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Les « Forces noires photographiées »


Interview de Naomi, chef de projet du Concept Black Definition et de BJL, photographe, artiste musicien et directeur artistique de BCDLABEL.com. C’est tout simplement du jamais vu et une première au monde !

120 portraits de noirs et de métis seront exposés au musée de Montparnasse à partir du 28 mars jusqu’au 27 avril 2008. « Le noir dans sa diversité et toute sa splendeur » est ce que nous proposent Naomi et BJL, pour ce printemps 2008. Cette exposition promet réellement d’être exceptionnelle ! Essayons d’en savoir un peu plus…

Naomi, bonsoir,

-  Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous présenter, par la même occasion, ton collaborateur et photographe BJL, ainsi que la signification de Black Concept definition ? Je m’appelle Naomi, je suis chef de projet du Concept Black Definition. C’est un projet sur l’image des Noirs et des Métis de Paris et sa banlieue, qui permet de valoriser notre image, celle du noir et du métis. BJL est photographe mais aussi artiste musicien et directeur artistique de BCDLABEL.com. Black Concept Definition est sa première exposition. Il a réalisé ses photos sur un an et plus, à compter du mois de mars 2005 jusqu’à avril 2006. Donc, tous les jours il shootait dans la rue, il rencontrait des modèles, il prenait des RDV etc. De plus, ce qui a été appréciable est, que peu de gens ont décommandé. Au contraire, ils ont tous été très motivés par ce projet. Il y a vraiment eu de très bonnes vibrations. Ça c’est donc très bien passé pour BJL. Bien entendu, il y a mis beaucoup d’énergie mais nous lui en avons donné beaucoup aussi.

-  Parles-nous un peu de ce projet Black Concept Definition C’est un concept dans lequel nous avons mis des critères de sélection. D’après des recherches menées, notamment une étude chez Sofres, pour être considéré comme résident d’un lieu, il fallait y avoir vécu un minimum d’années, afin de pouvoir être dit « parisien », « new yorkais » etc… Donc, nous recherchions des modèles ayant vécu sur Paris et sa banlieue un minimum de 10 ans pour les femmes, et 7 ans pour les hommes.

-  Est-ce véritablement une première en France ou y a t il déjà eu d’autres projets similaires ? Je vais peut-être te surprendre ou te paraître un peu prétentieuse, mais Black Concept Definition est une première au monde ! Ce qui pourrait éventuellement se rapprocher de ce concept pourrait être le travail des make up artistes ou de coiffeurs et encore… On a fait un gros travail pour valoriser l’image du Noir et du Métis. Ce travail est là pour montrer qu’ils existent, qu’ils ont des talents et que pour cela, il faut le montrer. Ce sont des talents physiques évidents mais qui, malheureusement, ne le sont pas pour tout le monde.


-  Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur le déroulement de l’exposition ? Comment va t-elle s’organiser ?

Il y aura 120 photos qui seront encadrées. Le lieu sera complètement repensé pour l’événement. Le Musée de Montparnasse, un partenaire formidable, a d’ailleurs bien compris l’esprit du projet. C’est pourquoi, j’en profite pour remercier le président du musée. Il a vraiment tout de suite adhéré à cette idée et compris que c’était important, que c’était le moment et que ça susciterait un grand intérêt pour chacun.

Arrivée, un peu inattendue de BJL, qui reprend l’interview…

-  L’exposition photo aura lieu à partir du 28 mars au musée de Montparnasse, espères-tu y attirer beaucoup de monde ? Si oui, quelle population en particulier ? Que ce soit les députés en passant par l’homme de la rue. On a envoyé des cartons d’invitation à toutes les personnes qui seraient susceptibles d’être intéressées par la diversité. Et étant un habitué des castings, je pense sincèrement qu’il y aura du monde. Nous attendons entre 700 et 1000 personnes. Je crois d’ailleurs que le musée de Montparnasse n’aura jamais vu autant de monde !

-  Pourrais-tu revenir sur l’essence du projet Black Concept Definition Le projet Black Concept Definition est parti d’un besoin, d’un manque de représentativité des Noirs et des Métis. Ils sont souvent mal maquillés, les codes vestimentaires peu respectés, en fait tout ce qu’on nous montre à la télévision. Le projet Black Concept Definition est là pour rétablir la vérité historique au sens esthétique du terme. Valoriser, montrer que le Noir qu’on nous montre à la télé, tels que Mouss Diouf ou Vincent Mac Doom, ne sont pas représentatifs de notre population. Ils font partie de notre population mais ce n’est pas ce que nous attendons en terme d’image.

Nous aspirons à autre chose… Par exemple, les jeunes hommes du groupe Tribal Jam étaient de très beaux garçons et bons chanteurs mais ont été tout simplement délaissés au détriment de je ne sais quoi ! Tout ceci nous poussé à prendre conscience de la réalité de la France. Voir le Noir « rigolo » a toujours été la facilité, car on a toujours eu peur de voir un Noir qui soit bien habillé et qui s’exprime correctement. On veut aussi dire que Paris est la capitale de la mode et que cette mode est influencée en majorité par cette minorité que sont les noirs et les métis.


