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Zacchaeus Forjindam entendu par la police

Gestion :


Le parquet de grande instance du Wouri a ouvert une enquête judiciaire contre l’actuel Dg du Chantier naval.
Denis Nkwebo


Une ambiance délétère règne en ce moment au Chantier naval et industriel du Cameroun à Douala. Dans les couloirs de cette entreprise de constructions et de réparations navales, située dans la zone portuaire, sur les berges du fleuve Wouri, la nouvelle des ennuis judiciaires du directeur général, Zacchaeus Forjindam, est sur toutes les langues, au moins depuis une semaine. Hier lundi 7 janvier, Mutations a appris que le parquet de grande instance du Wouri a ouvert une information judiciaire contre le Dg du Cnic.
" Le procureur de la République a été saisi avec insistance en dénonciation par le commissaire aux comptes du Chantier naval. C’est la raison pour laquelle l’action publique a été aussitôt mise en mouvement ", a confié une source au Tribunal de grande instance du Wouri à Bonanjo. Dans la foulée, les mêmes sources judiciaires ont également indiqué que la division provinciale de la Police judiciaire (Dppj) du Littoral a été requise, et que l’enquête a aussitôt débuté.

En effet, le 28 décembre 2007, Zacchaeus Forjindam a été entendu par des éléments de la Dppj à Bonanjo, sur des faits de " détournements présumés de deniers publics au Chantier naval ", nous a appris une source policière. " Monsieur Forjindam a été interrogé pendant plus de six heures d’horloge. Il s’est présenté chez nous en compagnie de son conseil, Me Atangana Ayissi ", a dit un officier de la Pj. Lequel a par ailleurs ajouté que " l’interrogatoire était serré et il y a eu des révélations importantes ".
Cependant, contacté par Mutations, le chef de la Dppj du Littoral, le commissaire Vincent Minkoa Nga, s’est refusé à tout commentaire, sans confirmer ou infirmer l’information. Mais malgré l’embarras et la réserve affichés par le patron des lieux, des officiers de police de son entourage ont précisé que "l’enquête avance bien et le Dg du Chantier naval va à nouveau être convoqué à la Pj dans les prochaines semaines".

Au parquet de grande instance du Wouri, l’on commente que " le dossier du Cnic est volumineux ". Le fonctionnaire du greffe qui ironise sur l’affaire, pointe du doigt des chemises constituées de plus de deux mille feuilles à la fois dactylographiées et manuscrites. "L’enquête judiciaire ne prendra pas assez de temps. L’information judiciaire va suivre aussitôt après le travail minutieux que la police judiciaire abat en ce moment ", prétend-il.
C’est dans le sillage de l’enquête judiciaire en cours qu’est intervenue la désignation de Antoine Alo’o Bikoro au poste de directeur général adjoint du Cnic alors que jusqu’ici, Zacchaeus Forjindam était le seul patron à bord.

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Le parquet de grande instance du Wouri a ouvert une enquête judiciaire contre l’actuel Dg du Chantier naval.
Denis Nkwebo


Une ambiance délétère règne en ce moment au Chantier naval et industriel du Cameroun à Douala. Dans les couloirs de cette entreprise de constructions et de réparations navales, située dans la zone portuaire, sur les berges du fleuve Wouri, la nouvelle des ennuis judiciaires du directeur général, Zacchaeus Forjindam, est sur toutes les langues, au moins depuis une semaine. Hier lundi 7 janvier, Mutations a appris que le parquet de grande instance du Wouri a ouvert une information judiciaire contre le Dg du Cnic.
" Le procureur de la République a été saisi avec insistance en dénonciation par le commissaire aux comptes du Chantier naval. C’est la raison pour laquelle l’action publique a été aussitôt mise en mouvement ", a confié une source au Tribunal de grande instance du Wouri à Bonanjo. Dans la foulée, les mêmes sources judiciaires ont également indiqué que la division provinciale de la Police judiciaire (Dppj) du Littoral a été requise, et que l’enquête a aussitôt débuté.

