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Spectacle : Le conte dansé selon Bertrand Baleguel

L’artiste était sur les planches de « Urban village » à Yaoundé samedi dernier pour présenter sa récente création. –


Pour l’ouverture de sa nouvelle saison te de sa nouvelle formule, "Urban village" a eu le nez creux. Très creux même si l’on en croit les applaudissements et la bonne humeur qui s’est dégagée du public ayant fait le déplacement de l’espace culturel sis au lmieu dit "Sonel Mimboman" samedi 27 février dernier. Cela à la faveur d’un spectacle de conte qui aura marqué les esprits par la qualité de la prestation scénique d’un Bertrand Baleguel qui gagnerait à mieux être connu dans l’environnement artistique de son pays et même au-delà.

Durant près d’une heure en effet, ce jeune conteur a tenu en haleine le public au moyen d’une performance de classe. Un public qui s’est rendu compte, et très vite, que le conte chez cet artiste vient en appoint d’autres postures artistiques au rang desquelles figure en bonne place la danse. Dans une alchimie maîtrisée, le conteur a exploré les histoires du "Vieux sage" d’un village imaginaire qui avait pour nom Tetem. Village où se cotoyaient allègrement avares, pauvres, nantis, malins et autres aigris. Une panoplie qui de prime abord aurait pu donner du tournis au jeune conteur qui ne s’est pourtant pas laissé conter. Lui qui trouvait à chaque fois l’astuce nécessaire pour passer d’un rôle à un autre, fort de ce que le conte est avant tout "un récit de fiction généralement assez bref qui rapporte des aventures ou des événements imaginaires, parfois merveilleux" comme il allait lâcher plus tard, sa besogne accomplie et le souffle court.

L’autre facette et non moins difficulté aura été cette manière de se mouvoir sur la scène. Son interprétation a en effet donné le sentiment que tout était calculé et que chaque recoin des planches avait une signbification particulière dans le déroulé de cinq contes qui constituaient l’ensemble de la prestation. Une performance qui témoignait également du travail de mise en scène assuré par France Ngo Mbock dans le cadre de la compagnie Diben qu’elle a créé voici une décennie. En associant donc cette manière particulière de se mouvoir sur la scène, qui ne faisait pas l’économie de grimaces et de singeries, à un art de conter bien affiné, le résultat ne pouvait que suivre.
Sur les petites histoires, l’on retiendra pour l’essentiel, et malgré qu’il n’y ait pas de continuité dans les récits, le côté absurde d’une humanité où l’homme apparaît bien souvent sous les traits d’un loup pour son semblable.

Bien sûr, cette dimension didactique propre à ce genre artistique n’a pas manqué. L’on ne manquera pas aussi de saluer la qualité de l’écriture qui a aussi bien puisé dans des textes connus -comme "Le roi qui voulait tuer les vieux" du répertoire du sage Amadou Hampâté Bâ que le conteur a réécrit- et la création personnelle. Un mélange qui a donné une saveur bien particulière à ce que Bertrand Baleguel présente comme "les situations cocasses du vécu quotidien"; des contes qui finalement "tournent en dérision la mentalité diverse et ondoyante au moyen de sujets évidents ou sensibles tel que la conception de l’amour en couple, de l’égalité entre les hommes, de responsabilité et de pouvoir". Le tout enrobé, on l’a déjà dit, d’un jeu que l’on pourrait qualifier de conte dansé. Le public s’en est allé repue de cette sagesse de Tetem qui prône l’amour du prochain et proscrit le mal. Sans toutefois avoir une envie de revoir bientôt, à Urban village ou ailleurs, une nouvelle représentation qui gagnera alors en maturité pour le bien du conte chez nous.

Parfait Tabapsi

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