Annie Tchawack : Créer un ballet commun avec les Israéliens
La présidente du festival «Corps é gestes» revient sur la deuxième édition de cette manifestation culturelle. –
On entend certes parler du festival «Corps é gestes», mais de quoi s’agit-il exactement ?
«Corps é gestes» est une plateforme d’expression corporelle de danses contemporaines. Il met en compétition la création des chorégraphes de l’Afrique centrale dans le but de booster leur génie créateur.
Peut-on connaître les principales innovations de ce festival dont la deuxième édition s’est achevée hier, mercredi 14 octobre ?
Pour ce qui est des innovations de cette année, nous avons travaillé avec de grands chorégraphes israéliens. Ceux-ci ont apporté leur soutien et leur savoir-faire aux groupes africains. Il y a également des ateliers tous les jours. Ces ateliers baptisés «Rencontre avec», sont des séances d’autocritique et d’évaluation des groupes. En outre, contrairement à la première édition où cinq compagnies étaient représentées, huit compagnies de divers pays ont répondu présents à l’appel pour cette deuxième édition. Il s’agit des compagnies venues du Tchad, de la République centrafricaine, de la République du Congo et bien entendu du Cameroun.
L’ambassade d’Israël semble être très impliquée dans ce festival. Quel est concrètement son apport ?
L’ambassade d’Israël s’est rapprochée de l’association Af-Art Culture dont je suis la présidente et qui organise le festival. Nous avons monté un projet qui a été approuvé par l’ambassade d’Israël qui a décidé de nous apporter son soutien, technique notamment. Les chorégraphes israéliens ont supervisé les stages qui se sont soldés par des échanges, particulièrement ce que nous pouvons apporter à la culture israélienne et vice versa. Par ailleurs, ils ont énormément contribués à l’encadrement des danseurs camerounais et à leur amélioration. Nous leur en sommes totalement reconnaissants. C’est vrai qu’au demeurant, nous avons pour projet d’unir nos cultures en créant un ballet commun.
Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans l’organisation du festival ?
Les difficultés sont toujours d’ordre financier. Nous ne sommes pas soutenus par le ministère de la Culture. Nous n’avons pas d’argent, rien que des promesses. Le ministère de la Culture nous a fait des promesses, on attend toujours. Si j’étais soutenu rien qu’a 60 %, je donnerai encore le meilleur de moi-même car lorsque je vois le dévouement des artistes et le niveau de la compétition, un soutien les aiderait à donner le meilleur d’eux-mêmes. Je ne peux pas faire des promesses fallacieuses aux artistes. Par ailleurs, je pense que si ce genre d’initiative est encouragé, la danse contemporaine prendra effectivement son envol, surtout que beaucoup de gens s’y intéressent déjà. Il n’y a qu’à voir l’affluence des danseurs pour s’en convaincre.
Propos recueillis par Claudia Engouté