En effet, le 28 décembre 2007, Zacchaeus Forjindam a été entendu par des éléments de la Dppj à Bonanjo, sur des faits de " détournements présumés de deniers publics au Chantier naval ", nous a appris une source policière. " Monsieur Forjindam a été interrogé pendant plus de six heures d’horloge. Il s’est présenté chez nous en compagnie de son conseil, Me Atangana Ayissi ", a dit un officier de la Pj. Lequel a par ailleurs ajouté que " l’interrogatoire était serré et il y a eu des révélations importantes ".
Cependant, contacté par Mutations, le chef de la Dppj du Littoral, le commissaire Vincent Minkoa Nga, s’est refusé à tout commentaire, sans confirmer ou infirmer l’information. Mais malgré l’embarras et la réserve affichés par le patron des lieux, des officiers de police de son entourage ont précisé que "l’enquête avance bien et le Dg du Chantier naval va à nouveau être convoqué à la Pj dans les prochaines semaines".

Au parquet de grande instance du Wouri, l’on commente que " le dossier du Cnic est volumineux ". Le fonctionnaire du greffe qui ironise sur l’affaire, pointe du doigt des chemises constituées de plus de deux mille feuilles à la fois dactylographiées et manuscrites. "L’enquête judiciaire ne prendra pas assez de temps. L’information judiciaire va suivre aussitôt après le travail minutieux que la police judiciaire abat en ce moment ", prétend-il.
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Zacchaeus Forjindam entendu par la police

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" Le procureur de la République a été saisi avec insistance en dénonciation par le commissaire aux comptes du Chantier naval. C’est la raison pour laquelle l’action publique a été aussitôt mise en mouvement ", a confié une source au Tribunal de grande instance du Wouri à Bonanjo. Dans la foulée, les mêmes sources judiciaires ont également indiqué que la division provinciale de la Police judiciaire (Dppj) du Littoral a été requise, et que l’enquête a aussitôt débuté.

En effet, le 28 décembre 2007, Zacchaeus Forjindam a été entendu par des éléments de la Dppj à Bonanjo, sur des faits de " détournements présumés de deniers publics au Chantier naval ", nous a appris une source policière. " Monsieur Forjindam a été interrogé pendant plus de six heures d’horloge. Il s’est présenté chez nous en compagnie de son conseil, Me Atangana Ayissi ", a dit un officier de la Pj. Lequel a par ailleurs ajouté que " l’interrogatoire était serré et il y a eu des révélations importantes ".
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Mathias Eric Owona Nguini : Que le Cameroun n’ait pas un stade aux normes est un scandale

A son domicile du quartier Emombo, un des quartiers de Yaoundé où il a fait son apprentissage de footballeur sur les terrains vagues, du temps de son enfance, sa tenue est presque toujours la même.
Entretien mené par Junior Binyam – Débarrassé du costume de l’enseignant d’université ou des chemises pagnes qu’affectionne le chercheur, dont la pertinence des analyses sur les questions de droit, de sociologie et de politique tant nationale qu’internationale, a fait un interlocuteur de choix pour les médias, il revêt presque toujours un équipement des Lions indomptables (maillot + short).
En ce lundi 25 juin en mi-journée, il a un maillot rouge. Une couleur dans laquelle les Lions ont souvent peu joué en match officiel. "C’est vrai, réagit-il. Mais en 1979 lors d’un match éliminatoire pour la Can 1980 contre la Guinée à Yaoundé nous étions en rouge. On a gagné 3-0 et avons été éliminés aux penalties. Le 29 novembre 1981, lors du match contre le Maroc à Yaoundé pour la qualification au mondial 82, nous avons joué en rouge. Il me souvient même que dans un match de préparation pour la Coupe du monde de 94, fait inédit, le Cameroun a joué avec un maillot rouge et un short jaune". Un démarrage au quart de tour qui nous fait découvrir un politiste épris de football, au fait de l’évolution du jeu, qui en parle avec entrain pendant plus d’une heure, à bâtons rompus, sans le moindre “bord” et avec pertinence. C’est à croire qu’il n’a pas une autre passion…

Est-ce qu’il vous arrive de jouer au football?
Il m’est arrivé de jouer. Mais depuis un certain temps, je ne le pratique plus. Ca fait deux ans que je n’ai pas joué au football. Mais je compte m’y remettre. La grosse difficulté pour moi est de pouvoir jouer sans mes lunettes, parce que je suis très myope. Quand je joue sans lunettes, j’ai beaucoup de problèmes. Pas nécessairement des problèmes physiques ou techniques, mais des problèmes de la vue.

