Les médias d’Etat entrent en campagne
La Crtv et Cameroon Tribune sollicités par le Mincom pour accompagner la sensibilisation.
Albert Biombi
La réunion a eu lieu tôt vendredi matin dans le cabinet du ministre de la Communication. Une heure qu’affectionne particulièrement Jean Pierre Biyiti bi Essam pour s’entretenir des sujets importants avec ses invités. Autour de lui, quelques proches collaborateurs mais surtout, le Dg de la Sopecam, Marie Claire Nnana et le directeur des rédactions, Abui Mama d’une part, le conseiller technique N°1 à la Crtv, Antoine Marie Ngono, présent en sa qualité de Dg par intérim de la Crtv (en l’absence de Amadou Vamoulké, en mission à l’étranger et de Francis Wete, parti installer les nouveaux responsables dans l’arrière pays), entouré des deux directeurs de l’Information, Charles Ndongo pour la télé et Alain Belibi pour la radio.
La réunion était stratégique et n’avait pas vocation à connaître une grande médiatisation. Mais selon nos sources, le Mincom a, d’entrée de jeu, indiqué que dans la perspective de la session parlementaire de mars prochain qui pourrait enregistrer le projet de loi sur la modification de la constitution, il était temps que les médias d’Etat occupent l’espace médiatique pour l’instant monopolisé par les médias privés, presse écrite, radio et télés confondues.
Il était donc question d’élaborer, dans l’urgence, des stratégies permettant d’adopter un plan de campagne devant accompagner l’initiative gouvernementale de modification de la constitution. Les principaux directeurs étaient donc inviter à réfléchir au meilleur moyen d’accompagner le processus, avec pour matériau de base un document préparé par le Mincom et qui faisait une synthèse des principales questions qui font débat en ce moment et qu’on retrouve de façon récurrente dans la presse.
Vraisemblablement, dès la fin de la coupe d’Afrique des nations qui se déroule en ce moment au Ghana, la Crtv devrait lancer sa campagne dont les principales caractéristiques devaient être connues au cours de réunions qui se sont tenues tout au long du week-end aussi bien à la radio qu’à la télé. Dans le cas de la télé en l’occurrence, il a été arrêté déjà que le Rdpc devra fournir tous les prétextes possibles pour " matraquer " l’opinion, l’une des toutes premières étant le séminaire d’information et de formation que le parti au pouvoir organise dès jeudi prochain. L’autre prétexte, déjà arrêté, est la fête nationale de la Jeunesse qui fera l’objet d’une table ronde spécifique sur " jeunesse et avenir politique du Cameroun ".
Selon des sources généralement bien informées, la Crtv ne devrait pas créer des espaces nouveaux pour ne pas braquer ses auditeurs et téléspectateurs. Elle utilisera les créneaux connus que sont, pour la télé, des cadres comme " Par ici le débat " ou " Scènes de presse ", mais aussi les journaux télévisés sans créer de pages spéciales pour autant. Dans le même ordre d’idées, des genres rédactionnels, comme " La revue de la presse ", devraient refaire leur apparition dans les différents journaux, tout comme seront mis à contribution les stations provinciales.
Les directeurs de la Crtv et de Cameroon tribune réfléchissent déjà au portrait robot des personnalités qui seront mises à contribution pour animer ces différents espaces : universitaires proches du pouvoir ou modérés, personnalités connues et percutantes du Rdpc, membres de la société civile acquis à la thèse de la révision de la constitution, journalistes réputés peu impulsifs… L’objectif global étant, selon une source, " d’organiser des débats denses, authentiques, francs mais… maîtrisés ".


