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Formation : L’université fait son cinéma

Grandeurs et misères de la section Arts du spectacle créée à Yaoundé I depuis une quinzaine d’années.
Jules Romuald Nkonlak – Deux jeunes gens ont présenté les soirées d’ouverture et de clôture de la 11e édition du festival Ecrans Noirs. Josiane Ayuk et Thierry Ntamack, qui ont choisi de se lancer sur le chemin du cinéma, qui semble encore bien broussailleux au Cameroun. Le second, que l’on a aperçu dans certaines productions locales et notamment à l’affiche du dernier film de Cyrille Masso, Confidences, apparaît même comme l’un des espoirs du cinéma local. Ce que l’on considère avec beaucoup de fierté au niveau de la section Arts du spectacle de l’Université de Yaoundé I.
"Il y a des aînés comme Zigoto Tchaya et Thierry Ntamack qui sont passés par ici", indique Armel Oyono, étudiant en deuxième année. Tout à côté de l’entrée principale de la bibliothèque centrale de l’Université de Yaoundé I, il y a une entrée qui mène au sous-sol du même bâtiment. Un espace à l’air vieillot, qui débouche sur le hall de l’amphi 300 et qui n’a pas l’air particulièrement fréquenté. Ceux qui fréquentent le campus de Ngoa Ekellé ou qui l’ont fréquenté à une certaine période gardent l’image de quelques personnes accoudées à la rampe à la gauche de la bibliothèque, mais surtout le son de ces chants que l’on peut percevoir parfois, lorsque l’on passe derrière le bâtiment.

Ce 12 juin 2007, d’ailleurs, le même spectacle est offert. Quelques étudiants en Arts du spectacle discutent à l’entrée de l’espace qui accueille leur section. Des salles de classe de fortune, créées dans un vaste espace à l’aide de cloisons en bois. En bas, un groupe de personnes répètent ce qui semble être une pièce de théâtre. Dans la bonne humeur, en chantant et en dansant. Le regard et l’esprit tourné vers leurs rêves de stars. Beaucoup, pourtant, avant leur arrivée à l’université, ne songeaient pas à des études de théâtre ou de cinéma, dont on fait bien peu de publicité et qui compte actuellement près de 150 étudiants (de la 1ère à la 3e année).
"Je n’avais jamais entendu parler de la section Arts du spectacle et je ne savais pas qu’elle existait à l’Université de Yaoundé I. On nous en a parlé pendant l’orientation lorsque nous sommes arrivés à l’université. J’ai découvert ce que l’on y faisait et je me suis rendu compte qu’il s’agissait de ce dont j’avais toujours rêvé ", déclare Armel Oyono.

Tchogmo Meyada, plus connu sous le nom de Bikarata, que les téléspectateurs ont vu aux côtés d’Edoudoua pendant plusieurs mois sur les antennes de Canal 2 International, a un peu quitté les écrans pour les bancs. Il est actuellement en troisième année, option cinéma, à la section Arts du spectacle. "Il y a des choses que je ne savais pas et que j’ai apprises lorsque je suis arrivé ici. Je peux désormais réaliser des films, faire de la mise en scène, des prises de vue, l’écriture de scénario. J’étais déjà dans le milieu, mais il fallait me professionnaliser", précise-t-il.
La section Arts du spectacle a été créée au sein du département d’art et d’archéologie de la Faculté des arts, lettres et sciences humaines de l’Université de Yaoundé I, à la faveur de la réforme universitaire de 1993. A côté des sections Arts plastiques et Histoire de l’art, elles font partie du projet de professionnalisation des enseignements dans les universités d’Etat au Cameroun. "Nous formons les étudiants dans trois domaines : le théâtre, le cinéma et la télévision, mais avec beaucoup plus d’accent sur le théâtre et le cinéma", indique Donatus Fai Tanghem, enseignant dans cette section. Il fait partie des cinq permanents qui y dispensent des cours, sous la houlette de Bole Butaké, le chef du département. Ces enseignants permanents reçoivent l’appui, de temps à autre, de quelques enseignants vacataires.

Réforme
Simon Pierre Bell (Bilim Bi Jam) et Guy René Kenmegne (Larmes d’espoir), anciens de la section Arts du spectacle, ont présenté des films lors de la dernière édition du festival Ecrans Noirs. Donatus Fai Tanghem se réjouit également de ce que plusieurs de ses anciens étudiants travaillent aujourd’hui avec des médias de la place. "Beaucoup veulent être cinéastes, producteurs, mais ils peuvent également devenir enseignants. On essaie de leur donner une perspective globale, mais on privilégie le côté professionnel."
Ce propos de l’enseignant n’est pourtant pas partagé par tout le monde dans la section. Armel Oyono avoue que les enseignements de théâtre et de cinéma reçus depuis son arrivée dans cette section le confortent dans son rêve. Mais il indique bien que ce serait plus intéressant de se frotter à l’extérieur, au monde professionnel. Et verrait d’un bon œil un stage dans un cadre, tel que Les films Terre africaine, par exemple.

