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Des retraités à la tête des ambassades

Il y a quelques semaines, lors de la présentation que nous faisions du nouveau secrétaire général du ministère des Relations extérieures, nous relevions le défi qui était celui du tandem Eyebe Ayissi et Sébastien Foumane dans ce ministère qui souffre d’un problème de renouvellement des effectifs au niveau des chefs de missions diplomatiques.
Jean Francis Belibi


Vendredi dernier, cinq nouveaux ambassadeurs ont été désignés par le président de la République dans certains pays comme la Côte d’Ivoire où le Cameroun s’était toujours contenté d’un chargé d’affaires. On se souvient encore à cet effet de la sortie en début d’année dernière de Paul Ambohale Ayoman. L’ambassadeur de Côte d’Ivoire avait ouvertement demandé la désignation de son homologue à Abidjan pour respecter le principe de la réciprocité. C’est chose faite aujourd’hui, même si on remarque que le tableau est toujours incomplet avec des postes qui restent encore vacants.

Les autres textes du président de portent notamment sur la désignation d’administrateurs à la Electricity developement corporation (Edc), la nomination du président de la Chambre de commerce d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun un poste vacant depuis un peu plus d’un an à la suite de l’élection des membres de la Chambre, et du directeur général de la Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (Maetur) à la suite de la nomination de son titulaire au gouvernement.
Ainsi, Emmanuel Etoundi Oyono quitte le très convoité Port autonome de Douala (Pad) pour prendre la direction d’une structure moins importante, du moins par sa taille. Ce qui au regard des résultats qu’on lui attribue à Douala ne peut pas être assimilé à une promotion.

Nous reviendrons plus tard sur la présentation de Samuel Mvondo Ayolo qui prend la tête de la mission diplomatique du Cameroun au Gabon et celle d’Alfred Nguini, désigné ambassadeur du Cameroun en Côte d’ Ivoire avec résidence à Abidjan. Actuellement 1er conseiller à l’ambassade du Cameroun à Addis-Abeba, il est à ce titre impliqué dans la participation de la délégation camerounaise aux travaux du 10ème sommet de l’Union africaine qui se déroule dans la capitale éthiopienne.

Martin Mpana
Déjà à l’école chinoise

Voila exactement un mois qu’un décret du président de la République déchargeait Martin Mpana de ses fonctions de secrétaire général du ministère des Relations extérieures pour ce qui s’apparentait à une retraite bien méritée, après 30 années passées au service de l’Etat. L’homme a à peine eu le temps de jouir de la tranquillité de sa résidence de Nkolfoulou sur la route de Soa dans la banlieue de Yaoundé. Depuis vendredi dernier, il est désormais l’ambassadeur du Cameroun en République populaire de Chine. Une nomination que l’intéressé considère comme " un privilège au regard des dernières prescriptions du chef de l’Etat sur les rapprochements à opérer avec l’Asie… ".

A 56 ans, ce diplomate, ministre plénipotentiaire hors échelle, va donc reprendre du service, dans une mission diplomatique, avec le titre d’ambassadeur, même si Martin Mpana, qui est diplômé de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) et de l’Institut canadien pour la résolution des conflits d’Ottawa, avait déjà côtoyé les plus hautes sphères du milieu pour avoir été Haut commissaire par intérim du Cameroun au Canada de 2004 à 2006, après avoir travaillé dans ladite mission diplomatique comme premier conseiller. Lorsqu’il revient au Cameroun en 2006, c’est pour se voir confier la direction des Affaires d’Amériques et des Caraïbes du ministère des Relations extérieures, avant de devenir le secrétaire général de ce département ministériel en décembre 2006.

