Bilan : Pluie de récompenses sur les scènes
L’année 2009 a permis au théâtre camerounais de se remettre en exergue. –
Début octobre, lors des 6e Jeux de la Francophonie organisés à Beyrouth, l’univers feutré de Kareyce Fotso a séduit le jury du concours "chanson", qui lui a attribué la médaille d’argent après sa prestation sur la scène du casino. Moment fort en émotion. Pendant l’attente des résultats, anxieuse, elle est allée s’enfermer dans sa loge. "Les gens venaient toquer à ma porte, mais je ne sortais pas. Lorsque le palmarès a été connu, ma première réaction a été d’éclater en sanglots. Et à l’instant, j’avais envie de me retrouver dans mon pays, de partager ma joie avec ma famille, mes amis, ceux qui ont cru en moi pour leur dire qu’ils n’avaient pas misé sur le mauvais cheval." Confiait alors sur Rfi la jeune artiste, malheureuse finaliste au concours de musique «Découvertes Rfi».
Cette distinction de la jeune artiste a rappelé aux acteurs de la scène musicale camerounaise la célébration, en décembre 2008 de la 7ème édition du Festival national des arts et de la culture (Fenac) ressuscité par la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, à l’occasion de l’édition de Maroua. Une édition de cette fête culturelle nationale particulièrement attendue qui a vécu sans pour autant convaincre sur les capacités de l’organisation. Si les populations de Maroua, pas habituées à accueillir autant de monde dans leur ville, ont montré un enthousiasme indéniable, c’est avec un goût d’inachevé que les différentes délégations avaient en effet quitté Maroua le 24 décembre 2009. Déçues de ce que, contrairement à ce que laissaient présager les préparatifs et l’engouement de la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna dans l’organisation de cette 7ème édition attendue depuis six ans, la fête a souffert de mille maux.
Des souvenirs que ne garderont cependant pas les poètes camerounais de cette année 2009. En cette soirée du mardi 10 novembre en effet, dans l’un des salons de l’hôtel Hilton de Yaoundé, c’est une ambiance de fête qui bat son plein. La raison de ces réjouissances, la cérémonie de lancement des Instants poétiques du Cameroun qui a fait courir les amoureux de la poésie camerounaise. Organisée par madame la ministre de la culture. Pour l’occasion, de nombreux amoureux de la poésie ont assisté à cette cérémonie au cours de laquelle Jean Claude Awono, le président de la Ronde des poètes a remercié le gouvernement à travers la ministre de la Culture, instigatrice et caution étatique de ces "instants poétiques du Cameroun".
Il a souhaité que les poètes camerounais soient plus connus et que cette instance soit le lieu de fructification des génies et de renouvellement de la pensée et de la créativité. A cette occasion, des prix ont été distribués aux lauréats 2007-2008. Ainsi, le prix de la poésie Rondine 2007 a été attribué à André Ngah, le Grand prix Patrice Kayo 2007 à Zebaze Joseph Désiré, le Prix de poésie de langue française de l’académie internationale "Il Convivio" 2008 à Rose Ndjoumessi , le prix du centre d’études poétiques de Madrid 2007 à Guy Merlin Nana, Tadoun, le Grand prix Bleuet International 2008 à Njoumoni Tamango, le Grand prix de poésie Léopold Sédar Senghor 2008 à Fernando d’Almeida.
Orientations
Des récompenses qui arrivaient après celles remises à sept femmes de la scène du théâtre. C’était à l’occasion de la 17ème édition des Rencontres internationales du théâtre du Cameroun (Retic) placées sous le thème «femmes artistes de théâtre» et qui se sont tenues du 17 au 24 novembre 2009 à Yaoundé. Les Camerounaises Were Were Liking, Rabiatou Njoya, Massan à Biroko et Anne Tanyi Tang ont été primées aux côtés de leurs collègues à l’exemple de la Tchadienne Maryam Mayoumbila, de la Grèce Lia Karavia et de la Française Martine Quentric. Des hommes et femmes de théâtre qui avaient mis à profit la semaine pour se voir, se parler, échanger. Pour le bien d’un art qui commence à renaître au Cameroun après une longue traversée du désert.
Et qui ne trouvera son salut qu’avec l’implication des pouvoirs publics que Were Were Liking a appelé de tous ses vœux dans son allocution de circonstance.
