Non classé

Dr. Eric Mathias Owona Nguini: « Il y a un état prévalent d’indiscipline et de corruption au Cameroun »

Le Cameroun vient d’essuyer une débâcle dans sa campagne sud-africaine à la faveur de la coupe du monde 2010. Réaction
En effet, à l’occasion de cette coupe du monde de football en Afrique du Sud, le Cameroun a subi trois défaites retentissantes, trois défaites de rang. Cette débâcle se situe à la fois au niveau du jeu, au niveau de la disposition technico-technique de l’équipe, mais aussi dans les défaillances managériales et stratégiques du coach Paul Marie Le Guen, et le mauvais climat relationnel existant entre les joueurs. La débâcle a été favorisée par l’incapacité des autorités politiques et techniques : c’est-à –dire le ministère des Sports et la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), à résoudre le climat de tension entre les joueurs. Cette campagne des Lions Indomptables en Afrique du Sud est véritablement emblématique d’un état d’esprit camerounais fait de désordre, d’anarchie, d’indiscipline et même de corruption.

Il ya une équipe africaine le Ghana dont les performances sortent du lot. Comment appréciez-vous le jeu des compatriotes de Francis Kwame Nkrumah ?
Les performances du Ghana sont le fait d’un jeu solide. Le jeu des Black’s Stars du Ghana repose sur un collectif assez bien huilé. L’équipe bénéficie de la grande disposition technique des ghanéens. Traditionnellement, les Black’s Stars du Ghana ont toujours pratiqué du beau football en Afrique et ont été surnommées des Brésiliens du football africain. Cette équipe ghanéenne n’a pas de grandes stars en vue. En l’absence de Michael Essien blessé, et des cadres tels que Stephen Hapia ou Sulley Mutari qui sont plutôt des joueurs de complément étant relégués au banc de touche. Cela fait que dans l’équipe du Ghana, il n’y a pas de d’égo surdimensionné. On a une équipe qui s’appui sur un savant alliage d’expériences avec des joueurs comme John Menssah et Pensy ainsi qua le gardien Kingstone et une jeune génération de joueurs amenée par André Ayew le fils Abedi Pele ainsi que Prince Boateng et d’autres joueurs. C’est aussi une grande qualité du coach du Ghana qui a su adopter les combinaisons tactiques et techniques appropriées à la situation. L’équipe ghanéenne joue en 4-5-1. Ce qui lui permet d’avoir une bonne base défensive. Et comme elle a de bons milieux de terrains offensifs de couloirs tels que André Ayew ou Prince Kago, ils portent très souvent secours à l’unique attaquant qui est Asamoua Gyan.

Au Cameroun ce sont des participants politisés c’est du bricole, du rafistolage de dernière minute alors qu’au Ghana, c’est le football total dépourvue des pressions électorales, mieux encore, ce sont des prestations qui sont enrobées des mesures d’alternance et d’un jeu démocratique. Peut-on faire une lecture comparée entre les deux ?

La lecture comparée qu’on peut faire entre les prestations du Ghana et celles du Cameroun, c’est que sur le plan de l’environnement politique et institutionnel, le Ghana est un pays plus discipliné que le Cameroun. Il est très avancé en matière de respect des libertés, de consolidation de l’Etat de droit ainsi que de la démocratie représentative. C’est un pays qui a connu plusieurs alternances, allant à la fois dans le sens de la droite libérale que dans le sens d’une gauche socialiste ou sociale démocrate. Le Ghana doit cette résurrection au fait qu’il a eu un leader exceptionnel en la personne de Jerry Rawllings qui a su dans un premier temps faire des reformes nécessaires, prendre des décisions souvent jugées brutales, mais justes. Un homme qui a si souvent su revenir à un cour beaucoup moins révolutionnaire et plus sûrement réformiste. Cet environnement est le contraire de celui du Cameroun, qui si sur le plan institutionnel se réclame aussi de la démocratie pluraliste, en a une pratique peu consistante et peu cohérente ; laquelle pratique, laisse plutôt la place à une reproduction plus ou moins clandestine d’un système autoritaire. Le Cameroun souffre aussi de ce que aussi bien dans sa classe gouvernante et dans a classe politique, dans sa population, il y a un état prévalent à l’indiscipline. C’est un pays où règne une forte corruption. Ces données générales institutionnelles pèsent aussi sur le climat de la gestion du football. La gestion du football est une branche qui s’inscrit dans le cadre général d’un pays. Par ailleurs le Ghana a su mener au plan de ses politiques du football, un certain nombre de réformes. Notamment en ce qui concerne la formation à la base, en ce qui concerne le souci de donner une base a son football à travers les sélections des jeunes. Les résultats aujourd’hui au niveau des Seniors, sont la répercussion heureuse des choix stratégiques du Ghana qui ont permis à ce pays d’être champion du monde dans les catégories comme les cadets et les juniors. Ensuite le Ghana a à deux reprises et dans des délais très courts, en 2000 et 2008, organisé des coupes d ‘Afrique des Nations. Si en 2000 c’était dans le cadre d’une co-organisation avec le Nigeria ; en 2008, le Ghana a pris à lui seul l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations. Ce qui a permis au pays de renouveler, de rénover ou de renforcer ses infrastructures. Cela a également permis à ce pays de se doter d’une grande expérience en matière d’organisation des grandes compétitions de football. Ce qui n’est pas le cas du Cameroun, un pays atypique dans son genre car il refuse délibérément depuis 1972 à organiser une nouvelle CAN. Toutes les évolutions du football ghanéen s’appuient sur une fédération qui est conduite de façon sérieuse alors que on connaît les dérives que notre football doit rencontrer en raison d’une gestion plutôt approximative de la FECAFOOT.

Il se raconte que les victoires du Ghana appartiennent au peuple, mais celles du Cameroun servent certains politiques, du RDPC, parti au pouvoir nécessairement ?

On peut être nuancé sur cet aspect. Le Cameroun n’a pas le monopole des usages politiques du football. Les récupérations et autres usages dont-on fait des victoires du football sont observées partout, que ce soit dans les régimes dictatoriaux que dans les régimes démocratiques. Quand un pays a une victoire il est tout à fait normal que sa classe politique et notamment sa classe gouvernante puisse s’en servir. Le véritable problème au Cameroun c’est l’absence de cohérences. Si tant est que le régime du Renouveau utilise le football, encore faut-il qu’il puisse permettre que les politiques du football au Cameroun soient des politiques conséquentes notamment en terme de mise en place des infrastructures en termes d’organisation d’un véritable championnat professionnel au Cameroun, en terme des stratégies de rationalisation de la formation à la base, en terme d’une gestion beaucoup plus professionnelle de l’équipe fanion que sont les Lions Indomptables A.

