Sauver 13 tonnes d’or à Bétaré Oya
Exploitation minière :
Une opération lancée pour extraire cette quantité de minerai pouvant se perdre dans la construction du barrage de Lom Pangar.
Sebastian Chi Elvido
Le site sur lequel doit être construit le barrage de Lom Pangar contient une quantité impressionnante de minerais, notamment de l’or. C’est ce qui ressort de l’étude d’impact environnemental en rapport avec la construction prochaine du barrage de Lom Pangar. Cet étude technique a permis de déterminer, apprend-on, environ 112 chantiers d’exploitation d’or, environ 2056 artisans miniers, une production moyenne d’environ 18,5 kg d’or par mois pour la région qui a fait l’objet de l’étude. Lequel minerai est exploité dans des conditions anarchiques et est complètement écoulé dans les circuits clandestins.
Plus grave, l’étude fait remarquer qu’un peu plus de 13 tonnes d’or risque de se perdre dans la construction du barrage de Lom Pangar, si l’exploitation du gisement n’est pas faite avant le lancement du chantier. Il en va de même pour 24, 9 millions de m3 de gravier, 59,2 millions de m3 de sable et 20,6 millions de m3 d’argile. A la suite de ce constat, le ministère des Mines de l’industrie et du Développement technologique (Minmindt), à travers le projet d’appui à l’artisan minier, Capam, et dans le cadre d’un projet de 3 ans à l’effet de récupérer au moins le 1/3 de la quantité d’or à ennoyer définitivement, a mis sur pied, un programme d’urgence de sauvetage. Le financement de ce programme d’urgence d’un montant total estimé à un peu plus de 3 milliards Fcfa pour trois ans se ferait conjointement par les parties ci-après : le projet minier de Lom-Pangar à travers les bailleurs de fonds, les investisseurs et opérateurs privés et l’Etat camerounais à travers les fonds Ppte.
C’est dans cette perspective que le Capam et C&K Mining, une firme de la Coré du Sud ont signé une convention de l’exploitation minière de sauvetage à Bétaré Oya, avant la mise en eau du barrage réservoir de Lom Pangar. Selon la convention, C &K mining doit apporter un appui à cette opération de sauvetage de 13 tonnes d’or en terme d’investissements, de façon à moderniser l’exploitation minière tout en prenant en compte les besoins des exploitants artisanaux qui s’investissent dans cette activité depuis 70 ans. Aussi, le partenaire du Capam doit-il améliorer les conditions de vie des populations. C’est sur cette base qu’au cours de la cérémonie de lancement de l’opération de sauvetage présidée récemment par le secrétaire général de la province de l’Est, Nzeki Théophile, plus de 2,5 millions Fcfa, fruit du premier mois d’exploitation, ont été distribués aux différents acteurs du projet.
Selon Han Seok Joo, directeur général de C& K Mining, pendant les trois années du projet, l’entreprise coréenne s’investira aussi dans l’amélioration des conditions de vie des populations de Bétaré Oya, à travers la mise en place d’infrastructures sociales, telles que les écoles, les cases de santé ; et l’octroi des emplois direct et indirect. Selon certaines estimations, le projet pourrait générer des revenus de plus de 100 milliards Fcfa si l’on s’en tient au prix du kilogramme d’or sur le marché mondial, ainsi que la quantité d’or que les responsables du projet envisagent de récupérer avant la mise en place du barrage réservoir de Lom Pangar.