Martin Mpana arrive à la tête de la mission diplomatique du Cameroun en Chine au moment où ce pays se présente comme l’une des places fortes économiques mondiales de ce début de siècle, et surtout comme un partenaire de plus en plus privilégié de notre pays dans le domaine des échanges mutuels. Son souci, " apporter (sa) pierre au développement de ces relations en (se) posant la question de savoir ce que gagne le Cameroun ", mais surtout en manifestant également de l’intérêt pour son pays d’accueil. Ce qu’il avoue d’ailleurs vouloir faire également en apprenant la langue du pays de Hu Jintao.
Le président d’honneur de l’Association des élites du Mbam aura en outre la tâche d’apporter du sang neuf à cette mission dont l’ambassadeur sortant, Elleh Elle Etian, doyen du corps diplomatique africain en poste dans la capitale chinoise était resté plus de dix ans à ce poste.

Lazare Mpouel Bala
Cap sur Malabo

Avec sa nomination de vendredi dernier à la tête de l’ambassade du Cameroun en Guinée Equatoriale, on pourrait dire de Lazare Mpouel Bala qu’il a eu une carrière diplomatique pleine depuis qu’il a quitté les bancs de l’Iric en 1979, après des stages à Berlin et Hambourg en Allemagne et Rotterdam aux Pays Bas. Chef de service puis sous directeur dans l’administration centrale, 2ème puis 1er secrétaire à la mission permanente du Cameroun aux Nations Unies à New York, chef de la section consulaire à ce qui était à l’époque l’ambassade du Cameroun à Ottawa au Canada, chargé de missions à la division des affaires diplomatiques de la présidence de la République, et secrétaire général du ministère des Relations extérieures.
Pourtant c’est dans les mêmes fonctions au ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales qu’il prend sa retraite en décembre 2006, après être passé également au ministère de l’Environnement et des forêts.

Pourtant la tâche ne s’annonce pas du tout aisée pour ce natif du Haut Nyong, ministre plénipotentiaire de 57 ans, titulaire d’une licence de lettres bilingues et d’un doctorat de 3ème cycle en Relations internationales. C’est à lui reviendra désormais de conduire les délicates relations entre le Cameroun et son voisin équato-guinéen. Nous avons encore frais en mémoire les événements de la fin de l’année dernière qui avait conduit à l’expulsion massive de Camerounais de ce nouvel eldorado pétrolier de la sous région. Des actions qui avaient laissé comme un goût amer à une opinion camerounaise qui avait souhaité une réaction forte des autorités de Yaoundé qui avaient plutôt préféré l’apaisement.
La complexité de la mission n’est pourtant pas pour décourager cet homme habitué de la négociation. Lui qui a représenté le Cameroun dans de nombreuses rencontres à travers le monde, que ce soit au niveau des Nations Unies, à l’Organisation de l’unité africaine (Oua) ou encore au niveau des diverses commissions et comités qu’il a eu à piloter pour le compte de son pays

Antoine Zanga
Résurrection au Vatican

Le portail de sa résidence du quartier Bastos de Yaoundé est resté ouvert toute la journée de samedi dernier, après la réception des autres nombreux visiteurs du vendredi tout juste après la publication de l’un des décrets du président de la République qui faisait de lui, l’ambassadeur du Cameroun auprès du Saint Siège. Au-delà de la joie manifestée par ses proches, Antoine Zanga semblait lui-même très satisfait, eu égard à la fermeté de ses poignées de mains et des sourires qu’il distillait à tous ce qui se présentait à lui.

L’ancien ministre est donc appelé à remplacer Philippe Mataga, … près de cinq ans après sa disparition.
C’est donc désormais à ce diplômé de droit public, spécialiste des affaires internationales qu’il reviendra de défendre les intérêts du Cameroun auprès de l’Etat du Vatican. Antoine Zanga quitte un peu la sphère camerounaise où ses rivalités avec un autre fils de la Haute Sanaga, Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt, étaient désormais récurrentes pour le contrôle de ce département qui est aussi celui de l’épouse du chef de l’Etat. On a pu à cet effet observer le chassé croisé auquel qu’ils se sont livrés au gouvernement, jusqu’à l’ouverture d’une 3e voie en la personne de Bernard Messengue Avom, pour occuper le poste ministériel dévolu à ce département.

