Concert : Petit Pays bénit ses fans
Au cours de son spectacle très couru samedi, l’artiste a imposé ses mains sur la tête des fidèles. –
Le délire était à son comble. L’effervescence infernale. La satisfaction totale. Yaoundé venait de vivre là de l’inédit : un show époustouflant jamais organisé au Palais polyvalent des sports depuis son ouverture en juin dernier. Le nombreux public ayant effectué le déplacement de Warda en est reparti satisfait. Après avoir vécu en ces lieux plus de trois de heures d’un concert live de haute facture donné par Petit Pays et son orchestre les Sans Visas. En effet le Turbo d’Afrique et sa bande ont tout simplement confirmé tout le bien que l’on a souvent dit d’eux lorsqu’il s’agit d’une occasion comme celle que leur a offert samedi dernier Emile Ndamè Kouta, l’organisateur dudit spectacle.
Tout commence dès 20h30 avec l’arrivée des Sans visas. Sous la conduite de Mathématik, les douze mousquetaires, vêtus de blousons et de pantalons blancs, investissent la scène. Ils revisitent quelques titres à succès de leur «maître» Rabba Rabi. Ils sont rejoints quelques temps après par sept danseuses arborant des blousons du même type et des collants violets et blancs. L’hystérie monte au sein du public dès lors que ces demoiselles commencent à rivaliser d’un jeu de postérieurs électrique.
Et lorsque soudain l’Avocat défenseur des femmes apparaît, l’explosion de joie est immense dans les gradins. Coiffé d’un sombrero et vêtu d’un grand boubou de couleur rouge floqué à l’arrière de la mention «R» avec un pantalon «pattes d’éléphant» et d’une chaussure en peau de crocodile aux bouts pointus, Petit Pays fait le tour de la salle avec un bras levé en signe de salutations. Sur son passage, il impose des mains sur les crânes des multiples fans qui courent s’agenouiller à ses pieds. Puis, regagne une piste où ses danseuses ont entre temps ôté leurs blousons. Les poitrines avenantes qui s’y dévoilent font la fierté des mâles qui scandent à tue tête des cris d’envie.
Et lorsque le Turbo d’Afrique entonne le titre «Maria», le public est aux anges. Sur les gradins, ça chante et ça danse. Les danseuses vont prendre congé de la scène pour quelques minutes seulement. Juste le temps de se défaire de leurs collants (apparemment encombrants) et regagner les planches, cette fois vêtues de boxeuses et de jupettes. La déferlante sur la piste des nombreux fans à la recherche de l’habituelle «bénédiction» auprès du «neveu de Jésus» est grande.
Hommes en tenue et civils se bousculent aux pieds de l’artiste pour se faire imposer les mains. «ça a l’air d’un jeu. Leur vie change», lance Petit Pays qui se voit aussitôt envahi par une meute de fans surexcités. Tandis que les uns veulent simplement le toucher, d’autres par contre veulent lui soutirer ses bijoux. Il va falloir l’assistance de certains membres du groupes Les Sans visas aux côtés des agents de sécurité pour pouvoir le sortir d’affaire.
C’est sur ces entrefaites que Samuel Eto’o Fils fait son entrée. Vêtu d’une chemise de couleur blanche et d’un jeans bleu avec des babouches aux pieds, le capitaine des Lions indomptables est ovationné par tous. Il prend place à la loge d’honneur où il vivra le spectacle avant de descendre sur la piste pour esquisser quelques pas de danse avec Mathématik qui exécute son titre «Tromper tromper». Quelques accolades avec les Sans visas, puis le célèbre avant-centre peut s’éclipser, traînant la cheville à la suite d’une blessure survenue en journée lors de la confrontation face au Togo. Laissant derrière lui un Palais polyvalent des sports inondé dans une effervescence inouïe.
Sainclair Mezing

