Gabao 2007 : Le bilan des rappeurs camerounais
Sans complexe, ils ont démontré aux Gabonais pourquoi ils étaient leader du hip hop dans la sous région.
Marion Obam, à Libreville – La fausse note de la délégation d’artistes camerounais, retenus pour la 5ème édition du Festival Gabao hip hop tenue à Libreville du 28mai au 3juin 2007, a failli venir du groupe X-Maléya. En effet, programmé pour le plateau Afrique centrale qui mettait en scène les vainqueurs des sélections régionales et nationales, le jeudi 31 mai 2007, le groupe camerounais était absent. Mais, leur prestation du lendemain, sur le plateau rap fusion a été étonnante. Sans complexe, très à l’aise le trio composé de Haïs, Roger et Auguste s’est lâché. En semi live, les jeunes ont fait le spectacle avec des chorégraphies proches de Usher. Avec Olé Olé, ils ont amené le public gabonais à chanter avec eux. "Ouf ! Ça commence plutôt bien pour les gars, les spectateurs adhèrent", confie Luc Yatchokeu, promoteur du kolatier, les yeux rivés sur la scène pour le passage de Koppo.
Accompagné de Wilfried et de Lady B, l’auteur de "Si tu vois ma go" habillé en boubou blanc et en sandales en caoutchouc a entraîné le public dans son style où prédomine le slam. Il a imposé le camfranglais là-bas et ceux qui ont voulu suivre, s’y sont mis. Mais c’est surtout son aca pela sur le Sida qui a été très apprécié avec le titre "Emma". Les 300000 Watts branchés pour le spectacle menacent d’exploser quand Thierry Olemba fait son entrée. Toutes les lumières sont éteintes et comme s’il sollicitait l’introduction d’un Dj, dans le backstage il commence son show. "Il est où?" "Depuis que le Dj l’annonce il ne vient pas!" Mais non ! Ce n’est pas un Dj. Tous les sons émis qui ressemblent à du scratching du Dj sur les platines sont fait par Thierry Olemba. Et quand il monte sur scène et que les lumières reviennent les Gabonais sont émerveillés.
La tension monte quand lâché dans son beat box, Thierry Olemba, véritable boîte à rythmes, réalise le beat d’un des titres à la mode du rappeur gabonais Ba’ponga. Ils sont conquis. Revenant du podium où il était allé "faroter " Thierry Olemba, Théophile Ondo, ne pouvant se retenir pense haut : " Ce gars n’est pas camerounais. C’est le fils de Casimir Oyemba. Il n’y a qu’un Gabonais pour faire ça…"
Prestations
La rappeuse camerounaise Lady B. savait que ses compatriotes avaient fait des prestations exceptionnelles et qu’elle devait donc se donner entièrement pour être la meilleure. Elle l’a fait. Elle a gagné son premier pari lors de son passage pour le plateau Rn’b du samedi 2 juin 2007. Au début, le public n’a pas applaudi. La marée rouge était muette. Lady B a fait " Ma Colère ", crié sa rage contre ses hommes qui violent les enfants mineures au lieu de se taper des femmes. Le flow était violent, l’écriture précise, la tenue de scène électrique. Avec Aristy, elle a clashé avec Black Koba de l’écurie Eben. Lady B a écris une "lettre à Koba".
A la fin de sa prestation, la marée rouge était en ébullition. Elle en redemandait et comme le présentateur n’a pas exaucé leur vœu, il a reçu des cailloux. Lors de la cérémonie de clôture de dimanche 3 juin 2007, le ministre gabonais des Arts et de la Culture, vêtue d’un jeans et d’un polo blanc du Gabao, avec une casquette retournée à la tête s’est levée pour applaudir après le passage de Lady B. Une image forte qui confère la suprématie de la cuvée camerounaise sur cette 5ème édition du Festival Gabao hip hop.