Pourtant, de hauts postes de responsabilité, Antoine Zanga en a occupé. Tout premier camerounais à occuper le fauteuil de ministre de la Ville dès 1997, après avoir été secrétaire d’Etat à l’Urbanisme et à l’habitat en 1992 et directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, il revient au gouvernement en 2004 (ministre des Postes et Télécommunications) pour remplacer son éternel rival de la Haute Sanaga sorti du gouvernement aux termes d’un réaménagement qui semblait particulièrement le viser. Antoine Zanga accède donc à un poste qui est resté vacant cinq années durant après le décès de son dernier titulaire, Philippe Mataga, mais un poste qui, en raison du prestige qui l’entoure, s’apparente plus à un reposoir pour son détenteur, le Vatican n’étant pas réputé très actif au plan diplomatique.

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Des retraités à la tête des ambassades

Il y a quelques semaines, lors de la présentation que nous faisions du nouveau secrétaire général du ministère des Relations extérieures, nous relevions le défi qui était celui du tandem Eyebe Ayissi et Sébastien Foumane dans ce ministère qui souffre d’un problème de renouvellement des effectifs au niveau des chefs de missions diplomatiques.
Jean Francis Belibi


Vendredi dernier, cinq nouveaux ambassadeurs ont été désignés par le président de la République dans certains pays comme la Côte d’Ivoire où le Cameroun s’était toujours contenté d’un chargé d’affaires. On se souvient encore à cet effet de la sortie en début d’année dernière de Paul Ambohale Ayoman. L’ambassadeur de Côte d’Ivoire avait ouvertement demandé la désignation de son homologue à Abidjan pour respecter le principe de la réciprocité. C’est chose faite aujourd’hui, même si on remarque que le tableau est toujours incomplet avec des postes qui restent encore vacants.

Les autres textes du président de portent notamment sur la désignation d’administrateurs à la Electricity developement corporation (Edc), la nomination du président de la Chambre de commerce d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun un poste vacant depuis un peu plus d’un an à la suite de l’élection des membres de la Chambre, et du directeur général de la Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (Maetur) à la suite de la nomination de son titulaire au gouvernement.
Ainsi, Emmanuel Etoundi Oyono quitte le très convoité Port autonome de Douala (Pad) pour prendre la direction d’une structure moins importante, du moins par sa taille. Ce qui au regard des résultats qu’on lui attribue à Douala ne peut pas être assimilé à une promotion.

Nous reviendrons plus tard sur la présentation de Samuel Mvondo Ayolo qui prend la tête de la mission diplomatique du Cameroun au Gabon et celle d’Alfred Nguini, désigné ambassadeur du Cameroun en Côte d’ Ivoire avec résidence à Abidjan. Actuellement 1er conseiller à l’ambassade du Cameroun à Addis-Abeba, il est à ce titre impliqué dans la participation de la délégation camerounaise aux travaux du 10ème sommet de l’Union africaine qui se déroule dans la capitale éthiopienne.

Martin Mpana
Déjà à l’école chinoise

Voila exactement un mois qu’un décret du président de la République déchargeait Martin Mpana de ses fonctions de secrétaire général du ministère des Relations extérieures pour ce qui s’apparentait à une retraite bien méritée, après 30 années passées au service de l’Etat. L’homme a à peine eu le temps de jouir de la tranquillité de sa résidence de Nkolfoulou sur la route de Soa dans la banlieue de Yaoundé. Depuis vendredi dernier, il est désormais l’ambassadeur du Cameroun en République populaire de Chine. Une nomination que l’intéressé considère comme " un privilège au regard des dernières prescriptions du chef de l’Etat sur les rapprochements à opérer avec l’Asie… ".

