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Musique : Quand les spectacles chantent faux



En plus des caprices d’artistes, les spectacles annulés au Cameroun sont le fait de l’amateurisme.


Le 09 février dernier, l’artistes JP Mpiana était annoncé pour une série de " spectacles géants " dans les villes de Yaoundé et de Douala. Seuls quelques fans avisés ont pu voir leur idole jouer au cinéma le Wouri, dans la métropole économique. Et puis, plus rien. Aucune annonce n’a été faite sur le spectacle avorté de Yaoundé alors qu’à Douala déjà, ledit spectacle n’a pas drainé des foules. " C’est tout simplement l’amateurisme qui a peut conduire à ce type de situation. ", lance sentencieux, un habitué des scènes camerounaises. En décembre dernier, c’est le spectacle de la rappeuse française Diam’s qui a été annulé par les organisateurs à la dernière minute. Ces ratés ne sont pas les premiers et ne seront certainement pas les derniers de la série. On se souvient encore de la déception des fans de Earl Klugh dont le spectacle annoncé pour le cinq décembre 2007 dans le cadre du festival Jazz sans frontières, a été annulé à quelques jours du spectacle et alors que les spectateurs avaient déjà, longtemps à l’avance, réservé leurs billets.

Mais avant cela, le public camerounais avait été déçu en 2005 de ne pas avoir vu Matt Damon en concert, ainsi que le duo en Maréchal Papillon et Meiway en 2006 et même que le premier concert de Diam’s en 2007 avait déjà avorté. Pour essayer de comprendre ces échecs réguliers des concerts au Cameroun, il faut pénétrer dans la cuisine de l’organisation de ces évènements
" Le spectacle ne se boucle pas le jour où la communication commence ", explique Chinois Yangeu, directeur de Cy Entertainment, une structure qui s’est spécialisée dans l’organisation d’évènements liés à la musique. D’après Chinois Yangeu, " il y a des règles à respecter pour réussir un spectacle. Il faut d’abord connaître la disponibilité de l’artiste par rapport à la date du concert, il y’a les modalités techniques du raider de l’artiste, de ses musiciens et manager, puis intervient le cachet qu’il faut régler à hauteur de 50%. On termine la préparation par la réservation du lieu et on ne peut déclencher la communication sur l’évènement que quand on a bouclé son budget à 50% ". Le règlement de ces éléments qui interviennent des mois avant la date du spectacle participe du succès ou du flop du show annoncé. "L’organisation d’évènements culturels est une science qui doit être pratiquée par les professionnels. Rédiger un projet demande une expérience et la connaissance du terrain et des normes en matière de spectacles. Au Cameroun, beaucoup d’amateurs se lancent dans la promotion de concerts parce qu’ils ont des affinités avec des directeurs marketing dans les entreprises qui vont débloquer des millions. Mais si on n’a pas l’expertise et une équipe compétente, on fonce droit dans le mur", précise Gérard Betoka de Border Blaster.

Amateurisme
Un avis partagé par l’artiste Nicole Mara. " Le monde du show business est rempli d’amateurs. Si l’artiste n’honore pas à un rendez pris avec un public précis, il faut s’interroger. Il faut être sûr que l’organisateur a traité avec le bon manager, pas le frère, ni l’ami, encore moins le garde du corps. Beaucoup de personne pensent qu’être en relation avec un proche de l’artiste suffit à l’avoir mais il y’a une démarche professionnelle qui doit être respectée". C’est ainsi que l’on arrive à des situations où le concert est annulé alors que parfois "l’intéressé n’est pas informé qu’il ou elle doit prester ce jour là", confie Lady Ponce avant de poursuivre " Un samedi soir vers minuit je reçois un coup de fil d’un responsable de boîte de nuit à Douala qui m’agresse parce que je suis attendue depuis 20h et je ne suis pas là alors que j’ai déjà perçu 150.000Fcfa. J’ai failli m’évanouir. Je n’étais au courant de rien."