Difficultés
Pour Tchogmo Meyada, les difficultés sont diverses : "On manque de matériel. Il n’y a pas de banc de montage. On vient à peine d’acquérir une caméra. Il nous faut plus d’enseignants qualifiés". A côté des difficultés, "Bikarata", comme pour confirmer les propos de son enseignant, Donatus Fai, apprécie le fait qu’il s’agit d’une filière professionnelle, ce qui permet aux étudiants de pouvoir s’auto-employer à la fin de leurs études et même avant. "Dès le niveau 1, tu peux déjà travailler, car on monte des courts métrages à la fin de la première année. On nous appelle d’ailleurs les "gombistes"".
La nouvelle vie du cinéma camerounais, avec les nombreux courts métrages réalisés au cours de ces dernières années par des jeunes Camerounais n’est pas sans lien avec la filière créée à l’Université de Yaoundé I. Après le cycle de licence, toutefois, certains poursuivent leurs études en maîtrise dans la même université, ou se rendent au Centre de formation professionnelle en audiovisuel (Cfpa) d’Ekounou, pour se perfectionner dans la réalisation.
Dans le premier cas, il s’agit d’étudiants plus portés vers l’enseignement ou la critique.

Or, pour Thierry Ntamack, "on a plus besoin de praticiens que de théoriciens". Le comédien et désormais réalisateur (après un passage au Cfpa), déplore le fait que les enseignements à la section Arts du spectacle soient trop théoriques. "On forme plus de critiques que de praticiens. Or que va-t-on critiquer s’il n’y a pas de films ? Je déplore le fait qu’on n’associe pas la formation théorique à des ateliers pratiques. Les professeurs ne font pas rêver, car ils n’ont pas une expérience sur le terrain. La seule véritable opportunité c’est l’enseignement", se plaint-il. Tout en reconnaissant que le fait de créer cette filière constituait déjà un pas en avant, le jeune homme n’est pas loin d’affirmer qu’il n’y a rien appris : "Les secrets de ma réussite sont liés au fait que j’ai d’autres arguments et que je travaille avec d’autres personnes".
Les jeunes gens qui, au mépris de la chaleur de cette mi-journée de juin, chantent et dansent au sous-sol sont plus positifs. Menés peut-être à cela par les quelques succès de troupes de théâtre ou d’acteurs passés par là, qui ont participé à plusieurs festivals de théâtre à l’étranger.

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Tweg Wirman : Une exposition pour mieux se compren

L’artiste peintre s’exprime sur le choix des matériaux qu’il utilise pour réaliser ses toiles.
Propos recueillis par Hortense Bonguen (stagiaire)


Vous avez procédé jeudi (hier, 19 avril, Ndlr) au vernissage de votre exposition à Africréa à Yaoundé. Mais peut-on savoir qui est Tweg Wirman ?
Je suis un jeune peintre camerounais de 33 ans, de mon vrai nom Marvin Gwet. Très jeune, j’ai été attiré par le dessin et je m’amusais souvent à reproduire les bandes dessinées. Mes études d’art à l’Institut de formation artistique (Ifa) de Mbalmayo ont été d’un grand apport dans ma professionnalisation, ce qui m’a valu un prix lors du Concours national de peinture et de sculpture en 1999.

Peut-on avoir plus de détails sur le thème de cette exposition, "les couloirs de ma mémoire" ?
Je me suis appesanti sur ce thème pour essayer de comprendre l’homme à travers mon expérience mais aussi, d’une certaine manière, de comprendre les rapports entre l’homme et autrui. Ce thème nous emmène également à avoir un regard plus introspectif sur notre personne.

A quoi cela renvoie-t-il concrètement?
"Les couloirs de ma mémoire", c’est parce que l’artiste se pose des questions sur sa propre personne et sur les gens qui l’entourent. Plus simplement, mes questionnements concernent la vie quotidienne de tous et de chacun.

Pour vos peintures vous utilisez des matériaux ordinaires, pourquoi ce choix spécifique ?
Les différents matériaux ne sont pas choisis au hasard. Ils vont du pigment à la peinture en elle-même, en passant par le matériau de récupération. Globalement, ceux que j’utilise sont la terre, des accessoires de la vie quotidienne, bref tout ce qui peut me tomber sur la main ; afin de donner plus de valeur, plus de force et beaucoup d’attrait à l’œuvre. Ceci dépend de ce que l’artiste recherche et aussi de sa sensibilité au moment où il réalise son œuvre.

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Tweg Wirman : Une exposition pour mieux se compren

L’artiste peintre s’exprime sur le choix des matériaux qu’il utilise pour réaliser ses toiles.
Propos recueillis par Hortense Bonguen (stagiaire)


Vous avez procédé jeudi (hier, 19 avril, Ndlr) au vernissage de votre exposition à Africréa à Yaoundé. Mais peut-on savoir qui est Tweg Wirman ?
Je suis un jeune peintre camerounais de 33 ans, de mon vrai nom Marvin Gwet. Très jeune, j’ai été attiré par le dessin et je m’amusais souvent à reproduire les bandes dessinées. Mes études d’art à l’Institut de formation artistique (Ifa) de Mbalmayo ont été d’un grand apport dans ma professionnalisation, ce qui m’a valu un prix lors du Concours national de peinture et de sculpture en 1999.