L’histoire nous renseigne que le Ghana a connu une figure emblématique qui a également été président de la République en la personne de Francis Kwame Nkrumah. Il a été également l’un des premiers à appeler à l’unité africaine. Fait de hasard ou simple coïncidence historique, le Ghana est le seul pays à franchir l’étape des quarts de finales d’une édition de coupe du monde la première organisée en terre africaine. Y a-t-il une symbolique autour de cela ?

C’est d’abord une coïncidence, ou plutôt une heureuse coïncidence pour le Ghana et son équipe de football, que les Black’s Stars rayonnent au cour de cette coupe du monde en Afrique du Sud. Effectivement, les Balck’s Stars du Ghana ont été fondés, dans une espèce de symbolique panafricaine par l’Osagyefo (homme providentiel en langue ashanti) Kwame Nkrumah, président de la République du Ghana. Il a été l’un des leaders visionnaires de la Nouvelle Afrique, en préconisant en la voix du panafricanisme. C’est une heureuse coïncidence que à la faveur de cette coupe du monde qui se joue également en Afrique du Sud, que les Black’s Stars soient au premier plan des pays qui entendent propulser le football africain au premier plan. Mais ces performances sont surtout le fruit du sérieux. Sur le plan des talents l’équipe du Ghana en a certes, mais beaucoup moins que des pays comme la Côte d’Ivoire et le Cameroun, mais à partir d’une bonne organisation, à partir d’un bon climat relationnel entre les joueurs, à partir d’une saine gestion de l’environnement politique, on a vu que les conditions de la performance ont été réunies. Si les Black’s Stars du Ghana ont beaucoup de réussite à cette compétition, c’est aussi et davantage parce que l’équipe évolue dans une certaines harmonie, une certaine concorde et une rigueur évidente.

Parlons des leçons à tirer de la débâcle des Lions en Afrique du Sud. En France où les Bleus français ont connu pratiquement les mêmes déboires que le Cameroun, on assiste à une cascade de démissions, des débats et des séances d’autocritique. Au Cameroun c’est l’indifférence et le mutisme. Et pourtant, le peuple qui gronde de colère et d’indignation, attend que les responsabilités de la banqueroute soient établies.

Si effectivement les prestations des Lions Indomptables et des Bleus sont largement comparables au plan sportif, dans un climat relationnel qui a prévalu dans la groupe, entre les joueurs, entre l’entraineur et les joueurs, il y a beaucoup de différences dans les systèmes d’organisation de la fédération française de football en relation avec le ministère français des sports et le système camerounais des sports en relation avec la Fécafoot. Les deux situations s’inscrivent dans des schémas politiques différents. Autant en France, on observe une culture de la démission, autant le Cameroun récuse toute culture de démission. Toute démission au Cameroun est perçue comme une offense aux autorités centrales et particulièrement au président de la République. Pour toutes ces raisons, personne ne démissionnera… Ni le ministre des Sports ni le président de la Fécafoot. Par ailleurs cela correspond à une certaine culture d’irresponsabilité qui est inscrite non seulement dans le fonctionnement de notre système gouvernant, mais également dans les habitudes des autres secteurs de la société. Le Cameroun n’est pas dominé par une culture de la responsabilité, ni par une culture de prise en charge de ses responsabilités, notamment quand on doit affronter des débâcles comme celles des Lions au cours de cette coupe du monde en Afrique du Sud.

Faut-il en définitive admettre qu’au Cameroun, les leçons sur les débâcles au lieu de céder place à une autocritique qui permette de préparer à des victoires certaines, continueront à installer une reproduction d’autres débâcles ?

Comme l’a noté récemment Achille Mbembe, cette situation qu’on voit opérer dans le secteur du football est en réalité liée à des caractéristiques sociales, à des modes de comportement qui sont également présents dans notre manière de faire dans notre société. Cela veut dire qu’il y a au sein des Lions, une récurrence emblématique d’un certain mode de fonctionnement fait d’inertie et de licence. A partir de ce moment là, on ne tirera pas certainement les leçons de la débâcle en Afrique du Sud. Les rumeurs portant sur l’éventualité de recrutement d’un nouvel entraineur français démontrent à suffisance que du moins au niveau de la FECAFOOT n’a pas nécessairement pris conscience de ce qui s’est passé pour donner une chance de manière durable à un encadrement camerounais ; de telle manière que les camerounais puissent avoir la chance de bénéficier des mêmes opportunités que les entraineurs étrangers aux fins de préparer la prochaine coupe du monde. La coupe du monde 2014, devrait logiquement se préparer au Cameroun à partir du mois de juillet 2010. Mais comme nous le savons, le Cameroun ne se sait pas tirer des leçons. Nous sommes un pays qui a le goût permanent de l’improvisation.

souley.onoholio

 

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Dr. Eric Mathias Owona Nguini: « Il y a un état prévalent d’indiscipline et de corruption au Cameroun »

Le Cameroun vient d’essuyer une débâcle dans sa campagne sud-africaine à la faveur de la coupe du monde 2010. Réaction
En effet, à l’occasion de cette coupe du monde de football en Afrique du Sud, le Cameroun a subi trois défaites retentissantes, trois défaites de rang. Cette débâcle se situe à la fois au niveau du jeu, au niveau de la disposition technico-technique de l’équipe, mais aussi dans les défaillances managériales et stratégiques du coach Paul Marie Le Guen, et le mauvais climat relationnel existant entre les joueurs. La débâcle a été favorisée par l’incapacité des autorités politiques et techniques : c’est-à –dire le ministère des Sports et la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), à résoudre le climat de tension entre les joueurs. Cette campagne des Lions Indomptables en Afrique du Sud est véritablement emblématique d’un état d’esprit camerounais fait de désordre, d’anarchie, d’indiscipline et même de corruption.