C’est ainsi que prolifère des prestidigitateurs de spectacles dans les villes de Douala et Yaoundé et parfois en province. Il y’a des fois dans la même ville l’artistes est annoncé à quatre endroits différents pour prester. " Je reconnais que je donne mon accord de principe à tous ceux qui veulent m’avoir sur un plateau. Le protocole d’accord n’engage pas l’artiste. Je signe le contrat avec le premier qui me verse de l’argent", confie Njohreur. Grâce Decca a d’ailleurs porté plainte en décembre 2006 à un de ces organisateurs qui avait osé mettre son image dans un spectacle d’ouverture d’une boîte de nuit sans son accord et des démentis avaient été diffusés à Spectrum Télévision. " Il faut reconnaître que beaucoup d’artistes manquent de moyens et de temps pour engager des poursuites contre ces destructeurs d’images. Moi je confie systématiquement mes contrats à mon avocat en cas de pépin j’engage des poursuites ", précise Nicole Mara.

Image
Ces multiples échecs des concerts prévus et des rendez-vous manqué avec le public rongent petit à petit l’image de l’artiste. Lady Ponce se plaint du fait que " le public ne va retenir que le plaquage dont il a été victime et cela va causer un tort à l’évolution de la carrière ". Pour Mathématik qui venait d’annuler des concerts argumente sur le fait que " la promo était mal faite. Le plus important pour moi en spectacle c’est de communier avec le public. Quel intérêt j’ai de jouer pour 20 personnes dans une salle qui peut en contenir 200 ? J’ai envie de satisfaire le public qui a attendue mais j’ai aussi mon image à préserver et on peut la bousiller avec ce genre d’opérations foireuse."

C’est vrai que beaucoup de promoteurs pêchent par leur inexpérience des rouages du milieu, mais il faut aussi cependant relever que les artistes sont très capricieux. " Nous n’avons pas la capacité d’accueillir des artistes d’un certain rang au Cameroun du point de vue logistique, hôtels, salle de spectacles, scène et sonorisation. On peut encore forcer avec le Hilton pour dire que c’est un cinq étoiles, mais si l’artiste exige un cinq étoiles de luxe, je ne sais pas où on va le trouver au Cameroun ", rappelle Gérard Bétoka avant d’insister sur le fait " qu’ il faut bien éplucher le raider, le nombre de serviettes, les bouteilles d’eau, la marque car un concert peut être annulé parce que le cachet n’a pas été payé à temps, mais aussi parce que dans les loges la barre de chocolat blanc de kinder demandée a été remplacée par un Mambo". Des détails que les non professionnels ont tendance à oublier et l’addition est souvent très salée.

Marion Obam

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En plus des caprices d’artistes, les spectacles annulés au Cameroun sont le fait de l’amateurisme.


Le 09 février dernier, l’artistes JP Mpiana était annoncé pour une série de " spectacles géants " dans les villes de Yaoundé et de Douala. Seuls quelques fans avisés ont pu voir leur idole jouer au cinéma le Wouri, dans la métropole économique. Et puis, plus rien. Aucune annonce n’a été faite sur le spectacle avorté de Yaoundé alors qu’à Douala déjà, ledit spectacle n’a pas drainé des foules. " C’est tout simplement l’amateurisme qui a peut conduire à ce type de situation. ", lance sentencieux, un habitué des scènes camerounaises. En décembre dernier, c’est le spectacle de la rappeuse française Diam’s qui a été annulé par les organisateurs à la dernière minute. Ces ratés ne sont pas les premiers et ne seront certainement pas les derniers de la série. On se souvient encore de la déception des fans de Earl Klugh dont le spectacle annoncé pour le cinq décembre 2007 dans le cadre du festival Jazz sans frontières, a été annulé à quelques jours du spectacle et alors que les spectateurs avaient déjà, longtemps à l’avance, réservé leurs billets.

Mais avant cela, le public camerounais avait été déçu en 2005 de ne pas avoir vu Matt Damon en concert, ainsi que le duo en Maréchal Papillon et Meiway en 2006 et même que le premier concert de Diam’s en 2007 avait déjà avorté. Pour essayer de comprendre ces échecs réguliers des concerts au Cameroun, il faut pénétrer dans la cuisine de l’organisation de ces évènements
" Le spectacle ne se boucle pas le jour où la communication commence ", explique Chinois Yangeu, directeur de Cy Entertainment, une structure qui s’est spécialisée dans l’organisation d’évènements liés à la musique. D’après Chinois Yangeu, " il y a des règles à respecter pour réussir un spectacle. Il faut d’abord connaître la disponibilité de l’artiste par rapport à la date du concert, il y’a les modalités techniques du raider de l’artiste, de ses musiciens et manager, puis intervient le cachet qu’il faut régler à hauteur de 50%. On termine la préparation par la réservation du lieu et on ne peut déclencher la communication sur l’évènement que quand on a bouclé son budget à 50% ". Le règlement de ces éléments qui interviennent des mois avant la date du spectacle participe du succès ou du flop du show annoncé. "L’organisation d’évènements culturels est une science qui doit être pratiquée par les professionnels. Rédiger un projet demande une expérience et la connaissance du terrain et des normes en matière de spectacles. Au Cameroun, beaucoup d’amateurs se lancent dans la promotion de concerts parce qu’ils ont des affinités avec des directeurs marketing dans les entreprises qui vont débloquer des millions. Mais si on n’a pas l’expertise et une équipe compétente, on fonce droit dans le mur", précise Gérard Betoka de Border Blaster.

