Droits d’auteurs : Mtn arrose la Cmc et la Socam
Les deux structures ennemies auraient bénéficié du spectacle de P-Square au Cameroun. –
Publié le Mardi 5 juin 2012
Écrit par Justin Blaise Akono
C’est un confrère du journal Aurore Plus qui rapporte l’information la semaine dernière : « Cmc et Socam en guerre pour 10 millions Fcfa de Mtn ». L’on apprend alors que, dans le cadre des spectacles du duo nigérian P-Square que la société de téléphonie mobile Mobile telephone Network (Mtn) a offerts au public camerounais les 20 et 21 mai 2012, un syndicat des musiciens avait appelé au boycott de ce rendez-vous. Si cette revendication, selon notre confrère, n’avait pas donné d’insomnie au comité d’organisation de Mtn Cameroon, en revanche, l’entrée dans la danse de la Cameroon music corporation (Cmc) à travers la Commission de lutte contre la piraterie que dirige Pierre Roger Sandio Lambo (Lapiro de Mbanga), qui aurait eu le mérite de menacer de suspension ce concert. En effet, la commission Lapiro de Mbanga est allée réclamer les droits d’exécution publique à l’organisateur. Lequel l’aurait éconduit en soutenant qu’elle n’avait à faire qu’à la société civile camerounaise de l’art musical (Socam), société ennemie de la Cmc, comme seule société de droit musical reconnue.
C’est alors qu’une bataille juridique est enclenchée et la saisine des sous-préfets territorialement compétents dans les villes de Douala et Yaoundé pour demander l’annulation des autorisations de manifestation publique qui avaient été précédemment données. Au regard de l’arrêt de la Chambre administrative de la Cour suprême qui avait débouté le ministre de la Culture dans l’affaire qui l’opposait à la Cmc, la bataille de la reconnaissance juridique de la société de droit musical ayant droit de cité au Cameroun. C’est alors qu’au regard de la batterie de la documentation produite par la Commission Lapiro de Mbanga, les sous-préfets ont fait volte-face et menacé de retirer les autorisations de manifestations publiques à Mtn Cameroon à la demande de la Cmc.
Selon les premières sources, prise dans l’étau, la société Mtn Cameroon s’est résolue à verser les droits d’exécution publique à la Cmc au détriment de la Socam, en libérant un chèque de 10 millions Fcfa à la Cmc. Une autre source indique que l’argent aurait été versé au compte d’affectation spéciale de la commission permanente de médiation et de contrôle (Cpmc). Au ministère des Arts et de la Culture, une source un peu plus crédible révèle que c’est à la Socam que Mtn a « directement » versé de l’argent. Cette source très introduite au ministère précise que Mtn a signé un chèque à la Socam, sans préciser le montant.
A la Socam, le directeur général Aron Kabelok est beaucoup plus précis : « Mtn a payé 15 millions Fcfa à la Socam et 10 millions Fcfa à la Cmc. Je trouve cela gênant qu’elle a donné de l’argent à la Cmc. Mais, je ne sais pas ce qui a motivé cela », a confié le Dg de la Socam, qui s’est dit surpris. A la Cmc, cette information est confirmée par Joseph Angoula Angoula, administrateur, chargés des affaires courantes : Mtn nous a payé 10 millions Fcfa ».
Toutefois, à Mtn, l’on considère toutes ces informations comme des affabulations. Joint au téléphone, un responsable de Mtn a souligné qu’il n’en est rien. « Nous n’avons rien payé. Ni à la Cmc, ni au syndicat des musiciens camerounais », a confié ce responsable de Mtn, qui a éludé le nom de la Socam. Dans la même lancée, la Cmc annonce la tenue le 15 juin prochain à Yaoundé de son conseil d’administration. « La Cmc n’a jamais été interdite. Donc, cette rencontre ne sera pas illégale », a précisé Me Daniel Blaise Ngoss, avocat.