Il ya une équipe africaine le Ghana dont les performances sortent du lot. Comment appréciez-vous le jeu des compatriotes de Francis Kwame Nkrumah ?
Les performances du Ghana sont le fait d’un jeu solide. Le jeu des Black’s Stars du Ghana repose sur un collectif assez bien huilé. L’équipe bénéficie de la grande disposition technique des ghanéens. Traditionnellement, les Black’s Stars du Ghana ont toujours pratiqué du beau football en Afrique et ont été surnommées des Brésiliens du football africain. Cette équipe ghanéenne n’a pas de grandes stars en vue. En l’absence de Michael Essien blessé, et des cadres tels que Stephen Hapia ou Sulley Mutari qui sont plutôt des joueurs de complément étant relégués au banc de touche. Cela fait que dans l’équipe du Ghana, il n’y a pas de d’égo surdimensionné. On a une équipe qui s’appui sur un savant alliage d’expériences avec des joueurs comme John Menssah et Pensy ainsi qua le gardien Kingstone et une jeune génération de joueurs amenée par André Ayew le fils Abedi Pele ainsi que Prince Boateng et d’autres joueurs. C’est aussi une grande qualité du coach du Ghana qui a su adopter les combinaisons tactiques et techniques appropriées à la situation. L’équipe ghanéenne joue en 4-5-1. Ce qui lui permet d’avoir une bonne base défensive. Et comme elle a de bons milieux de terrains offensifs de couloirs tels que André Ayew ou Prince Kago, ils portent très souvent secours à l’unique attaquant qui est Asamoua Gyan.

Au Cameroun ce sont des participants politisés c’est du bricole, du rafistolage de dernière minute alors qu’au Ghana, c’est le football total dépourvue des pressions électorales, mieux encore, ce sont des prestations qui sont enrobées des mesures d’alternance et d’un jeu démocratique. Peut-on faire une lecture comparée entre les deux ?

La lecture comparée qu’on peut faire entre les prestations du Ghana et celles du Cameroun, c’est que sur le plan de l’environnement politique et institutionnel, le Ghana est un pays plus discipliné que le Cameroun. Il est très avancé en matière de respect des libertés, de consolidation de l’Etat de droit ainsi que de la démocratie représentative. C’est un pays qui a connu plusieurs alternances, allant à la fois dans le sens de la droite libérale que dans le sens d’une gauche socialiste ou sociale démocrate. Le Ghana doit cette résurrection au fait qu’il a eu un leader exceptionnel en la personne de Jerry Rawllings qui a su dans un premier temps faire des reformes nécessaires, prendre des décisions souvent jugées brutales, mais justes. Un homme qui a si souvent su revenir à un cour beaucoup moins révolutionnaire et plus sûrement réformiste. Cet environnement est le contraire de celui du Cameroun, qui si sur le plan institutionnel se réclame aussi de la démocratie pluraliste, en a une pratique peu consistante et peu cohérente ; laquelle pratique, laisse plutôt la place à une reproduction plus ou moins clandestine d’un système autoritaire. Le Cameroun souffre aussi de ce que aussi bien dans sa classe gouvernante et dans a classe politique, dans sa population, il y a un état prévalent à l’indiscipline. C’est un pays où règne une forte corruption. Ces données générales institutionnelles pèsent aussi sur le climat de la gestion du football. La gestion du football est une branche qui s’inscrit dans le cadre général d’un pays. Par ailleurs le Ghana a su mener au plan de ses politiques du football, un certain nombre de réformes. Notamment en ce qui concerne la formation à la base, en ce qui concerne le souci de donner une base a son football à travers les sélections des jeunes. Les résultats aujourd’hui au niveau des Seniors, sont la répercussion heureuse des choix stratégiques du Ghana qui ont permis à ce pays d’être champion du monde dans les catégories comme les cadets et les juniors. Ensuite le Ghana a à deux reprises et dans des délais très courts, en 2000 et 2008, organisé des coupes d ‘Afrique des Nations. Si en 2000 c’était dans le cadre d’une co-organisation avec le Nigeria ; en 2008, le Ghana a pris à lui seul l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations. Ce qui a permis au pays de renouveler, de rénover ou de renforcer ses infrastructures. Cela a également permis à ce pays de se doter d’une grande expérience en matière d’organisation des grandes compétitions de football. Ce qui n’est pas le cas du Cameroun, un pays atypique dans son genre car il refuse délibérément depuis 1972 à organiser une nouvelle CAN. Toutes les évolutions du football ghanéen s’appuient sur une fédération qui est conduite de façon sérieuse alors que on connaît les dérives que notre football doit rencontrer en raison d’une gestion plutôt approximative de la FECAFOOT.

Il se raconte que les victoires du Ghana appartiennent au peuple, mais celles du Cameroun servent certains politiques, du RDPC, parti au pouvoir nécessairement ?

On peut être nuancé sur cet aspect. Le Cameroun n’a pas le monopole des usages politiques du football. Les récupérations et autres usages dont-on fait des victoires du football sont observées partout, que ce soit dans les régimes dictatoriaux que dans les régimes démocratiques. Quand un pays a une victoire il est tout à fait normal que sa classe politique et notamment sa classe gouvernante puisse s’en servir. Le véritable problème au Cameroun c’est l’absence de cohérences. Si tant est que le régime du Renouveau utilise le football, encore faut-il qu’il puisse permettre que les politiques du football au Cameroun soient des politiques conséquentes notamment en terme de mise en place des infrastructures en termes d’organisation d’un véritable championnat professionnel au Cameroun, en terme des stratégies de rationalisation de la formation à la base, en terme d’une gestion beaucoup plus professionnelle de l’équipe fanion que sont les Lions Indomptables A.

L’histoire nous renseigne que le Ghana a connu une figure emblématique qui a également été président de la République en la personne de Francis Kwame Nkrumah. Il a été également l’un des premiers à appeler à l’unité africaine. Fait de hasard ou simple coïncidence historique, le Ghana est le seul pays à franchir l’étape des quarts de finales d’une édition de coupe du monde la première organisée en terre africaine. Y a-t-il une symbolique autour de cela ?

C’est d’abord une coïncidence, ou plutôt une heureuse coïncidence pour le Ghana et son équipe de football, que les Black’s Stars rayonnent au cour de cette coupe du monde en Afrique du Sud. Effectivement, les Balck’s Stars du Ghana ont été fondés, dans une espèce de symbolique panafricaine par l’Osagyefo (homme providentiel en langue ashanti) Kwame Nkrumah, président de la République du Ghana. Il a été l’un des leaders visionnaires de la Nouvelle Afrique, en préconisant en la voix du panafricanisme. C’est une heureuse coïncidence que à la faveur de cette coupe du monde qui se joue également en Afrique du Sud, que les Black’s Stars soient au premier plan des pays qui entendent propulser le football africain au premier plan. Mais ces performances sont surtout le fruit du sérieux. Sur le plan des talents l’équipe du Ghana en a certes, mais beaucoup moins que des pays comme la Côte d’Ivoire et le Cameroun, mais à partir d’une bonne organisation, à partir d’un bon climat relationnel entre les joueurs, à partir d’une saine gestion de l’environnement politique, on a vu que les conditions de la performance ont été réunies. Si les Black’s Stars du Ghana ont beaucoup de réussite à cette compétition, c’est aussi et davantage parce que l’équipe évolue dans une certaines harmonie, une certaine concorde et une rigueur évidente.