A 56 ans, ce diplomate, ministre plénipotentiaire hors échelle, va donc reprendre du service, dans une mission diplomatique, avec le titre d’ambassadeur, même si Martin Mpana, qui est diplômé de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) et de l’Institut canadien pour la résolution des conflits d’Ottawa, avait déjà côtoyé les plus hautes sphères du milieu pour avoir été Haut commissaire par intérim du Cameroun au Canada de 2004 à 2006, après avoir travaillé dans ladite mission diplomatique comme premier conseiller. Lorsqu’il revient au Cameroun en 2006, c’est pour se voir confier la direction des Affaires d’Amériques et des Caraïbes du ministère des Relations extérieures, avant de devenir le secrétaire général de ce département ministériel en décembre 2006.

Martin Mpana arrive à la tête de la mission diplomatique du Cameroun en Chine au moment où ce pays se présente comme l’une des places fortes économiques mondiales de ce début de siècle, et surtout comme un partenaire de plus en plus privilégié de notre pays dans le domaine des échanges mutuels. Son souci, " apporter (sa) pierre au développement de ces relations en (se) posant la question de savoir ce que gagne le Cameroun ", mais surtout en manifestant également de l’intérêt pour son pays d’accueil. Ce qu’il avoue d’ailleurs vouloir faire également en apprenant la langue du pays de Hu Jintao.
Le président d’honneur de l’Association des élites du Mbam aura en outre la tâche d’apporter du sang neuf à cette mission dont l’ambassadeur sortant, Elleh Elle Etian, doyen du corps diplomatique africain en poste dans la capitale chinoise était resté plus de dix ans à ce poste.

Lazare Mpouel Bala
Cap sur Malabo

Avec sa nomination de vendredi dernier à la tête de l’ambassade du Cameroun en Guinée Equatoriale, on pourrait dire de Lazare Mpouel Bala qu’il a eu une carrière diplomatique pleine depuis qu’il a quitté les bancs de l’Iric en 1979, après des stages à Berlin et Hambourg en Allemagne et Rotterdam aux Pays Bas. Chef de service puis sous directeur dans l’administration centrale, 2ème puis 1er secrétaire à la mission permanente du Cameroun aux Nations Unies à New York, chef de la section consulaire à ce qui était à l’époque l’ambassade du Cameroun à Ottawa au Canada, chargé de missions à la division des affaires diplomatiques de la présidence de la République, et secrétaire général du ministère des Relations extérieures.
Pourtant c’est dans les mêmes fonctions au ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales qu’il prend sa retraite en décembre 2006, après être passé également au ministère de l’Environnement et des forêts.

Pourtant la tâche ne s’annonce pas du tout aisée pour ce natif du Haut Nyong, ministre plénipotentiaire de 57 ans, titulaire d’une licence de lettres bilingues et d’un doctorat de 3ème cycle en Relations internationales. C’est à lui reviendra désormais de conduire les délicates relations entre le Cameroun et son voisin équato-guinéen. Nous avons encore frais en mémoire les événements de la fin de l’année dernière qui avait conduit à l’expulsion massive de Camerounais de ce nouvel eldorado pétrolier de la sous région. Des actions qui avaient laissé comme un goût amer à une opinion camerounaise qui avait souhaité une réaction forte des autorités de Yaoundé qui avaient plutôt préféré l’apaisement.
La complexité de la mission n’est pourtant pas pour décourager cet homme habitué de la négociation. Lui qui a représenté le Cameroun dans de nombreuses rencontres à travers le monde, que ce soit au niveau des Nations Unies, à l’Organisation de l’unité africaine (Oua) ou encore au niveau des diverses commissions et comités qu’il a eu à piloter pour le compte de son pays

Antoine Zanga
Résurrection au Vatican

Le portail de sa résidence du quartier Bastos de Yaoundé est resté ouvert toute la journée de samedi dernier, après la réception des autres nombreux visiteurs du vendredi tout juste après la publication de l’un des décrets du président de la République qui faisait de lui, l’ambassadeur du Cameroun auprès du Saint Siège. Au-delà de la joie manifestée par ses proches, Antoine Zanga semblait lui-même très satisfait, eu égard à la fermeté de ses poignées de mains et des sourires qu’il distillait à tous ce qui se présentait à lui.

