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Major Asse : La parole qui choque et réveille

L’un des symboles de la jeune génération de l’humour camerounais trace imperturbablement sa voie malgré les écueils. –

Depuis son dernier passage sur les planches du Centre culturel François Villon (Ccfv) il y a quelques semaines, le téléphone de l’humoriste Major Asse n’en finit plus de sonner. Un coup ce sont ses détracteurs qui le mettent en garde contre sa "désinvolture" vis-à-vis de la France protectrice, un coup ce son des fans qui le remercient pour cet orgueil porté au sein de l’antre même de la représentation culturelle française au Cameroun. Des positions qui embêtent quelque peu l’humoriste qui avoue ne faire que son travail.

C’est que son dernier spectacle intitulé "Avant de me rapatrier" est chargé de symboles et de messages pour les moins crus et clairs. Pour lui en effet, le continent noir a assez souffert de la condescendance et de la méprise d’un Occident qui n’a cessé jusqu’ici de multiplier les ruses pour tenir en laisse les jeunes Etats issus de la colonisation. Des ruses qui ont pour nom la Françafrique, l’aide au développement, les Plans d’ajustement structurel, etc. Des ruses qui ont instillé en l’artiste un malaise quasi existentiel qui l’a poussé à écrire ce recueil de sketches dans lequel il fustige pour ainsi dire cette relation basée sur la dialectique du maître et de l’esclave qui n’en finit plus de promener ses avanies sur le devenir d’une jeunesse décidée à s’en débarasser.

Un spectacle qui s’inscrit dans une suite somme toute logique du précédent qui était une lecture de l’ouvrage de son compatriote Gaston Kelman et dont le titre était "Je suis noir et je n’aime pas le manioc". Une création qui fustigeait les perceptions occidentales du noir. Création qui avait elle-même suivi une autre qui se révéla au public lors des soirées inoubliables dans les espaces d’expressions artistiques de son pays en 2004-2005. Il fustigeait effectivement dans "Chuis pas fou moi" les détournements de deniers publics, l’immigration clandestine entre autres en déclarant par exemple que "Quelqu’un peut-il aller à Paris et revenir dans la galère? Quelqu’un qui va aux Champs Elysées revient-il à l’Avenue Kennedy? T’es fou! fou! Fou!".
Depuis, le jeune homme a fait du chemin, multiplié des prestations aussi bien au bercail qu’à l’international (France, Espagne, Ile de la Réunion).

A tel point que l’on a finit par oublier que c’est au lycée qu’il a choisi sa voie en s’intéressant au théâtre. Avant de rejoindre l’association de La ronde des poètes et commencé des prestations scéniques en 2001. Avec le succès qu’on connaît. Succès qui continue de se dessiner et qui est loin de griser le jeune homme qui poursuit son travail de création au Centre culturel Francis Bebey (Ccfb) créé à Melen par son mentor Jean-Claude Awono. Et d’où il est parti vendredi dernier pour prester au Ccfv dans le cadre d’une des soirées de la 11è édition du Festival international de caricature et de l’humour de Yaoundé (Fescarhy). Et d’où il partira pour l’Espagne où il négocie actuellement quelques dates. Mais ce ne sera pas avant novembre prochain lorsqu’il montera à nouveau sur les planches dans le cadre du deuxième épisode du concept "Stand Up Show Night" qu’il a mis sur pied avec ses complices Valéry Ndongo et Wakeu Fogaing.

Parfait Tabapsi

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