Spectacle : La compagnie Ngoti est de retour
Après cinq ans de silence, les piliers de la lecture-spectacle ont renoué le contact avec leurs fans samedi dernier. –
"Je suis émue de voir revivre cette compagnie. La beauté des textes mais surtout leur profondeur m’ont donné la nostalgie du temps ou tout resplendissait.” C’est sublime s’extasie Chantal Bonono, ancienne comédienne de la troupe. Tout comme elle, le public a été subjugué ce samedi.
Alex Bitchoka, Serge Fouha et Hermine Yollo ont assuré une heure de spectacle. Auréolées sur la scène de lumières, leurs déclamations ont été accompagnées d’effets spéciaux sonores. "C’est cela même une lecture spectacle. Il faut associer lumières et sonorités et, pour mieux faire, des costumes et même personnaliser le décor de la scène", tient à préciser la jeune directrice, Hermine Yollo.
Les bruits du vent qui fait claquer les feuilles de palmiers, les cris d’oiseaux, le mouvement des vagues, donnent plus de ton aux poèmes déclamés. Il s’agit d’une croisade des textes de trois grands auteurs. "Le Divan" de Johann Goethe, "Le Sacre du Levant" d’Antoine Assoumou et "Manuel du Guerrier de la Lumière" de Paulo Coelho. "Le thème est conscience et spiritualité. Nous partageons ainsi avec le public, le voyage de l’être humain dans sa quête de l’absolu. Les textes montrent que c’est un parcours parsemé d’embûches, toutefois avec la persévérance l’on parvient toujours à atteindre ses objectifs", explique-t-elle.
Ceux de la compagnie Ngoti sont clairs : promouvoir la qualité des œuvres des auteurs camerounais et africains en général. Pour y parvenir, en plus des lectures spectacles la troupe est au cœur d’autres activités et projets. La création de deux pièces théâtrales, le projet d’initiation au théâtre des enfants âgés de 6 à 12 ans. Pour ce projet qui sera réalisé pendant les grandes vacances, les ambitions sont novatrices : "susciter des talents d’artistes parmi les enfants. Pendant trois semaines, nous allons les former à la création des sketches. Et nous comptons inviter les parents à la fin pour qu’ils apprécient eux même ce dont leur progéniture est capable". Déterminée à redorer le blason de la compagnie, cette équipe de neuf personnes bénéficie déjà du partenariat de "Le bruit des hommes", une compagnie française, et l’institut Goethe. En quête d’autres partenariats, la "nouvelle" compagnie est décidée à remporter des prix de renom comme celui gagné en 2003 en Tunisie lors des journées théâtrales de Carthage.
Gertrude Guimatsia (stagiaire)