De théâtre, il a également été question le 14 décembre dernier, jour où Guy Marc Tony Mefe directeur artistique des scènes nationales du théâtre camerounais présentait les nouvelles orientations de son festival : «Nous souhaitons faire de cet événement un moment de réconciliation entre le public camerounais et l’art théâtral. Nous voulons également faire émerger de jeunes talents car ceux-ci n’ont pas toujours la possibilité de démontrer tout leur savoir-faire à cause d’une absence de plate-forme pouvant leur permettre de réveiller leur génie».
On se souvient que c’est en 2008 que l’histoire est née. Les scènes nationales du théâtre camerounais entament une mue qui transforme le projet en festival international de théâtre. «Cette mutation qui a commencé par la programmation aux troupes professionnelles locales puis étrangères, avait pour but de susciter l’intérêt des programmateurs internationaux pour le festival et donner ainsi aux compagnies théâtrales locales l’opportunité de se produire devant des professionnels capables de leur offrir la possibilité d’accéder au grand large», raconte Guy Marc Tony Mefe. Mais en réponse à l’appel pressent des professionnels et des artistes invités lors de la dernière édition des Scènes du théâtre francophone, le festival est devenu un concours théâtral interafricain ouvert aux troupes installées en Afrique centrale.
Malgré tout, cette euphorie dans laquelle semble se terminer l’année n’oblitère guère le problème récurrent dans le domaine des sociétés de gestion collectives du droit d’auteur. Alors qu’en septembre 2009, la Chambre administrative de la Cour suprême du Cameroun réunie le 09 septembre 2009 aux fins d’examiner les recours en cassation introduits par le Ministère de la Culture contre les ordonnances du 17 décembre 2008 de la Cour suprême du Cameroun, ordonnant un sursis à exécution contre la décision de la Ministre de la Culture retirant l’agrément à la Cmc et créant la Socam, et celle du 05 mai 2009 déclarant irrecevable le recours en révision introduit le 13 février 2009 par le Ministère de la Culture contre l’ordonnance du 17 décembre 2009, a à nouveau débouté le Mincult. Rien ne semble vouloir s’améliorer dans ce domaine, malgré la tentative de médiation de quelques artistes.
Repères
janvier 2009:
Fermeture en cascade des salles de cinéma au Cameroun. La dernière salle de cinéma du Cameroun, Cinéma le Wouri basée au quartier Akwa à Douala ferme ses portes le 19 du même mois. L’indélicatesse de la gestion de la salle est à l’origine de la décision prise par le groupe Fotso, son propriétaire. Me Jacob Mbettang, avocat du groupe Fotso, propriétaire de la salle et ordonnateur de la fermeture, qui l’explique. Il indique que, c’est suite à un désaccord entre le groupe Fotso et la société Ciné News distribution, gérante de la salle.
7 mars 2009:
La styliste peintre Madé Jong a réalisé la 6ème édition du carnaval de Douala, "Images de Reines". Près de 3000 femmes sont participé à cet évènement, très couru depuis cinq ans. La manifestation avait aussi un nouvel ancrage et itinéraire : Fin goudron Axe lourd à Bepanda-Pont Bonabassem-école publique Deido-Deido plage-rond point Deido-rond point 4e-carrefour Soudanaise-échangeur Joss-place du gouvernement.
Jeudi 12 mars 2009:
12 ans après son décès, la succession d’Eboa Lotin à travers "Eboa Lotin, family and friends" a mis dans les bacs un coffret collector labellisé Remember Eboa Lotin au Centre Culturel franàais Blaise cendrars de Douala. Il s’agit d’une compilation du cru d’Emmanuel Eboa Lotin, représentant une partie de son immense répertoire, contenue dans un coffret riche de trois compact disk (Cd) ayant 12 titres chacun.
9 avril 2009:
présentation du premier album de Charlotte Dipanda aux Camerounais. Le spectacle a eu lieu au Centre culturel de Douala avec le public des grands jours qui a fait le plein d’oeuf de la salle de spectacle. Elle était parti du Cameroun il y’a 8 ans et la petite fille de 23 ans revenait au pays avec dans ces bagages un album de 12 titres : Mispa.
13 juin 2009:
la Société camerounaise de l’art musical (Socam) fête son premier anniversaire au lendemain de la démission de son directeur général, Richard Mbappè Koum. La célébration de ce premier anniversaire a été l’occasion pour la Pca, Odile Ngaska pour installer de nouveaux responsables.
5 décembre 2009 : Ange Ebogo Emérent célèbre ses 40 ans de musique sans appui institutionnel.
Dorine Ekwè

