Major Assé : L’humoriste à la satire acerbe
Il était l’une des têtes d’affiche du festival d’humour “Yaoundé fou rire” le mois dernier.
Justin Blaise Akono
"Major Assé déploie beaucoup d’énergie sur le plateau. Laquelle énergie nous happe comme si nous étions hypnotisés par une présence". Tel est le commentaire que le metteur en scène Martin Ambara faisait après le spectacle de cet humoriste au Centre culturel camerounais lors du tout premier festival d’humour du Cameroun, Yaoundé Fou rire en novembre dernier. Major Assé, dans un "One man show", intitulé "Chuis pas fou moi". Un sketch d’une heure dans lequel il fustige, d’une manière subtile et ironique la politique politicienne, les détournements des deniers publics, l’immigration clandestine, et surtout partir pour y rester. "Quelqu’un qui va à Paris et revient dans la galère? Quelqu’un qui va aux Champs Elysées et revient à l’avenue Kennedy? T’es fou! fou! Fou!" Telle est le fil d’Ariane de la pièce du lauréat du concours du meilleur sketch des cabarets francophones en mars dernier. Et son compère, Valery Ndongo, ne tarit pas d’éloge pour lui : "son spectacle est bien élaboré. Il a beaucoup progressé".
Bien avant ce qui semble aujourd’hui comme un succès, Major Assé commence l’aventure dans les couloirs de l’humour en classe de Cours moyen deuxième année lorsqu’il interpréte des pièces lors des fêtes de la jeunesse. Il était alors à l’école publique de Nkolbisson à Yaoundé. En classe de Seconde, il fait la rencontre de Jean Claude Awono, président de la Ronde des poètes et Mawussi Koutodjo, un poète togolais, qui l’invitent à jouer leurs poèmes lors de leur dédicace commune. Le recueil est intitulé "Deux poètes pour un poème". Le résultat est satisfaisant et encourageant. Avec ses deux amis, il crée un troupe Manyan mazu (frères j’arrive).
Ils vont participer à plusieurs dédicaces d’œuvres poétiques et romanesques. Le 3 mars 2001, Major Assé donne son premier grand spectacle au Centre culturel français de Yaoundé qui attire beaucoup de monde. Ce succès lui ouvre les portes de la Ronde des poètes, comme directeur artistique. La même année, il obtient son Baccalauréat, il s’inscrit à l’université de Yaoundé I. Il fait un voyage artistique en France (avril 2004). A son retour, rencontre avec Essindi Mindja, qui découvre en lui cet amuseur public aux textes très profonds et pense que ce jeune avait le profil des candidats pour son projet, la création d’une troupe. C’est le début de sa carrière d’humoriste. Sa première création est un one man show poétique adapté de l’œuvre de Jean-Claude Awono, "A l’affût du matin rouge" qui récolte un franc succès, à la fin de l’année 2005.
Pur fruit de la Ronde des Poètes, il a suivi plusieurs formations internes et externes, parmi lesquelles un stage sur "le comédien et la scène", avec l’association camerounaise des professionnels du théâtre et les techniques de mise en scène, Centre culturel Camerounais. Il a joué dans plusieurs pièces. Ce journaliste est également détenteur de plusieurs trophées : prix de la francophonie, Taverne aux poètes d’Angers (France) en janvier 2007, lauréat du concours du meilleur sketch des cabarets francophones en mars 2007, Lauréat du Festival des Arts et du Théâtre pour l’Enfant Africain (Fatea) en mai 2005, prix de la meilleure déclamation poétique, Ronde des Poètes en mars 2003 et 2004 et prix d’excellence poétique, Ronde des Poètes en août 2001. Des états de service que Major Asse Eloundou compte faire valoir le 20 décembre prochain au Ccf, lors d’un autre spectacle.

