Medumba 2006 : La noblesse s’invite au festival
Le Nda’zi, la danse des nobles, a été éxécutée en présence du roi des Bangangté.
Frégist B. Tchouta (stagiaire), à Bangangté – Mercredi dernier, toute la ville de Bangangté était en émoi. Et poure cause, le chef supérieur Bangangté, Sa Majesté Njimoluh Pokam Seidou, faisait sa sortie sur le site du Medumba, festival culturel dont la ville de Bangangté abrite la 9 édition depuis le 8 juillet dernier. L’occasion était ainsi offerte aux populations d’assister non seulement à la grande parade qui accompagne les sorties publiques du chef, mais aussi de découvrir une danse : le Nda’zi, la danse des nobles.
Originaire du pays Bamoum, cette danse aurait été délocalisée dans la région du Ndé depuis des générations. "Elle aurait été apporté ici à Bangangté au cours des années 1960. Les années au cours desquelles les relations entre le chef Bangangté et le Sultan Njoya étaient au plus haut", raconte Papa Makossa, chanteur réputé dans le département du Ndé. Et de poursuivre : Avec l’accord du Sultan, le chef l’a prise comme danse royale, comme "sa propre danse".
Contrairement aux autres danses, le Nda’zi se distingue d’abord par la qualité des vêtements de ses danseurs, d’une part, et du pas éxécuté par ceux-ci. "Nos danseuses sont très bien habillées. En plus, on ne se casse pas. On peut danser toute la nuit sans transpirer. Le chef lui-même, s’il a envie de danser, ne va pas beaucoup transpirer", fait remarquer le président d’un de ces groupes de danse. Qui mime quelques pas de Nda’zi : Du pied gauche, et ans trop bouger le reste du corps, on danse en feignant de donner en permanence un léger coup de pieds sur le sol. "Le plus souvent, le déplacement se fait en harmonie avec les autres danseuses, en allant vers la gauche", affirme une danseuse.
Lors du Nda’zi, les femmes battent les tambours et chantent en langue Medùmba. Les paroles sont généralement des louanges adressées au chef, pour magnifier sa grandeur et sa puissance. Et mercredi dernier, Sa majesté Njimoluh Pokam Seidou a été sensible à ces mots. Il a prit place devant les danseuses pendant quelques minutes, pour savourer cette danse à travers le respect qu’elle impose. A l’opposé du Dan Ngon, une danse plutôt populaire, dans ce sens qu’elle est ouverte à tous. "Même ceux qui ne sont pas du village", précise un initié. Comme la majeure partie des danses du département du Ndé, le Dan Ngon nécessite beaucoup d’efforts. Il faut une grande agilité surtout au niveau des pieds. "On donne l’impression de sautiller, pourtant on est en train de danser", commente une danseuse.
L’orchestre est composé de quatre personnes ou plus. Un batteur principal qui a devant lui deux tambours, dont l’un est un peu plus long. Derrière lui, se trouve un autre membre de l’orchestre qui est muni un grelot, une sorte d’instrument de musique pouvant être utilisé, soit avec les mains, soit en l’attachant autour des pieds. Sous les intonations d’une chanteuse, les danseurs habillés d’un tee shirt jaune et d’une jupe faite de ficelles se démarquent à tour de rôle pour rivaliser d’adresse. "Cette danse serait originaire du Haut Nkam. A l’époque, on l’appelait Issa. Quand elle est arrivée dans le Ndé, nous avons changé le nom pour l’appeller Dan Ngon".
Quotidienmutations

