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Philomène Atyame : Créer une plateforme entre Camerounais et Allemands

C’est l’objectif de cette enseignante d’allemand qui n’écrit que dans la langue de Goethe. –

Vous êtes une curiosité Camerounaise, vivant au Cameroun, vous n’écrivez qu’en Allemand…
La langue allemande comme langue d’écriture. Depuis l’obtention de mon baccalauréat, j’ai opté pour la langue allemande et j’ai continué mon cursus académique en allemand jusqu’à l’obtention d’un doctorat en littérature allemande. Cela après 13 ans d’études en Allemagne. C’est donc mon expérience linguistique qui m’a quelque peu obligé à écrire dans cette langue car je me suis rendue compte de ce que je maîtrisais plus la langue allemande que la langue française.
J’avais d’ailleurs perdu beaucoup de vocabulaire en français alors même que mon allemand s’en enrichissait. L’allemand est donc devenu un moyen d’expression pour moi. La deuxième explication est que en tant que germaniste, j’ai décidé de créer une plateforme de dialogue entre les Camerounais et les Allemands. Je me suis alors dit qu’à travers la littérature, ce dialogue sera possible. J’ai voulu que les Allemands nous découvrent dans notre tradition sous ses formes positive ou négative. Dans le même ordre d’idées, j’ai intérêt à défendre la présence de la culture allemande au Cameroun.

Votre œuvre est donc destiné à un public germanophone ?
Elle est en effet destinée aux Allemands dans un premier temps. Ensuite, et en espérant qu’elle sera comme les deux autres traduite en français ou/et en anglais dans les prochaines années, aux Africains.

La dédicace de Salomon Söhne à l’Institut Goethe a permis de voir que votre œuvre est une diatribe contre la polygamie, pourquoi cela ?
J’ai réfléchi de longues années durant sur les problèmes sociaux au Cameroun et je me suis rendu compte que la polygamie en était l’une des causes. Cela parce que les familles africaines ne parviennent pas encore à programmer leur vue à long terme. Je veux dire par là que les enfants sont très mignons et que chacun aimerait en avoir cent. Seulement, les conditions économiques ne le permettent pas toujours. Ce qui fait qu’on est obligé de renoncer au grand nombre pour donner un meilleur avenir au peu que l’on possède. Je voulais valoriser l’enfant qui a une valeur. Moins on a d’enfants, plus on a la possibilité de mettre en valeur ces enfants. Et plus il réussit sa vie, plus il fait la fierté de ses parents. Je me suis alors dit que nous les écrivains africains devions prendre cela en compte dans notre travail de création, histoire de sensibiliser les populations des dangers de ce phénomène. Je dois aussi à la vérité de dire que cette dénonciation de la polygamie repose sur des expériences personnelles vécues dans ma propre famille. Je suis donc parti de constats familiaux de polygamie –mes tantes en ont souffert !- pour m’émouvoir avant de me dire qu’il ne fallait pas que d’autres jeunes filles connaissent ce phénomène lus tard.

Le titre de votre livre en français est «Les fils de Salomon». Est-ce à dire qu’il y aurait un lien avec un polygame célèbre que l’on retrouve dans la bible ?
Il n’y a pas de lien historique entre les deux personnages. Salomon est un Juif alors que le personnage que je présente dans ce roman est un Camerounais n’ayant aucune histoire commune avec Salomon de la bible. Cela dit, j’ai utilisé ce dernier une image de l’incarnation de la polygamie sous sa forme la plus extrême. Vous savez que Salomon est un personnage polygame avec un harem officiel 40O épouses en plus des 600 non officielles. Une situation qui a causé chez lui la perte de l’estime de la force divine. J’ai pour ma part établi une filiation entre le personnage de la bible et les Africains dont il est l’aïeule. Ces Camerounais sont en quelque sorte ses descendants.

Que pouvez-vous dire des deux autres romans qui ont précédé celui que vous avez dédicacé mercredi dernier ?
«Mord ohne Anklage» parle de l’histoire d’une veuve d’un polygame et dont le fils a été assassiné. Il y est question une fois de plus des souffrances de la femme au Cameroun. Le deuxième est le plus apprécié de mes étudiants parce qu’il parle des personnages allemands et français. C’est l’histoire d’un couple formé d’une Camerounaise et d’un Allemand qui s’installe au Cameroun après s’être rencontré en Allemagne.

Propos recueillis par Parfait Tabapsi

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