L’ancien ministre est donc appelé à remplacer Philippe Mataga, … près de cinq ans après sa disparition.
C’est donc désormais à ce diplômé de droit public, spécialiste des affaires internationales qu’il reviendra de défendre les intérêts du Cameroun auprès de l’Etat du Vatican. Antoine Zanga quitte un peu la sphère camerounaise où ses rivalités avec un autre fils de la Haute Sanaga, Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt, étaient désormais récurrentes pour le contrôle de ce département qui est aussi celui de l’épouse du chef de l’Etat. On a pu à cet effet observer le chassé croisé auquel qu’ils se sont livrés au gouvernement, jusqu’à l’ouverture d’une 3e voie en la personne de Bernard Messengue Avom, pour occuper le poste ministériel dévolu à ce département.

Pourtant, de hauts postes de responsabilité, Antoine Zanga en a occupé. Tout premier camerounais à occuper le fauteuil de ministre de la Ville dès 1997, après avoir été secrétaire d’Etat à l’Urbanisme et à l’habitat en 1992 et directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, il revient au gouvernement en 2004 (ministre des Postes et Télécommunications) pour remplacer son éternel rival de la Haute Sanaga sorti du gouvernement aux termes d’un réaménagement qui semblait particulièrement le viser. Antoine Zanga accède donc à un poste qui est resté vacant cinq années durant après le décès de son dernier titulaire, Philippe Mataga, mais un poste qui, en raison du prestige qui l’entoure, s’apparente plus à un reposoir pour son détenteur, le Vatican n’étant pas réputé très actif au plan diplomatique.

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Il y a quelques semaines, lors de la présentation que nous faisions du nouveau secrétaire général du ministère des Relations extérieures, nous relevions le défi qui était celui du tandem Eyebe Ayissi et Sébastien Foumane dans ce ministère qui souffre d’un problème de renouvellement des effectifs au niveau des chefs de missions diplomatiques.
Jean Francis Belibi


Vendredi dernier, cinq nouveaux ambassadeurs ont été désignés par le président de la République dans certains pays comme la Côte d’Ivoire où le Cameroun s’était toujours contenté d’un chargé d’affaires. On se souvient encore à cet effet de la sortie en début d’année dernière de Paul Ambohale Ayoman. L’ambassadeur de Côte d’Ivoire avait ouvertement demandé la désignation de son homologue à Abidjan pour respecter le principe de la réciprocité. C’est chose faite aujourd’hui, même si on remarque que le tableau est toujours incomplet avec des postes qui restent encore vacants.

Les autres textes du président de portent notamment sur la désignation d’administrateurs à la Electricity developement corporation (Edc), la nomination du président de la Chambre de commerce d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun un poste vacant depuis un peu plus d’un an à la suite de l’élection des membres de la Chambre, et du directeur général de la Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains et ruraux (Maetur) à la suite de la nomination de son titulaire au gouvernement.
Ainsi, Emmanuel Etoundi Oyono quitte le très convoité Port autonome de Douala (Pad) pour prendre la direction d’une structure moins importante, du moins par sa taille. Ce qui au regard des résultats qu’on lui attribue à Douala ne peut pas être assimilé à une promotion.

Nous reviendrons plus tard sur la présentation de Samuel Mvondo Ayolo qui prend la tête de la mission diplomatique du Cameroun au Gabon et celle d’Alfred Nguini, désigné ambassadeur du Cameroun en Côte d’ Ivoire avec résidence à Abidjan. Actuellement 1er conseiller à l’ambassade du Cameroun à Addis-Abeba, il est à ce titre impliqué dans la participation de la délégation camerounaise aux travaux du 10ème sommet de l’Union africaine qui se déroule dans la capitale éthiopienne.

