Clôture : La dernière salve de Massao
Le festival international de voix de femmes s’est achevé lundi 08 mars sur une fausse note. –
Bien que très attendu, Blick Bassy s’est ravisé à présenter son dernier album, dimanche dernier, sur le plateau du Massao 2010. L’auteur de "Léman" aurait déploré les mauvaises conditions techniques ne pouvant garantir un spectacle de qualité. Grosse déception donc, pour les nombreux fans ayant fait le déplacement pour la Place du gouvernement à Bonanjo. Ce rendez-vous manqué n’était en réalité que la partie visible de l’iceberg. En effet, depuis son lancement le 27 février dernier, la 6ème édition du Massao aura enregistré de stridentes fausses notes. L’ouverture du festival a pourtant eu lieu avec la présence effective de la ministre de la Culture, Ama Tutu Muna.
Toutefois, l’arrivée de cette dernière ne s’est pas faite en grandes pompes, du fait de l’absence – momentanée – du promoteur de l’évènement, Théophile Mbouma Bissa. Ama Tutu Muna sera en effet forcée de rebrousser chemin, tout en réitérant malgré tout son appui au comité d’organisation du Massao. Lequel, hélas, a affichée une sorte d’impréparation au cours du festival. Les premiers jours, des "scènes révélations", (qui confrontent des jeunes chanteuses) se sont faites sans présentateur. Les candidates se succédaient sous une transition muette. Plus tard, Aimé Moukoko, animateur à "Sky one radio" se porte volontaire pour être l’imprésario du Massao 2010. Sa voix sauve de justesse un évènement qui s’annonçait terne et morose.
Miriam Makeba
Il faudra néanmoins plus que de la voix pour garantir le succès de cette 6ème édition du Massao. Nul n’était besoin de demander le programme. Entre l’annulation du concert de la chanteuse française Buridane le 1er mars, les défections de Tonton Ebogo et de Yvette Bassega, le Massoa a enregistré une série de promesses non tenues. Le comble, pour certains, sera le concours de danse improvisé le dimanche 07 mars et la prestation en play-back des artistes Nicole Mara, prince Afo’o Akom, le 08 mars, date de clôture du Massao, par ailleurs journée internationale de la femme.
Pour un évènement qui se fixe pour mission la "promotion artistique féminine", il ne serait pas méchant d’affirmer que le Massao a failli en cette année 2010. " Une énième fois ", rajoute un observateur de la scène culturelle de Douala. En revanche, la finale des " scènes révélations " fut un succès, de l’avis de plus d’un ; notamment grâce au talent des candidates et à la prestation de la diva ivoirienne Dobet Ngnaoré.
La présence de Zenzile Makeba, la petite fille de Miriam Makeba à qui cette édition été dédiée, a également donné une certaine aura au Massao 2010. Mais, on en attendait plus d’un plateau qui a révélé la gabonaise Annie Flore Batchiellylis, la Camerounaise Corry du groupe Macase, et de nombreuses autres belles voix féminines africaines. Les erreurs du passé pourront probablement servir à la prochaine édition, en 2012.
Monique Ngo Mayag

