Tradition : Soirs au village à Yaoundé
Samedi dernier, deux journées culturelles ont été organisées par les communautés Mankon et Bamougoum.
Brice R. Mbodiam et Eric O. Lembembe (Stagiaire) – Habillées en tenue traditionnelle, pieds nus, douze jeunes femmes entrent en scène, esquissant des pas de danses cadencés. Elles chantent, dansent. L’aînée se détache du groupe circulaire et se prosterne trois fois devant le Fon (roi), en guise de respect et d’humilité. Elle se relève, et se retourne vers la foule. La danse reprend de plus belle. Ces femmes font partie du "Mankon women dance". La troupe artistique du Mankon Cultural and Development Association (Macuda), qui a tenu samedi dernier, 15 Juillet 2006, une série de manifestions culturelles au Cercle municipal de Yaoundé.
Les pas de danse de ces femmes ne laissent pas indifférents le Fon de Mankon, Angwafo III, et son entourage. Tous se lèvent et suivent la cadence. Le Fon et ses sujets participent ainsi à la danse de bienvenue, qui accueille les hautes personnalités présentes à cette journée culturelle des ressortissants de Mankon à Yaoundé. Et dont les objectifs sont les suivants : " collecter des fonds pour lutter contre le vih/sida et la construction des nouvelles structures médicales dans la région de Makon, située dans la province du Nord-Ouest", affirme Isabella Ngom Ngang, l’une des organisatrices de la manifestation.
A l’entrée d’un stand sont exposés des oeuvres d’art. Des pièces de musée aussi. Tel l’"Aze’to", le lit du roi, sculpté et décoré avec des motifs présentant des êtres humains et des animaux. "Ce lit a été crée par Mbondzum vers 1890 dans la région d’Ala’a Matsom. Il est symbolique, puisqu’il a permis de faire naître les enfants du Fon", explique Julius Tsi Longtscha Awasom, conservateur du Musée de Mankon. L’on a également pu apprécier les mets traditionnel des populations de Mankon : "Achu, Kaka with vegetable, Bitter leave and banana, Ibo cocoyams and vegetable etc.", peut-on lire sur de petits cartons. C’est l’un de ses mets, un gateau traditionnel notamment, qui a servi de prétexte à la collecte de fonds. Les invités se sont arrachés de petits morceaux, contre espèces sonnantes.
"Journée des trésors"
Le tout sur fond de sonorités distillées par le " Mbanglum dance", dont les membres exécutent une danse reservée aux nobles, apprend-on. Un peu comme l’est le "Messoh", une danse exclusivement exécutée par les reines chez les Bamougoum, dans la province de l’Ouest. Cette communauté a également reçu son roi, Sa Majesté Fotso Kankeu Jacques, samedi dernier sur l’esplanade du musée national à Yaoundé. C’était dans le cadre de la 9ème édition de la "Journée des trésors Bamougoum". Une manifestation qui a donné à voir, explique Joseph Kankeu, un jeune notable, "tout ce que le peuple Bamougoum a comme richesse culturelle".
Il en est ainsi de ces tissus traditionnels appelés "Ndzedop", qui sont l’indicateur de la présence des autorités traditionnelles à une cérémonie. Des bancs de 3 ou 4 pieds sur lesquels s’asseyent les notables en fonction de leur rang au sein de la hiérarchie traditionnelle. De ces bijoux en bois appelés "bracelets rouges", lesquels sont exclusivement reservés aux notables hors hiérarchie et aux reines.
Un privilège auquel ne peuvent pas encore prétendre nombre de danseurs du "Nkeuna [danse prestigieuse]", dont la tenue tranchait d’avec celle des 30 autres groupes de danse rassemblés samedi dernier au musée national. Coiffés d’une chéchia rouge, ceux-ci dansent avec des gandouras blanches. "Si la moindre tache de saleté est visible sur votre tenue, vous offrez deux casiers de bière aux autres danseurs, en guisede punition", révèle RogerTeumbo, un danseur, en ajustant sa chéchia.
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