Martin Mpana
Déjà à l’école chinoise

Voila exactement un mois qu’un décret du président de la République déchargeait Martin Mpana de ses fonctions de secrétaire général du ministère des Relations extérieures pour ce qui s’apparentait à une retraite bien méritée, après 30 années passées au service de l’Etat. L’homme a à peine eu le temps de jouir de la tranquillité de sa résidence de Nkolfoulou sur la route de Soa dans la banlieue de Yaoundé. Depuis vendredi dernier, il est désormais l’ambassadeur du Cameroun en République populaire de Chine. Une nomination que l’intéressé considère comme " un privilège au regard des dernières prescriptions du chef de l’Etat sur les rapprochements à opérer avec l’Asie… ".

A 56 ans, ce diplomate, ministre plénipotentiaire hors échelle, va donc reprendre du service, dans une mission diplomatique, avec le titre d’ambassadeur, même si Martin Mpana, qui est diplômé de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) et de l’Institut canadien pour la résolution des conflits d’Ottawa, avait déjà côtoyé les plus hautes sphères du milieu pour avoir été Haut commissaire par intérim du Cameroun au Canada de 2004 à 2006, après avoir travaillé dans ladite mission diplomatique comme premier conseiller. Lorsqu’il revient au Cameroun en 2006, c’est pour se voir confier la direction des Affaires d’Amériques et des Caraïbes du ministère des Relations extérieures, avant de devenir le secrétaire général de ce département ministériel en décembre 2006.

Martin Mpana arrive à la tête de la mission diplomatique du Cameroun en Chine au moment où ce pays se présente comme l’une des places fortes économiques mondiales de ce début de siècle, et surtout comme un partenaire de plus en plus privilégié de notre pays dans le domaine des échanges mutuels. Son souci, " apporter (sa) pierre au développement de ces relations en (se) posant la question de savoir ce que gagne le Cameroun ", mais surtout en manifestant également de l’intérêt pour son pays d’accueil. Ce qu’il avoue d’ailleurs vouloir faire également en apprenant la langue du pays de Hu Jintao.
Le président d’honneur de l’Association des élites du Mbam aura en outre la tâche d’apporter du sang neuf à cette mission dont l’ambassadeur sortant, Elleh Elle Etian, doyen du corps diplomatique africain en poste dans la capitale chinoise était resté plus de dix ans à ce poste.

Lazare Mpouel Bala
Cap sur Malabo

Avec sa nomination de vendredi dernier à la tête de l’ambassade du Cameroun en Guinée Equatoriale, on pourrait dire de Lazare Mpouel Bala qu’il a eu une carrière diplomatique pleine depuis qu’il a quitté les bancs de l’Iric en 1979, après des stages à Berlin et Hambourg en Allemagne et Rotterdam aux Pays Bas. Chef de service puis sous directeur dans l’administration centrale, 2ème puis 1er secrétaire à la mission permanente du Cameroun aux Nations Unies à New York, chef de la section consulaire à ce qui était à l’époque l’ambassade du Cameroun à Ottawa au Canada, chargé de missions à la division des affaires diplomatiques de la présidence de la République, et secrétaire général du ministère des Relations extérieures.
Pourtant c’est dans les mêmes fonctions au ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales qu’il prend sa retraite en décembre 2006, après être passé également au ministère de l’Environnement et des forêts.

Pourtant la tâche ne s’annonce pas du tout aisée pour ce natif du Haut Nyong, ministre plénipotentiaire de 57 ans, titulaire d’une licence de lettres bilingues et d’un doctorat de 3ème cycle en Relations internationales. C’est à lui reviendra désormais de conduire les délicates relations entre le Cameroun et son voisin équato-guinéen. Nous avons encore frais en mémoire les événements de la fin de l’année dernière qui avait conduit à l’expulsion massive de Camerounais de ce nouvel eldorado pétrolier de la sous région. Des actions qui avaient laissé comme un goût amer à une opinion camerounaise qui avait souhaité une réaction forte des autorités de Yaoundé qui avaient plutôt préféré l’apaisement.
La complexité de la mission n’est pourtant pas pour décourager cet homme habitué de la négociation. Lui qui a représenté le Cameroun dans de nombreuses rencontres à travers le monde, que ce soit au niveau des Nations Unies, à l’Organisation de l’unité africaine (Oua) ou encore au niveau des diverses commissions et comités qu’il a eu à piloter pour le compte de son pays