-  Par le biais de ce concept, penses-tu réussir à faire réagir un grand nombre de personnes ? Oui tout a fait. Car depuis que nous avons commencé à faire le casting sur un an et plus, c’est la première fois de ma vie, en ayant déjà fait 5, 10 castings, en France, que je vois autant de personnes réceptives. J’ai rencontré 2700 personnes, en ayant ainsi été relayé par le site de Tf1.fr, par Etoile casting, de Gérard Louvin qui a voulu donné un coup de main, et par plus de 50 sites internet.

Ce projet, personne d’autre au monde n’aurait pu le faire parce que tout simplement le projet Black Concept Definition est la force de nos ancêtres. Et c’est cette force-là, qui nous a permis d’aller jusqu’au bout. Nous sommes véritablement fiers de ce projet. Nous avons dépensé beaucoup d’argent et d’énergie mais on est fiers de pouvoir démontrer que les Noirs en France ne comptent pas pour du beurre au niveau de l’image. Nous avons essayé de mettre en avant tous les Noirs de toutes les origines : Sénégal, Cameroun, Guadeloupe etc….Et nous savons que personne n’a jamais osé faire un projet de cette envergure, ni à NYC ; ni à Londres à savoir qui valorise la personne de la rue, la personne noire.

-  BJL espères-tu pouvoir exporter et promouvoir ce projet à l’étranger ? Disons que par l’intermédiaire de jean DIGNE président du Musée du Montparnasse, il nous a été proposé d’exposer en Italie mais uniquement avec des modèles féminins. Nous y réfléchissons encore… Et d’ailleurs, un détail important, et étant donné que Black Concept définition est là aussi pour mettre la femme noire en avant , il y a plus de femmes dans le livre et dans l’exposition que d’hommes. Dans le livre, qui comportera 100 photos et qui sortira un peu plus tard, il y aura 65 femmes et 35 hommes. Dans l’exposition, il y aura au total 120 photos dont la majorité seront des femmes. Car nous estimons chez BCD Label et chez Ketime que l’avenir, la renaissance africaine doit être mis entre les mains des femmes noires.

-  Merci à Naomi et à toi BJL pour cet interview ! Merci pour cet interview Linda, Ananzie est le premier média à s’être intéressé à nous en nous donnant une interview, en espérant que cela puisse nous porter bonheur.


http://www.bcdlabel.com/

Source : www.ananzie.net

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Interview de Naomi, chef de projet du Concept Black Definition et de BJL, photographe, artiste musicien et directeur artistique de BCDLABEL.com. C’est tout simplement du jamais vu et une première au monde !

120 portraits de noirs et de métis seront exposés au musée de Montparnasse à partir du 28 mars jusqu’au 27 avril 2008. « Le noir dans sa diversité et toute sa splendeur » est ce que nous proposent Naomi et BJL, pour ce printemps 2008. Cette exposition promet réellement d’être exceptionnelle ! Essayons d’en savoir un peu plus…

Naomi, bonsoir,

-  Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous présenter, par la même occasion, ton collaborateur et photographe BJL, ainsi que la signification de Black Concept definition ? Je m’appelle Naomi, je suis chef de projet du Concept Black Definition. C’est un projet sur l’image des Noirs et des Métis de Paris et sa banlieue, qui permet de valoriser notre image, celle du noir et du métis. BJL est photographe mais aussi artiste musicien et directeur artistique de BCDLABEL.com. Black Concept Definition est sa première exposition. Il a réalisé ses photos sur un an et plus, à compter du mois de mars 2005 jusqu’à avril 2006. Donc, tous les jours il shootait dans la rue, il rencontrait des modèles, il prenait des RDV etc. De plus, ce qui a été appréciable est, que peu de gens ont décommandé. Au contraire, ils ont tous été très motivés par ce projet. Il y a vraiment eu de très bonnes vibrations. Ça c’est donc très bien passé pour BJL. Bien entendu, il y a mis beaucoup d’énergie mais nous lui en avons donné beaucoup aussi.

-  Parles-nous un peu de ce projet Black Concept Definition C’est un concept dans lequel nous avons mis des critères de sélection. D’après des recherches menées, notamment une étude chez Sofres, pour être considéré comme résident d’un lieu, il fallait y avoir vécu un minimum d’années, afin de pouvoir être dit « parisien », « new yorkais » etc… Donc, nous recherchions des modèles ayant vécu sur Paris et sa banlieue un minimum de 10 ans pour les femmes, et 7 ans pour les hommes.

-  Est-ce véritablement une première en France ou y a t il déjà eu d’autres projets similaires ? Je vais peut-être te surprendre ou te paraître un peu prétentieuse, mais Black Concept Definition est une première au monde ! Ce qui pourrait éventuellement se rapprocher de ce concept pourrait être le travail des make up artistes ou de coiffeurs et encore… On a fait un gros travail pour valoriser l’image du Noir et du Métis. Ce travail est là pour montrer qu’ils existent, qu’ils ont des talents et que pour cela, il faut le montrer. Ce sont des talents physiques évidents mais qui, malheureusement, ne le sont pas pour tout le monde.


-  Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur le déroulement de l’exposition ? Comment va t-elle s’organiser ?

