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Festival : Le coq chante à Douala

Le peuple toupouri a célébré samedi dernier la 12e édition de sa fête culturelle. –

Des milliers de Toupouri résidant dans la capitale économique ont effectué le déplacement, samedi, 12 décembre 2009 à l’esplanade du Collège Saint Michel à Douala. Le décor est déjà planté dès l’entrée de cet établissement situé dans l’arrondissement de Douala III. Des dames-jeannes contenant des litres de "bilibili", boisson traditionnelle du grand nord, arrosent pratiquement le stade de ce collège. Les mouvements répétitifs de levées de coudes, donnent à la meute l’air d’exécuter une chorégraphie. Les danseurs traditionnels, facilement identifiables par leurs tenues de scène, sont les plus nombreux parmi les consommateurs. "Ça nous donne de la force", témoigne l’un d’eux, avant de disparaître dans la foule.

La communauté Toupouri de Douala s’est ainsi réunie sur ce site pour célébrer la 12e édition du "Feo Kague" ou fête du coq. "La fête du coq est la fête du nouvel an chez le peuple Toupouri. Elle se célèbre après la récolte du mil", indique M. Adamou, délégué régional de l’Emploi et de la Formation professionnelle pour le Littoral. Les festivités sont lancées au mois d’octobre par le "Wandore", chef suprême des Toupouri, et doivent s’achever au mois de décembre. Cette cérémonie traditionnelle est baptisée "fête du coq" à cause du caractère sacré de cet animal de la basse cour pour ce peuple. "Le coq est un symbole de bravoure du peuple Toupouri. Cet animal était immolé après chaque victoire ou défaite d’un homme. Il démontre le caractère guerrier et combattant de cette communauté. C’est le totem des Toupouri", indique M. Adamou. A Douala, le "Feo Kague" a débuté par une série de représentations des différentes danses traditionnelles de cette communauté.

Il s’agit notamment du " Lele ", une danse exceptionnellement exécutée par les femmes Toupouri. Le public a également été séduit par la prestation des danseurs du " Gourna ", danse de noblesse de ce peuple de guerriers, et des danseurs ayant exécuté le " Waï wa ". "Le Waï wa est la danse la plus célèbre exécutée par les jeunes", explique Frederic Reyang, membre du comité d’organisation. Les bâtons qui ont permis à ces danseurs de réaliser leur prestation traduisent clairement le côté combattant et le courage de ce peuple. "Le bâton est une arme chez l’homme Toupouri. Il dort avec cet instrument au chevet de son lit. C’est l’arme du guerrier", explique Frederic Reyang.

Gesse Roy, musicien chanteur d’origine Toupouri, a par ailleurs tenu le public en haleine avec deux titres de son quatrième album. Notamment "Yité laddé", ou " feux de brousse " ; et " Mê mê ", qui signifie " petit à petit ". On a ainsi pu voir le nouvel archevêque de l’Archidiocèse de Douala, Mgr Samuel Kleda, applaudir à tout rompre. Les manifestations se sont poursuivies par une compétition de lutteurs et de manipulateurs du bâton. Deux trophées ont été remis aux vainqueurs de chaque discipline par la Société anonyme des Brasseries du Cameroun. Par ailleurs, le meilleur lutteur a reçu une enveloppe de 30.000 francs Cfa, alors que le meilleur manipulateur du bâton a obtenu 20.000 francs Cfa de prime. Rendez-vous a été pris pour l’année prochaine.

Sandrine Tonlio

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