Parlons des leçons à tirer de la débâcle des Lions en Afrique du Sud. En France où les Bleus français ont connu pratiquement les mêmes déboires que le Cameroun, on assiste à une cascade de démissions, des débats et des séances d’autocritique. Au Cameroun c’est l’indifférence et le mutisme. Et pourtant, le peuple qui gronde de colère et d’indignation, attend que les responsabilités de la banqueroute soient établies.

Si effectivement les prestations des Lions Indomptables et des Bleus sont largement comparables au plan sportif, dans un climat relationnel qui a prévalu dans la groupe, entre les joueurs, entre l’entraineur et les joueurs, il y a beaucoup de différences dans les systèmes d’organisation de la fédération française de football en relation avec le ministère français des sports et le système camerounais des sports en relation avec la Fécafoot. Les deux situations s’inscrivent dans des schémas politiques différents. Autant en France, on observe une culture de la démission, autant le Cameroun récuse toute culture de démission. Toute démission au Cameroun est perçue comme une offense aux autorités centrales et particulièrement au président de la République. Pour toutes ces raisons, personne ne démissionnera… Ni le ministre des Sports ni le président de la Fécafoot. Par ailleurs cela correspond à une certaine culture d’irresponsabilité qui est inscrite non seulement dans le fonctionnement de notre système gouvernant, mais également dans les habitudes des autres secteurs de la société. Le Cameroun n’est pas dominé par une culture de la responsabilité, ni par une culture de prise en charge de ses responsabilités, notamment quand on doit affronter des débâcles comme celles des Lions au cours de cette coupe du monde en Afrique du Sud.

Faut-il en définitive admettre qu’au Cameroun, les leçons sur les débâcles au lieu de céder place à une autocritique qui permette de préparer à des victoires certaines, continueront à installer une reproduction d’autres débâcles ?

Comme l’a noté récemment Achille Mbembe, cette situation qu’on voit opérer dans le secteur du football est en réalité liée à des caractéristiques sociales, à des modes de comportement qui sont également présents dans notre manière de faire dans notre société. Cela veut dire qu’il y a au sein des Lions, une récurrence emblématique d’un certain mode de fonctionnement fait d’inertie et de licence. A partir de ce moment là, on ne tirera pas certainement les leçons de la débâcle en Afrique du Sud. Les rumeurs portant sur l’éventualité de recrutement d’un nouvel entraineur français démontrent à suffisance que du moins au niveau de la FECAFOOT n’a pas nécessairement pris conscience de ce qui s’est passé pour donner une chance de manière durable à un encadrement camerounais ; de telle manière que les camerounais puissent avoir la chance de bénéficier des mêmes opportunités que les entraineurs étrangers aux fins de préparer la prochaine coupe du monde. La coupe du monde 2014, devrait logiquement se préparer au Cameroun à partir du mois de juillet 2010. Mais comme nous le savons, le Cameroun ne se sait pas tirer des leçons. Nous sommes un pays qui a le goût permanent de l’improvisation.

souley.onoholio

 

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Dr. Eric Mathias Owona Nguini: « Il y a un état prévalent d’indiscipline et de corruption au Cameroun »

Le Cameroun vient d’essuyer une débâcle dans sa campagne sud-africaine à la faveur de la coupe du monde 2010. Réaction
En effet, à l’occasion de cette coupe du monde de football en Afrique du Sud, le Cameroun a subi trois défaites retentissantes, trois défaites de rang. Cette débâcle se situe à la fois au niveau du jeu, au niveau de la disposition technico-technique de l’équipe, mais aussi dans les défaillances managériales et stratégiques du coach Paul Marie Le Guen, et le mauvais climat relationnel existant entre les joueurs. La débâcle a été favorisée par l’incapacité des autorités politiques et techniques : c’est-à –dire le ministère des Sports et la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), à résoudre le climat de tension entre les joueurs. Cette campagne des Lions Indomptables en Afrique du Sud est véritablement emblématique d’un état d’esprit camerounais fait de désordre, d’anarchie, d’indiscipline et même de corruption.

Il ya une équipe africaine le Ghana dont les performances sortent du lot. Comment appréciez-vous le jeu des compatriotes de Francis Kwame Nkrumah ?
Les performances du Ghana sont le fait d’un jeu solide. Le jeu des Black’s Stars du Ghana repose sur un collectif assez bien huilé. L’équipe bénéficie de la grande disposition technique des ghanéens. Traditionnellement, les Black’s Stars du Ghana ont toujours pratiqué du beau football en Afrique et ont été surnommées des Brésiliens du football africain. Cette équipe ghanéenne n’a pas de grandes stars en vue. En l’absence de Michael Essien blessé, et des cadres tels que Stephen Hapia ou Sulley Mutari qui sont plutôt des joueurs de complément étant relégués au banc de touche. Cela fait que dans l’équipe du Ghana, il n’y a pas de d’égo surdimensionné. On a une équipe qui s’appui sur un savant alliage d’expériences avec des joueurs comme John Menssah et Pensy ainsi qua le gardien Kingstone et une jeune génération de joueurs amenée par André Ayew le fils Abedi Pele ainsi que Prince Boateng et d’autres joueurs. C’est aussi une grande qualité du coach du Ghana qui a su adopter les combinaisons tactiques et techniques appropriées à la situation. L’équipe ghanéenne joue en 4-5-1. Ce qui lui permet d’avoir une bonne base défensive. Et comme elle a de bons milieux de terrains offensifs de couloirs tels que André Ayew ou Prince Kago, ils portent très souvent secours à l’unique attaquant qui est Asamoua Gyan.

Au Cameroun ce sont des participants politisés c’est du bricole, du rafistolage de dernière minute alors qu’au Ghana, c’est le football total dépourvue des pressions électorales, mieux encore, ce sont des prestations qui sont enrobées des mesures d’alternance et d’un jeu démocratique. Peut-on faire une lecture comparée entre les deux ?

