Non classé

L’affaire Mengang devant la cour d’appel

Bertoua :


Les Boundar qui avaient bastonné ce magistrat contestent leur condamnation en instance.
Sebastian Chi Elvido


La cour d’appel de l’Est à Bertoua prend désormais le relais du tribunal de première instance de Bertoua dans l’affaire ministère public et Salomon Mengang par ailleurs président du tribunal de grande instance du Lom et Djerem contre Jeannot Boundar et ses fils. Mardi 18 mars 2008, les prévenus appelants étaient devant la collégialité présidée par Boniface Libog assisté des magistrats Mindjimba Mindjimba et Toch.
Pour cette première audience, la cour devrait statuer d’abord sur la demande de mise en liberté provisoire introduite par l’avocat des prévenus appelants, une demande à laquelle ne s’est pas opposé le ministère public représenté par le procureur Fongaing. Du côté de la partie civile représentée par maîtres Tawet et Kamwa, on dit être surpris par cette audience parce que c’est seulement le matin même qu’on a été mis au courant de son déroulement.

Dans sa plaidoirie pour la mise en liberté provisoire, maître Henry Bogombe, représentant les Boundar, a évoqué le fait que Patou Boundar Gertrude Landry et Ngondinga Boundar Jean Pierre sont des fonctionnaires, respectivement instructeur principal de jeunesse et d’animation et maître principal d’éducation physique et sportive, mais qui croupissent à la prison principale de Bertoua depuis le déclenchement de cette affaire il y a de cela 7 mois aujourd’hui.
Pour appuyer sa demande, Me Bigombe Henry a évoqué les dispositions du nouveau code de procédure pénale. Il a argué du fait que les domiciles des prévenus appelants sont bien connus et qu’ils pourront se présenter à toutes les convocations du tribunal d’appel qui les juge. Le collège de juges a renvoyé le délibéré de la mise en liberté provisoire au 25 mars prochain.

On se rappelle que les prévenus avaient été conduits devant le tribunal de première instance de Bertoua pour les faits de blessures simples en coaction, destruction, injures, menaces simples, menaces sur conditions et outrage aux corps constitués et fonctionnaires. Actes perpétrés en l’endroit de magistrat Salomon Mengang. Selon une plainte, le 04 août 2007, Mengang Salomon avait été copieusement bastonné et violenté par tous les 7 membres de la famille Boundar. Ce dernier en effet avait obtenu une parcelle de terrain enclavée et avait sollicité une servitude de 15m pour accéder à son terrain, laquelle devrait passer sur le terrain de la famille Boundar. Le 04 août, Bembel Oliver dépêché par Mengang Solomon avec un engin réquisitionné pour réaliser la servitude rencontre une opposition farouche.

Premier acte, Patou Boundar Getrude se met en tenu d’Adam devant l’engin. C’est ainsi que Bembel rentre appeler Mengang lui-même. Arrivée sur les lieux, alors qu’il croyait retrouver et dialoguer avec ses futurs voisins, Le magistrat de 4eme grade et juge au tribunal militaire de Yaoundé et Mbalmayo aurait été accueilli sauvagement par toute la famille. La mère se serait jetée sur la voiture, la fille aînée l’agressant nue, le grand garçon lançant un projectile. Ensemble, ils auraient sorti la victime de sa voiture avant de la jeter dans la boue, avant de le rouer de coups de poing sans aucune intervention de toute la foule. " Nous nous sommes rués sur lui ", avait affirmé Boundar Baman Jeannot à l’enquête préliminaire tout comme Ngodinga Boundar Jean Pierre qui avait affirmé lors des débats que " j’étais en colère et je le cherchais ". Lors des débats, les accusés avaient tous nié les accusations portées contre eux. Malgré cela des condamnations avaient été prononcées dont les plus importantes étaient deux ans d’emprisonnement ferme pour Patou Boundar et Ngondinga Boundar, six mois pour Boundar Baman Jeannot et trois mois pour Banoui Boundar Augustin.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

L’affaire Mengang devant la cour d’appel

Bertoua :


Les Boundar qui avaient bastonné ce magistrat contestent leur condamnation en instance.
Sebastian Chi Elvido