Il y aura 120 photos qui seront encadrées. Le lieu sera complètement repensé pour l’événement. Le Musée de Montparnasse, un partenaire formidable, a d’ailleurs bien compris l’esprit du projet. C’est pourquoi, j’en profite pour remercier le président du musée. Il a vraiment tout de suite adhéré à cette idée et compris que c’était important, que c’était le moment et que ça susciterait un grand intérêt pour chacun.

Arrivée, un peu inattendue de BJL, qui reprend l’interview…

-  L’exposition photo aura lieu à partir du 28 mars au musée de Montparnasse, espères-tu y attirer beaucoup de monde ? Si oui, quelle population en particulier ? Que ce soit les députés en passant par l’homme de la rue. On a envoyé des cartons d’invitation à toutes les personnes qui seraient susceptibles d’être intéressées par la diversité. Et étant un habitué des castings, je pense sincèrement qu’il y aura du monde. Nous attendons entre 700 et 1000 personnes. Je crois d’ailleurs que le musée de Montparnasse n’aura jamais vu autant de monde !

-  Pourrais-tu revenir sur l’essence du projet Black Concept Definition Le projet Black Concept Definition est parti d’un besoin, d’un manque de représentativité des Noirs et des Métis. Ils sont souvent mal maquillés, les codes vestimentaires peu respectés, en fait tout ce qu’on nous montre à la télévision. Le projet Black Concept Definition est là pour rétablir la vérité historique au sens esthétique du terme. Valoriser, montrer que le Noir qu’on nous montre à la télé, tels que Mouss Diouf ou Vincent Mac Doom, ne sont pas représentatifs de notre population. Ils font partie de notre population mais ce n’est pas ce que nous attendons en terme d’image.

Nous aspirons à autre chose… Par exemple, les jeunes hommes du groupe Tribal Jam étaient de très beaux garçons et bons chanteurs mais ont été tout simplement délaissés au détriment de je ne sais quoi ! Tout ceci nous poussé à prendre conscience de la réalité de la France. Voir le Noir « rigolo » a toujours été la facilité, car on a toujours eu peur de voir un Noir qui soit bien habillé et qui s’exprime correctement. On veut aussi dire que Paris est la capitale de la mode et que cette mode est influencée en majorité par cette minorité que sont les noirs et les métis.


-  Par le biais de ce concept, penses-tu réussir à faire réagir un grand nombre de personnes ? Oui tout a fait. Car depuis que nous avons commencé à faire le casting sur un an et plus, c’est la première fois de ma vie, en ayant déjà fait 5, 10 castings, en France, que je vois autant de personnes réceptives. J’ai rencontré 2700 personnes, en ayant ainsi été relayé par le site de Tf1.fr, par Etoile casting, de Gérard Louvin qui a voulu donné un coup de main, et par plus de 50 sites internet.

Ce projet, personne d’autre au monde n’aurait pu le faire parce que tout simplement le projet Black Concept Definition est la force de nos ancêtres. Et c’est cette force-là, qui nous a permis d’aller jusqu’au bout. Nous sommes véritablement fiers de ce projet. Nous avons dépensé beaucoup d’argent et d’énergie mais on est fiers de pouvoir démontrer que les Noirs en France ne comptent pas pour du beurre au niveau de l’image. Nous avons essayé de mettre en avant tous les Noirs de toutes les origines : Sénégal, Cameroun, Guadeloupe etc….Et nous savons que personne n’a jamais osé faire un projet de cette envergure, ni à NYC ; ni à Londres à savoir qui valorise la personne de la rue, la personne noire.

-  BJL espères-tu pouvoir exporter et promouvoir ce projet à l’étranger ? Disons que par l’intermédiaire de jean DIGNE président du Musée du Montparnasse, il nous a été proposé d’exposer en Italie mais uniquement avec des modèles féminins. Nous y réfléchissons encore… Et d’ailleurs, un détail important, et étant donné que Black Concept définition est là aussi pour mettre la femme noire en avant , il y a plus de femmes dans le livre et dans l’exposition que d’hommes. Dans le livre, qui comportera 100 photos et qui sortira un peu plus tard, il y aura 65 femmes et 35 hommes. Dans l’exposition, il y aura au total 120 photos dont la majorité seront des femmes. Car nous estimons chez BCD Label et chez Ketime que l’avenir, la renaissance africaine doit être mis entre les mains des femmes noires.

-  Merci à Naomi et à toi BJL pour cet interview ! Merci pour cet interview Linda, Ananzie est le premier média à s’être intéressé à nous en nous donnant une interview, en espérant que cela puisse nous porter bonheur.


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Interview de Naomi, chef de projet du Concept Black Definition et de BJL, photographe, artiste musicien et directeur artistique de BCDLABEL.com. C’est tout simplement du jamais vu et une première au monde !