La lecture comparée qu’on peut faire entre les prestations du Ghana et celles du Cameroun, c’est que sur le plan de l’environnement politique et institutionnel, le Ghana est un pays plus discipliné que le Cameroun. Il est très avancé en matière de respect des libertés, de consolidation de l’Etat de droit ainsi que de la démocratie représentative. C’est un pays qui a connu plusieurs alternances, allant à la fois dans le sens de la droite libérale que dans le sens d’une gauche socialiste ou sociale démocrate. Le Ghana doit cette résurrection au fait qu’il a eu un leader exceptionnel en la personne de Jerry Rawllings qui a su dans un premier temps faire des reformes nécessaires, prendre des décisions souvent jugées brutales, mais justes. Un homme qui a si souvent su revenir à un cour beaucoup moins révolutionnaire et plus sûrement réformiste. Cet environnement est le contraire de celui du Cameroun, qui si sur le plan institutionnel se réclame aussi de la démocratie pluraliste, en a une pratique peu consistante et peu cohérente ; laquelle pratique, laisse plutôt la place à une reproduction plus ou moins clandestine d’un système autoritaire. Le Cameroun souffre aussi de ce que aussi bien dans sa classe gouvernante et dans a classe politique, dans sa population, il y a un état prévalent à l’indiscipline. C’est un pays où règne une forte corruption. Ces données générales institutionnelles pèsent aussi sur le climat de la gestion du football. La gestion du football est une branche qui s’inscrit dans le cadre général d’un pays. Par ailleurs le Ghana a su mener au plan de ses politiques du football, un certain nombre de réformes. Notamment en ce qui concerne la formation à la base, en ce qui concerne le souci de donner une base a son football à travers les sélections des jeunes. Les résultats aujourd’hui au niveau des Seniors, sont la répercussion heureuse des choix stratégiques du Ghana qui ont permis à ce pays d’être champion du monde dans les catégories comme les cadets et les juniors. Ensuite le Ghana a à deux reprises et dans des délais très courts, en 2000 et 2008, organisé des coupes d ‘Afrique des Nations. Si en 2000 c’était dans le cadre d’une co-organisation avec le Nigeria ; en 2008, le Ghana a pris à lui seul l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations. Ce qui a permis au pays de renouveler, de rénover ou de renforcer ses infrastructures. Cela a également permis à ce pays de se doter d’une grande expérience en matière d’organisation des grandes compétitions de football. Ce qui n’est pas le cas du Cameroun, un pays atypique dans son genre car il refuse délibérément depuis 1972 à organiser une nouvelle CAN. Toutes les évolutions du football ghanéen s’appuient sur une fédération qui est conduite de façon sérieuse alors que on connaît les dérives que notre football doit rencontrer en raison d’une gestion plutôt approximative de la FECAFOOT.

Il se raconte que les victoires du Ghana appartiennent au peuple, mais celles du Cameroun servent certains politiques, du RDPC, parti au pouvoir nécessairement ?

On peut être nuancé sur cet aspect. Le Cameroun n’a pas le monopole des usages politiques du football. Les récupérations et autres usages dont-on fait des victoires du football sont observées partout, que ce soit dans les régimes dictatoriaux que dans les régimes démocratiques. Quand un pays a une victoire il est tout à fait normal que sa classe politique et notamment sa classe gouvernante puisse s’en servir. Le véritable problème au Cameroun c’est l’absence de cohérences. Si tant est que le régime du Renouveau utilise le football, encore faut-il qu’il puisse permettre que les politiques du football au Cameroun soient des politiques conséquentes notamment en terme de mise en place des infrastructures en termes d’organisation d’un véritable championnat professionnel au Cameroun, en terme des stratégies de rationalisation de la formation à la base, en terme d’une gestion beaucoup plus professionnelle de l’équipe fanion que sont les Lions Indomptables A.

L’histoire nous renseigne que le Ghana a connu une figure emblématique qui a également été président de la République en la personne de Francis Kwame Nkrumah. Il a été également l’un des premiers à appeler à l’unité africaine. Fait de hasard ou simple coïncidence historique, le Ghana est le seul pays à franchir l’étape des quarts de finales d’une édition de coupe du monde la première organisée en terre africaine. Y a-t-il une symbolique autour de cela ?

C’est d’abord une coïncidence, ou plutôt une heureuse coïncidence pour le Ghana et son équipe de football, que les Black’s Stars rayonnent au cour de cette coupe du monde en Afrique du Sud. Effectivement, les Balck’s Stars du Ghana ont été fondés, dans une espèce de symbolique panafricaine par l’Osagyefo (homme providentiel en langue ashanti) Kwame Nkrumah, président de la République du Ghana. Il a été l’un des leaders visionnaires de la Nouvelle Afrique, en préconisant en la voix du panafricanisme. C’est une heureuse coïncidence que à la faveur de cette coupe du monde qui se joue également en Afrique du Sud, que les Black’s Stars soient au premier plan des pays qui entendent propulser le football africain au premier plan. Mais ces performances sont surtout le fruit du sérieux. Sur le plan des talents l’équipe du Ghana en a certes, mais beaucoup moins que des pays comme la Côte d’Ivoire et le Cameroun, mais à partir d’une bonne organisation, à partir d’un bon climat relationnel entre les joueurs, à partir d’une saine gestion de l’environnement politique, on a vu que les conditions de la performance ont été réunies. Si les Black’s Stars du Ghana ont beaucoup de réussite à cette compétition, c’est aussi et davantage parce que l’équipe évolue dans une certaines harmonie, une certaine concorde et une rigueur évidente.

Parlons des leçons à tirer de la débâcle des Lions en Afrique du Sud. En France où les Bleus français ont connu pratiquement les mêmes déboires que le Cameroun, on assiste à une cascade de démissions, des débats et des séances d’autocritique. Au Cameroun c’est l’indifférence et le mutisme. Et pourtant, le peuple qui gronde de colère et d’indignation, attend que les responsabilités de la banqueroute soient établies.

Si effectivement les prestations des Lions Indomptables et des Bleus sont largement comparables au plan sportif, dans un climat relationnel qui a prévalu dans la groupe, entre les joueurs, entre l’entraineur et les joueurs, il y a beaucoup de différences dans les systèmes d’organisation de la fédération française de football en relation avec le ministère français des sports et le système camerounais des sports en relation avec la Fécafoot. Les deux situations s’inscrivent dans des schémas politiques différents. Autant en France, on observe une culture de la démission, autant le Cameroun récuse toute culture de démission. Toute démission au Cameroun est perçue comme une offense aux autorités centrales et particulièrement au président de la République. Pour toutes ces raisons, personne ne démissionnera… Ni le ministre des Sports ni le président de la Fécafoot. Par ailleurs cela correspond à une certaine culture d’irresponsabilité qui est inscrite non seulement dans le fonctionnement de notre système gouvernant, mais également dans les habitudes des autres secteurs de la société. Le Cameroun n’est pas dominé par une culture de la responsabilité, ni par une culture de prise en charge de ses responsabilités, notamment quand on doit affronter des débâcles comme celles des Lions au cours de cette coupe du monde en Afrique du Sud.