Amateurisme
Un avis partagé par l’artiste Nicole Mara. " Le monde du show business est rempli d’amateurs. Si l’artiste n’honore pas à un rendez pris avec un public précis, il faut s’interroger. Il faut être sûr que l’organisateur a traité avec le bon manager, pas le frère, ni l’ami, encore moins le garde du corps. Beaucoup de personne pensent qu’être en relation avec un proche de l’artiste suffit à l’avoir mais il y’a une démarche professionnelle qui doit être respectée". C’est ainsi que l’on arrive à des situations où le concert est annulé alors que parfois "l’intéressé n’est pas informé qu’il ou elle doit prester ce jour là", confie Lady Ponce avant de poursuivre " Un samedi soir vers minuit je reçois un coup de fil d’un responsable de boîte de nuit à Douala qui m’agresse parce que je suis attendue depuis 20h et je ne suis pas là alors que j’ai déjà perçu 150.000Fcfa. J’ai failli m’évanouir. Je n’étais au courant de rien."

C’est ainsi que prolifère des prestidigitateurs de spectacles dans les villes de Douala et Yaoundé et parfois en province. Il y’a des fois dans la même ville l’artistes est annoncé à quatre endroits différents pour prester. " Je reconnais que je donne mon accord de principe à tous ceux qui veulent m’avoir sur un plateau. Le protocole d’accord n’engage pas l’artiste. Je signe le contrat avec le premier qui me verse de l’argent", confie Njohreur. Grâce Decca a d’ailleurs porté plainte en décembre 2006 à un de ces organisateurs qui avait osé mettre son image dans un spectacle d’ouverture d’une boîte de nuit sans son accord et des démentis avaient été diffusés à Spectrum Télévision. " Il faut reconnaître que beaucoup d’artistes manquent de moyens et de temps pour engager des poursuites contre ces destructeurs d’images. Moi je confie systématiquement mes contrats à mon avocat en cas de pépin j’engage des poursuites ", précise Nicole Mara.

Image
Ces multiples échecs des concerts prévus et des rendez-vous manqué avec le public rongent petit à petit l’image de l’artiste. Lady Ponce se plaint du fait que " le public ne va retenir que le plaquage dont il a été victime et cela va causer un tort à l’évolution de la carrière ". Pour Mathématik qui venait d’annuler des concerts argumente sur le fait que " la promo était mal faite. Le plus important pour moi en spectacle c’est de communier avec le public. Quel intérêt j’ai de jouer pour 20 personnes dans une salle qui peut en contenir 200 ? J’ai envie de satisfaire le public qui a attendue mais j’ai aussi mon image à préserver et on peut la bousiller avec ce genre d’opérations foireuse."

C’est vrai que beaucoup de promoteurs pêchent par leur inexpérience des rouages du milieu, mais il faut aussi cependant relever que les artistes sont très capricieux. " Nous n’avons pas la capacité d’accueillir des artistes d’un certain rang au Cameroun du point de vue logistique, hôtels, salle de spectacles, scène et sonorisation. On peut encore forcer avec le Hilton pour dire que c’est un cinq étoiles, mais si l’artiste exige un cinq étoiles de luxe, je ne sais pas où on va le trouver au Cameroun ", rappelle Gérard Bétoka avant d’insister sur le fait " qu’ il faut bien éplucher le raider, le nombre de serviettes, les bouteilles d’eau, la marque car un concert peut être annulé parce que le cachet n’a pas été payé à temps, mais aussi parce que dans les loges la barre de chocolat blanc de kinder demandée a été remplacée par un Mambo". Des détails que les non professionnels ont tendance à oublier et l’addition est souvent très salée.

