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Jules Kamdem : L’avenir du hip hop africain est da

Jules Kamdem : L’avenir du hip hop africain est dans la fusion


Directeur artistique du Festival Gabao, il présente le projet et les éléments identitaires qui rendront cet art viable.
Propos recueillis par Marion Obam, à Libreville


La cinquième édition du festival Gabao hip hop s’est ouverte hier à Libreville, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce concept ?
C’est un rendez-vous culturel annuel, qui s’articule sur deux grands axes : les concerts et les spectacles, qui constituent la partie festive ; et il y a des ateliers de formations et rencontres professionnelles, qui participent de la structuration même du développement de la culture aussi bien au Gabon que dans la sous région Afrique Centrale. Le Gabao se tient régulièrement depuis 5 ans. L’idée de ce concept m’est venue à la suite des expériences malheureuses avec les artistes du passé, qui ont fait ou font de la musique pour un public précis dont je ne fais partie. Vivant ces frustrations, j’ai voulu faire exister ma génération, ces cultures et ses multiples potentiels. J’ai décidé de monter le Gabao pour qu’il soit une vraie vitrine pour ce genre de musique en Afrique Centrale. Cependant, je voulais préciser que le nom Gabao n’est pas gratuit car c’est la première appellation qu’avaient donné les portugais au pays lorsqu’ils l’ont découvert du fait de sa côte, qui a la forme d’un chapeau. Ainsi, le Gabon accueille les multiples expressions artistiques urbaines.

Le bilan de cet évènement vous permet-il d’affirmer qu’il y a une maturité du Hip hop en Afrique ?
Il y a une évolution importante aussi bien au niveau de la structuration des textes, du flow et des musiques ; mais aussi de la création des labels pour faire vivre cette musique. La force est là. C’est une culture qui est devenue extrêmement populaire dans les quatre coins du continent africain. Le hip hop souffre d’un réel manque de politique, de structuration pour accompagner ce mouvement. On ne peut pas encore en vivre décemment, mais pourtant il y a un potentiel qui, d’ici quelques années, pourra changer cette perception.
Il y a actuellement des artistes comme ceux de l’Afrique de l’Ouest, notamment Didier Awadi, ancien de Positive black soul qui est aujourd’hui demandé en Afrique et dans le reste du monde. Il a crée le Studio Sankara, qui est un label de production de disque. Didier Awadi a diffusé par exemple le dernier album de Tiken Jah. Il a bâti tout ceci en faisant du rap. Pour les labels, l’exemple pour moi c’est Eben au Gabon. C’est un vrai label avec des artistes comme Ba’ponga, Koba, Naphtalie. Eben, que dirige Eric Benquet, a des représentants dans plusieurs pays, avec attaché de presse en France. Ils ont un studio d’enregistrement. La maturité s’acquiert peu à peu.

Au Cameroun, il y a eu une grosse polémique sur la sélection de X-maléya et Koppo, qui, d’après certains, ne font pas du hip hop ?
Je suis désolé, mais le hip hop est une culture qui a ses disciplines et qui, justement, surprend parce qu’il peut s’ouvrir aux autres musiques. Je suis partisan d’un rap très ouvert. Koppo et X-maléya ont réussi à intégrer notre coutume, notre façon de parler le "verland" dans leur travail. Je pense que si les acteurs de cette culture veulent vraiment vivre de cet art, qu’ils utilisent autre chose car les Français parlent mieux leur langue, les Américains savent raconter l’histoire du ghetto. Il faut intégrer une partie de soi, parler, s’habiller et se donner une identité dans le rap. Cet avenir passe par là. Mes sélections intègrent tout cela. Dans la même logique, le Gabao à un côté laboratoire. C’est celui qui prend le risque de mettre ensemble les gens qui, à priori, n’ont rien à voir ensemble dans l’écriture musicale et la démarche artistique. Lokua Kanza était là l’année dernière et, cette fois, c’est les Nubians qui ont fait leur preuve, partage l’expérience qu’ils ont avec les artistes jeunes pour favoriser la culture hip hop avec les autres courants.