120 portraits de noirs et de métis seront exposés au musée de Montparnasse à partir du 28 mars jusqu’au 27 avril 2008. « Le noir dans sa diversité et toute sa splendeur » est ce que nous proposent Naomi et BJL, pour ce printemps 2008. Cette exposition promet réellement d’être exceptionnelle ! Essayons d’en savoir un peu plus…

Naomi, bonsoir,

-  Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous présenter, par la même occasion, ton collaborateur et photographe BJL, ainsi que la signification de Black Concept definition ? Je m’appelle Naomi, je suis chef de projet du Concept Black Definition. C’est un projet sur l’image des Noirs et des Métis de Paris et sa banlieue, qui permet de valoriser notre image, celle du noir et du métis. BJL est photographe mais aussi artiste musicien et directeur artistique de BCDLABEL.com. Black Concept Definition est sa première exposition. Il a réalisé ses photos sur un an et plus, à compter du mois de mars 2005 jusqu’à avril 2006. Donc, tous les jours il shootait dans la rue, il rencontrait des modèles, il prenait des RDV etc. De plus, ce qui a été appréciable est, que peu de gens ont décommandé. Au contraire, ils ont tous été très motivés par ce projet. Il y a vraiment eu de très bonnes vibrations. Ça c’est donc très bien passé pour BJL. Bien entendu, il y a mis beaucoup d’énergie mais nous lui en avons donné beaucoup aussi.

-  Parles-nous un peu de ce projet Black Concept Definition C’est un concept dans lequel nous avons mis des critères de sélection. D’après des recherches menées, notamment une étude chez Sofres, pour être considéré comme résident d’un lieu, il fallait y avoir vécu un minimum d’années, afin de pouvoir être dit « parisien », « new yorkais » etc… Donc, nous recherchions des modèles ayant vécu sur Paris et sa banlieue un minimum de 10 ans pour les femmes, et 7 ans pour les hommes.

-  Est-ce véritablement une première en France ou y a t il déjà eu d’autres projets similaires ? Je vais peut-être te surprendre ou te paraître un peu prétentieuse, mais Black Concept Definition est une première au monde ! Ce qui pourrait éventuellement se rapprocher de ce concept pourrait être le travail des make up artistes ou de coiffeurs et encore… On a fait un gros travail pour valoriser l’image du Noir et du Métis. Ce travail est là pour montrer qu’ils existent, qu’ils ont des talents et que pour cela, il faut le montrer. Ce sont des talents physiques évidents mais qui, malheureusement, ne le sont pas pour tout le monde.


-  Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur le déroulement de l’exposition ? Comment va t-elle s’organiser ?

Il y aura 120 photos qui seront encadrées. Le lieu sera complètement repensé pour l’événement. Le Musée de Montparnasse, un partenaire formidable, a d’ailleurs bien compris l’esprit du projet. C’est pourquoi, j’en profite pour remercier le président du musée. Il a vraiment tout de suite adhéré à cette idée et compris que c’était important, que c’était le moment et que ça susciterait un grand intérêt pour chacun.

Arrivée, un peu inattendue de BJL, qui reprend l’interview…

-  L’exposition photo aura lieu à partir du 28 mars au musée de Montparnasse, espères-tu y attirer beaucoup de monde ? Si oui, quelle population en particulier ? Que ce soit les députés en passant par l’homme de la rue. On a envoyé des cartons d’invitation à toutes les personnes qui seraient susceptibles d’être intéressées par la diversité. Et étant un habitué des castings, je pense sincèrement qu’il y aura du monde. Nous attendons entre 700 et 1000 personnes. Je crois d’ailleurs que le musée de Montparnasse n’aura jamais vu autant de monde !

-  Pourrais-tu revenir sur l’essence du projet Black Concept Definition Le projet Black Concept Definition est parti d’un besoin, d’un manque de représentativité des Noirs et des Métis. Ils sont souvent mal maquillés, les codes vestimentaires peu respectés, en fait tout ce qu’on nous montre à la télévision. Le projet Black Concept Definition est là pour rétablir la vérité historique au sens esthétique du terme. Valoriser, montrer que le Noir qu’on nous montre à la télé, tels que Mouss Diouf ou Vincent Mac Doom, ne sont pas représentatifs de notre population. Ils font partie de notre population mais ce n’est pas ce que nous attendons en terme d’image.

Nous aspirons à autre chose… Par exemple, les jeunes hommes du groupe Tribal Jam étaient de très beaux garçons et bons chanteurs mais ont été tout simplement délaissés au détriment de je ne sais quoi ! Tout ceci nous poussé à prendre conscience de la réalité de la France. Voir le Noir « rigolo » a toujours été la facilité, car on a toujours eu peur de voir un Noir qui soit bien habillé et qui s’exprime correctement. On veut aussi dire que Paris est la capitale de la mode et que cette mode est influencée en majorité par cette minorité que sont les noirs et les métis.


-  Par le biais de ce concept, penses-tu réussir à faire réagir un grand nombre de personnes ? Oui tout a fait. Car depuis que nous avons commencé à faire le casting sur un an et plus, c’est la première fois de ma vie, en ayant déjà fait 5, 10 castings, en France, que je vois autant de personnes réceptives. J’ai rencontré 2700 personnes, en ayant ainsi été relayé par le site de Tf1.fr, par Etoile casting, de Gérard Louvin qui a voulu donné un coup de main, et par plus de 50 sites internet.