Quand il vous arrivait de jouer, quel était votre poste de prédilection?
J’étais stoppeur, avec un jeu rugueux qui peut contraster avec ma nature apparente. Toute proportion gardée, le style qui était le mien était très proche de celui de Rigobert Song.

Song est un contemporain. N’avez-vous pas eu d’autres modèles par le passé? Qu’est-ce qui vous a conduit vers une "carrière" de défenseur?
Stoppeur n’était pas mon poste au départ. Quand j’étais beaucoup plus jeune, dans les championnats de quartier, particulièrement à Nkol-Ewoé et Emombo (Ndlr : des quartiers de Yaoundé), j’ai joué avant-centre. Avec une technique plutôt rudimentaire mais un sens relatif de l’efficacité. On m’appelait à l’époque Ekoule, même si nombre de mes contemporains ne veulent pas y croire.

Vous parlez de quartiers qui sont le fief du Canon de Yaoundé. Quelle est l’équipe de votre cœur au Cameroun?
C’est le Tonnerre Kalara Club de Yaoundé. J’ai fait ma rencontre du football avec le Tkc au cours de l’année 1974, où je suis allé avec un de mes oncles pour la 1ère fois au stade Ahmadou Ahidjo. C’était pour un match de Coupe d’Afrique du Tonnerre. Si j’aime le football, c’est grâce à Roger Milla qui m’a émerveillé ce jour-là. C’est Milla qui m’a donné cet amour pour le football.

La dernière fois que vous êtes allé voir le Tonnerre disputer un match de championnat au Cameroun, c’était quand?
Il y a très longtemps. Je suis très sceptique et réservé sur la qualité du championnat camerounais. Même moi je pourrais y jouer, avec un peu d’entraînement.

Qu’est-ce qui explique la décrépitude du football camerounais, notamment en terme de qualité de jeu au niveau local?
Les raisons de la décrépitude se trouvent d’abord dans le leadership. A la fois en ce qui concerne l’implication du ministère de tutelle et particulièrement l’implication de la Fécafoot. Il y a également la dégradation dans le temps du leadership au niveau des clubs. Dans les années 70 et 80, il y avait un autre personnel pour diriger les clubs. Ce personnel avait peut-être un style très personnalisé, mais il savait conduire et manager les équipes avec les moyens du bord. Aujourd’hui, les choses se sont beaucoup dégradées parce que les présidents de clubs sont essentiellement intéressés par leurs bénéfices égoïstes et n’ont pas de vision. C’est cet esprit étriqué qui explique l’évolution du football camerounais.
Il y a dégradation non pas parce qu’il manque de la qualité au niveau des joueurs, mais parce que les conditions d’activité de ces joueurs ne sont pas des meilleures. Il manque une organisation adéquate. Quand il y a des joueurs de talent, ils sont happés dans les filets de l’immigration. La décrépitude du jeu peut également s’expliquer par la distance qu’il y a entre les centres de formation et les équipes. Les joueurs formés dans ces centres ne sont pas toujours formés pour le système et le marché camerounais. Ces centres de formation sont souvent extravertis.