La cour d’appel de l’Est à Bertoua prend désormais le relais du tribunal de première instance de Bertoua dans l’affaire ministère public et Salomon Mengang par ailleurs président du tribunal de grande instance du Lom et Djerem contre Jeannot Boundar et ses fils. Mardi 18 mars 2008, les prévenus appelants étaient devant la collégialité présidée par Boniface Libog assisté des magistrats Mindjimba Mindjimba et Toch.
Pour cette première audience, la cour devrait statuer d’abord sur la demande de mise en liberté provisoire introduite par l’avocat des prévenus appelants, une demande à laquelle ne s’est pas opposé le ministère public représenté par le procureur Fongaing. Du côté de la partie civile représentée par maîtres Tawet et Kamwa, on dit être surpris par cette audience parce que c’est seulement le matin même qu’on a été mis au courant de son déroulement.

Dans sa plaidoirie pour la mise en liberté provisoire, maître Henry Bogombe, représentant les Boundar, a évoqué le fait que Patou Boundar Gertrude Landry et Ngondinga Boundar Jean Pierre sont des fonctionnaires, respectivement instructeur principal de jeunesse et d’animation et maître principal d’éducation physique et sportive, mais qui croupissent à la prison principale de Bertoua depuis le déclenchement de cette affaire il y a de cela 7 mois aujourd’hui.
Pour appuyer sa demande, Me Bigombe Henry a évoqué les dispositions du nouveau code de procédure pénale. Il a argué du fait que les domiciles des prévenus appelants sont bien connus et qu’ils pourront se présenter à toutes les convocations du tribunal d’appel qui les juge. Le collège de juges a renvoyé le délibéré de la mise en liberté provisoire au 25 mars prochain.

On se rappelle que les prévenus avaient été conduits devant le tribunal de première instance de Bertoua pour les faits de blessures simples en coaction, destruction, injures, menaces simples, menaces sur conditions et outrage aux corps constitués et fonctionnaires. Actes perpétrés en l’endroit de magistrat Salomon Mengang. Selon une plainte, le 04 août 2007, Mengang Salomon avait été copieusement bastonné et violenté par tous les 7 membres de la famille Boundar. Ce dernier en effet avait obtenu une parcelle de terrain enclavée et avait sollicité une servitude de 15m pour accéder à son terrain, laquelle devrait passer sur le terrain de la famille Boundar. Le 04 août, Bembel Oliver dépêché par Mengang Solomon avec un engin réquisitionné pour réaliser la servitude rencontre une opposition farouche.

Premier acte, Patou Boundar Getrude se met en tenu d’Adam devant l’engin. C’est ainsi que Bembel rentre appeler Mengang lui-même. Arrivée sur les lieux, alors qu’il croyait retrouver et dialoguer avec ses futurs voisins, Le magistrat de 4eme grade et juge au tribunal militaire de Yaoundé et Mbalmayo aurait été accueilli sauvagement par toute la famille. La mère se serait jetée sur la voiture, la fille aînée l’agressant nue, le grand garçon lançant un projectile. Ensemble, ils auraient sorti la victime de sa voiture avant de la jeter dans la boue, avant de le rouer de coups de poing sans aucune intervention de toute la foule. " Nous nous sommes rués sur lui ", avait affirmé Boundar Baman Jeannot à l’enquête préliminaire tout comme Ngodinga Boundar Jean Pierre qui avait affirmé lors des débats que " j’étais en colère et je le cherchais ". Lors des débats, les accusés avaient tous nié les accusations portées contre eux. Malgré cela des condamnations avaient été prononcées dont les plus importantes étaient deux ans d’emprisonnement ferme pour Patou Boundar et Ngondinga Boundar, six mois pour Boundar Baman Jeannot et trois mois pour Banoui Boundar Augustin.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

L’affaire Mengang devant la cour d’appel

Bertoua :


Les Boundar qui avaient bastonné ce magistrat contestent leur condamnation en instance.
Sebastian Chi Elvido


La cour d’appel de l’Est à Bertoua prend désormais le relais du tribunal de première instance de Bertoua dans l’affaire ministère public et Salomon Mengang par ailleurs président du tribunal de grande instance du Lom et Djerem contre Jeannot Boundar et ses fils. Mardi 18 mars 2008, les prévenus appelants étaient devant la collégialité présidée par Boniface Libog assisté des magistrats Mindjimba Mindjimba et Toch.
Pour cette première audience, la cour devrait statuer d’abord sur la demande de mise en liberté provisoire introduite par l’avocat des prévenus appelants, une demande à laquelle ne s’est pas opposé le ministère public représenté par le procureur Fongaing. Du côté de la partie civile représentée par maîtres Tawet et Kamwa, on dit être surpris par cette audience parce que c’est seulement le matin même qu’on a été mis au courant de son déroulement.

