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Arts plastiques : Les Ravy font le off

Le plasticien hollandais Remy Jungermann a rencontré ses confrères camerounais au Ccfv lundi dernier. –

 

 Hier lundi, le festival des Rencontres d’arts visuels de Yaoundé (Ravy) a joué les prolongations. C’était au centre culturel François Villon de Yaoundé (Ccfvy) où le plasticien néerlandais Remy Jungerman a rencontré des collègues. Un extra qui a plus à plus d’un comme le redoutait Serge Olivier Fokoua, le promoteur de ces Ravy qui en était rendues à leur deuxième édition.
Mais au cours de ces échanges auxquelles a pris part le doyen Joseph Francis Sumegne, il ne fût pas que question d’échange d’expériences. Ce dernier a notamment fait savoir que l’artiste en cette année du cinquantenaire devait plus que jamais réfléchir à sa place dans la société, cela en définissant avec la plus grande clarté possible la voie qu’il devrait emprunter car au bout du compte il faudra bien que la postérité retienne quelque chose. Jules-Ricky Soh Fongang a pour sa part bénéficié des conseils de l’artiste invité.

A lui, son aîné a simplement conseillé de choisir entre l’art abstrait et le show painting qui tous deux le font vibrer avec la même énergie.
Mais avant ces échanges, ce qui a constitué le noyau, la matrice autour de laquelle les commentaires n’ont pas manqué fût cet "Apuku Return". Aparaku étant le nom d’un dieu surinamien. Une installation-collage inspiré par les racines du Néerlandais qui, bien que vivant à Amsterdam depuis deux décennies, est originaire du Surinam ; cet ancienne colonie des Pays-Bas devenue indépendante au milieu des années 70 et qui est célèbre pour les footballeurs de couleur qu’elle continue de pourvoir à la métropole et dont les plus illustres sont Ruud Gullit et Franklin Riijkaard.

Et ces origines, on le voit dans l’œuvre qui frappe par le côté mystique qu’il transpire. Cela au moyen de ce père noël, symbole de la chrétienté dont le visage est bariolé d’une sculpture dont on pourrait aisément situer la provenance du continent noir. Un croisement de croyances souvent opposées qui situe quelque peu le métis d’aujourd’hui, tiraillé entre les croyances de ses ancêtres et celles de son éducation. Et pour éviter toute confusion, la deuxième planche rappelle l’un de ces dieux nombreux qui prolifèrent dans les croyances nègres. En lui donnant une plus grande place et en complétant la première planche par cette horde de Surinamiens avec des coqs du sacrifice, la position de l’artiste s’éclaire. Une sorte de carrefour comme sait souvent produire ceux qui ont des origines ou des cultures multiples.
Ce parti de promener un parfum d’Afrique sur ses créations comme on peut le constater dans son catalogue est un choix que Remy Jungerman assume avec fierté. Lui qui rêve de ce jour où le pont entre les deux peuples sera effectif. Et cela, "la culture le permet. Je le dis d’autant plus qu’à chaque fois que je vais au contact des œuvres des artistes africains, je m’y sens complètement", ajoute-t-il. Un sentiment partagé par son jeune confrère camerounais M’Kal qui n’en finissait pas de trouver les similitudes dans ce travail et le sien.

Parfait Tabapsi

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