Etes-vous de ceux qui pensent qu’il y a un recul technique du football au Cameroun, malgré la multiplication des écoles de football?
Il y a un recul technique parce qu’entre le jeu et l’organisation, il y a un certain de nombre d’intermédiaires qui faussent les choses. Ce ne sont pas nécessairement les meilleurs joueurs au plan technique et physique qui sont titulaires dans les équipes. Le football est également gangrené au niveau des clubs par la corruption. La corruption d’un certain nombre de techniciens, qui font du chantage et de l’arnaque aux joueurs. Ce qui fait que des joueurs peuvent avoir une certaine qualité, mais n’ayant pas les moyens de monnayer leur place, ils ne pourront jamais s’exprimer publiquement pour que leur talent soit aperçu.
Il y a également le fait qu’il n’y a pas eu une politique de relève en ce qui concerne les formateurs. Une initiative apparemment pertinente comme la formation d’entraîneurs de haut niveau par l’Injs n’a pas encore produit de résultat. C’est vrai que le football peut demander l’expérience des gens qui ont joué à un certain niveau, qui ont la connaissance du jeu, mais il est également important qu’il y ait une connaissance technique beaucoup plus établie.
Au niveau institutionnel, on néglige beaucoup la question de la politique technique. Voyez dans quel état se trouve la direction technique nationale ! Pas nécessairement parce que ceux qui y sont, sont de mauvais techniciens, mais parce qu’ils n’ont pas le cadre de travail idéal pour faire progresser la formation. Si les formateurs ne sont pas bien structurés, ça va se ressentir sur les joueurs formés.

Vous, fan du Tkc, votre papa, fan du Canon, ce sont sûrement des discussions enflammées qu’on a souvent eu famille…
J’ai toujours été isolé dans ma famille, parce que les autres sont des fans du Canon, pour ma famille paternelle, et de la Dynamo de Douala, pour ma famille maternelle. Cela ne m’a pas empêché de maintenir mes convictions dans le temps. En matière d’affiliation sportive, quand on veut être, à la sauce camerounaise, un aficionado, il faut s’attacher à une équipe et la supporter contre vents et marées.

Vous arrive t-il de réfléchir au chantier de la renaissance du Tonnerre?
Le Tkc est dans un engrenage qui est celui qui affecte l’ensemble du football camerounais, celui du leadership patrimonial. C’est-à-dire qu’un dirigeant, qui peut avoir de bonnes intuitions, s’approprie l’ensemble de la gestion du club, se pose en patron unique décidant de tout et dans tous les domaines. Dans ces conditions, on ne peut pas structurer l’équipe de manière moderne, suivant un projet collectif et discuté. Même s’il est entendu que la structuration dans le sens d’un plus grand professionnalisme n’exclut pas qu’on y fasse entrer différents actionnaires. Mais même en Occident, les plus grands clubs accordent toujours une place à leur soutien populaire. L’une des difficultés pour le Canon et le Tkc, les deux plus grands clubs de Yaoundé, c’est que le lien avec ce soutien populaire s’est relâché, en raison des stratégies mises en œuvre par les dirigeants de ces équipes

Si la qualité de jeu était bien meilleure, ça ne vous gênerait pas d’aller regarder un match au stade militaire ?
Ca me gênerait beaucoup. Je trouve que c’est scandaleux que le Cameroun, quadruple champion d’Afrique, médaillé d’or aux Jeux olympiques, vainqueur des deux derniers tournois de football des Jeux africains, n’ait pas au moins deux à trois stades de niveau international. Je suis allé récemment à Bangui et quand j’ai vu le stade de la capitale centrafricaine, je me suis demandé comment on peut nous convaincre que le Cameroun n’ait pas un stade aux normes. C’est un véritable scandale.

Depuis deux ans, vous ne pratiquez pas le football, à quel sport vous adonnez vous?
Je ne pratique pas d’autres sports, mais je compte m’y remettre parce que je m’engourdis un peu.

Vous avez indiqué que vous vous intéressez très peu au football local…
Ce n’est pas que je ne m’intéresse pas. J’essaie de suivre, mais au loin. La qualité de jeu est devenue vraiment médiocre. Quand on voit les résultats des clubs camerounais sur la scène continentale depuis une vingtaine d’années, ce n’est pas très motivant. Quand vous avez une équipe comme Coton sport, régulièrement championne du Cameroun, mais qui n’arrive pas à atteindre le tour final de la Champions League africaine, il y a un problème. Cela veut dire que l’ensemble du système doit être restructuré pour qu’on revienne à une époque où le football de club était compétitif. Ca fait aujourd’hui près de 26 ans qu’un club camerounais n’a pas gagné de titre continental. C’est une vérité avec laquelle on ne peut pas tricher.