Ce projet, personne d’autre au monde n’aurait pu le faire parce que tout simplement le projet Black Concept Definition est la force de nos ancêtres. Et c’est cette force-là, qui nous a permis d’aller jusqu’au bout. Nous sommes véritablement fiers de ce projet. Nous avons dépensé beaucoup d’argent et d’énergie mais on est fiers de pouvoir démontrer que les Noirs en France ne comptent pas pour du beurre au niveau de l’image. Nous avons essayé de mettre en avant tous les Noirs de toutes les origines : Sénégal, Cameroun, Guadeloupe etc….Et nous savons que personne n’a jamais osé faire un projet de cette envergure, ni à NYC ; ni à Londres à savoir qui valorise la personne de la rue, la personne noire.

-  BJL espères-tu pouvoir exporter et promouvoir ce projet à l’étranger ? Disons que par l’intermédiaire de jean DIGNE président du Musée du Montparnasse, il nous a été proposé d’exposer en Italie mais uniquement avec des modèles féminins. Nous y réfléchissons encore… Et d’ailleurs, un détail important, et étant donné que Black Concept définition est là aussi pour mettre la femme noire en avant , il y a plus de femmes dans le livre et dans l’exposition que d’hommes. Dans le livre, qui comportera 100 photos et qui sortira un peu plus tard, il y aura 65 femmes et 35 hommes. Dans l’exposition, il y aura au total 120 photos dont la majorité seront des femmes. Car nous estimons chez BCD Label et chez Ketime que l’avenir, la renaissance africaine doit être mis entre les mains des femmes noires.

-  Merci à Naomi et à toi BJL pour cet interview ! Merci pour cet interview Linda, Ananzie est le premier média à s’être intéressé à nous en nous donnant une interview, en espérant que cela puisse nous porter bonheur.


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Interview de Naomi, chef de projet du Concept Black Definition et de BJL, photographe, artiste musicien et directeur artistique de BCDLABEL.com. C’est tout simplement du jamais vu et une première au monde !

120 portraits de noirs et de métis seront exposés au musée de Montparnasse à partir du 28 mars jusqu’au 27 avril 2008. « Le noir dans sa diversité et toute sa splendeur » est ce que nous proposent Naomi et BJL, pour ce printemps 2008. Cette exposition promet réellement d’être exceptionnelle ! Essayons d’en savoir un peu plus…

Naomi, bonsoir,

-  Pourrais-tu te présenter en quelques mots et nous présenter, par la même occasion, ton collaborateur et photographe BJL, ainsi que la signification de Black Concept definition ? Je m’appelle Naomi, je suis chef de projet du Concept Black Definition. C’est un projet sur l’image des Noirs et des Métis de Paris et sa banlieue, qui permet de valoriser notre image, celle du noir et du métis. BJL est photographe mais aussi artiste musicien et directeur artistique de BCDLABEL.com. Black Concept Definition est sa première exposition. Il a réalisé ses photos sur un an et plus, à compter du mois de mars 2005 jusqu’à avril 2006. Donc, tous les jours il shootait dans la rue, il rencontrait des modèles, il prenait des RDV etc. De plus, ce qui a été appréciable est, que peu de gens ont décommandé. Au contraire, ils ont tous été très motivés par ce projet. Il y a vraiment eu de très bonnes vibrations. Ça c’est donc très bien passé pour BJL. Bien entendu, il y a mis beaucoup d’énergie mais nous lui en avons donné beaucoup aussi.

-  Parles-nous un peu de ce projet Black Concept Definition C’est un concept dans lequel nous avons mis des critères de sélection. D’après des recherches menées, notamment une étude chez Sofres, pour être considéré comme résident d’un lieu, il fallait y avoir vécu un minimum d’années, afin de pouvoir être dit « parisien », « new yorkais » etc… Donc, nous recherchions des modèles ayant vécu sur Paris et sa banlieue un minimum de 10 ans pour les femmes, et 7 ans pour les hommes.

-  Est-ce véritablement une première en France ou y a t il déjà eu d’autres projets similaires ? Je vais peut-être te surprendre ou te paraître un peu prétentieuse, mais Black Concept Definition est une première au monde ! Ce qui pourrait éventuellement se rapprocher de ce concept pourrait être le travail des make up artistes ou de coiffeurs et encore… On a fait un gros travail pour valoriser l’image du Noir et du Métis. Ce travail est là pour montrer qu’ils existent, qu’ils ont des talents et que pour cela, il faut le montrer. Ce sont des talents physiques évidents mais qui, malheureusement, ne le sont pas pour tout le monde.


-  Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur le déroulement de l’exposition ? Comment va t-elle s’organiser ?

Il y aura 120 photos qui seront encadrées. Le lieu sera complètement repensé pour l’événement. Le Musée de Montparnasse, un partenaire formidable, a d’ailleurs bien compris l’esprit du projet. C’est pourquoi, j’en profite pour remercier le président du musée. Il a vraiment tout de suite adhéré à cette idée et compris que c’était important, que c’était le moment et que ça susciterait un grand intérêt pour chacun.

Arrivée, un peu inattendue de BJL, qui reprend l’interview…

-  L’exposition photo aura lieu à partir du 28 mars au musée de Montparnasse, espères-tu y attirer beaucoup de monde ? Si oui, quelle population en particulier ? Que ce soit les députés en passant par l’homme de la rue. On a envoyé des cartons d’invitation à toutes les personnes qui seraient susceptibles d’être intéressées par la diversité. Et étant un habitué des castings, je pense sincèrement qu’il y aura du monde. Nous attendons entre 700 et 1000 personnes. Je crois d’ailleurs que le musée de Montparnasse n’aura jamais vu autant de monde !

