Séquestration: Joe La Conscience interpellé par la gendarmerie
Prenant pour prétexte la commémoration de la journée internationale de la liberté de la presse, et dans un contexte particulièrement triste pour la presse camerounaise, l’acteur iconoclaste de la société civile, Joe La Conscience a de nouveau fait parler de lui. –
C’était hier 3 mai 2010, dans les rues de Douala. Tout a commencé à 8h30, lorsque Joe et ses compagnons dont le leader politique Nkwetchoua ont pris d’assaut le quartier Nkololoun. Pour ce grand défenseur des libertés, l’opération consiste à « démontrer au yeux du monde la répression des autorités camerounaises qui voudraient voir les journalistes …à la morgue ». Pour ce faire, l’artiste a confectionné un cercueil dans lequel il s’est installé. Cette « pseudo dépouille » dans un pousse-pousse devrait arpenter les principales artères de la ville de la capitale économique. Mais après quelques kilomètres de marche, précisément au lieu dit Pk5, à l’entrée du camp Yabassi, cette procession est interrompue par un nombre important de gendarmes. Ces bidasses venus dans deux camions et des pick-up vont mettre fin aux ambitions de Joe La Conscience. Sur le cercueil on pouvait lire, « justice pour Bibi Ngota assassiné pour n’avoir voulu faire que son travail », «libérez la presse, les médias, c’est le 4e pouvoir », « un tour au cimetière, tel est le triste sort que l’Etat camerounais réserve aux journalistes un peu trop curieux ».
Séquestré pendant quatre heures
Les pandores, décidés à restaurer l’ordre, ont fait une razzia dans le coin. Les journalistes, les vendeurs à la sauvette, les badauds, le « combattant » Nkwetchoua, le « pousseur » réquisitionné pour conduire le cercueil, –les forces de l’ordre ont fermé le couvercle de la bière avec Joe à l’intérieur, -ont tous été embarqués manu militari pour l’escadron de Mboppi. Joe la conscience (assisté de Me Mbami) et ses compagnons d’infortune furent entendus et libérés après quatre longues heures, séquestrés dans les locaux de cette unité de gendarmerie. Si Joe la conscience est libre, il faut relever que son cercueil et le pousse-pousse sont toujours entre les mains de la gendarmerie.
Joe la conscience, pour ses faits d’arme, a organisé une longue marche de protestation en 2008, lors des émeutes de février. Marche qui l’a conduit de Loum dans la région du Littoral jusqu’à Yaoundé siège des institutions où il a entrepris une grève de la faim pour s’opposer à la modification de la constitution et à la vie chère.
Jacques Willy Ntoual