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En plus des caprices d’artistes, les spectacles annulés au Cameroun sont le fait de l’amateurisme.


Le 09 février dernier, l’artistes JP Mpiana était annoncé pour une série de " spectacles géants " dans les villes de Yaoundé et de Douala. Seuls quelques fans avisés ont pu voir leur idole jouer au cinéma le Wouri, dans la métropole économique. Et puis, plus rien. Aucune annonce n’a été faite sur le spectacle avorté de Yaoundé alors qu’à Douala déjà, ledit spectacle n’a pas drainé des foules. " C’est tout simplement l’amateurisme qui a peut conduire à ce type de situation. ", lance sentencieux, un habitué des scènes camerounaises. En décembre dernier, c’est le spectacle de la rappeuse française Diam’s qui a été annulé par les organisateurs à la dernière minute. Ces ratés ne sont pas les premiers et ne seront certainement pas les derniers de la série. On se souvient encore de la déception des fans de Earl Klugh dont le spectacle annoncé pour le cinq décembre 2007 dans le cadre du festival Jazz sans frontières, a été annulé à quelques jours du spectacle et alors que les spectateurs avaient déjà, longtemps à l’avance, réservé leurs billets.

Mais avant cela, le public camerounais avait été déçu en 2005 de ne pas avoir vu Matt Damon en concert, ainsi que le duo en Maréchal Papillon et Meiway en 2006 et même que le premier concert de Diam’s en 2007 avait déjà avorté. Pour essayer de comprendre ces échecs réguliers des concerts au Cameroun, il faut pénétrer dans la cuisine de l’organisation de ces évènements
" Le spectacle ne se boucle pas le jour où la communication commence ", explique Chinois Yangeu, directeur de Cy Entertainment, une structure qui s’est spécialisée dans l’organisation d’évènements liés à la musique. D’après Chinois Yangeu, " il y a des règles à respecter pour réussir un spectacle. Il faut d’abord connaître la disponibilité de l’artiste par rapport à la date du concert, il y’a les modalités techniques du raider de l’artiste, de ses musiciens et manager, puis intervient le cachet qu’il faut régler à hauteur de 50%. On termine la préparation par la réservation du lieu et on ne peut déclencher la communication sur l’évènement que quand on a bouclé son budget à 50% ". Le règlement de ces éléments qui interviennent des mois avant la date du spectacle participe du succès ou du flop du show annoncé. "L’organisation d’évènements culturels est une science qui doit être pratiquée par les professionnels. Rédiger un projet demande une expérience et la connaissance du terrain et des normes en matière de spectacles. Au Cameroun, beaucoup d’amateurs se lancent dans la promotion de concerts parce qu’ils ont des affinités avec des directeurs marketing dans les entreprises qui vont débloquer des millions. Mais si on n’a pas l’expertise et une équipe compétente, on fonce droit dans le mur", précise Gérard Betoka de Border Blaster.

Amateurisme
Un avis partagé par l’artiste Nicole Mara. " Le monde du show business est rempli d’amateurs. Si l’artiste n’honore pas à un rendez pris avec un public précis, il faut s’interroger. Il faut être sûr que l’organisateur a traité avec le bon manager, pas le frère, ni l’ami, encore moins le garde du corps. Beaucoup de personne pensent qu’être en relation avec un proche de l’artiste suffit à l’avoir mais il y’a une démarche professionnelle qui doit être respectée". C’est ainsi que l’on arrive à des situations où le concert est annulé alors que parfois "l’intéressé n’est pas informé qu’il ou elle doit prester ce jour là", confie Lady Ponce avant de poursuivre " Un samedi soir vers minuit je reçois un coup de fil d’un responsable de boîte de nuit à Douala qui m’agresse parce que je suis attendue depuis 20h et je ne suis pas là alors que j’ai déjà perçu 150.000Fcfa. J’ai failli m’évanouir. Je n’étais au courant de rien."