Vers quel club déplacez-vous votre capital affectif, étant donné la morosité ambiante au niveau local?
Comme beaucoup de Camerounais, je pratique effectivement la migration affective vers les grands championnats européens. J’ai des clubs de prédilection par pays. En Italie, il y a le Milan Ac, en Espagne, le Fc Barcelone et paradoxalement aussi un peu le Real de Madrid, en Allemagne, le Bayern de Munich, en Angleterre, Arsenal. S’il fallait une hiérarchie, c’est incontestablement le Milan Ac qui viendrait en tête.

Qu’est-ce qui vous séduit dans ces équipes ?
C’est une certaine qualité de jeu, même si….
…ces équipes n’ont pas nécessairement le même style. Le Milan est une équipe assez régulière, tant au niveau international que dans le Calcio. Il est constitué de joueurs d’expérience, dont on critique souvent le vieillissement, mais qui savent maîtriser les matchs de haut niveau, d’où l’avantage du club en Champions League. Le Fc Barcelone est manifestement au niveau mondial l’une des équipes qui a le plus beau football. Mais cette équipe pèche par suffisance. C’est cette dernière et les intrigues internes qui expliquent que le Barça n’ait remporté aucun titre cette saison. Arsenal est en phase de reconstruction. Le Bayern a un football pas nécessairement chatoyant, un peu stéréotypé, mais qui est toujours marqué par la vertu du travail et de l’entrain.

Le Fc Barcelone est-il la même équipe avec ou sans Samuel Eto’o?
Sans Eto’o, le Fc Barcelone est un tigre qui n’a pas toutes ses griffes et toutes ses dents. Il y a ce que Joseph Antoine Bell avait appelé une "eto’odépendance", à l’époque de la Coupe d’Afrique des nations en 2006. Elle ne se manifeste pas nécessairement en sélection, mais à Barcelone où, lorsqu’il est absent comme çà été le cas cette saison, ça se ressent. L’équipe n’arrive pas à trouver une solution de rechange. Chaque fois que Rijkaard a fait jouer Eto’o sur le côté, Barcelone a été en difficulté. Je ne comprends pas qu’on conteste la position d’Eto’o comme attaquant central au Barça, c’est là où il est le plus efficace.

Vous ne semblez pas très intéressé par le football français…
On ne peut pas dire que je ne sois pas intéressé par le football français. J’ai vécu près de 12 ans en France. Même s’il faut reconnaître que l’organisation du football français et un certain nombre de contraintes institutionnelles, notamment en matière fiscale, font que la crème des footballeurs français va s’exprimer à l’étranger. C’est un football un peu en retrait quand on voit toutes les difficultés qu’à Lyon à s’imposer en Champions League. Il ne suffit pas de structurer l’équipe autour de bons joueurs français et de bons joueurs étrangers qui ne sont pas spécialement des joueurs de premier plan au niveau mondial. Le président Aulas a intérêt à investir plus de ressource s’il veut gagner la Champions League. Il faut recruter deux ou trois cadres qui sont venus de grands clubs comme le Milan Ac, Barcelone et autres et qui pourraient emmener ce club sur le toit de l’Europe. Mes clubs préférés en France sont Bordeaux et le Psg.

La plupart de ces grands clubs ont systématiquement recours aux talents d’Afrique aujourd’hui. Qu’est-ce qui justifie cet attrait encore inimaginable il y a une quinzaine d’années?
Les footballeurs africains bénéficient de la globalisation. La globalisation footballistique a commencé symboliquement en 1990 avec la prestation des Lions indomptables au mondial italien et cette victoire en mondovision sur l’Argentine en match d’ouverture. Les choses se débloquent aussi avec George Weah, 1ère star africaine à s’imposer dans un grand club, le Milan Ac, au milieu des années 90. Ce qui est déterminant aujourd’hui, c’est le profil et la compétitivité. On ne va pas nécessairement regarder d’où viennent les joueurs. Je crois qu’avec un peu plus de sérieux, il y aura plus de joueurs africains dans les grands clubs. J’entrevois dans ce sillage une très grande carrière pour Jean II Makoun, qui, avec un peu de sérieux, sera dans quelques années l’un des meilleurs milieux récupérateurs au monde.

