Musique : Henry Okala cherche son chemin
L’ancien du groupe Macase a sorti son premier album individuel. –
Zen, traduction de chemin en langue éton, est le titre d’une chanson qui a donné son nom à l’album de huit titres que Henry Okala vient de commettre. Tonique, électrique, il y a, invariablement, d’un titre à l’autre, du Georges Seba ou même du Sally Nyollo dans l’expression de ce transfuge du Macase depuis 2006, l’un des groupes en vue au Cameroun depuis une décennie. Balade permanente entre plusieurs genres d’ici et d’ailleurs, Zen est une quête permanente, celle d’une identité malmenée en quête d’affirmation et de reconnaissance. Le musicien s’est lancé dans une carrière solo, quatre ans après son départ du groupe qui l’a révélé. Véritable touche-à-tout, le musicien veut s’inscrire dans la modernité d’un univers créatif longtemps éprouvé au sein du Macase, tout en restant ancré dans ses origines camerounaises.
Bikutsi, makossa, rythm’n blues, zouk, reggae, etc., Zen est une exploration permanente de plusieurs genres, qui finissent par fusionner pour donner une variété très urbaine. Chantés dans une multitude de langues du terroir, en français et en anglais, mais avec une dominante éton, la langue maternelle d’Henry Okala, les thèmes de Zen sont une sublimation expressive de la sensibilité de leur auteur. Qu’il s’agisse de l’amour charnel pour ces inconnues de « Belle africaine » ou même de l’amour pour Luna sa fille à qui il dédie la chanson éponyme, Henry Okala fait montre d’un altruisme qu’il veut partager. Le travail l’a souvent éloigné de ceux qu’il aime le plus au monde. C’est pourquoi il tente une explication inespérée dans « Mone Onoan ». Un travail qu’il n’aurait pas pu accomplir sans Dieu, à qui il rend grâce dans ce qu’il appelle « Ma prière ».
Souvent mélancolique, parfois grave, mais toujours affectueuse et optimiste, la voix puissante de Henry Okala a su porter, à chaque fois, la bonne tonalité du message à son destinataire. Avec le soutien logistique de professionnels confirmés, Mayo aux guitares et Kayou au saxo, qu’accompagnaient généreusement de jeunes loups ambitieux, Ateba à la bass, Pipeau au synthé, Raphaël Effila aux percussions et Solange Essama aux chœurs, Zen se révèle globalement un album digeste, à consommer sans modération.
Pour un coup d’essai en solo, Henry Okala ne sera pas passé bien loin de la plaque. Disponible depuis deux mois dans le réseau Mboa Culture, Zen mérite de figurer dans les discothèques personnelles qu’on fait écouter aux copains, certains soirs de barbecue.