C’est ainsi que prolifère des prestidigitateurs de spectacles dans les villes de Douala et Yaoundé et parfois en province. Il y’a des fois dans la même ville l’artistes est annoncé à quatre endroits différents pour prester. " Je reconnais que je donne mon accord de principe à tous ceux qui veulent m’avoir sur un plateau. Le protocole d’accord n’engage pas l’artiste. Je signe le contrat avec le premier qui me verse de l’argent", confie Njohreur. Grâce Decca a d’ailleurs porté plainte en décembre 2006 à un de ces organisateurs qui avait osé mettre son image dans un spectacle d’ouverture d’une boîte de nuit sans son accord et des démentis avaient été diffusés à Spectrum Télévision. " Il faut reconnaître que beaucoup d’artistes manquent de moyens et de temps pour engager des poursuites contre ces destructeurs d’images. Moi je confie systématiquement mes contrats à mon avocat en cas de pépin j’engage des poursuites ", précise Nicole Mara.

Image
Ces multiples échecs des concerts prévus et des rendez-vous manqué avec le public rongent petit à petit l’image de l’artiste. Lady Ponce se plaint du fait que " le public ne va retenir que le plaquage dont il a été victime et cela va causer un tort à l’évolution de la carrière ". Pour Mathématik qui venait d’annuler des concerts argumente sur le fait que " la promo était mal faite. Le plus important pour moi en spectacle c’est de communier avec le public. Quel intérêt j’ai de jouer pour 20 personnes dans une salle qui peut en contenir 200 ? J’ai envie de satisfaire le public qui a attendue mais j’ai aussi mon image à préserver et on peut la bousiller avec ce genre d’opérations foireuse."

C’est vrai que beaucoup de promoteurs pêchent par leur inexpérience des rouages du milieu, mais il faut aussi cependant relever que les artistes sont très capricieux. " Nous n’avons pas la capacité d’accueillir des artistes d’un certain rang au Cameroun du point de vue logistique, hôtels, salle de spectacles, scène et sonorisation. On peut encore forcer avec le Hilton pour dire que c’est un cinq étoiles, mais si l’artiste exige un cinq étoiles de luxe, je ne sais pas où on va le trouver au Cameroun ", rappelle Gérard Bétoka avant d’insister sur le fait " qu’ il faut bien éplucher le raider, le nombre de serviettes, les bouteilles d’eau, la marque car un concert peut être annulé parce que le cachet n’a pas été payé à temps, mais aussi parce que dans les loges la barre de chocolat blanc de kinder demandée a été remplacée par un Mambo". Des détails que les non professionnels ont tendance à oublier et l’addition est souvent très salée.

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En plus des caprices d’artistes, les spectacles annulés au Cameroun sont le fait de l’amateurisme.


Le 09 février dernier, l’artistes JP Mpiana était annoncé pour une série de " spectacles géants " dans les villes de Yaoundé et de Douala. Seuls quelques fans avisés ont pu voir leur idole jouer au cinéma le Wouri, dans la métropole économique. Et puis, plus rien. Aucune annonce n’a été faite sur le spectacle avorté de Yaoundé alors qu’à Douala déjà, ledit spectacle n’a pas drainé des foules. " C’est tout simplement l’amateurisme qui a peut conduire à ce type de situation. ", lance sentencieux, un habitué des scènes camerounaises. En décembre dernier, c’est le spectacle de la rappeuse française Diam’s qui a été annulé par les organisateurs à la dernière minute. Ces ratés ne sont pas les premiers et ne seront certainement pas les derniers de la série. On se souvient encore de la déception des fans de Earl Klugh dont le spectacle annoncé pour le cinq décembre 2007 dans le cadre du festival Jazz sans frontières, a été annulé à quelques jours du spectacle et alors que les spectateurs avaient déjà, longtemps à l’avance, réservé leurs billets.

Mais avant cela, le public camerounais avait été déçu en 2005 de ne pas avoir vu Matt Damon en concert, ainsi que le duo en Maréchal Papillon et Meiway en 2006 et même que le premier concert de Diam’s en 2007 avait déjà avorté. Pour essayer de comprendre ces échecs réguliers des concerts au Cameroun, il faut pénétrer dans la cuisine de l’organisation de ces évènements
" Le spectacle ne se boucle pas le jour où la communication commence ", explique Chinois Yangeu, directeur de Cy Entertainment, une structure qui s’est spécialisée dans l’organisation d’évènements liés à la musique. D’après Chinois Yangeu, " il y a des règles à respecter pour réussir un spectacle. Il faut d’abord connaître la disponibilité de l’artiste par rapport à la date du concert, il y’a les modalités techniques du raider de l’artiste, de ses musiciens et manager, puis intervient le cachet qu’il faut régler à hauteur de 50%. On termine la préparation par la réservation du lieu et on ne peut déclencher la communication sur l’évènement que quand on a bouclé son budget à 50% ". Le règlement de ces éléments qui interviennent des mois avant la date du spectacle participe du succès ou du flop du show annoncé. "L’organisation d’évènements culturels est une science qui doit être pratiquée par les professionnels. Rédiger un projet demande une expérience et la connaissance du terrain et des normes en matière de spectacles. Au Cameroun, beaucoup d’amateurs se lancent dans la promotion de concerts parce qu’ils ont des affinités avec des directeurs marketing dans les entreprises qui vont débloquer des millions. Mais si on n’a pas l’expertise et une équipe compétente, on fonce droit dans le mur", précise Gérard Betoka de Border Blaster.

