Miss Supranational Cameroon: La Miss falsifie sa toise
Estelle Crescence Essame a été disqualifiée pour avoir fourni des fausses informations…. –
Coup de tonnerre dans le ciel de l’organisation de l’élection Miss Supranational Cameroon que pilote Sama Ndango. En effet, Estelle Crescence Essame portée au pinacle jeudi 24 juin 2010 au terme d’une finale avec 16 autres amazones, a été disqualifiée. Elle perd sa couronne de Miss Supranational Cameroon au profit de Johanna Lois Medjo Akamba, sa 1ère dauphine. Selon Sylva Ebelle d’Isango, une agence de communication évènementielle partenaire de l’organisation, Estelle Crescence Essame a été déchue «pour avoir fourni des informations non concordantes. Sur la fiche d’inscription de cette candidate, il est clairement indiqué qu’elle a une taille d’1m71 ce qui est d’ailleurs attesté par sa carte nationale d’identité dont nous avons eu copie. La World beauty association (WBA) nous a contactés pour que nous lui fassions parvenir les certifications officielles de taille de la représentante du Cameroun à l’élection Miss Supranational mondial qui se déroule en Pologne au mois d’août. C’est sur ces entrefaites que la Miss et moi se dirigent au commissariat central n°3 pour faire établir un certificat de toise. Nous découvrons qu’elle a une taille d’1m67. Le certificat de toise est acheminé à la WBA qui réagit quelques heures après en publiant les last results qui ont été validés. C’est alors qu’elle a disqualifié Estelle Crescence Essame.»
Les errements de l’organisation
En réalité, la WBA exige que les candidates à la couronne mondiale de Miss Supranational International aient au minimum 1m70. Sur cette base, Estelle Crescence Essame ne pouvait que perdre sa couronne. Même la « contre-expertise» mise en route par les bons soins du délégué régional de la Culture pour le Littoral, Robert Bendegue, n’a rien pu y faire. En effet, Robert Bendegue a sollicité le commissariat à l’Emi-Immigration de Douala, mardi 29 juin 2010 pour un certificat de toise de la Miss déchue. Résultats des courses, 1m68 pour Estelle Crescence Essame. Bien en dessous du minimum qu’exige la WBA. Au finish, la Miss Supranational Cameroon est désormais Johanna Lois Medjo Akamba. Denise Prisca Boufang Simo est 1ere dauphine, Dalil Zeinam, 2eme dauphine et Marie Françoise Omengue Noah, 3eme dauphine. A bien y regarder, la déchéance de la Miss Supranational Cameroon est la résultante d’un certain nombre d’errements affichés par l’organisation.
Sinon, comment comprendre qu’à un concours de beauté où l’un des critères majeurs est la taille, les organisateurs ne soient pas à même de faire des toises lors des présélections et autres castings? Cela dénote d’un professionnalisme sujet à caution. Comment pouvait-il en être autrement quand on sait que le promoteur de l’Election Miss Supranational Cameroon est un homme à tout faire. Tenez : Sama Ndango est le coach des candidates, président de jury, dépositaire de la licence Mora Moda en Afrique, membre de la WBA qui a disqualifié Essame…Excusez du peu ! Malgré toutes ces casquettes brandies fièrement, un déficit de sérieux subsiste quelque part.
Au pays du faux et de l’usage de faux
On n’a pas encore fini d’établir toute la lumière sur la scabreuse affaire des étudiants de l’Université de Yaoundé II à Soa, soupçonnés d’avoir produit des doubles reçus de paiement des droits universitaires à l’origine d’une distraction de fonds dans les caisses de cette formation universitaire qu’un autre cas de faux et d’usage de faux vient assombrir le ciel de l’éthique et de la morale, passablement écornées au Cameroun. Le cas de la Miss Supranational Cameroon, Estelle Crescence Essame déchue pour avoir tronqué sa toise n’est pas isolé. Dans les forces armées, la police ou encore la fonction publique en général, nombre de Camerounais sont radiés ou éconduits des différents corps pour avoir présenté des faux diplômes et autres documents ou pour avoir falsifié leurs âges. D’autres, pour l’instant, échappent à la purge avec la bénédiction de certains agents véreux tapis dans les couloirs de la magouille administrative. Dans les milieux du sport, le faux et l’usage de faux sont des disciplines qui ont le vent en poupe. Des âges sont cisaillés à l’effet de permettre à son rejeton de footballeur de goûter aux délices d’une carrière professionnelle dorée. Même les établissements scolaires, universitaires ne sont pas épargnés. Trafic de bulletins de notes par ci, falsification des notes par là, fabrication de faux diplômes et Tutti quanti. Où allons-nous ? Droit dans le gouffre de la dérive ? N’est-ce pas ?
Alain NJIPOU