-  Pourrais-tu revenir sur l’essence du projet Black Concept Definition Le projet Black Concept Definition est parti d’un besoin, d’un manque de représentativité des Noirs et des Métis. Ils sont souvent mal maquillés, les codes vestimentaires peu respectés, en fait tout ce qu’on nous montre à la télévision. Le projet Black Concept Definition est là pour rétablir la vérité historique au sens esthétique du terme. Valoriser, montrer que le Noir qu’on nous montre à la télé, tels que Mouss Diouf ou Vincent Mac Doom, ne sont pas représentatifs de notre population. Ils font partie de notre population mais ce n’est pas ce que nous attendons en terme d’image.

Nous aspirons à autre chose… Par exemple, les jeunes hommes du groupe Tribal Jam étaient de très beaux garçons et bons chanteurs mais ont été tout simplement délaissés au détriment de je ne sais quoi ! Tout ceci nous poussé à prendre conscience de la réalité de la France. Voir le Noir « rigolo » a toujours été la facilité, car on a toujours eu peur de voir un Noir qui soit bien habillé et qui s’exprime correctement. On veut aussi dire que Paris est la capitale de la mode et que cette mode est influencée en majorité par cette minorité que sont les noirs et les métis.


-  Par le biais de ce concept, penses-tu réussir à faire réagir un grand nombre de personnes ? Oui tout a fait. Car depuis que nous avons commencé à faire le casting sur un an et plus, c’est la première fois de ma vie, en ayant déjà fait 5, 10 castings, en France, que je vois autant de personnes réceptives. J’ai rencontré 2700 personnes, en ayant ainsi été relayé par le site de Tf1.fr, par Etoile casting, de Gérard Louvin qui a voulu donné un coup de main, et par plus de 50 sites internet.

Ce projet, personne d’autre au monde n’aurait pu le faire parce que tout simplement le projet Black Concept Definition est la force de nos ancêtres. Et c’est cette force-là, qui nous a permis d’aller jusqu’au bout. Nous sommes véritablement fiers de ce projet. Nous avons dépensé beaucoup d’argent et d’énergie mais on est fiers de pouvoir démontrer que les Noirs en France ne comptent pas pour du beurre au niveau de l’image. Nous avons essayé de mettre en avant tous les Noirs de toutes les origines : Sénégal, Cameroun, Guadeloupe etc….Et nous savons que personne n’a jamais osé faire un projet de cette envergure, ni à NYC ; ni à Londres à savoir qui valorise la personne de la rue, la personne noire.

-  BJL espères-tu pouvoir exporter et promouvoir ce projet à l’étranger ? Disons que par l’intermédiaire de jean DIGNE président du Musée du Montparnasse, il nous a été proposé d’exposer en Italie mais uniquement avec des modèles féminins. Nous y réfléchissons encore… Et d’ailleurs, un détail important, et étant donné que Black Concept définition est là aussi pour mettre la femme noire en avant , il y a plus de femmes dans le livre et dans l’exposition que d’hommes. Dans le livre, qui comportera 100 photos et qui sortira un peu plus tard, il y aura 65 femmes et 35 hommes. Dans l’exposition, il y aura au total 120 photos dont la majorité seront des femmes. Car nous estimons chez BCD Label et chez Ketime que l’avenir, la renaissance africaine doit être mis entre les mains des femmes noires.

-  Merci à Naomi et à toi BJL pour cet interview ! Merci pour cet interview Linda, Ananzie est le premier média à s’être intéressé à nous en nous donnant une interview, en espérant que cela puisse nous porter bonheur.


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Célestin Monga : Le Cameroun a besoin d’une vision et d’un leadership

Tout au début d’une conférence publique qu’il a donnée le 19 décembre dernier à l’université des Montagnes (Udm) à Bangangté, Célestin Monga a tenu à préciser qu’il ne parle pas au nom de la Banque mondiale (Bm), où il travaille comme conseiller auprès du premier vice-président, François Bourguignon .
Entretien mené par Michel Ferdinand –

C’est donc à titre personnel que l’auteur de  »Un Bantou à Washington » a inauguré la série de ce qu’on appelle à l’Udm " les débats publics sur le campus ".
Pour entretenir les uns et les autres sur le thème  »Société civile et entreprenariat : quelques défis pour l’université des Montagnes ». Pendant près de quatre heures, cet économiste de formation a démontré, à sa manière, que l’Afrique souffre de quatre déficits importants, d’amour propre, de leadership, de communication, de savoir et de connaissance. Célestin Monga est resté égal à lui-même, convaincu de ce que la légitimité ultime appartient aux Africains. Et qu’on doit sortir de l’idée qu’il y a des messies à l’étranger qui doivent aider l’Afrique. Il a par conséquent rangé le discours sur l’afro pessimisme. L’Afrique n’est pas un continent de mendiants.