Amateurisme
Un avis partagé par l’artiste Nicole Mara. " Le monde du show business est rempli d’amateurs. Si l’artiste n’honore pas à un rendez pris avec un public précis, il faut s’interroger. Il faut être sûr que l’organisateur a traité avec le bon manager, pas le frère, ni l’ami, encore moins le garde du corps. Beaucoup de personne pensent qu’être en relation avec un proche de l’artiste suffit à l’avoir mais il y’a une démarche professionnelle qui doit être respectée". C’est ainsi que l’on arrive à des situations où le concert est annulé alors que parfois "l’intéressé n’est pas informé qu’il ou elle doit prester ce jour là", confie Lady Ponce avant de poursuivre " Un samedi soir vers minuit je reçois un coup de fil d’un responsable de boîte de nuit à Douala qui m’agresse parce que je suis attendue depuis 20h et je ne suis pas là alors que j’ai déjà perçu 150.000Fcfa. J’ai failli m’évanouir. Je n’étais au courant de rien."

C’est ainsi que prolifère des prestidigitateurs de spectacles dans les villes de Douala et Yaoundé et parfois en province. Il y’a des fois dans la même ville l’artistes est annoncé à quatre endroits différents pour prester. " Je reconnais que je donne mon accord de principe à tous ceux qui veulent m’avoir sur un plateau. Le protocole d’accord n’engage pas l’artiste. Je signe le contrat avec le premier qui me verse de l’argent", confie Njohreur. Grâce Decca a d’ailleurs porté plainte en décembre 2006 à un de ces organisateurs qui avait osé mettre son image dans un spectacle d’ouverture d’une boîte de nuit sans son accord et des démentis avaient été diffusés à Spectrum Télévision. " Il faut reconnaître que beaucoup d’artistes manquent de moyens et de temps pour engager des poursuites contre ces destructeurs d’images. Moi je confie systématiquement mes contrats à mon avocat en cas de pépin j’engage des poursuites ", précise Nicole Mara.

Image
Ces multiples échecs des concerts prévus et des rendez-vous manqué avec le public rongent petit à petit l’image de l’artiste. Lady Ponce se plaint du fait que " le public ne va retenir que le plaquage dont il a été victime et cela va causer un tort à l’évolution de la carrière ". Pour Mathématik qui venait d’annuler des concerts argumente sur le fait que " la promo était mal faite. Le plus important pour moi en spectacle c’est de communier avec le public. Quel intérêt j’ai de jouer pour 20 personnes dans une salle qui peut en contenir 200 ? J’ai envie de satisfaire le public qui a attendue mais j’ai aussi mon image à préserver et on peut la bousiller avec ce genre d’opérations foireuse."

C’est vrai que beaucoup de promoteurs pêchent par leur inexpérience des rouages du milieu, mais il faut aussi cependant relever que les artistes sont très capricieux. " Nous n’avons pas la capacité d’accueillir des artistes d’un certain rang au Cameroun du point de vue logistique, hôtels, salle de spectacles, scène et sonorisation. On peut encore forcer avec le Hilton pour dire que c’est un cinq étoiles, mais si l’artiste exige un cinq étoiles de luxe, je ne sais pas où on va le trouver au Cameroun ", rappelle Gérard Bétoka avant d’insister sur le fait " qu’ il faut bien éplucher le raider, le nombre de serviettes, les bouteilles d’eau, la marque car un concert peut être annulé parce que le cachet n’a pas été payé à temps, mais aussi parce que dans les loges la barre de chocolat blanc de kinder demandée a été remplacée par un Mambo". Des détails que les non professionnels ont tendance à oublier et l’addition est souvent très salée.

