vincent Ndoumbe, réalisateur à la Crtv depuis 30 ans. Il a écrit les belles pages de la réalisation télé entre 1988 à 1998 dans le cadre du magazine culturel culte baptisé « Accord majuscule ».

Plus tard, entre 2001 et 2003, il sera encore à l’origine de « Just for fun », qu’il présente comme « la première émission de satire sociale à la télévision nationale ». Mais le concept mourra, faute de financements : « Plus les gens aimaient le concept, moins nous avions de l’argent pour le faire. Résultat des courses : nous avons été obligés de mettre la clé sous le paillasson. » Tourné à Bonendalè de 2002 à 2006 et diffusé par Canal France international (Cfi), « Cité campus » rentrera bientôt dans la deuxième saison : « Les lycéens ont le bac et vivent en résidence universitaire. » Entre temps, le petit écran de la Crtv a servi les deux premières parties de  « Retrouvailles bar ». Et Vincent Ndoumbe donne rendez-vous aux amoureux de situations rocambolesques pour la troisième partie de ce sitcom.
30 ans de réalisation télé. Vincent Ndoumbe jette sur son métier un regard désabusé, lui qui n’est jamais au-devant de la scène et qui a subi tant de frustrations au sein de la Crtv : « Je suis un faiseur de marionnettes, je crée dans l’ombre mais je ne suis pas vu du grand public ».  De l’expérience, il en acquis et compte le partager avec autres, lui qui est désormais membre du conseil d’administration de la Société civile des arts audiovisuels et photographiques (Scaap) depuis le 13 juin 2009.
Avec un sourire, Vincent Ndoumbe se rappelle avoir embrassé ce métier moins par passion que par nécessité. Bien qu’il ait toujours été artiste dans l’âme, c’est en philosophie qu’il aurait fait carrière, s’il avait suivi le chemin de sa formation scolaire et universitaire. Après des études secondaires au lycée Joss et au collège Alfred Saker, le petit Vincent s’inscrit à la Faculté des lettres de l’Université de Yaoundé, avant de s’envoler pour la Sorbonne où il obtiendra un Diplôme d’études approfondies en philosophie en 1979. Une carrière d’enseignant et de chercheur se profile à l’horizon, mais subitement la vie du jeune étudiant bascule le jour où il découvre la thèse d’Etat du Révérend père Engelbert Mveng dans un rayon de la bibliothèque de la Sorbonne. Une découverte qui le laisse coi : « C’est le premier jour où je suis devenu vraiment intelligent. », confesse-t-il.
Télévision
Pendant trois jours d’affilée, il dévore ce monument qui remet en cause tout ce qu’il savait de la philosophie. Désireux de rencontrer ce grand homme, il rentre au Cameroun sans plus attendre. Mais en six mois de traque, il ne verra jamais Engelbert Mveng. Ce dernier est partagé entre colloques et conférences de par le monde. Là-dessus, il s’habitue peu à peu à la vie camerounaise, en voyant s’effriter de jour en jour l’espoir d’un doctorat. L’attitude de son père y a été pour beaucoup : « Mon père m’a demandé : ‘‘C’est quoi cet acharnement à aller faire un doctorat ? Tu vas passer ta vie à chasser des diplômes ? Les diplômes sont à la portée de tous les imbéciles appliqués. Apprends un métier et rends-toi utile à ton pays ! »
Si cette injonction n’est pas un défi, elle en a tout l’air ! Et Vincent Ndoumbé n’y restera pas indifférent. C’est pour y répondre qu’il restera au Cameroun, se remettra en question, réévaluera « tous ces savoirs frelatés et un peu mal digérés ». Un processus qui le poussera à se rendre compte progressivement que l’intelligence de la tête, en Afrique, est tellement surfaite qu’elle ne rencontre pas l’intelligence émotionnelle.
Voilà comment Vincent Ndoumbé, après avoir fait partie de la première génération des réalisateurs télé formés par les Allemands, se retrouve à la télévision nationale où les conditions ne sont guère remplies pour son épanouissement : « Notre carrière n’a pas connu de jours meilleurs, nous nous sommes heurtés à des gens qui voulaient faire davantage de l’administration que de la création et de la production. Les 20 dernières années à la Crtv ont été une véritable douleur du point de vue managérial pour certaines personnes. »
Chef de service au ministère de l’Information et de a Culture, il passe un concours interne organisé par la Fonction publique : « J’ai passé trois ans dans ce centre de formation et à la sortie, on me dit que je n’ai pas de statut. J’ai été victime de maltraitance morale.»
Bouddhiste depuis 35 ans, plutôt casanier et amoureux de jazz et de lecture, Vincent Nduombe se consacre à la création d’une émission people avec jeu concours. L’artiste ne s’intéresse pas au climat délétère au sein de l’entreprise : «Pour garder sa créativité d’artiste, il faut éviter de faire carrière. Je ne suis pas un carriériste, je suis un idéaliste, je cours après ce qui est juste ce qui est beau et ce qui est vrai »

Maurice Simo Djom 

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