Les phares de la nouvelle génération sont Eto’o et Drogba. Pour vous qui est le meilleur des deux?
Incontestablement, Samuel Eto’o a plus d’amplitude dans son jeu. Il a un jeu beaucoup plus léché, plus stylé et plus efficace. Didier Drogba est un avant-centre qui joue sur la puissance, avec des aptitudes techniques moins affinées que celles d’Eto’o. Cette année avec la blessure d’Eto’o, Drogba mérite son ballon d’or. Eto’o est le meilleur avant-centre du monde à l’heure actuelle.

En janvier au Ghana, la Can pourrait se disputer sans ces deux grandes stars, parce que les clubs européens employeurs pourraient ne pas libérer les internationaux africains pour cette compétition. Comment vous réagissez à ce chantage?
On est face à une des contradictions de la globalisation footballistique, parce qu’elle bénéfice essentiellement aux grands clubs européens, qui essaient même d’imposer leurs lois à la Fifa. Avec la dernière affaire Diarra, Kanoute, on a vu que la Fifa pouvait reculer. C’est à Joseph Blatter d’insister pour que l’Afrique puisse avoir ses stars lors de la Can. Il serait souhaitable que même avec des compromis sur la circulation des joueurs à cette période, ces stars là puissent être présentes.

La solution ne pourrait-elle pas résider dans le déplacement de cette compétition pour la période de trêve en Europe entre juin et juillet?
C’est une solution possible. Mais il y a des données climatiques à introduire. C’est une réflexion qui doit associer les grands clubs, la Fifa, la Caf et les grands syndicats de joueurs. Ce serait justement rationnel de déplacer la compétition pour une période moins sollicitée sportivement. Cela n’empêcherait pas les grands clubs de rechigner. On l’a vu avec la Coupe des confédérations, qui a été jugée inutile par les dirigeants de certains grands clubs. Il est nécessaire que l’ensemble des grands pays africains mettent en place des championnats professionnels pour contourner cette manœuvre qui vise à discréditer et à baisser la qualité de la Can.

Comment appréciez-vous le jeu fourni par le Cameroun au cours des éliminatoires de cette Can pour laquelle les Lions indomptables sont déjà qualifiés?
On ne peut pas juger véritablement du niveau des Lions au cours de ces éliminatoires où ils ont rencontré des sélections qui n’ont pas le même vécu et la même expérience. Ce n’est pas le même niveau. Au cours de ces éliminatoires, les Lions ont déployé la même psychologie qu’ils ont au cours des éliminatoires lorsqu’ils ont affaire aux équipes de second plan. La qualité de cette équipe, on la jugera au Ghana.
Il y a une bonne base. Il faut travailler au niveau de la défense, où il faut commencer à préparer la relève sans mettre en cause la capacité de ceux qui sont là. Rigobert Song est encore présent, même s’il y a un début d’usure. Gérémi Njitap aussi. Il faut travailler sur l’hypothèse d’un retour de Wome Nlend, qui, à son poste, est manifestement le meilleur. Je ne vois pas pourquoi on s’en priverait. Au milieu du terrain, avec l’arrivée de jeunes comme M’Bia, qui a le profil pour devenir un nouveau Foe avec une pointe technique en plus, on devrait faire avancer Jean II Makoun, et surtout modifier la psychologie d’un Modeste M’Bami, qui n’a pas confiance en ses capacités. En attaque, il faut trouver de nouvelles ressources à côté de Samuel Eto’o. Achille Webo est persévérant mais il me semble techniquement limité, tout comme Idrissou Mohamadou. Joseph Désiré Job, qui a beaucoup de talent, a jusqu’ici eu un problème psychologique pour s’imposer chez les Lions.