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Blanche Bilongo : La nouvelle égérie du cinéma camerounais

Elle est l’héroïne des Blessures inguérissables, en avant première demain à Yaoundé.
Justin Blaise Akono – Blanche Bilongo! Ce nom ne dit sûrement rien à la plupart des Camerounais, s’il n’est pas accompagné de l’image à laquelle l’on peut aisément coller d’autres noms tels que Sabine, du feuilleton N’taphil de Gervais Mendo Ze diffusé sur la Cameroon radio and television (Crtv) ou Yvette Zarla, dans le Revenant du même auteur. Blanche Bilongo, Pam pour les cinéphiles qui vont la redécouvrir demain en avant première, joue le rôle d’une femme (moderne) en détresse, troublée et qui veut se suicider, après la mort de son mari. Depuis plus de cinq ans, les réalisateurs de cinéma (feuilletons, courts métrages, longs métrages) se l’arrachent. Au commencement était le Revenant en 2003/2004 sur la Crtv. Elle joue l’épouse toujours absente. Elle fait une apparition intéressante dans Tiga, un long métrage C’est presque la consécration en 2004/2005 avec N’taphil. "Le public va commencer à m’apprécier", confie celle qui joue Sabine, cette épouse villageoise et naïve. Dans un exercice de mémoire, elle se souvient d’une vingtaine de courts métrages depuis 1990, parmi lesquels Mon Ayon de Blaise Nomo Zanga, Enfant Peau rouge de Gérard Essomba, Le militant, pour les plus connus.

La belle aux multiples films et pièces théâtrales ne roule pas carrosse en dépit de sa célébrité. "Nous ne sommes ni en Europe ni en Afrique de l’Ouest. Quand le ministère de la Culture donne sept millions Fcfa pour produire un film, que restera-t-il pour les acteurs? Je ne suis pas loin de ceux qui tournent gratuitement", se plaint-elle. Raison pour laquelle, celle qui prétend avoir une casquette naturelle de leader compte créer dans les prochains jours un syndicat pour aider les acteurs à mieux négocier leurs contrats. Blanche Bilongo est déjà premier vice-président de la Scaap (société civile des arts audiovisuels et photographiques). Celle qui aurait pu faire partie des effectifs de la Crtv suit actuellement une formation en montage et effets spéciaux au centre de formation professionnelle de l’audiovisuel de la Crtv à Ekounou. Elle aurait bien voulu se spécialiser en maquillage de cinéma, elle qui en a une formation de base.

L’héroïne de Blessures inguérissables, née le 26 janvier 1974 à Emana dans l’arrondissement de Monatélé, département de la Lekié, mais originaire de Ngoumou dans le département de la Méfou et Akono fait ses premières apparitions Télé en 1990 à travers le programme "Silence, on joue". Elle commence par le théâtre au lycée, en classe de 5è. Elle intègre la troupe Les Pagayeurs d’André Bang grâce à Joël Ebouémé. "André Bang avait même été réticent. Mais, il a été impressionné par ma capacité à mémoriser mon texte", se souvient "Bil", qui décroche le prix du jury des rencontres théâtrales internationales de Yaoundé, devenu aujourd’hui les Rétic. "J’avais à ce moment là des problèmes avec mes parents, relatifs au Bepc que j’avais déjà raté. Non seulement j’ai eu l’examen mais aussi j’ai ce prix qui m’a ouvert toutes les voies", se souvient Blanche Bilongo, qui n’a jamais pour autant abandonné les planches. Elle est annoncée aux Rétic avec sa troupe Nkul-Ekän vers la fin de ce mois.

Cette grande silhouette à la démarche gracieuse, à la peau noire ébène et à la mine d’adolescente, qui contraste pourtant avec un ton calme et précis toujours entrecoupé de sourire ne manque pas de modestie lorsqu’on lui lance qu’elle n’est pas seulement regardée avec admiration pour sa profession, qu’elle suscite des fantasmes parmi ses admirateurs. "Cela me gène beaucoup, surtout quand je vais à la messe, les gens se retournent pour me regarder". Mais, "j’ai pris l’habitude. Mais, que ceux qui ont des yeux sachent que j’ai un homme dans ma vie. C’est un concours d’y entrer. Il ne suffit pas d’avoir la moyenne. Il faut avoir une bonne note", avertit la muse du cinéma camerounais.

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