Faut-il en définitive admettre qu’au Cameroun, les leçons sur les débâcles au lieu de céder place à une autocritique qui permette de préparer à des victoires certaines, continueront à installer une reproduction d’autres débâcles ?

Comme l’a noté récemment Achille Mbembe, cette situation qu’on voit opérer dans le secteur du football est en réalité liée à des caractéristiques sociales, à des modes de comportement qui sont également présents dans notre manière de faire dans notre société. Cela veut dire qu’il y a au sein des Lions, une récurrence emblématique d’un certain mode de fonctionnement fait d’inertie et de licence. A partir de ce moment là, on ne tirera pas certainement les leçons de la débâcle en Afrique du Sud. Les rumeurs portant sur l’éventualité de recrutement d’un nouvel entraineur français démontrent à suffisance que du moins au niveau de la FECAFOOT n’a pas nécessairement pris conscience de ce qui s’est passé pour donner une chance de manière durable à un encadrement camerounais ; de telle manière que les camerounais puissent avoir la chance de bénéficier des mêmes opportunités que les entraineurs étrangers aux fins de préparer la prochaine coupe du monde. La coupe du monde 2014, devrait logiquement se préparer au Cameroun à partir du mois de juillet 2010. Mais comme nous le savons, le Cameroun ne se sait pas tirer des leçons. Nous sommes un pays qui a le goût permanent de l’improvisation.

souley.onoholio

 

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Dr. Eric Mathias Owona Nguini: « Il y a un état prévalent d’indiscipline et de corruption au Cameroun »

Le Cameroun vient d’essuyer une débâcle dans sa campagne sud-africaine à la faveur de la coupe du monde 2010. Réaction
En effet, à l’occasion de cette coupe du monde de football en Afrique du Sud, le Cameroun a subi trois défaites retentissantes, trois défaites de rang. Cette débâcle se situe à la fois au niveau du jeu, au niveau de la disposition technico-technique de l’équipe, mais aussi dans les défaillances managériales et stratégiques du coach Paul Marie Le Guen, et le mauvais climat relationnel existant entre les joueurs. La débâcle a été favorisée par l’incapacité des autorités politiques et techniques : c’est-à –dire le ministère des Sports et la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT), à résoudre le climat de tension entre les joueurs. Cette campagne des Lions Indomptables en Afrique du Sud est véritablement emblématique d’un état d’esprit camerounais fait de désordre, d’anarchie, d’indiscipline et même de corruption.

Il ya une équipe africaine le Ghana dont les performances sortent du lot. Comment appréciez-vous le jeu des compatriotes de Francis Kwame Nkrumah ?
Les performances du Ghana sont le fait d’un jeu solide. Le jeu des Black’s Stars du Ghana repose sur un collectif assez bien huilé. L’équipe bénéficie de la grande disposition technique des ghanéens. Traditionnellement, les Black’s Stars du Ghana ont toujours pratiqué du beau football en Afrique et ont été surnommées des Brésiliens du football africain. Cette équipe ghanéenne n’a pas de grandes stars en vue. En l’absence de Michael Essien blessé, et des cadres tels que Stephen Hapia ou Sulley Mutari qui sont plutôt des joueurs de complément étant relégués au banc de touche. Cela fait que dans l’équipe du Ghana, il n’y a pas de d’égo surdimensionné. On a une équipe qui s’appui sur un savant alliage d’expériences avec des joueurs comme John Menssah et Pensy ainsi qua le gardien Kingstone et une jeune génération de joueurs amenée par André Ayew le fils Abedi Pele ainsi que Prince Boateng et d’autres joueurs. C’est aussi une grande qualité du coach du Ghana qui a su adopter les combinaisons tactiques et techniques appropriées à la situation. L’équipe ghanéenne joue en 4-5-1. Ce qui lui permet d’avoir une bonne base défensive. Et comme elle a de bons milieux de terrains offensifs de couloirs tels que André Ayew ou Prince Kago, ils portent très souvent secours à l’unique attaquant qui est Asamoua Gyan.

Au Cameroun ce sont des participants politisés c’est du bricole, du rafistolage de dernière minute alors qu’au Ghana, c’est le football total dépourvue des pressions électorales, mieux encore, ce sont des prestations qui sont enrobées des mesures d’alternance et d’un jeu démocratique. Peut-on faire une lecture comparée entre les deux ?

La lecture comparée qu’on peut faire entre les prestations du Ghana et celles du Cameroun, c’est que sur le plan de l’environnement politique et institutionnel, le Ghana est un pays plus discipliné que le Cameroun. Il est très avancé en matière de respect des libertés, de consolidation de l’Etat de droit ainsi que de la démocratie représentative. C’est un pays qui a connu plusieurs alternances, allant à la fois dans le sens de la droite libérale que dans le sens d’une gauche socialiste ou sociale démocrate. Le Ghana doit cette résurrection au fait qu’il a eu un leader exceptionnel en la personne de Jerry Rawllings qui a su dans un premier temps faire des reformes nécessaires, prendre des décisions souvent jugées brutales, mais justes. Un homme qui a si souvent su revenir à un cour beaucoup moins révolutionnaire et plus sûrement réformiste. Cet environnement est le contraire de celui du Cameroun, qui si sur le plan institutionnel se réclame aussi de la démocratie pluraliste, en a une pratique peu consistante et peu cohérente ; laquelle pratique, laisse plutôt la place à une reproduction plus ou moins clandestine d’un système autoritaire. Le Cameroun souffre aussi de ce que aussi bien dans sa classe gouvernante et dans a classe politique, dans sa population, il y a un état prévalent à l’indiscipline. C’est un pays où règne une forte corruption. Ces données générales institutionnelles pèsent aussi sur le climat de la gestion du football. La gestion du football est une branche qui s’inscrit dans le cadre général d’un pays. Par ailleurs le Ghana a su mener au plan de ses politiques du football, un certain nombre de réformes. Notamment en ce qui concerne la formation à la base, en ce qui concerne le souci de donner une base a son football à travers les sélections des jeunes. Les résultats aujourd’hui au niveau des Seniors, sont la répercussion heureuse des choix stratégiques du Ghana qui ont permis à ce pays d’être champion du monde dans les catégories comme les cadets et les juniors. Ensuite le Ghana a à deux reprises et dans des délais très courts, en 2000 et 2008, organisé des coupes d ‘Afrique des Nations. Si en 2000 c’était dans le cadre d’une co-organisation avec le Nigeria ; en 2008, le Ghana a pris à lui seul l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations. Ce qui a permis au pays de renouveler, de rénover ou de renforcer ses infrastructures. Cela a également permis à ce pays de se doter d’une grande expérience en matière d’organisation des grandes compétitions de football. Ce qui n’est pas le cas du Cameroun, un pays atypique dans son genre car il refuse délibérément depuis 1972 à organiser une nouvelle CAN. Toutes les évolutions du football ghanéen s’appuient sur une fédération qui est conduite de façon sérieuse alors que on connaît les dérives que notre football doit rencontrer en raison d’une gestion plutôt approximative de la FECAFOOT.