Antoine Zanga
Résurrection au Vatican

Le portail de sa résidence du quartier Bastos de Yaoundé est resté ouvert toute la journée de samedi dernier, après la réception des autres nombreux visiteurs du vendredi tout juste après la publication de l’un des décrets du président de la République qui faisait de lui, l’ambassadeur du Cameroun auprès du Saint Siège. Au-delà de la joie manifestée par ses proches, Antoine Zanga semblait lui-même très satisfait, eu égard à la fermeté de ses poignées de mains et des sourires qu’il distillait à tous ce qui se présentait à lui.

L’ancien ministre est donc appelé à remplacer Philippe Mataga, … près de cinq ans après sa disparition.
C’est donc désormais à ce diplômé de droit public, spécialiste des affaires internationales qu’il reviendra de défendre les intérêts du Cameroun auprès de l’Etat du Vatican. Antoine Zanga quitte un peu la sphère camerounaise où ses rivalités avec un autre fils de la Haute Sanaga, Pierre Ismaël Bidoung Mpkatt, étaient désormais récurrentes pour le contrôle de ce département qui est aussi celui de l’épouse du chef de l’Etat. On a pu à cet effet observer le chassé croisé auquel qu’ils se sont livrés au gouvernement, jusqu’à l’ouverture d’une 3e voie en la personne de Bernard Messengue Avom, pour occuper le poste ministériel dévolu à ce département.

Pourtant, de hauts postes de responsabilité, Antoine Zanga en a occupé. Tout premier camerounais à occuper le fauteuil de ministre de la Ville dès 1997, après avoir été secrétaire d’Etat à l’Urbanisme et à l’habitat en 1992 et directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République, il revient au gouvernement en 2004 (ministre des Postes et Télécommunications) pour remplacer son éternel rival de la Haute Sanaga sorti du gouvernement aux termes d’un réaménagement qui semblait particulièrement le viser. Antoine Zanga accède donc à un poste qui est resté vacant cinq années durant après le décès de son dernier titulaire, Philippe Mataga, mais un poste qui, en raison du prestige qui l’entoure, s’apparente plus à un reposoir pour son détenteur, le Vatican n’étant pas réputé très actif au plan diplomatique.

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Artistes camerounais : cadavres à frics ?

La chronique des événements courants au Cameroun est en train de banaliser une image désormais ordinaire des ouvriers de l’esprit (artistes et intellectuels). De leur vivant, ils sont des espèces errantes, transhumantes, de sortes de “ curiosités humaines ” fuyant la précarité et les frustrations diverses, à la quête de la moindre occasion pour sauver leurs jours. –