Dans sa plaidoirie pour la mise en liberté provisoire, maître Henry Bogombe, représentant les Boundar, a évoqué le fait que Patou Boundar Gertrude Landry et Ngondinga Boundar Jean Pierre sont des fonctionnaires, respectivement instructeur principal de jeunesse et d’animation et maître principal d’éducation physique et sportive, mais qui croupissent à la prison principale de Bertoua depuis le déclenchement de cette affaire il y a de cela 7 mois aujourd’hui.
Pour appuyer sa demande, Me Bigombe Henry a évoqué les dispositions du nouveau code de procédure pénale. Il a argué du fait que les domiciles des prévenus appelants sont bien connus et qu’ils pourront se présenter à toutes les convocations du tribunal d’appel qui les juge. Le collège de juges a renvoyé le délibéré de la mise en liberté provisoire au 25 mars prochain.

On se rappelle que les prévenus avaient été conduits devant le tribunal de première instance de Bertoua pour les faits de blessures simples en coaction, destruction, injures, menaces simples, menaces sur conditions et outrage aux corps constitués et fonctionnaires. Actes perpétrés en l’endroit de magistrat Salomon Mengang. Selon une plainte, le 04 août 2007, Mengang Salomon avait été copieusement bastonné et violenté par tous les 7 membres de la famille Boundar. Ce dernier en effet avait obtenu une parcelle de terrain enclavée et avait sollicité une servitude de 15m pour accéder à son terrain, laquelle devrait passer sur le terrain de la famille Boundar. Le 04 août, Bembel Oliver dépêché par Mengang Solomon avec un engin réquisitionné pour réaliser la servitude rencontre une opposition farouche.

Premier acte, Patou Boundar Getrude se met en tenu d’Adam devant l’engin. C’est ainsi que Bembel rentre appeler Mengang lui-même. Arrivée sur les lieux, alors qu’il croyait retrouver et dialoguer avec ses futurs voisins, Le magistrat de 4eme grade et juge au tribunal militaire de Yaoundé et Mbalmayo aurait été accueilli sauvagement par toute la famille. La mère se serait jetée sur la voiture, la fille aînée l’agressant nue, le grand garçon lançant un projectile. Ensemble, ils auraient sorti la victime de sa voiture avant de la jeter dans la boue, avant de le rouer de coups de poing sans aucune intervention de toute la foule. " Nous nous sommes rués sur lui ", avait affirmé Boundar Baman Jeannot à l’enquête préliminaire tout comme Ngodinga Boundar Jean Pierre qui avait affirmé lors des débats que " j’étais en colère et je le cherchais ". Lors des débats, les accusés avaient tous nié les accusations portées contre eux. Malgré cela des condamnations avaient été prononcées dont les plus importantes étaient deux ans d’emprisonnement ferme pour Patou Boundar et Ngondinga Boundar, six mois pour Boundar Baman Jeannot et trois mois pour Banoui Boundar Augustin.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

L’affaire Mengang devant la cour d’appel

Bertoua :


Les Boundar qui avaient bastonné ce magistrat contestent leur condamnation en instance.
Sebastian Chi Elvido


La cour d’appel de l’Est à Bertoua prend désormais le relais du tribunal de première instance de Bertoua dans l’affaire ministère public et Salomon Mengang par ailleurs président du tribunal de grande instance du Lom et Djerem contre Jeannot Boundar et ses fils. Mardi 18 mars 2008, les prévenus appelants étaient devant la collégialité présidée par Boniface Libog assisté des magistrats Mindjimba Mindjimba et Toch.
Pour cette première audience, la cour devrait statuer d’abord sur la demande de mise en liberté provisoire introduite par l’avocat des prévenus appelants, une demande à laquelle ne s’est pas opposé le ministère public représenté par le procureur Fongaing. Du côté de la partie civile représentée par maîtres Tawet et Kamwa, on dit être surpris par cette audience parce que c’est seulement le matin même qu’on a été mis au courant de son déroulement.