Cette équipe là n’est donc pas vieillissante…
Elle n’est pas aussi vieillissante qu’on le dit. Elle a un problème de remotivation, d’encadrement, d’environnement. Il y a un bon potentiel qu’on a observé lors de la dernière Can. Contre la Côte d’Ivoire, c’est parce qu’on a joué à l’économie qu’on n’a pas gagné dans le temps règlementaire. Il faut renouveler le jeu, avoir plusieurs approches et sortir du stéréotype du jeu des couloirs que tout le monde maîtrise déjà.

Le problème de l’encadrement des Lions se pose t-il en terme d’un entraîneur local ou d’un entraîneur expatrié?
La nationalité de l’entraîneur importe peu. Il faut sortir du complexe du colonisé qui veut que le bon entraîneur des Lions le soit parce qu’il est étranger et qu’il vienne d’Occident. Des Camerounais peuvent être également armés pour mener la sélection, encore faut-il qu’on leur donne les mêmes moyens de travail pour évaluer leur capacité. Ce n’est pas nécessairement au niveau du gouvernement et des autorités fédérales qu’il y a problème. Le public même peut être le problème. On l’a vu avec Jean Paul Akono. Alors qu’il était encore dans une phase positive et qu’il gagnait ses matchs, il a été l’objet d’une vive contestation. Qui était peut-être justifiée par les matchs moyens des Lions. Ceci découle de ce que quand les Lions n’ont pas en face un adversaire de leur niveau, ils se limitent à assurer l’essentiel. Ils ne jouent de façon sérieuse et concentrée que quand ils ont des adversaires de taille.
Il faut également que les Camerounais se mettent dans une visée stratégique. Si effectivement on avait l’ambition dans ce pays de gagner la Coupe du monde, il faudrait s’y préparer sur 4 à 5 ans et savoir que depuis 1958, les entraîneurs qui ont gagné la Coupe du monde sont ceux qui ont la nationalité du pays qu’ils entraînent. Donc, en Afrique du Sud en 2010, si on a un Camerounais entraîneur, je suis sûr qu’on peut faire quelque chose, si par ailleurs il y a un bon environnement autour des Lions.

Si vous étiez dans la position du sélectionneur de l’équipe du Cameroun, quelle est l’animation de jeu que vous mettriez en place ?
J’aurais une démarche qui allie le sens du spectacle au résultat. Je ferais un jeu basé sur le réalisme tactique mais avec des phases où on laisserait la possibilité au joueur de s’exprimer en dehors des schémas tactiques imposés. Où on compterait aussi sur l’improvisation et l’ingéniosité des joueurs. Quand un match se joue essentiellement au niveau tactique, ce qui fait la différence, c’est l’inspiration ou la capacité d’un joueur ou d’un ensemble de joueurs à sortir des schémas stéréotypés pour jouer d’une manière qui n’est pas prévisible par l’adversaire. Les grands joueurs sont ceux qui ont la maîtrise tactique, le sens technique, mais qui, surtout, savent à un moment donné compter sur leur intuition pour faire la différence.
Le Cameroun est de plus en plus dépendant de la mentalité des joueurs qui ont été formés dans les centres de formation qui ont fait du bon travail, comme ceux des Brasseries ou la Kadji Sports Academy. Mais je crois qu’il faut aussi revenir au football de quartier, basé sur un peu plus d’improvisation. Ce qui nous permettrait de faire la différence au plan international par rapport aux pays européens et latino-américains. Mon animation de jeu serait basée sur l’attaque avec un dispositif de récupération et de défense bien assis.

Y a-t-il, dans l’équipe actuelle des Lions, des joueurs qui pourraient seuls faire la décision?
Il y en a un seul, c’est Samuel Eto’o.

Qu’est-ce qui explique le décalage entre la prestation de Samuel Eto’o en sélection et en club?
Le problème se situe dans les joueurs chargés de faire le relais entre la récupération et les phases offensives. Il nous manque des joueurs de couloir audacieux. Nous n’avons pas un n° 10 qui ait un profil de meneur distributeur à la Zidane, capable de donner de bons ballons à Eto’o. Nous n’avons pas de joueurs vifs capables de jouer en position centrale comme attaquant ou sur le côté comme Ronaldinho. Nous n’avons pas de Deco. Encore qu’à mon avis, Jean II Makoun pourrait assurer deux de ces rôles : celui d’être un milieu avancé avec de bonnes capacités défensives mais également une certaine vision technique. Un registre technique qu’on bride un peu en club.