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Directeur artistique du Festival Gabao, il présente le projet et les éléments identitaires qui rendront cet art viable.
Propos recueillis par Marion Obam, à Libreville


La cinquième édition du festival Gabao hip hop s’est ouverte hier à Libreville, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce concept ?
C’est un rendez-vous culturel annuel, qui s’articule sur deux grands axes : les concerts et les spectacles, qui constituent la partie festive ; et il y a des ateliers de formations et rencontres professionnelles, qui participent de la structuration même du développement de la culture aussi bien au Gabon que dans la sous région Afrique Centrale. Le Gabao se tient régulièrement depuis 5 ans. L’idée de ce concept m’est venue à la suite des expériences malheureuses avec les artistes du passé, qui ont fait ou font de la musique pour un public précis dont je ne fais partie. Vivant ces frustrations, j’ai voulu faire exister ma génération, ces cultures et ses multiples potentiels. J’ai décidé de monter le Gabao pour qu’il soit une vraie vitrine pour ce genre de musique en Afrique Centrale. Cependant, je voulais préciser que le nom Gabao n’est pas gratuit car c’est la première appellation qu’avaient donné les portugais au pays lorsqu’ils l’ont découvert du fait de sa côte, qui a la forme d’un chapeau. Ainsi, le Gabon accueille les multiples expressions artistiques urbaines.

Le bilan de cet évènement vous permet-il d’affirmer qu’il y a une maturité du Hip hop en Afrique ?
Il y a une évolution importante aussi bien au niveau de la structuration des textes, du flow et des musiques ; mais aussi de la création des labels pour faire vivre cette musique. La force est là. C’est une culture qui est devenue extrêmement populaire dans les quatre coins du continent africain. Le hip hop souffre d’un réel manque de politique, de structuration pour accompagner ce mouvement. On ne peut pas encore en vivre décemment, mais pourtant il y a un potentiel qui, d’ici quelques années, pourra changer cette perception.
Il y a actuellement des artistes comme ceux de l’Afrique de l’Ouest, notamment Didier Awadi, ancien de Positive black soul qui est aujourd’hui demandé en Afrique et dans le reste du monde. Il a crée le Studio Sankara, qui est un label de production de disque. Didier Awadi a diffusé par exemple le dernier album de Tiken Jah. Il a bâti tout ceci en faisant du rap. Pour les labels, l’exemple pour moi c’est Eben au Gabon. C’est un vrai label avec des artistes comme Ba’ponga, Koba, Naphtalie. Eben, que dirige Eric Benquet, a des représentants dans plusieurs pays, avec attaché de presse en France. Ils ont un studio d’enregistrement. La maturité s’acquiert peu à peu.

Au Cameroun, il y a eu une grosse polémique sur la sélection de X-maléya et Koppo, qui, d’après certains, ne font pas du hip hop ?
Je suis désolé, mais le hip hop est une culture qui a ses disciplines et qui, justement, surprend parce qu’il peut s’ouvrir aux autres musiques. Je suis partisan d’un rap très ouvert. Koppo et X-maléya ont réussi à intégrer notre coutume, notre façon de parler le "verland" dans leur travail. Je pense que si les acteurs de cette culture veulent vraiment vivre de cet art, qu’ils utilisent autre chose car les Français parlent mieux leur langue, les Américains savent raconter l’histoire du ghetto. Il faut intégrer une partie de soi, parler, s’habiller et se donner une identité dans le rap. Cet avenir passe par là. Mes sélections intègrent tout cela. Dans la même logique, le Gabao à un côté laboratoire. C’est celui qui prend le risque de mettre ensemble les gens qui, à priori, n’ont rien à voir ensemble dans l’écriture musicale et la démarche artistique. Lokua Kanza était là l’année dernière et, cette fois, c’est les Nubians qui ont fait leur preuve, partage l’expérience qu’ils ont avec les artistes jeunes pour favoriser la culture hip hop avec les autres courants.