A l’issue de sa sortie à l’Udm, nous avons approché Célestin Monga pour qu’il se prononce sur certains sujets nationaux, notamment économiques et politiques. C’est lui qui, en 1990, avait défrayé la chronique après avoir signé une  »Lettre ouverte à Paul Biya sur la démocratie truquée », parue dans le journal Le Messager dans son édition du 27 décembre 1990. Le  »compagnon » de Pius Njawé n’a pas perdu de sa verve.

La société civile joue-t-elle effectivement son rôle au Cameroun ?
Il y a toutes sortes de choses. Il y a des organisations très courageuses qui font un travail remarquable. Je connais des orphelinats à Douala qui en font partie. Mais, il y a aussi des organisations mafieuses qui utilisent cette plate-forme, uniquement pour se positionner. Mais, c’est normal et ça s’est vu ailleurs. La grande question, c’est comment est-ce que, en tant que pays, nous nous organisons pour que toutes ces organisations travaillent quand même vers un idéal démocratique, ce que les politologues appellent la production du capital social positif.

Peut-on parler d’entreprenariat dans un contexte où on n’encourage pas l’initiative privée ?
Oui. Parce que l’initiative par définition s’inscrit contre l’adversité. Je vous renvoie au bouquin " Main basse sur le Cameroun " de Mongo Béti, dans lequel il a tout un chapitre où il présente l’entreprenariat au Cameroun pendant la période coloniale. Et où il explique comment de tout-petits commerçants camerounais réussissaient à damer le pion, non seulement à l’administration coloniale ; mais aussi aux grands commerçants souvent grecs à l’époque, qui monopolisaient le marché. L’adversité est une donnée que nous devons prendre en compte, mais ça n’empêche absolument pas que notre créativité nous permette de nous en sortir. Le Cameroun est connu en Afrique comme étant un des lieux où les gens sont plus entreprenants. Quand je me promène dans les rues à Douala ou à Yaoundé, je vois le nombre de vendeurs à la sauvette, qui travaillent 15 heures par jour pour gagner un peu d’argent. Je trouve chez eux l’exigence éthique et le talent d’entrepreneur qui nous permettront un jour, quand ils seront bien canalisés, de mener notre pays dans la bonne direction.

Vous travaillez à la Banque mondiale depuis quelques années. Comment expliquer que l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative Ppte par le Cameroun, en avril 2006, n’ait pas de retombées dans les ménages ?
Je ne m’exprime pas au nom de la Banque mondiale. Je suis ici à titre privé et personnel. Je vous renverrai auprès de mes collègues de Yaoundé qui répondraient avec tous les détails possibles. D’une manière générale, je dirai simplement qu’un pays ne peut pas se développer parce qu’on a annulé une partie de sa dette. Le développement, c’est quelque chose d’un peu plus ambitieux, d’un peu plus complexe et sérieux. C’est une vision, c’est une stratégie crédible. C’est des programmes rigoureusement conçus. C’est une équipe motivée. C’est un budget viable. C’est tous ces éléments qu’il faut avoir. Donc, une annulation partielle de dette, c’est un ingrédient intéressant ; mais ce n’est sûrement pas la recette miracle pour sortir de nos difficultés.

Pourquoi la plupart des privatisations ont échoué au Cameroun?
C’est une question que vous devriez poser à ceux qui ont mené ces privatisations. L’objectif d’une privatisation, en principe, c’est de susciter la concurrence dans un secteur où il existe un monopole. Lequel monopole renchérit les coûts. Un deuxième objectif, qui est secondaire et parfois important, c’est de libérer les finances publiques, parce que les entreprises qu’on privatise sont généralement des entreprises publiques mal gérées. Et dont les déficits sont financés par l’Etat. Et l’Etat, ce sont les impôts des citoyens. Est-ce qu’ils sont atteints ? Il faut maintenant voir au cas par cas. Est-ce que la concurrence a été insufflée ? Est-ce que les prix ont baissé à cause de la concurrence ? Est-ce que les finances publiques se portent mieux, parce que le poids de déficits a été allégé? Est-ce que les banques sont libérées de la dictature des entreprises publiques, et ont donc plus de ressources pour les Pme ? C’est toutes ces questions qu’il faut regarder pour voir si la privatisation a fonctionné ou non. Et si elle n’a pas fonctionné, posez la question à ceux qui l’ont menée.

Qu’est-ce qu’il faut pour que l’économie camerounaise décolle ?
Je peux vous dire que tous les ingrédients sont là. Le Cameroun est un pays béni des dieux. Il a une situation géographique remarquable, il a des hommes d’une intelligence au-dessus de ce que j’ai vu n’importe où dans le monde, y compris aux Etats-unis. Il a des gens bien formées dans toutes sortes de disciplines. Je ne parle même pas de ressources naturelles. Ce qu’il faudrait, à mon avis, c’est surtout une vision, une stratégie et un leadership. Il faudrait que nous sortions de la dictature de nos petites habitudes. Que nous cessions de faire les mêmes choses que nous faisons depuis 40 ou 50 ans, sans avoir de gros résultats. Que nous exploitions les opportunités de la globalisation, de l’économie de service par exemple, de la créativité que offre internet. Tout le monde n’est pas obligé de cultiver le café ou le cacao, comme l’ont fait nos parents. L’économie immatérielle, comme je l’appelle, est un secteur qui offre d’énormes possibilités, à condition qu’il y ait un minimum d’infrastructures dans des domaines tels que la télécommunication. On doit mettre des droits de douanes zéro à tout ce qui est équipement et qui permettrait aux étudiants et autres d’augmenter la production du travail et le capital humain.

