Fescarhy : Les jeunes pensent leur cité
C’est sous le thème : « sous mes traits, ma cité : hier, aujourd’hui et demain » que s’est placée la 11ème édition du festival de caricature de Yaoundé. –
Le festival International de la caricature et de l’humour (Fescarhy) qui s’est ouvert depuis le 06 juillet dernier et ce jusqu’au 25 du même mois a officiellement lancé le train des activités de cette 11ème édition. C’était au cours d’une conférence de presse donnée hier par les organisateurs de ce festival à l’hôtel de ville de Yaoundé. Parallèlement à cette conférence de presse, on a assisté au vernissage de l’exposition de peinture de l’invité spécial de cette édition ; Gérard Pivaut, directeur de l’école éponyme de Nantes. Une exposition sans thématique précise mais qui ballade le visiteur dans l’univers de la couleur. Un peu comme le fera dès ce jour l’auteur de cette exposition. Ce sera dans le cadre de l’atelier de formation sur la colorisation destiné aux professionnels qu’il conduira.
Edmond VII Mballa Elanga, coordonnateur de cette édition 2009 du Fescarhy confie : "Le festival cette année aura plusieurs articulations. Il s’agit notamment deux ateliers de formation dont l’un a commencé la semaine dernière sur la bande dessinée et un deuxième qui commence ce jour et traite de la colorisation (étude et psychologie de la couleur)". Il explique le choix de cette thématique de formation par le fait que "dans l’art de la bande dessinée, la couleur joue un rôle de plus en plus important. Il faut la connaître pour l’utiliser à bon escient. C’est pour cela que nous avons pensé que c’est un sujet intéressant pour les professionnels présents à YAoundé".
Couleur
Ces professionnels qui, comme à chaque édition, viennent de plusieurs pays d’Afrique. Le casting de cette année présente donc Sylvain Gringo venu du Burkina Faso, Cissé Samba Ndar du Sénégal, Zohoré de Côte d’ivoire, Ramon Essono de Guinée Equatoriale et le Gabonais Pahé a qui une rétrospective était annoncée pour cette édition 2009. Rétrospective qui, malheureusement a été différée car, explique Edmond VII Mballa Elanga : "l’éditeur, Pierre Paquet qui l’a d’ailleurs découvert lors d’une édition du Fescarhy, n’a pu se libérer et France 3 qui produit le dessin animé réalisé par le caricaturiste n’était pas non plus disponible". Pour donner sa place à l’humour qui s’est installé aux côtés de la caricature depuis quelques années, quatre soirées spectacles sont annoncées au Centre culturel français François Villon de Yaoundé pendant la durée du festival. Ce sera du 22 au 25 juillet 2009. Ainsi, dès le 22, en journée, des rencontres s’effectueront à l’esplanade de l’hôtel de ville de Yaoundé et, dès 17h, le public sera invité au Ccf pour assister aux différents spectacles d’humour annoncés.
Un éparpillement de sites et de dates qui lui donne le tournis. Les organisateurs rassurent cependant : "ça peut sembler dispersé au public et c’est couteux pour nous mais il était important que nous le fassions ainsi parce que nous nous sommes rendus compte que les formations de quatre jours n’aboutissent à rien. C’est pour cette raison que nous avons préféré les ouvrir dès le 06 juillet et ouvrir la partie festive de l’évènement dès le 22. On sera alors mieux organisé", estime Edmond VII Mballa Elanga. Initiée depuis douze ans, le Fescarhy a vu le jour alors que les caricaturistes sont considérés comme des bouche-trous dans la presse et sont, affirment-ils alors, mal traités. Depuis, pensent les organisateurs de cette manifestation culturelle, la situation a changé. La caricature est mise en perspective et les jeunes qui s’exerçaient et manquaient de formation au départ se sont améliorés ceci grâce aux échanges annuels entre caricaturistes de l’Afrique.
Dorine Ekwè

