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Bilinguisme : Le septentrion à la traîne



L’insuffisance d’enseignants et l’absence du matériel didactique handicapent la promotion de l’anglais.
Dieudonné Gaïbaï


Le lancement hier à Ngaoundéré par Louis Bapes Bapes, de la semaine camerounaise du bilinguisme n’avait rien d’une simple partie de plaisir. Les établissements dits bilingues et qui ont été créés dans la quasi-totalité des chefs lieux de départements sont sinistrés. Ces établissements dits bilingues sont à la vérité purement francophones. C’est le cas du Lycée bilingue de Mokolo, de Kousseri, de Meiganga….
Le manque d’enseignants dans les classes dites anglophones est criard. Au lycée bilingue de Maroua par exemple, seulement six enseignants doivent prendre en charge les élèves des classes de Form One à Upper Sixth. D’où le recours quasi-constant aux enseignants vacataires dont la maîtrise des connaissances et de la pédagogie n’est pas toujours garantie.

Bien plus rapporte sous anonymat un responsable de la section anglophone du Lycée Bilingue de Maroua, " quand on affecte même des enseignants d’anglais ici, dès les premières semaines, ils manifestent leur intention de s’en aller. Parfois même on argue de l’indisponibilité des premiers salaires pour quitter la ville. Les correspondances que les responsables du lycée adressent à la hiérarchie restent lettres mortes. Puisque les enseignants en question ont des soutiens en haut lieu. Ils réussissent ainsi le tour d’être affecté dans les mois qui suivent". Surtout que quelques uns évoquent leur marginalisation dans la correction des épreuves des examens organisés par le GCE Board.

Même si à la délégation provinciale des enseignements secondaires on estime que ces problèmes se posent pour l’ensemble des ordres d’enseignements, il reste que les sections anglophones ne sont pas suffisamment outillées pour prendre part aux examens officiels. L’insuffisance des salles de classes pour contenir le flux d’élèves est indicative de cette situation. De même que l’absence d’infrastructures scolaires adaptées au système anglo-saxon. Chetima Hamidou, le proviseur du lycée Bilingue, pense par exemple, " qu’il est indispensable que l’établissement se dote d’un laboratoire scientifique pour permettre à ceux des élèves de la province dont les compétences en mathématiques ne font l’ombre d’aucun doute de pouvoir poursuivre après le premier cycle leurs études. Parce que comme vous le savez notre établissement ne présente que des candidats pour les séries littéraires. "

A cela, s’ajoute la rareté et la cherté des manuels scolaires. " On est parfois obligé de faire recours aux personnes qui voyagent pour apporter des documents de Bamenda ou Buéa. Ce qui coûte assez cher pour ceux des parents qui n’ont pas les moyens conséquents. Surtout que les documents au programme sont nombreux", poursuit le proviseur. Dans le seul établissement véritablement bilingue de la province de l’Extrême Nord, on a opté pour la photocopie des livres au programme et leur mise à la disposition des élèves qui peuvent se les procurer à un coût moindre.
Ces clichés du bilinguisme montrent bien comment l’absence d’une politique linguistique claire et cohérente sur le plan des dotations en ressources humaines et matérielles peut conduire à des conséquences sur la formation des hommes et femmes qui doivent être les acteurs du processus d’intégration nationale que les pouvoirs publics appellent de tous leurs vœux.

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L’insuffisance d’enseignants et l’absence du matériel didactique handicapent la promotion de l’anglais.
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Le lancement hier à Ngaoundéré par Louis Bapes Bapes, de la semaine camerounaise du bilinguisme n’avait rien d’une simple partie de plaisir. Les établissements dits bilingues et qui ont été créés dans la quasi-totalité des chefs lieux de départements sont sinistrés. Ces établissements dits bilingues sont à la vérité purement francophones. C’est le cas du Lycée bilingue de Mokolo, de Kousseri, de Meiganga….
Le manque d’enseignants dans les classes dites anglophones est criard. Au lycée bilingue de Maroua par exemple, seulement six enseignants doivent prendre en charge les élèves des classes de Form One à Upper Sixth. D’où le recours quasi-constant aux enseignants vacataires dont la maîtrise des connaissances et de la pédagogie n’est pas toujours garantie.

Bien plus rapporte sous anonymat un responsable de la section anglophone du Lycée Bilingue de Maroua, " quand on affecte même des enseignants d’anglais ici, dès les premières semaines, ils manifestent leur intention de s’en aller. Parfois même on argue de l’indisponibilité des premiers salaires pour quitter la ville. Les correspondances que les responsables du lycée adressent à la hiérarchie restent lettres mortes. Puisque les enseignants en question ont des soutiens en haut lieu. Ils réussissent ainsi le tour d’être affecté dans les mois qui suivent". Surtout que quelques uns évoquent leur marginalisation dans la correction des épreuves des examens organisés par le GCE Board.