 A leur mort, par contre, ils deviennent des “ opportunités ” – au sens commercial et politique du mot – de prédation sociale et de prévarications diverses dont la moindre n’est pas l’humiliation, voire l’anathème vécue par les familles éplorées. En effet, par on ne sait quels détours, la société camerounaise a réussi le pari d’accorder plus d’importance aux macchabées qu’aux artistes eux-mêmes. Les deuils d’artistes sont devenus plus “ rentables ” que leur propre santé et celle de leurs œuvres – tant pis si les pirates courent toujours nos rues, au nez et à la barbe de la police.
Les afflictions occasionnées par la disparition des artistes, par le passé, arrachaient de la part de la communauté artistique et auprès du grand public, d’admirateurs, de fans et d’observateurs, de fleuves de larmes. Qui ne se souvient des déchirements qui ont jalonné les obsèques des Béti Béti, Bebey Black, Eboa Lottin. Les levées de fonds étaient plus modestes, proportionnelles à ce qu’eux-mêmes mobilisaient de leur vivant, se géraient cependant dans une certaine transparence en associant les familles éplorées.
Les décès d’artistes sont devenus une réalité structurante de la vie culturelle du pays, à côté des frasques dont les sociétés de gestion collective des droits d’auteur alimentent l’actualité, du reste très pauvre sous nos cieux.
De l’annonce du décès jusqu’à l’inhumation du défunt, une effervescence rarement égalée s’empare des milieux artistiques : réunions par-ci, quêtes et cotisations par-là. S’ensuit une succession de veillées nourries de chants, danses, pleurs, disputes, communiqués et surtout beuveries. Pour nombre d’artistes, c’est une occasion inespérée pour rencontrer leurs pairs. Les structures fédératives et d’encadrement ne fonctionnant pas, ou alors celles existantes sont dévoyées. Or cependant, ces déploiements logent pour la plupart du temps des marchandages pour lesquelles de nombreux acteurs se livrent à une bataille sans merci. Tout commence par la création d’un comité d’artistes en charge de la “ contribution ” à l’organisation des obsèques du défunt.
Remarquons que, très souvent, il s’agit d’une véritable structure autonome, fonctionnant en parallèle à la famille du défunt, et qui supporte généralement mal – ou pas du tout – d’être interpellée par la famille éplorée à l’effet de rendre compte de la gestion financière des fonds recueillis. L’on se souvient des obsèques du comédien Essindi Minja et surtout des polémiques et querelles qui ont émaillé les lendemains de son inhumation. Pour avoir osé lever les yeux sur la délicate question des fonds, elle s’est vue attribuer tous les noms d’oiseau.
L’initiative est de plus en plus celle de la ou les sociétés de gestion collective du droit d’auteur et droits voisins, conduite par le président du conseil d’administration lui-même. Tout le personnel permanents est mobilisé : directeurs, secrétaires, chargés de communication, coursiers… Réunions, va-et-vient et/ou appels téléphoniques auprès de la Cpmc (Commission permanente de contrôle et de médiation), véritable Fmi de la situation. Des commissions sont créées, des budgets arrêtés. S’ensuivent des passations de marchés (sans appel d’offres !) pour divers achats, des missions de repérage en vue de l’hébergement des cadres le jour J (les autres artistes dormant à la belle étoile) et la communication médiatique. Et puis, vient le jour de la grande veillée. Des artistes se livrent en spectacle. Des prestations scéniques – plus ou moins improvisées – pour meubler le temps, avec en prime des cachets pour la plupart du temps versés souterrainement. Les bars d’ “ à côté ”, pris d’assaut, ne désemplissent pas jusqu’au petit matin, abritant des séances de beuverie et des couples occasionnels.
La pratique devenant courante, les familles ont appris à se comporter suivant ces “ opportunités ”. En de pareilles circonstances, les familles ont tendance à se rétracter, abandonnant de nombreuses charges mortuaires aux sociétés de gestion collective du droit d’auteur et de leurs épigones. Cette “ démission ” n’est pas tant le manque d’affection vis-à-vis de leur défunt, qu’un acte de résistance face à la duperie de la partie adverse. Généralement exclue des étapes cruciales d’achats, incapable d’obtenir le compte rendu financier des opérations, la famille se résigne.
Comment comprendre ces attelages sans l’inscrire dans un contexte global de la société camerounaise, métastasées de toutes parts par la corruption, la gabegie, le gaspillage et la parade. En effet, “ la chèvre broute là où elle est attachée ”. Cette trouvaille est de loin la plus prodigieuse et la plus acceptée des pratiques que la société camerounaise s’est octroyée pour aborder les grands défis de son histoire. Inapte à rechercher dans ses pratiques endogènes des instruments nécessaires à sa propre autocritique, incapables de se familiariser avec les outils modernes de la gouvernance, dictés et financés par les institutions de Breton Woods et prescrits par les pays occidentaux, la société camerounaise a du mal à se refaire un certain humanisme.
 

Par Joseph Fumtim éditeur à Yaoundé

Le Messager

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