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Querelle : La chefferie Malimba entre deux feux

L’administration veut imposer un chef contesté par la communauté, qui a désigné son guide depuis 2003. –

 

Le tracas se lisait sur les visages hier, mardi 2 février 2010, dans les services du gouverneur de la région du Littoral, où une vingtaine de dignitaires du canton Malimba (département de la Sanaga Maritime) ont fait le pied de grue en milieu de matinée. Vêtus pour la plupart en tenue traditionnelle sawa, ces hommes et femmes voulaient absolument rencontrer le gouverneur Faï Yengo Francis, afin, disent-ils, de lui porter leur revendication de vive voix.
Dans leur escarcelle, un mémorandum de plusieurs pages, qui résume la situation de tension qui règne en ce moment au sein de la communauté du canton Malimba, en plein cœur de l’arrondissement de Mouanko. Malgré l’opiniâtreté affichée, leur demande d’audience restera cependant vaine.

Le gouverneur, manifestement, ne les attendait pas. Et a remis la rencontre à une date ultérieure. Que se passe-t-il donc chez les Malimba ?
Selon le groupe de contestataires rencontré hier, l’histoire remonte en 2002, lorsque les autorités administratives de la Sanaga Maritime sont informées par courrier du choix porté par la communauté Malimba sur la personne de Marcellin Ndoumbè. Lequel, après une élection présidée par le préfet d’alors, Jean Bienvenu Abanda, et qui l’opposait à deux autres candidats, sera confirmé comme le futur chef supérieur du canton.
Mais, «pour des raisons inconnues, le préfet viendra suspendre le choix consensuel des populations et commettre une enquête de gendarmerie, prétextant que le choix de Marcellin Ndoumbè avait créé des troubles au sein de notre communauté», raconte un membre du comité dit des sages de Malimba. Les résultats de la consultation seront ainsi annulés.

Tradition
Dès son installation au mois de juillet 2003 pourtant, Abakar Ahamat, le remplaçant de Jean Bienvenu Abanda à la tête du département de la Sanaga Maritime viendra cependant entériner la décision du canton. Le ministère de l’Administration territorial est même saisi pour que le quitus soit donné à M. Marcellin Ndoumbè ; et le dossier transmis aux services du Premier ministre, pour le visa définitif avant l’installation officielle.
Quatre mois plus tard, il n’y ressortira pas. Un blocage que les ressortissants Malimba mettent à l’actif de l’un de leurs fils en service à l’immeuble Etoile, Lucien Célestin Edoubé, qui, selon eux, ne serait pas d’accord avec la désignation de Marcellin Ndoumbè. Plutôt, il est proposé à la communauté Malimba la reprise des consultations en vue de la désignation du chef supérieur.

«C’est ainsi que, le 5 mai 2009, contrairement à nos us et coutumes, sur instruction du sous-préfet, douze patriarches Malimba sont convoqués à la gendarmerie de Mouanko où ils seront intimidés. Ensuite, le 8 mai 2009, le préfet accompagné de nombreux gendarmes, a tenté de nous imposer de nouvelles élections auxquelles nous nous sommes vigoureusement opposés…», relate sa majesté Edongue Benjamin, un patriarche.
Résultat des courses, c’est plutôt le nommé Nanga III Sadrack Symphorien, l’un des candidats défait face à Marcellin Ndoumbè, que l’administration publique est en passe d’installer au forceps comme le nouveau «guide» des Malimba. Lesquels disent ne pas s’y reconnaître. Et qui ont engagé un véritable combat pour le respect de la tradition. Avec le soutien du Ngondo, représenté par le Prince René Douala Manga Bell.

Eugène Dipanda

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