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Livres du poteau : Les vendeurs en vadrouille

Ils ne savent plus à quoi s’en tenir en cette veille de rentrée cruciale pour leur activité. –

La météo qu’il fait actuellement à Yaoundé est des plus contrastés. Alternant forte chaleur et coup de froid soudain. Souvent en un temps très rapproché. Une météo que l’on pourrait prendre aussi bien au propre comme au figuré tant les affaires des uns et des autres adoptent un ton similaire par ce "temps de chien" finalement difficile pour les sauveteurs. Pour juger de ce que les affaires vont mal pour nombre de petits commerçants de la capitale, il serait bon de se déplacer du côté de la cathédrale Notre dame des victoires où, contre vents et marées, les vendeurs de livres dits du poteau bravent une conjoncture pour le moins défavorable. Depuis quelques mois comme on a pu le constater au travers de nombre d’articles parus dans ces colonnes, les sauveteurs ont vu leur vie quotidienne être chamboulée. Après le passage des hommes de Tsimi Evouna, le tout puissant édile de la capitale, Yaoundé a pris un nouveau visage. Délaissant au bord de la route ces vendeurs de livres "par terre" auxquels les Yaoundéens s’étaient habitués depuis des lustres.

Dans la foulée, des cargaisons entières de livres divers ont été emportés, histoire de donner à la cité un visage plus avenant à l’arrivée du pape Benoît XVI. Et depuis, l’incertitude du lendemain a gagné les vendeurs. "Nous ne sommes pas contre l’embellissement de la ville, dit l’un d’eux. C’est seulement que nous pensons que le délégué n’a pas bien fait les choses. Non seulement nous n’avons pas été avertis, mais nos marchandises ont disparu du jour au lendemain sans que nous ne sachions quoi faire pour les récupérer". A les croire, "il est impossible au jour d’aujourd’hui de rentrer en possession de nos biens tant leur confiscation n’a pas fait l’objet d’une organisation à la hauteur des quantités emportées".
Mais le plus urgent en cette veille de rentrée scolaire n’est point là, puisque c’est à cette heure-là que beaucoup réalisent leurs meilleures ventes de l’année.

Sur les visages de ceux qui écument les abords de la cathédrale, c’est la désolation. A la question de savoir comment vont les affaires depuis le départ du pape, l’un d’eux éructe : "pour savoir comment ça va, il faut nous regarder. Nous avons maigri en quelques mois comme vous pouvez le constater. Ca ne va pas du tout !" Une déclaration faite alors que les yeux sont aux aguets. Ici, comme à l’agence Fokou du face du marché central, les agents de la communauté rodent, prêts à bondir sur les vendeurs et à confisquer leurs marchandises pour ceux qui auraient éventuellement l’intention de braver l’interdiction de disposer des livres sur le trottoir. En face du marché central par contre, dans l’interstice entre la Pharmacie le Sion et l’immeuble Tsekenis, l’atmosphère semble plus apaisée. Ici, Yves Njoko qui est le responsable du secteur estime que la Cuy n’y a plus ses habitudes depuis bientôt un mois. Un répit qui sonnee comme une trêve des confiseurs et qui augure peut-être d’un lendemain meilleur.

Attente
Après moult séances de travail avec le délégué en personne et la commission mise sur pied par le préfet du Mfoundi aux fins de recasement de tous les sauveteurs déguerpis du pourtour du marché, la tension est quelque peu tombée. Même si ici l’on ne se cache point pour relever que "ceux qui nous représentaient dans cette commission nous paraissent a posteriori comme ne plaidant pas notre cause. Ils ont en effet portés disparu depuis que le délégué a demandé à nous recevoir pour voir la conduite à tenir en cette veille de rentrée au regard de nos activités et de la conjoncture".
Une attente qui commence à s’allonger pour certains. Surtout si l’on se souvient que tous les sauveteurs du pourtour du marché central avait été invités par la commission de recasement à rejoindre "provisoirement" le lieu où se tient la foire commerciale organisée par la Chambre de Commerce tous les mois de décembre. "Nous avons effectivement rallié l’espace prévu, sauf que nous y avons constaté un désordre dans l’installation des recensés par la commission, se souvient M. Njoko." Avant de remarquer que "non seulement le site prévu est provisoire parce qu’il est prévu pour un événement annuel, mail il y a aussi qu’il est très éloigné du centre ville, ce qui ne facilite pas les affaires de la clientèle qui ne peut pas supporter en même temps les frais de transport et les frais d’achat des bouquins".

Un sentiment partagé par un de ses collègues du côté de l’arrière boutique du supermarché Casino qui ajoute : "c’est à ne rien comprendre des autorités qui savent bien que c’et grâce à notre activité que la très grande majorité des enfants de ce pays peuvent aller à l’école. Maintenant Qu’elles veulent nous renvoyer à la maison en confisquant nos marchandises et en nous empêchant de poursuivre nos activité, n’est-ce pas là un moyen de nous renvoyer à la maison et de faire de nous des braqueurs ?" Une interrogation qui ne l’empêche pas de relever que lui aussi a fait le déplacement de la foire de Tsinga. Pour constater que "il doit y avoir eu une sorte de légèreté dans le recasement sur cet espace dans la mesure où non seulement tous les vendeurs recensés n’ont pas eu de comptoir, mais ceux qui en avaient étaient comme par hasard inconnus de nous et surtout étaient originaires du voisinage. Cela dit, et pour y avoir passé quelques jours, il ne m’a pas été possible de vendre un seul livre".

Une conjoncture des plus difficiles qui n’empêche cependant pas les vendeurs de nourrir des propositions qu’ils soumettront en temps opportun à M. Tsimi Evouna. "Nous souhaitons un site définitif. Mais en attendant, qu’il nous permette de vendre sur nos précédents espaces, explique Yves Njoko. Nous aimerions même que le délégué fasse le déplacement du terrain une nouvelle fois pour lui-même organisé l’occupation de ces espaces. Par ailleurs, nous sommes prêts, pour ce qui est de la salubrité, d’effectuer une fois des actes d’hygiène dans le centre ville." Une disposition d’esprit qui pourrait leur permettre de mieux affronter le mois d’août décisif qui avance à grands pas et qui constitue un moment décisif dans la vente des livres "par terre".

Parfait Tabapsi

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