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Douala : les journalistes pleurent Bibi Ngota

Un sit-in devant les services du gouverneur de la région du Littoral aura marqué la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai 2010. –

Ils étaient finalement une cinquantaine. La meute d’hommes et de femmes des médias qui ont investi les services du gouverneur de la région du Littoral lundi 3 mai 2010, jour de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse. Motif de cette mobilisation, les ouvriers de la plume et du microphone ont tenu d’abord à marquer d’une pierre blanche une célébration sur fond de deuil. En effet, la journée du 3 mai de cette année a malheureusement coïncidé avec le décès du journaliste et pas moins directeur de publication de l’hebdomadaire Cameroun Express, mort en sa qualité de prévenu à la prison centrale de Kondengui. Pour signifier leurs condoléances à la famille éprouvée et honorer la mémoire d’un confrère aujourd’hui disparu dans des conditions qui réveillent le débat sur la question de l’exercice au quotidien du plus beau métier du monde, les journalistes exerçant dans la capitale économique du Cameroun, sont sortis en grand nombre.

Il a été ensuite, question pour les gladiateurs de la presse écrite et de l’audiovisuel de déposer une copie du mémorandum adressé au gouvernement au sujet des problèmes de la presse au Cameroun. Sans surprise, d’une manière spontanée, les journalistes issus de divers organes de presse ayant pignon sur rue à Douala, ont choisi se vêtir en noir, en grande partie, quand ils n’avaient pas noué un foulard noir aux bras droits. Pendant environ 90 minutes, les professionnels du journalisme ont fait un sit-in pacifique devant un des symboles des institutions républicaines de la capitale économique du Cameroun. En guise de sollicitude, Me Alice Akom, avocate au barreau du Cameroun, Anicet Ekane, ex-président du MANIDEM et Njohreur alias Tiger de passage, ont exprimé leur soutien à la clique des journalistes endeuillés.

Manifestation d’une indignation

Sur ces entrefaites, une demande d’audience est adressée au gouverneur Francis Faï Yengo, histoire de lui remettre en mains propres une copie du mémorandum adressé au Premier ministre Philémon Yang, demande d’audience remplie par Alex Gustave Azebaze, premier secrétaire par intérim du Syndicat national de journalistes du Camaroun (SNJC) qu’accompagnait Honoré Foimoukom, coordonnateur de la rédaction de Le Messager, en charge de l’édition. Parce qu’attendu au vernissage de l’exposition photos organisé par la délégation régionale de la communication du Littoral dans le cadre des festivités inhérentes à la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse, le numéro 1 de la région du Littoral instruira le préfet du Wouri de recevoir Azébazé et sa délégation étoffée par la présence de Marie-Pauline Poinsier Manyinga, Denis Kwebo du quotidien Le Jour et Père Antoine Depadoue Chonang.

Estomaqué, le patron du Wouri ne passera pas par quatre chemins pour questionner le port du noir par ses inhabituels hôtes. Le premier secrétaire du SNJC répondra en arguant de ce que «l’ensemble de la corporation des journalistes a décidé de manifester son indignation à la suite du décès de Bibi Ngota, ce 3 mai 2010, journée mondiale de la liberté de la presse. Nous nous sentons concernés par ce décès car nous pensons que, les circonstances qui ont conduit ce confrère en détention préventive à Kondengui où il décédera plus tard pour faute de soins, sont consécutives à l’exercice d’une profession aujourd’hui menacée» argumentera-t-il avant de conclure : «il s’agit d’une atteinte grave aux droits de l’Homme. Cette situation est symptomatique du mépris qu’un certain nombre d’administrations de ce pays ont envers les journalistes».Le préfet du Wouri, Bernard Okalia Bilaï, dans son rôle dira qu’il « partage les condoléances adressées à la famille du disparu avant de se réjouir que la manif des journalistes soit pacifique dans un contexte où les rapports entre les autorités de Douala et la presse son plutôt bons» a-t-il déclaré.

Devoir moral accompli

Après un briefing devant ses pairs, Alex Gustave Azébézé et les autres confrères se sont déportés à l’esplanade de la délégation régionale de la Communication du Littoral, où le maître des céans, Michèle Ebongue, était la cheville ouvrière d’une exposition photos et une projection de documentaire sur l’état de la liberté de la presse au Cameroun, une manif à laquelle ont pris part d’autres journalistes inconscients (?) de ce qu’ils sont des «Bibi Ngota en puissance». Sur les lieux, alors que Rachel Senkong, chef de la division des affaires juridiques dans les services du gouverneur, le sous-préfet de Douala Ier et le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala, Fritz Ntonè Ntonè et d’autres autorités administratives lèvent l’ancre, la meute des journalistes entonnent l’hymne national sous le vrombissement assourdissant des bolides dans lesquels ils se sont engouffrés, sans au passage jeter un regard dédaigneux sur des citoyens qui expriment leur amour pour la patrie via l’exécution d’un chant de ralliement, de surcroît notre hymne national…

Au terme d’une mission accomplie, les journalistes partageront un vin d’honneur dans un espace approprié avant de rejoindre leurs rédactions respectives non sans exprimer le sentiment d’un devoir moral rempli avec fierté. Ainsi va la célébration de la journée mondiale de la presse à Douala…

LeMessager

 

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