Visite : Paul Biya l’ambassadeur des pauvres à l’Unesco
Le chef de l’Etat a vanté les mérites et les bienfaits de l’unité nationale en fustigeant cette solidarité internationale qui se limite aux bonnes intentions
Jean Francis Belibi –
Comme nous l’annoncions déjà il y a deux semaines, c’est hier en fin de matinée que Paul Biya a pris la parole pour la première fois à la tribune de l’Unesco au siège de cette institution à Paris. Une intervention qui rentrait dans le cadre des travaux de la 34e session de la Conférence générale de cette organisation spécialisée du système des Nations Unies. Pendant près d’une demi-heure, le chef de l’Etat camerounais s’est adressé à un auditoire constitué pour l’essentiel de délégués aux travaux de cette conférence générale qui doit prendre fin le 3 novembre prochain. Le chef de l’Etat a exprimé sa la satisfaction au sujet des nombreuses réalisations de l’Unesco au Cameroun.
Au rang de celles-ci, il n’a pas manqué de signaler le classement de la réserve de faune du Dja dans le patrimoine mondial de l’humanité. Mais aussi, l’appui à la création de l’Ecole normale supérieure de Yaoundé, le renforcement des capacités de pilotage du système éducatif, et surtout le soutien de l’Unesco au lancement des activités du Centre international de recherches Chantal Biya (Circb) pour la recherche sur la Sida par la mobilisation de ressources extra budgétaires. Paul Biya a surtout vanté les mérites de l’unité nationale au Cameroun. Ce pays "qui compte plus de 200 groupes ethniques avec une mosaïque de langues et d’expressions culturelles, cette convention constitue indéniablement une grande avancée dans la conservation et la valorisation de notre riche patrimoine. Grâce à la tolérance qui caractérise les rapports entre les individus et les groupes, la diversité fait partie aujourd’hui de l’identité culturelle camerounaise. De ce point de vue, mon pays s’honore d’être à la pointe du dialogue entre les cultures".
Unité nationale
Une preuve selon lui qu’il est possible "à partir de populations diverses rassemblées par les hasards de l’Histoire, de former une Nation consciente de son unité et de son identité". Pourtant, on aura constaté que si l’Unesco "reste le garant des principes et valeurs d’universalité, de justice, de respect des droits humains et de tolérance qui constituent le meilleur cadre possible pour le dialogue entre les cultures", on constatera que l’organisation de la place Fontenoy à Paris n’a vraiment pas réussi dans cette mission qu’elle s’était fixée et qui est bien consignée dans sa charte "Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix". Le chef de l’Etat camerounais n’a pas manqué, comme il est désormais de tradition lors de chacune de ses sorties internationales, de fustiger cette solidarité internationale qui est restée une simple vue de l’esprit.
Elle doit selon lui "doit pouvoir se manifester sur tous les plans notamment, politique, économique, social et culturel. Elle ne doit pas se limiter à l’expression de bonnes intentions, à des catalogues de résolutions ou d’engagements individuels et collectifs dont la mise en œuvre est sans cesse différée" avant de faire savoir que cette attitude des riches " est beaucoup moins un problème de moyens qu’une question de volonté politique dans un monde de plus en plus globalisé" Pour le chef de l’Etat camerounais, "à bien y regarder, de nombreux pays dits pauvres ne sont pas foncièrement pauvres, on peut même dire qu’ils sont potentiellement riches. Ils ont simplement besoin de soutiens multiformes et conséquents à leurs propres efforts tels une juste rémunération de leurs produits"