Vous ferez donc de Makoun la clé de voûte de votre dispositif?
On a intérêt à le faire jouer plus avancé et avoir derrière lui deux milieux récupérateurs efficaces. Makoun doit être celui par qui les choses passent, pour une meilleure communication entre l’attaque et la défense. Les Lions jouent parfois en sautant les lignes, avec un jeu placé et prévisible. Ils jouent de plus en plus sans le pouvoir d’accélération qu’avait un Salomon Olembé dans ses meilleurs jours. Il faudrait ramener Modeste Mbami à la philosophie initiale d’un véritable n° 10 que le football professionnel a standardisé pour le transformer en milieu récupérateur. Il manque à Eto’o des gens capables de lui donner de bons ballons. Il faut également à côté de lui un attaquant qui sache combiner en une deux, jouer sans ballon, lui libérer des espaces.

Des générations de Lions que vous avez connues, quelle est la plus douée?
C’est celle qui est allée des années 75 à 82, avec les anciens de la Can 72 et la jeune génération que constituaient les Nkono, Milla, Abega, Mbida. Elle aurait pu faire très mal en Coupe du monde, s’il n’y avait pas le traumatisme des Léopards du Zaïre qui l’a limitée. Nous avons eu un football très défensif qui nous a empêché d’exprimer notre richesse offensive. Nous avons été privés de l’appui de deux attaquants opportunistes qui se sont blessés lors du stage préparatoire en Allemagne. Il s’agit de : Jean Manga Onguene et Martin Maya. Cette génération était techniquement douée, assez équilibrée, mais n’a pas bénéficié de la culture tactique qu’ont les Lions d’aujourd’hui, qui évoluent dans un environnement plus professionnel.
Ensuite, il y a la génération 1998–2004 à peu près, dont le grand moment a été les Can remportées en 2000 et 2002. C’était une équipe très forte qui aurait pu aller très loin en Coupe du monde, dans un meilleur environnement. Il lui manquait juste un véritable meneur distributeur capable de pallier la neutralisation des joueurs de couloir.

Et la génération de 90, qui reste celle du coup d’éclat…
C’était surtout une génération courageuse. Sur les onze qui commençaient un match, il y en avait à peine cinq qui étaient talentueux.

Quels sont les cinq meilleurs joueurs de ces générations?
Des joueurs que j’ai vus, je mettrai ex-aequo, Roger Milla et Samuel Eto’o. En 2e position ex-aequo Thomas Nkono et Théophile Abega. En 3e ex æquo, Omam Biyick et Patrick Mboma. Je suis déjà à six noms, c’est dire la qualité qu’on a eu au fil du temps.

En dehors du Cameroun, quels sont les meilleurs joueurs à travers le temps?
Il y a Pélé que j’ai vu à travers les images et Diego Maradona, techniquement plus doué, même si Pélé était plus complet. Il y a également Yohan Cruyff, Franz Beckenbauer, Zidane, Sepp Maier, Dino Zoff. En Afrique, il y a George Weah, Henri Nwosu, Jay-Jay Okocha qui est le joueur qui a manqué au Cameroun dans les années 1998-2002 pour que le Cameroun puisse être champion du monde.

Pour vous, le football c’est quoi?
C’est un jeu qui permet d’exprimer ses sentiments, ses émotions. Ce qui lui donne cette force spectaculaire, c’est que c’est un jeu très simple. La seule règle véritablement compliquée, c’est celle du hors-jeu. Parce qu’il est simple, le football est capable de séduire les peuples les plus divers au plan de la planète. A travers le football, comme dans tout sport, transparaissent des manières d’être. Il n’y a généralement pas de dissonances, de décalage entre la manière dont un joueur joue et sa personnalité générale. Le football peut également être un analyseur de phénomènes sociaux plus général, de phénomènes de pouvoir dans l’ordre de la diplomatie et de la stratégie. Voilà pourquoi, il y a dans la mise en scène autour du football, l’utilisation d’images guerrières.

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