Dans sa plaidoirie pour la mise en liberté provisoire, maître Henry Bogombe, représentant les Boundar, a évoqué le fait que Patou Boundar Gertrude Landry et Ngondinga Boundar Jean Pierre sont des fonctionnaires, respectivement instructeur principal de jeunesse et d’animation et maître principal d’éducation physique et sportive, mais qui croupissent à la prison principale de Bertoua depuis le déclenchement de cette affaire il y a de cela 7 mois aujourd’hui.
Pour appuyer sa demande, Me Bigombe Henry a évoqué les dispositions du nouveau code de procédure pénale. Il a argué du fait que les domiciles des prévenus appelants sont bien connus et qu’ils pourront se présenter à toutes les convocations du tribunal d’appel qui les juge. Le collège de juges a renvoyé le délibéré de la mise en liberté provisoire au 25 mars prochain.

On se rappelle que les prévenus avaient été conduits devant le tribunal de première instance de Bertoua pour les faits de blessures simples en coaction, destruction, injures, menaces simples, menaces sur conditions et outrage aux corps constitués et fonctionnaires. Actes perpétrés en l’endroit de magistrat Salomon Mengang. Selon une plainte, le 04 août 2007, Mengang Salomon avait été copieusement bastonné et violenté par tous les 7 membres de la famille Boundar. Ce dernier en effet avait obtenu une parcelle de terrain enclavée et avait sollicité une servitude de 15m pour accéder à son terrain, laquelle devrait passer sur le terrain de la famille Boundar. Le 04 août, Bembel Oliver dépêché par Mengang Solomon avec un engin réquisitionné pour réaliser la servitude rencontre une opposition farouche.

Premier acte, Patou Boundar Getrude se met en tenu d’Adam devant l’engin. C’est ainsi que Bembel rentre appeler Mengang lui-même. Arrivée sur les lieux, alors qu’il croyait retrouver et dialoguer avec ses futurs voisins, Le magistrat de 4eme grade et juge au tribunal militaire de Yaoundé et Mbalmayo aurait été accueilli sauvagement par toute la famille. La mère se serait jetée sur la voiture, la fille aînée l’agressant nue, le grand garçon lançant un projectile. Ensemble, ils auraient sorti la victime de sa voiture avant de la jeter dans la boue, avant de le rouer de coups de poing sans aucune intervention de toute la foule. " Nous nous sommes rués sur lui ", avait affirmé Boundar Baman Jeannot à l’enquête préliminaire tout comme Ngodinga Boundar Jean Pierre qui avait affirmé lors des débats que " j’étais en colère et je le cherchais ". Lors des débats, les accusés avaient tous nié les accusations portées contre eux. Malgré cela des condamnations avaient été prononcées dont les plus importantes étaient deux ans d’emprisonnement ferme pour Patou Boundar et Ngondinga Boundar, six mois pour Boundar Baman Jeannot et trois mois pour Banoui Boundar Augustin.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Patrice Nganang : Les Camerounais veulent d’un pays dont ils seront dignes

Patrice Nganang est une figure de l’intelligentsia camerounaise de la diaspora que l’on ne présente plus. Enseignant et chercheur aux Etats-Unis, il n’en demeure pas moins un écrivain de talent.
Entretien mené avec Parfait Tabapsi (Stagiaire) –

A son actif, une dizaine d’ouvrages ces douze dernières années. Une créativité littéraire des plus denses et transversales. Qui va de la poésie au roman en passant par l’essai et ce qu’il appelle "le conte citadin". Si ses ouvrages ont emporté l’assentiment des critiques et des lecteurs, beaucoup reconnaissent en lui un franc-parler et une connaissance de l’actualité de son pays. Actualité pour laquelle il ne rechigne pas à donner son point de vue, quitte à passer pour un polémiste rédhibitoire.