Il se raconte que les victoires du Ghana appartiennent au peuple, mais celles du Cameroun servent certains politiques, du RDPC, parti au pouvoir nécessairement ?

On peut être nuancé sur cet aspect. Le Cameroun n’a pas le monopole des usages politiques du football. Les récupérations et autres usages dont-on fait des victoires du football sont observées partout, que ce soit dans les régimes dictatoriaux que dans les régimes démocratiques. Quand un pays a une victoire il est tout à fait normal que sa classe politique et notamment sa classe gouvernante puisse s’en servir. Le véritable problème au Cameroun c’est l’absence de cohérences. Si tant est que le régime du Renouveau utilise le football, encore faut-il qu’il puisse permettre que les politiques du football au Cameroun soient des politiques conséquentes notamment en terme de mise en place des infrastructures en termes d’organisation d’un véritable championnat professionnel au Cameroun, en terme des stratégies de rationalisation de la formation à la base, en terme d’une gestion beaucoup plus professionnelle de l’équipe fanion que sont les Lions Indomptables A.

L’histoire nous renseigne que le Ghana a connu une figure emblématique qui a également été président de la République en la personne de Francis Kwame Nkrumah. Il a été également l’un des premiers à appeler à l’unité africaine. Fait de hasard ou simple coïncidence historique, le Ghana est le seul pays à franchir l’étape des quarts de finales d’une édition de coupe du monde la première organisée en terre africaine. Y a-t-il une symbolique autour de cela ?

C’est d’abord une coïncidence, ou plutôt une heureuse coïncidence pour le Ghana et son équipe de football, que les Black’s Stars rayonnent au cour de cette coupe du monde en Afrique du Sud. Effectivement, les Balck’s Stars du Ghana ont été fondés, dans une espèce de symbolique panafricaine par l’Osagyefo (homme providentiel en langue ashanti) Kwame Nkrumah, président de la République du Ghana. Il a été l’un des leaders visionnaires de la Nouvelle Afrique, en préconisant en la voix du panafricanisme. C’est une heureuse coïncidence que à la faveur de cette coupe du monde qui se joue également en Afrique du Sud, que les Black’s Stars soient au premier plan des pays qui entendent propulser le football africain au premier plan. Mais ces performances sont surtout le fruit du sérieux. Sur le plan des talents l’équipe du Ghana en a certes, mais beaucoup moins que des pays comme la Côte d’Ivoire et le Cameroun, mais à partir d’une bonne organisation, à partir d’un bon climat relationnel entre les joueurs, à partir d’une saine gestion de l’environnement politique, on a vu que les conditions de la performance ont été réunies. Si les Black’s Stars du Ghana ont beaucoup de réussite à cette compétition, c’est aussi et davantage parce que l’équipe évolue dans une certaines harmonie, une certaine concorde et une rigueur évidente.

Parlons des leçons à tirer de la débâcle des Lions en Afrique du Sud. En France où les Bleus français ont connu pratiquement les mêmes déboires que le Cameroun, on assiste à une cascade de démissions, des débats et des séances d’autocritique. Au Cameroun c’est l’indifférence et le mutisme. Et pourtant, le peuple qui gronde de colère et d’indignation, attend que les responsabilités de la banqueroute soient établies.

Si effectivement les prestations des Lions Indomptables et des Bleus sont largement comparables au plan sportif, dans un climat relationnel qui a prévalu dans la groupe, entre les joueurs, entre l’entraineur et les joueurs, il y a beaucoup de différences dans les systèmes d’organisation de la fédération française de football en relation avec le ministère français des sports et le système camerounais des sports en relation avec la Fécafoot. Les deux situations s’inscrivent dans des schémas politiques différents. Autant en France, on observe une culture de la démission, autant le Cameroun récuse toute culture de démission. Toute démission au Cameroun est perçue comme une offense aux autorités centrales et particulièrement au président de la République. Pour toutes ces raisons, personne ne démissionnera… Ni le ministre des Sports ni le président de la Fécafoot. Par ailleurs cela correspond à une certaine culture d’irresponsabilité qui est inscrite non seulement dans le fonctionnement de notre système gouvernant, mais également dans les habitudes des autres secteurs de la société. Le Cameroun n’est pas dominé par une culture de la responsabilité, ni par une culture de prise en charge de ses responsabilités, notamment quand on doit affronter des débâcles comme celles des Lions au cours de cette coupe du monde en Afrique du Sud.

Faut-il en définitive admettre qu’au Cameroun, les leçons sur les débâcles au lieu de céder place à une autocritique qui permette de préparer à des victoires certaines, continueront à installer une reproduction d’autres débâcles ?

Comme l’a noté récemment Achille Mbembe, cette situation qu’on voit opérer dans le secteur du football est en réalité liée à des caractéristiques sociales, à des modes de comportement qui sont également présents dans notre manière de faire dans notre société. Cela veut dire qu’il y a au sein des Lions, une récurrence emblématique d’un certain mode de fonctionnement fait d’inertie et de licence. A partir de ce moment là, on ne tirera pas certainement les leçons de la débâcle en Afrique du Sud. Les rumeurs portant sur l’éventualité de recrutement d’un nouvel entraineur français démontrent à suffisance que du moins au niveau de la FECAFOOT n’a pas nécessairement pris conscience de ce qui s’est passé pour donner une chance de manière durable à un encadrement camerounais ; de telle manière que les camerounais puissent avoir la chance de bénéficier des mêmes opportunités que les entraineurs étrangers aux fins de préparer la prochaine coupe du monde. La coupe du monde 2014, devrait logiquement se préparer au Cameroun à partir du mois de juillet 2010. Mais comme nous le savons, le Cameroun ne se sait pas tirer des leçons. Nous sommes un pays qui a le goût permanent de l’improvisation.

souley.onoholio

 

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

LE RETOUR DES PHARAONS NOIRS?

