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Endormissement

C’est établit: la chaîne de production d’un album, passe par le studio à travers l’arrangeur qui harmonise les orchestrations, le producteur et l’artiste lui-même. – Regars :

Dans ce circuit qui a intérêt à bluffer les uns et les autres? Personne à priori. L’arrangeur peut difficilement prendre la décision de brader la réputation de son studio et remettant entre les mains des pirates un album qui lui est confié. Même comme si le précise la réglementation en vigueur en la matière, l’album devient la propriété du studio si le producteur ne s’est pas acquitté de ses frais six mois après le dépôt. Ce qui semble ne pas être le cas dans la situation actuelle.

Le producteur, comme le précise Joseph Mbanga dans le texte ci-contre, est présenté comme la victime et non le contraire. Il n’a visiblement aucun intérêt à brader son produit, lui qui s’investit financièrement dans la production d’une œuvre musicale. Et l’artiste donc? Il est difficile d’imaginer qu’il puisse contribuer à galvauder son potentiel en se décrédibilisant au début d’une carrière qui s’annonce pourtant longue et riche, dans le cas d’espèce.
Que s’est-il donc passé autour de la mise sur le marché de l’album de Lady Ponce? Rien n’est clairement établit. Un fait perdure toutefois : un artiste qui se dit en studio retrouve son album dans la rue, vendu à 1000FCfa! Un cas qui aurait pu faire sourire si la récurrence de se phénomène sur la scène musicale nationale n’était établie. Un mal qui se répand de plus en plus dans un univers investit par des personnes vivant le plus souvent dans la limite du possible et qui sont prêtes à tout pour arrondir leurs fins de mois et qui a étendu ses tentacules dans les studios d’enregistrements mais aussi parmi les proches des artistes, prêts à tout pour avoir un peu d’argent.

Depuis lors, ces derniers et ceux des professions connexes ont appelé les pouvoirs publics à réagir, à s’impliquer dans la lutte contre la piraterie. Sans grand succès. Au contraire. Au fil des ans, au Cameroun, la piraterie des œuvres musicales s’est installée. Le marché a le vent en poupe et on a fini par croire que le phénomène ne sera jamais éradiqué. Au contraire, il semble s’être accentué depuis la fermeture progressive des maisons de distribution des œuvres musicales. Du coup, il faut faire preuve d’une certaine persévérance pour entrer en possession de l’album «original» d’un artiste local. La plupart des œuvres écoutées sont issues de la contrefaçon. Compilations et «best off» ont donc un marché gagné d’avance, à l’indifférence de tous.

Alors, à quoi serviront les descentes sur le terrain des responsables des sociétés de gestion collective du droit d’auteur, notamment de celle chargée de la gestion des œuvres en musique, la Socam? Les rixes entre l’artiste Papillon (qui a mis sur pied le comité national de lutte contre la piraterie) et vendeurs de Cds contrefaits ne relèvent, dans ce contexte, que d’une l’anecdotique gesticulation. Et que dirait-on du combat lancé depuis 2002 par le musicien Sam Mbendé qui cette année là avait conduit à la saisie de 400 000 CD, 300 000 cassettes vidéo et de près de 200 000 cassettes audio? Le tout a été brûlé par les autorités, sous l’œil vigilant des artistes. Une centaine d’appareils, surtout des enregistreurs et duplicateurs, d’une valeur de 125 millions de F cfa. Mais cela n’a pas empêché le phénomène de prendre de l’ampleur et de s’imposer. Malheureusement.

D.E.

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