Pour aller plus loin dans le décryptage des soubresauts de notre société, nous sommes allés à sa rencontre. N’a-t-il pas d’ailleurs coutume de dire qu’écrire "c’est donner une signification au chaos alentour"? Un chaos alentour fortement marqué ces derniers jours par l’effervescence autour de la constitution et dont on est loin d’avoir fini d’en parler. Approché, Patrice Nganang a réagi avec une célérité étonnante, vu que cette période n’est pas des plus calmes pour l’enseignant qu’il est. Ainsi ont été passé au crible au cours de cet entretien électronique la politique à travers les rumeurs sur le probable changement de la constitution et le rôle de l’opposition, la vie culturelle au Cameroun, ses projets, et bien d’autres sujets encore. Des sujets et d’autres qui ne manqueront pas à coup sûr de permettre d’en savoir un peu plus sur le personnage et ses réflexions sur notre temps.

Depuis 2005 et les émeutes dans les universités, une sorte de fièvre des revendications s’est emparée des Camerounais. Avec parfois des morts à la clé. Pensez-vous que le syndrome des années de braise soit latent?
Notre pays vit en fait dans une situation de désordre historique depuis 1914, car nous gérons une équivoque politique, une véritable situation de paradoxe qui fait que nos concitoyens les meilleurs soient tués, contraints à l’exil ou alors anéantis. Mais cette situation peut à n’importe quel moment basculer. Nous savons tous que ce jour-là le Cameroun deviendra enfin le beau pays qu’il est en réalité. Il y a eu des moments où nous avons cru que ce renversement, que du reste tous ceux qui aiment vraiment notre pays attendent de tous leurs vœux, pouvait avoir lieu. Les années de braise sont un de ces moments-là. Ce n’est donc pas un syndrome, mais un moment, parmi de nombreux autres, où nous avons pu voir pour un instant s’approcher notre rêve le plus ancien, le plus cher, celui d’un Cameroun qui a les dirigeants qu’il mérite. Ce qui est donc latent et l’a toujours été selon moi, c’est plutôt la volonté simple, banale des Camerounais d’avoir un pays dont ils soient dignes, qui vive enfin à la dimension de ses immenses potentialités, et qui sorte enfin de notre présent d’handicapé historique.

Le président a récemment accordé une interview à la chaîne de télévision France. Qu’est ce qui d’après vous justifie ses sorties médiatiques réservées aux seuls médias étrangers?
Je crois que le problème n’est pas qu’il ait donné une interview ailleurs qu’au Cameroun, car au fond cela aura aussi permis à d’autres Camerounais de voir l’embarras que vit un pays si riche que le notre, d’être dirigé par un homme si petit d’esprit. En réalité c’est même une bonne chose, car il est toujours difficile de parler du problème camerounais à l’étranger. Notre pays, disent des gens, vit en paix, comparé par exemple au Congo, ou alors à la Somalie. Alors pourquoi se plaint-on ? Cette interview a montré a chacun que le problème chez nous en fait, c’est le total manque de courage de nos dirigeants. On ne peut pas diriger un pays en se mettant volontairement au dernier banc. Voilà pourtant cela que Biya aura montré à chacun. Or n’est-ce pas cela même qui est son système politique depuis 1982 ? Il n’a même pas eu le courage, comme en 1984, après la tentative de coup d’Etat contre lui, de prononcer le nom d’Ahidjo ! Devant la générosité et la grandeur d’esprit d’un peuple camerounais qui sait si pardonner et si endurer, on ne peut pas être plus rancunier d’un mort, on ne peut pas être plus petit d’esprit en fin de compte.

Depuis cette interview, il ne se passe pratiquement pas un seul jour sans que ne fusent des quatre coins du pays des motions demandant la modification de la constitution en vue de permettre à Paul Biya de se représenter. Cet appel vous semble-t-il sincère?
Oh, ils ne sont que le reflet immédiat du désordre historique dont je parlais, et que nous vivons toujours. C’est ainsi que la machine politique au Cameroun a toujours fonctionné. Dans une situation ou l’on a enlevé le minimal de courage politique a chacun, il est même risqué d’être le premier à demander au potentat de se présenter à sa propre succession ! Il faut qu’il montre des signes de vouloir rester, pour que finalement chacun se mette à vouloir publiquement qu’il reste. Il faut qu’il demande à manger pour que chacun soit soudain rassasié. S’il disait qu’il avait décidé de se retirer, les mêmes qui aujourd’hui écrivent des appels, écriraient des motions de félicitation chantant sa clairvoyance. Ce genre de choses n’est possible que lorsqu’un système politique a retiré à chacun le goût du risque et le courage.