Même si à la délégation provinciale des enseignements secondaires on estime que ces problèmes se posent pour l’ensemble des ordres d’enseignements, il reste que les sections anglophones ne sont pas suffisamment outillées pour prendre part aux examens officiels. L’insuffisance des salles de classes pour contenir le flux d’élèves est indicative de cette situation. De même que l’absence d’infrastructures scolaires adaptées au système anglo-saxon. Chetima Hamidou, le proviseur du lycée Bilingue, pense par exemple, " qu’il est indispensable que l’établissement se dote d’un laboratoire scientifique pour permettre à ceux des élèves de la province dont les compétences en mathématiques ne font l’ombre d’aucun doute de pouvoir poursuivre après le premier cycle leurs études. Parce que comme vous le savez notre établissement ne présente que des candidats pour les séries littéraires. "

A cela, s’ajoute la rareté et la cherté des manuels scolaires. " On est parfois obligé de faire recours aux personnes qui voyagent pour apporter des documents de Bamenda ou Buéa. Ce qui coûte assez cher pour ceux des parents qui n’ont pas les moyens conséquents. Surtout que les documents au programme sont nombreux", poursuit le proviseur. Dans le seul établissement véritablement bilingue de la province de l’Extrême Nord, on a opté pour la photocopie des livres au programme et leur mise à la disposition des élèves qui peuvent se les procurer à un coût moindre.
Ces clichés du bilinguisme montrent bien comment l’absence d’une politique linguistique claire et cohérente sur le plan des dotations en ressources humaines et matérielles peut conduire à des conséquences sur la formation des hommes et femmes qui doivent être les acteurs du processus d’intégration nationale que les pouvoirs publics appellent de tous leurs vœux.

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L’insuffisance d’enseignants et l’absence du matériel didactique handicapent la promotion de l’anglais.
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Le lancement hier à Ngaoundéré par Louis Bapes Bapes, de la semaine camerounaise du bilinguisme n’avait rien d’une simple partie de plaisir. Les établissements dits bilingues et qui ont été créés dans la quasi-totalité des chefs lieux de départements sont sinistrés. Ces établissements dits bilingues sont à la vérité purement francophones. C’est le cas du Lycée bilingue de Mokolo, de Kousseri, de Meiganga….
Le manque d’enseignants dans les classes dites anglophones est criard. Au lycée bilingue de Maroua par exemple, seulement six enseignants doivent prendre en charge les élèves des classes de Form One à Upper Sixth. D’où le recours quasi-constant aux enseignants vacataires dont la maîtrise des connaissances et de la pédagogie n’est pas toujours garantie.

Bien plus rapporte sous anonymat un responsable de la section anglophone du Lycée Bilingue de Maroua, " quand on affecte même des enseignants d’anglais ici, dès les premières semaines, ils manifestent leur intention de s’en aller. Parfois même on argue de l’indisponibilité des premiers salaires pour quitter la ville. Les correspondances que les responsables du lycée adressent à la hiérarchie restent lettres mortes. Puisque les enseignants en question ont des soutiens en haut lieu. Ils réussissent ainsi le tour d’être affecté dans les mois qui suivent". Surtout que quelques uns évoquent leur marginalisation dans la correction des épreuves des examens organisés par le GCE Board.

Même si à la délégation provinciale des enseignements secondaires on estime que ces problèmes se posent pour l’ensemble des ordres d’enseignements, il reste que les sections anglophones ne sont pas suffisamment outillées pour prendre part aux examens officiels. L’insuffisance des salles de classes pour contenir le flux d’élèves est indicative de cette situation. De même que l’absence d’infrastructures scolaires adaptées au système anglo-saxon. Chetima Hamidou, le proviseur du lycée Bilingue, pense par exemple, " qu’il est indispensable que l’établissement se dote d’un laboratoire scientifique pour permettre à ceux des élèves de la province dont les compétences en mathématiques ne font l’ombre d’aucun doute de pouvoir poursuivre après le premier cycle leurs études. Parce que comme vous le savez notre établissement ne présente que des candidats pour les séries littéraires. "

A cela, s’ajoute la rareté et la cherté des manuels scolaires. " On est parfois obligé de faire recours aux personnes qui voyagent pour apporter des documents de Bamenda ou Buéa. Ce qui coûte assez cher pour ceux des parents qui n’ont pas les moyens conséquents. Surtout que les documents au programme sont nombreux", poursuit le proviseur. Dans le seul établissement véritablement bilingue de la province de l’Extrême Nord, on a opté pour la photocopie des livres au programme et leur mise à la disposition des élèves qui peuvent se les procurer à un coût moindre.
Ces clichés du bilinguisme montrent bien comment l’absence d’une politique linguistique claire et cohérente sur le plan des dotations en ressources humaines et matérielles peut conduire à des conséquences sur la formation des hommes et femmes qui doivent être les acteurs du processus d’intégration nationale que les pouvoirs publics appellent de tous leurs vœux.

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