Vous voulez dire que les Ape peuvent constituer une panacée?
Je crois aux opportunités qu’offre le commerce international, mais, l’expérience des pays qui se sont développés depuis 50 ans montre que sont des pays qui n’ont pas attendus de signer des accords particuliers, avec des pays particuliers. Ce sont des pays qui ont été n’importe où, où il le fallait, pour exploiter les opportunités de commerce. Si la Chine qui est le plus grand marché aujourd’hui au monde est disposée à acheter des produits camerounais, je ne vois pas pourquoi on n’irait pas vendre ça là-bas. Je ne m’enferme pas dans les idéologies. Nous sommes un pays absolument riche et devrions aller comme les autres n’importe où pour ouvrir de nouveaux marchés. Et vendre notre immense savoir et potentiel.

Le débat ces derniers jours au Cameroun, c’est le renouvellement du personnel politique. Nous aimerions savoir où se trouve Célestin Monga dans ce processus ?
Je n’en pense rien, pour la raison que j’ai suffisamment dit ce que je pensais du personnel politique camerounais, et je n’ai pas envie de passer la vie à me répéter. Mais, plus sérieusement, je crois que, au-delà du personnel politique, notre pays a des difficultés qui concernent l’organisation de la société, le type de valeurs que nous avons, le type de citoyens que nous voulons produire. Et même si le personnel politique influence ces problèmes-là, ce n’est pas toujours suffisant. On peut changer ce personnel et avoir les mêmes mentalités, les mêmes pratiques, les mêmes déficits sociaux et culturels.
Ce qui m’intéresse, c’est le travail de fond qu’il faut faire sur nous-mêmes pour inventer un nouveau citoyen camerounais, plus fier, plus digne, plus convaincu que ce pays nous appartient à nous tous. Et que ce n’est pas un gâteau sur lequel chacun devrait se précipiter pour prendre le plus grand morceau. C’est un travail de longue haleine qu’il faut faire au travers du système éducatif, ou encore au travers des canaux culturels, comme les programmes de télévision. Je dis souvent que, un des postes les plus importants dans un pays comme le nôtre, c’est celui de directeur des programmes dans les principales chaînes de télévision. Parce que vous décidez du type de choses à diffuser, du type de sujets qui va faire l’objet des conversations dans des familles. Et sur le long terme, c’est là-dessus que ça se joue. Ce n’est pas un individu, ministre, président ou chef de l’opposition.

Des motions de soutien fusent d’un peu partout au Cameroun pour demander la révision de l’article 6, alinéa 2 de la constitution du 18 janvier 1996, ceci, pour aboutir à la non limitation du mandat présidentiel. Ce débat est-il opportun ?
Il n’est opportun que lorsqu’on veut faire dans du juridisme, c’est-à-dire que vous croyez qu’en changeant un alinéa d’un article d’une constitution, on change le Cameroun. Je suis un peu plus sceptique. Bien évidemment, je suis pour l’alternance. Je ne crois pas que vos lecteurs seront choqués d’apprendre une chose pareille. Ce n’est pas une révélation. Mais, je vais au-delà de l’alternance. Je crois sincèrement qu’on peut avoir le  »biyaïsme », même sans Biya. On peut avoir des manières de faire, des comportements, des mentalités qui subsistent même après une alternance ou après un changement de constitution. C’est ce genre de problèmes qui m’intéresse. Les problèmes de fond. Ce ne sont pas des problèmes d’individu, même si je suis pour qu’on change les individus qui ont montré d’une manière époustouflante leur incompétence notoire.

L’après 2011 au Cameroun pourra-t-il se faire avec les leaders actuels de l’opposition ?
Je me suis interdit de leur jeter la pierre, parce que je vis à washington. Je ne vis pas comme eux, ici sur le terrain. Donc, je n’ai pas au quotidien les difficultés qu’ils endurent. Je dis souvent comme une boutade qu’ils ont parfois pris tellement de gaz lacrymogène au visage que leur réflexion n’est pas toujours très stable. Ceci dit, je ne crois pas aux individus, quels qu’ils soient. Je crois aux organisations. Les individus peuvent énoncer des visions, mais ils ne changent pas une nation. Une nation change par des organisations citoyennes. Ne faisons aucune fixation sur aucun individu en particulier, mais plutôt sur les mouvements de mobilisation et de transformation sociales.
Et puis, vouloir prévoir à l’avance qui fait l’affaire ou non, c’est retirer aux Camerounais, quelque part, leur droit de choisir. Il y a des individus et des leaders qui se révèlent de manière remarquable lorsqu’ils sont simplement interpellés, souvent des gens qu’on ne connaissait absolument pas. Je suis persuadé que le Cameroun ne manque pas de leader d’envergure. Il y en plein qui ne sont peut-être pas ceux que vous et moi connaissons, mais qui se révéleraient très rapidement si le jeu était véritablement ouvert.

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