Chronique de Jean-Claude NYOUNG –

Chronique de Jean-Claude NYOUNG

LE PRESIDENT BARACK HUSSEIN OBAMA II. 

  Lorsque se pose la question relative à la supériorité raciale, il est difficile de rencontrer d’humain qui se laisse aller dans l’étalage de  ses préjugés. Nous en avons pourtant tous. C’est aussi de fait que même s’il a heureusement tendance à régresser, le racisme a longtemps prédominé. Beaucoup continuent de croire en une infériorité innée du Noir sur le Blanc, rendant inexistantes au passage, toutes les autres couleurs de peau inventées pour soutenir la théorie d’une différence entre humains.
Quel que soit notre point de vue sur la notion de race (s’il en existe plusieurs chez les humains) il est illusoire de vouloir nous cacher derrière nos silences. Nos attitudes et nos actions se chargent de dévoiler nos pensées.
L’idée d’une supériorité de la race blanche prit naissance lors de la conquête de l’Afrique et de l’asservissement de ceux que l’on nomme « les noirs ». Pour le juriste et philosophe français Montesquieu, les trafiquants, ses frères de couleur et de patrie en partie, se réfugiaient derrière l’impossibilité de croire que ces gens-là (les noirs) sont des hommes. Autrement on douterait qu’ils (ces trafiquants) fussent chrétiens. Il adoraient donc un Dieu et disaient le servir ! Quelle hypocrisie !
Aux États-Unis, comme partout ailleurs, ils reste encore des gens pour imaginer que les ancêtres des Noirs qui partagent leur pain, leur avenir, leur douleurs et leurs joies étaient des sauvages dépourvus de culture et non civilisés, lents d’esprit, puérils et incapables d’accomplir des tâches complexes ou de parvenir à un degré de civilisation avancé.
 Que ne peut-on inventer pour vendre une idée ? Si plus est, l’on a pour soi  imprimeries, distributeurs et médias ? 
Il est vrai que la culture africaine qui construit la majorité des hommes noirs est très différente de la culture occidentale, comme l’est aussi la culture orientale. Malheureusement, il est aussi des gens pour qui différence et infériorité sont synonymes.
Les Etats-Unis d’Amérique viennent d’élire, pour les diriger durant les quatre prochaines années, un Président que l’on dit noir. Tant pis pour ceux dont la question de couleur demeure épidermique, tant mieux pour ces autres, noirs ou pas, qui n’ont jamais rejeté un bébé que l’on leur met dans les bras. Avancée ou recul de la sagesse collective de l’humain ? L’hirondelle ne faisant pas le printemps, cette décision est américaine mais elle ne manque pas de fermer un peu plus la porte aux adeptes de la différence intellectuelle entre humains à colorations de peau elles aussi, différentes.

Quel chemin !
Avant 1947, les Noirs et les métis n’avaient accès à presque rien aux Etats-Unis, même pas aux équipes de base-ball qu’ils affectionnaient tant. Comme les tensions raciales devenaient de plus en plus vives, un premier noir fut autorisé à jouer dans une équipe. En 1971, les “Pittsburgh Pirates” furent champions du monde. Au cours d’un match, cette équipe présenta neuf joueurs, tous Noirs. La marche pour l’égalité de droits venait de faire là aussi, un grand pas.
Mais en passant, doit-on en conclure que les noirs gagnaient leur droit ici parce que physiquement et biologiquement supérieurs aux blancs? Ou que l’occasion leur était enfin offerte et qu’ils disposaient de l’instruction et des motivations nécessaires? Une réponse s’impose et l’on sait laquelle. Celle que l’essayiste Gaston Kelman et bien d’autres avant lui n’ont cessé d’apporter : « Personne ne naît avec un talent de sportif, de musicien, d’homme politique ou de science ». Ces arts s’apprennent et le nouveau Président des Etats-Unis d’Amérique, qu’il soit noir pour les uns et métis pour les autres, le sait mieux que personne.
Le 44ème Président des Etats-Unis d’Amérique, Barack Hussein Obama II est né le 4 août 1961 à Honolulu. Sénateur démocrate de l’Illinois  depuis 2005, il s’est imposé au duel final face au républicain John McCain. Si l’homme est toujours fait à l’image de son nom, alors OBAME 1er, son père, l’a doté du plus beau cadeau qui soit. En arabe comme en swahili, son prénom signifie « Béni ».
Ce père (1936-1982), un kenyan  fils de guérisseur éduqué dans la religion musulmane, cuisinier des colons d’Alego au bord du lac Victoria,  entre à l’école des missionnaires qui lui paieront ses études à Nairobi avant de l’envoyer poursuivre un cursus d’économétrie à l’université d’Hawaii où il fonde l’association des étudiants étrangers et obtient les meilleures notes de sa promotion. Voilà comment imitant un père, l’enfant va toujours plus loin que ce dernier.
Sa mère, Stanley Ann Dunham (1942-1995), est une blanche née sur une base militaire du Kansas dans une famille américaine et chrétienne.
Le 28 août, jour du 45e anniversaire du discours I have a dream de Martin Luther King, il est officiellement investi par le Parti démocrate. Le pasteur en a rêvé, les américains l’ont fait. A quand le France ?
Le 04 novembre, Barack Hussein OBAMA II vient à peine gagner la frite au détriment du républicain John McCain, que la polémique s’installe au sein des africains de la diaspora. Le nouveau premier américain ne serait-il pas en réalité camerounais ? Dans la patrie du Président  Paul Biya, OBAMA (OBAME, OBAM) dans toutes ses déclinaisons signifie bien « EPERVIER » dans les langues BETI.
Les mouvements migratoires étant capables de tout, alors pourquoi pas grand-père OBAMA camerounais migrant au Kenya ? Abraham Hanibal, prince camerounais, longtemps passé pour éthiopien, arrière grand-père du Poète Alexandre Sergueïevitch Pouchkine s’est bien retrouvé en Russie ! Dans le cas du Président américain, il faut de temps à autres savoir et aimer rire.
Dans tous les cas, que doivent attendre les africains du fils de l’Amérique, sinon de reconnaître en lui le retour des pharaons noirs et du fils bien aimé qu’écouteront (probablement) ses paires africains. L’heure du vrai dialogue nord-sud vient peut-être de sonner. Oui, ils peuvent.

Jean-Claude NYOUNG

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.