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Directeur artistique du Festival Gabao, il présente le projet et les éléments identitaires qui rendront cet art viable.
Propos recueillis par Marion Obam, à Libreville


La cinquième édition du festival Gabao hip hop s’est ouverte hier à Libreville, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce concept ?
C’est un rendez-vous culturel annuel, qui s’articule sur deux grands axes : les concerts et les spectacles, qui constituent la partie festive ; et il y a des ateliers de formations et rencontres professionnelles, qui participent de la structuration même du développement de la culture aussi bien au Gabon que dans la sous région Afrique Centrale. Le Gabao se tient régulièrement depuis 5 ans. L’idée de ce concept m’est venue à la suite des expériences malheureuses avec les artistes du passé, qui ont fait ou font de la musique pour un public précis dont je ne fais partie. Vivant ces frustrations, j’ai voulu faire exister ma génération, ces cultures et ses multiples potentiels. J’ai décidé de monter le Gabao pour qu’il soit une vraie vitrine pour ce genre de musique en Afrique Centrale. Cependant, je voulais préciser que le nom Gabao n’est pas gratuit car c’est la première appellation qu’avaient donné les portugais au pays lorsqu’ils l’ont découvert du fait de sa côte, qui a la forme d’un chapeau. Ainsi, le Gabon accueille les multiples expressions artistiques urbaines.

Le bilan de cet évènement vous permet-il d’affirmer qu’il y a une maturité du Hip hop en Afrique ?
Il y a une évolution importante aussi bien au niveau de la structuration des textes, du flow et des musiques ; mais aussi de la création des labels pour faire vivre cette musique. La force est là. C’est une culture qui est devenue extrêmement populaire dans les quatre coins du continent africain. Le hip hop souffre d’un réel manque de politique, de structuration pour accompagner ce mouvement. On ne peut pas encore en vivre décemment, mais pourtant il y a un potentiel qui, d’ici quelques années, pourra changer cette perception.
Il y a actuellement des artistes comme ceux de l’Afrique de l’Ouest, notamment Didier Awadi, ancien de Positive black soul qui est aujourd’hui demandé en Afrique et dans le reste du monde. Il a crée le Studio Sankara, qui est un label de production de disque. Didier Awadi a diffusé par exemple le dernier album de Tiken Jah. Il a bâti tout ceci en faisant du rap. Pour les labels, l’exemple pour moi c’est Eben au Gabon. C’est un vrai label avec des artistes comme Ba’ponga, Koba, Naphtalie. Eben, que dirige Eric Benquet, a des représentants dans plusieurs pays, avec attaché de presse en France. Ils ont un studio d’enregistrement. La maturité s’acquiert peu à peu.

Au Cameroun, il y a eu une grosse polémique sur la sélection de X-maléya et Koppo, qui, d’après certains, ne font pas du hip hop ?
Je suis désolé, mais le hip hop est une culture qui a ses disciplines et qui, justement, surprend parce qu’il peut s’ouvrir aux autres musiques. Je suis partisan d’un rap très ouvert. Koppo et X-maléya ont réussi à intégrer notre coutume, notre façon de parler le "verland" dans leur travail. Je pense que si les acteurs de cette culture veulent vraiment vivre de cet art, qu’ils utilisent autre chose car les Français parlent mieux leur langue, les Américains savent raconter l’histoire du ghetto. Il faut intégrer une partie de soi, parler, s’habiller et se donner une identité dans le rap. Cet avenir passe par là. Mes sélections intègrent tout cela. Dans la même logique, le Gabao à un côté laboratoire. C’est celui qui prend le risque de mettre ensemble les gens qui, à priori, n’ont rien à voir ensemble dans l’écriture musicale et la démarche artistique. Lokua Kanza était là l’année dernière et, cette fois, c’est les Nubians qui ont fait leur preuve, partage l’expérience qu’ils ont avec les artistes jeunes pour favoriser la culture hip hop avec les autres courants.

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