Droits d’auteur : Les câbleurs dans le collimateur de la Scaap
Un point de presse a été donné hier à Yaoundé au siège de cette société de gestion collective, suite à la levée des scellés le 3 décembre dernier. –
«L’important n’est pas le montant qui a été versé par la Scaap. Ce qui est clair, c’est que s’il n’y avait pas eu d’entente avec la Direction générale des impôts, on ne serait pas descellé». C’est en ces mots que le président du conseil d’administration de la Société civile des droits audiovisuels et photographiques (Scaap) s’exprimait hier mercredi 9 décembre, pour expliquer la levée des scellés le 3 décembre dernier. Mais, Daouda Mouchangou s’est abstenu de dire si la Scaap avait épongé la totalité de sa dette envers l’administration fiscale, soit 61.895.594 Fcfa. Un montant qui avait été revu à la baisse, le document amenant les scellés faisant état d’une somme de plus de 200 millions. Ces scellés avaient été apposés le 13 octobre dernier par la Dgi au siège de cette société de gestion des droits d’auteur et des droits voisins sise à Bastos à Yaoundé, pour cause d’insolvabilité.
Lors du point de presse organisé à cet effet hier, Daouda Mouchangou a indiqué : «Nous allons percevoir auprès des câblo-opérateurs en utilisant tous les moyens légaux, avant cette fin d’année. Puis, nous allons d’étendre cette opération à d’autres». Il n’en dira pas plus quant à la date exacte de la répartition, arguant juste que «des négociations sont en cours avec les télévisions privées pour qu’elles puissent payer leurs droits au même titre que la Crtv». Interpellé sur le démontage du matériel de travail de l’opérateur de câblodistribution Inter Tv – opération ayant par la suite suscité le courroux des autres acteurs de ce secteur qui avaient organisé une manifestation devant le ministère de la Communication (Mincom) en novembre dernier – M. Mouchangou affirme que la Scaap a agit légalement.
Tribalisme
Déclarant que ledit matériel a été rendu à cette société suite à l’injonction du Mincom, M. Mouchangou soutient : «La société Inter Tv n’a jamais voulu respecter ce qui avait été décidé ensemble». Avant d’ajouter que la Scaap est déterminée à «rentrer dans ses prérogatives». La rencontre d’hier avec les journalistes était aussi l’opportunité pour le Pca de faire la lumière sur certains «points d’ombres» relatifs à la vie de la société. Une manière pour lui de répondre aux dénonciations de ses détracteurs réunis au sein du Collectif des artistes membres de la Scaap. Ceux-ci l’accusent, entre autres, de détournement de deniers publics, de mauvaise gestion et de discrimination au sein de l’entreprise.
«Il n’y a pas d’arriérés de salaire à la Scaap, excepté celui en cours à cause des scellés. Nous sommes en train de nous battre pour que la situation soit réglée au plus vite. M. Kono Atéba (porte-parole dudit Collectif) et consort ont dit que j’avais perçu 134 millions Fcfa de la tutelle (ministère de la Culture, Ndlr). La Scaap n’a jamais reçu un franc de la tutelle au titre de l’aide qu’elle (le Mincult) octroie souvent aux autres sociétés de gestion collective des droits d’auteur», argue Daouda Mouchangou, non sans rappeler que Joseph Kono Atéba «a été radié à vie de la Scaap». De plus, «on m’accuse de tribalisme. (Or), sur les 75 agents de la Scaap opérant à travers le pays, seuls 6 sont Bamoun, dont 2 que j’ai moi-même recrutés. Les autres, je les ai trouvés ici». Sans vouloir alimenter davantage la polémique, Daouda Mouchangou laisse entendre que chacun saura répondre de ses actes devant le tribunal, le moment venu.
Patricia Ngo Ngouem

