The last Pictures show : Une fierté nationale de portée internationale
Après six éditions, le concept s’est imposé comme étant la plaque tournante des plasticiens camerounais. –
C’est dificile de dire quand on a vu travailler Cathérine Pittet , la promotrice de «The last pictures Show», qu’elle est une privilégiée. On est plus tenté de la qualifier de bosseuse qui a du nez. Bosseuse parce qu’elle prépare la plus grosse exposition de peinture, sculpture et poterie du Cameroun pendant une année. A peine l’exposition terminée, elle commence à visiter les galeries, aligne les voyages pour dénicher ces plastieciens qui ont le coup de pinceau guidé par l’esthétique de l’âme et l’alchimie des élus. Son nez en affaires, l’aide à élimer les plasticiens sans personalité artistique et surtout à construire un réseau d’annonceurs sûrs, flatté par la qualité de l’organisation et le profesionnalisme de la démarche.
Cette année encore ces derniers étaient au rendez-vous certes, mais surtout le travail diversifié et surprenant des plasticiens africains. Fidèle au concept Gondwana, la 6ème édition de «The last pictures show», a présenté un tableau de 46 plasticiens à la maturité artistique accomplie. C’est avec un plaisir renouvellé et une passion sans ride que Cathérine Pittet, avec ces dreadlokes contenus dans un turban bogolan, accueillait les invités venus nombreux à la Maison du parti de Bonanjo à Douala 6 au 12 octobre au 2009. Le Gondwana est un lieu de rassemblement pour les arts et la culture d’Afrique, en référence à une époque où les terres étaient encore unies. C’est devenu un rendez-vous très couru pas uniquement pour les Européens, mais aussi pour les Camerounais qui n’hésitent pas à lever une toile de 900.000Fcfa…signée d’un artiste local. La précision vaut la peine, car The last Pictures show a contribué à sa façon à désacraliser l’art et à le rendre plus accessible au public.
Mais pour Catherine Pittet, il n’y a pas que les Camerounais qui méritent d’obtenir cette visibilité, surtout que tous les artistes souffrent de cette absence de vitrine de qualité. C’est pourquoi pour la première fois à cette grande exposition, en dehors des acteurs réguliers que sont Camerounais, Béninois, Congolais et Ghanéens, il y’a l’entrée des plasticiens nigérians dans le casting. Ils ont d’ailleurs fait le voyage pour Douala. Ces plasticiens ont pu ainsi échanger avec leurs collègues camerounais. Colaboration profesionnelle qui s’est poursuivie du 19 au 23 novembre 2009 à Lagos. C’est ici que The last Pictures Show se démarque des autres expositions, car au-delà du donner à voir, il y’a une philosophie promotionelle des artistes et leurs oeuvres ici et ailleurs. Le rendez-vous se tient tout les ans depuis 6 ans.
Après la conquête de la ville de Douala pour la première édition. The last Pictures Show a entamé à la seconde édition une tournée dans le cameroun (Douala, buéa, Garoua). Les années d’après, l’exposition a gagné en notoriété que les plasticiens camerounais et leurs oeuvres ont exposés au siège de l’Unesco à Paris. Deux ans de suite (2006-2007, le savoir faire artistique camerounais va poser un cachet dans la capitale française.
La visibilité des plasticiens est renforcée par la construction d’un site web entièrement dédié à l’évènement et un catalogue, éditié en milliers d’exemplaires, qui au fil des années acquiert une véritable identité en passant des photos aux autoportraits. Ce n’est pas assez pour Cathérine Pittet, installée depuis 2 ans au Nigéria. Elle n’a pas arrêté les allers et retours entre Lagos et Douala, à la recherche de la plateforme culturelle qui peut chanter l’hymne de la réussite de l’art africain.
Marion Obam

