Mondialisation : Paul Fokam condamne les Ape
Il vient de publier un essai dans lequel il pose la problématique de l’entreprise africaine. –
"Tous les matins, en Afrique, une gazelle se réveille. Elle sait qu’elle doit courir plus vite que le plus rapide des lions, sans quoi elle sera dévorée. Tous les matins, un lion se réveille. Il sait qu’il doit rattraper la moins rapide des gazelles, sans quoi il mourra de faim. Peu importe que vous soyez lion ou gazelle. Quand le soleil se lève, il est temps de courir", ainsi parlait le sage africain. Ce sage africain que Paul Kammogne Fokam a emprunté pour susciter son débat sur la relation que l’Afrique entretient avec la mondialisation, à travers un livre qu’il vient de publier aux éditions Afrédit. "Tout le monde a peur de la mondialisation. Or, elle est avec nous. Entrons dans le jeu. L’Afrique doit être un acteur de cette mondialisation", martèle-t-il sur 260 pages.
D’entrée de jeu, le président d’Afriland First Bank fait le diagnostic d’un demi-siècle d’échec de l’entreprise africaine. Il passe au peigne fin la responsabilité de l’Etat, celle de la communauté internationale, notamment l’aide internationale et l’impact des politiques des institutions de Bretton Woods avec les "accords imposés de l’Omc", le piège de l’endettement et la politique d’ajustement structurel. "La question de fond est de savoir pourquoi la communauté internationale a pu être aussi aveugle à la lumière des faits qui mettaient en évidence le contraire des thèses de ces éminents chercheurs", s’interroge Paul Fokam dans son livre. Un tableau publié dans cette partie révèle que le Cameroun était 154è pays sur la facilité de faire des affaires. Un classement qui prend en compte 178 pays. Il pointe du doigt l’administration fiscale.
Accords commerciaux
Paul Fokam aborde dans la deuxième partie la problématique la mondialisation comme un piège ou opportunité. Dès cet instant, l’une des propositions pour une entreprise africaine forte réside dans le défi des ressources humaines. Notamment la création d’un système éducatif de standard mondial, la maximisation de la qualité de l’éducation et de la formation. Or, Paul K. Fokam est propriétaire d’une université considérée d’élitiste. "Il y a des bourses que des entreprises offrent aux familles pauvres et des bourses à l’excellence. Mais, très peu viennent pour deux raisons : ils pensent que c’est l’école des riches et d’autres estiment que l’avenir se trouve dans les universités occidentales", se défend-il. Le livre s’attarde sur les accords commerciaux. Notamment le cas des accords de partenariat économiques (Ape).
"Mais, la véritable question est de savoir si l’Afrique s’est préparé à signer des accords qui lui permettront de tirer un profit acceptable pour son économie et le bien être de sa population. Alors, qui a intérêt à accélérer un tel accord ?" S’interroge Paul K. Fokam dans son livre. Il pense que "l’Union européenne a un grand intérêt à voir ces accords signés au plus vite pour au moins deux raisons" : la première étant la menace asiatique (Chine et Inde). Dans son argumentaire, schémas et tableaux à l’appui, il estime que ces deux pays sont capables d’offrir à l’Afrique l’essentiel des produits dont elle a le plus besoin pour son développement et sa consommation à des prix deux à trois fois inférieurs et souvent, sans conditionnalité. In fine, "les Ape sont des contrats de dupes", s’insurge Paul Kammogne Fokam dans son livre qui a des relents de son précédent ouvrage "Et si l’Afrique se réveillait".
Justin Blaise Akono

