Vincent Vieu : Il n’y a pas de graffiti illégal à Yaoundé
Le graffiteur français est arrivé au Cameroun dans le cadre du festival Couleurs urbaines.
Propos recueillis par Justin Blaise Akono – Qu’entend-on par Graffiti ?
Un graffiti est une inscription calligraphiée ou un dessin tracé, peint ou gravé sur un support qui n’est normalement pas prévu à cet effet. Longtemps regardé comme un sujet négligeable, le graffiti est aujourd’hui considéré, selon les points de vue, comme un moyen d’expression, comme un art visuel comme une nuisance urbaine à la base. Il part des jeunes de New York, qui voulaient marquer leurs noms sur les murs pour avoir l’impression d’exister dans cette société capitaliste. Dès lors est né un esprit de compétition. Il était question de marquer le plus son nom. Avec l’évolution, d’autres ont pensé le faire avec plus de style. Par la suite, du graffiti, qui était illégal est né le graff, la version légale du graffiti. Le graff est fait avec le pinceau, la bombe. Il reprend les codes du graffiti. Principalement la réalisation des lettrages et les personnages.
Quels sont les débouchés de cet art ?
Nous couvrons des murs. Soit pour notre propre passion, soit pour des commanditaires. Nous pouvons alors décorer des chambres, des pochettes de disques, des logos, des médias Internet, des flyers, des affiches des festivals. Raison pour laquelle je suis devenu photographe. Nous dessinons également sur des toiles ou faire la " customisation "des tee-shirts. Le graffiti est l’élément visuel du Hip Hop. Au niveau de la France, je vis de cet art. Je travaille sur des thèmes relatifs au Hip hop, avec des rappeurs et des danseurs. Le plus important étant de ressortir les images.
Comment trouvez-vous vos confrères camerounais ?
Ils travaillent beaucoup avec l’aérographe, le pistolet et le compresseur. Ce que nous ne faisons pas beaucoup en France. J’ai été agréablement surpris. Je m’attendais à rencontrer des gens ayant moins de culture et de connaissance. J’ai plutôt rencontré des gens qui ont une soif de découvrir.
Avez-vous décelé une différence entre ce qui se passe en France et ce que vous avez découvert à Yaoundé ? D’emblée, il n’y a pas de graffiti illégal à Yaoundé. Or, en France, nous avons tous commencé par le graffiti de manière illégale. Je crois que les Camerounais sont influencés par les clips américains. Ils sont beaucoup plus intéressés par l’aspect Rap que par le côté originel du Graffiti. J’ai par ailleurs constaté que la réalité graff est différente à Yaoundé et à Douala.
Qu’avez-vous fait concrètement depuis que vous êtes arrivé à Yaoundé ?
Nous avons décoré un mur à l’extérieur du Camp Sonel. Nous allons décorer le centre zoologique de Yaoundé lundi et mardi, d’une manière plus structurée.