Peut-on avoir plus de détails sur le thème de cette exposition, "les couloirs de ma mémoire" ?
Je me suis appesanti sur ce thème pour essayer de comprendre l’homme à travers mon expérience mais aussi, d’une certaine manière, de comprendre les rapports entre l’homme et autrui. Ce thème nous emmène également à avoir un regard plus introspectif sur notre personne.

A quoi cela renvoie-t-il concrètement?
"Les couloirs de ma mémoire", c’est parce que l’artiste se pose des questions sur sa propre personne et sur les gens qui l’entourent. Plus simplement, mes questionnements concernent la vie quotidienne de tous et de chacun.

Pour vos peintures vous utilisez des matériaux ordinaires, pourquoi ce choix spécifique ?
Les différents matériaux ne sont pas choisis au hasard. Ils vont du pigment à la peinture en elle-même, en passant par le matériau de récupération. Globalement, ceux que j’utilise sont la terre, des accessoires de la vie quotidienne, bref tout ce qui peut me tomber sur la main ; afin de donner plus de valeur, plus de force et beaucoup d’attrait à l’œuvre. Ceci dépend de ce que l’artiste recherche et aussi de sa sensibilité au moment où il réalise son œuvre.

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Tweg Wirman : Une exposition pour mieux se compren

L’artiste peintre s’exprime sur le choix des matériaux qu’il utilise pour réaliser ses toiles.
Propos recueillis par Hortense Bonguen (stagiaire)


Vous avez procédé jeudi (hier, 19 avril, Ndlr) au vernissage de votre exposition à Africréa à Yaoundé. Mais peut-on savoir qui est Tweg Wirman ?
Je suis un jeune peintre camerounais de 33 ans, de mon vrai nom Marvin Gwet. Très jeune, j’ai été attiré par le dessin et je m’amusais souvent à reproduire les bandes dessinées. Mes études d’art à l’Institut de formation artistique (Ifa) de Mbalmayo ont été d’un grand apport dans ma professionnalisation, ce qui m’a valu un prix lors du Concours national de peinture et de sculpture en 1999.

Peut-on avoir plus de détails sur le thème de cette exposition, "les couloirs de ma mémoire" ?
Je me suis appesanti sur ce thème pour essayer de comprendre l’homme à travers mon expérience mais aussi, d’une certaine manière, de comprendre les rapports entre l’homme et autrui. Ce thème nous emmène également à avoir un regard plus introspectif sur notre personne.

A quoi cela renvoie-t-il concrètement?
"Les couloirs de ma mémoire", c’est parce que l’artiste se pose des questions sur sa propre personne et sur les gens qui l’entourent. Plus simplement, mes questionnements concernent la vie quotidienne de tous et de chacun.

Pour vos peintures vous utilisez des matériaux ordinaires, pourquoi ce choix spécifique ?
Les différents matériaux ne sont pas choisis au hasard. Ils vont du pigment à la peinture en elle-même, en passant par le matériau de récupération. Globalement, ceux que j’utilise sont la terre, des accessoires de la vie quotidienne, bref tout ce qui peut me tomber sur la main ; afin de donner plus de valeur, plus de force et beaucoup d’attrait à l’œuvre. Ceci dépend de ce que l’artiste recherche et aussi de sa sensibilité au moment où il réalise son œuvre.

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L’artiste peintre s’exprime sur le choix des matériaux qu’il utilise pour réaliser ses toiles.
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Je suis un jeune peintre camerounais de 33 ans, de mon vrai nom Marvin Gwet. Très jeune, j’ai été attiré par le dessin et je m’amusais souvent à reproduire les bandes dessinées. Mes études d’art à l’Institut de formation artistique (Ifa) de Mbalmayo ont été d’un grand apport dans ma professionnalisation, ce qui m’a valu un prix lors du Concours national de peinture et de sculpture en 1999.

Peut-on avoir plus de détails sur le thème de cette exposition, "les couloirs de ma mémoire" ?
Je me suis appesanti sur ce thème pour essayer de comprendre l’homme à travers mon expérience mais aussi, d’une certaine manière, de comprendre les rapports entre l’homme et autrui. Ce thème nous emmène également à avoir un regard plus introspectif sur notre personne.

A quoi cela renvoie-t-il concrètement?
"Les couloirs de ma mémoire", c’est parce que l’artiste se pose des questions sur sa propre personne et sur les gens qui l’entourent. Plus simplement, mes questionnements concernent la vie quotidienne de tous et de chacun.

Pour vos peintures vous utilisez des matériaux ordinaires, pourquoi ce choix spécifique ?
Les différents matériaux ne sont pas choisis au hasard. Ils vont du pigment à la peinture en elle-même, en passant par le matériau de récupération. Globalement, ceux que j’utilise sont la terre, des accessoires de la vie quotidienne, bref tout ce qui peut me tomber sur la main ; afin de donner plus de valeur, plus de force et beaucoup d’attrait à l’œuvre. Ceci dépend de ce que l’artiste recherche et aussi de sa sensibilité au moment où il réalise son œuvre.

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