Pendant ce temps, l’opposition a du mal à se faire entendre. Qu’il s’agisse des grèves ou de ces motions de soutien. Serait-elle devenue inexistante?
Toute démocratie a l’opposition qu’elle mérite. Le problème ce n’est donc pas l’opposition, mais l’inexistence de la démocratie chez nous. La seule chose qui la garantisse encore un tout petit peu, c’est la Constitution. L’erreur la plus grave de Paul Biya serait de modifier la Constitution. Il manquerait ainsi la seule opportunité qu’il n’ait jamais eue en un quart de siècle, de montrer un peu de courage politique. Or les Camerounais ont toujours une vision historique de la vie. La réalité c’est qu’en un quart de siècle de pouvoir, demandez à quiconque, il vous dira qu’il n’a aucune mémoire de ce que le président-ci a fait, aucune mémoire d’un de ses moments historiques donc. Et pourquoi ? Parce qu’il est le symbole même du handicap historique dans lequel nous vivons, de la manie du dernier banc. Il a par-dessus tout le malheur d’être le deuxième président du Cameroun, même pas le premier ! Je me souviens encore des chansons d’Ahidjo qui en 1982, étaient réarrangées, et dans lesquelles le nom de l’un, Ahidjo, était remplacé par celui du second, Biya. Si déjà aujourd’hui personne ne se souvient de ce que Biya aura jamais fait, nous pouvons imaginer ce qui restera de lui dans …disons vingt ans, ou alors dans cinquante. Du vent, rien que du vent. Je crois que lui même est conscient de cela. Ce qui nous fait peur c’est tout le désastre qu’il crée pour si peu.

Les observateurs de la scène culturelle camerounaise font état de ce que le changement intervenu à la tête du ministère de la culture et les premiers actes de la nouvelle ministre augurent des lendemains meilleurs pour notre culture. Etes-vous de cet avis?
La culture ne dépend et n’a jamais dépendu de quelque ministère que ce soit. Le seul ministère de la culture camerounaise, s’il y en a un, c’est le génie de chacun d’entre nous.

Le Cameroun a récemment rendu hommage à l’un de ses dignes fils les plus méritants à savoir Manu Dibango. Y voyez-vous une action sincère de la part des pouvoirs publics ou un simple calcul politique?
Laissons l’aîné aller se reposer.

Vous avez dit il n’y a pas longtemps que la littérature camerounaise a été jusqu’ici incapable de se mettre à la hauteur de l’imagination fulminante des sous-quartiers, aveuglée qu’elle était par le discours de ses origines. Que faut-il entendre par là?
Je l’ai dit au moment où je concevais mes trois premiers romans, dans un essai sur l’imagination des sous-quartiers. Je crois en effet qu’on n’écrit pas un roman simplement pour raconter une histoire, mais surtout pour mettre un peu d’ordre autour de soi, bref, pour donner une certaine signification au chaos alentour. Pour ceux d’entre nous qui sommes nés après les indépendances de nos pays, il est évident que le chaos ambiant est l’état de fait duquel nous partons pour créer quoi que ce soit. Le symbole le plus évident de ce chaos chez nous ce sont les sous-quartiers. Je dis symbole parce qu’en réalité, notre pays en son entier est un sous-quartier de l’Occident. Le concept de sous-quartier est donc relatif, et pas fixe. Je crois que chacun d’entre nous le comprend d’emblée.
Or nos premiers auteurs, à cause de la dichotomie coloniale qui leur a été imposée, ont toujours cru que le village était le lieu de définition de qui nous sommes vraiment, par rapport à la ville coloniale. Dans leur vision radicalement anticoloniale, ils on ont même oublié que Foumban était une ville, avant la colonisation, et que la littérature camerounaise est née en fait à Mantum, avec le fameux ‘Sang’aam’ du sultan Njoya. Je crois qu’en prenant notre monde comme notre centre de définition, et en comprenant notre situation de sous-quartier, nous voyons finalement que nous pouvons changer notre position. Qui d’autre que les habitants, disons d’un quartier comme Nkomkana, le comprendrait mieux ?

L’on ne vous a pas beaucoup entendu sur la problématique de "la littérature-monde en français" exprimée par un collectif d’écrivains qui, par la même occasion, pourfendait la francophonie. Dites-nous si des questions comme celles-là sont de nature à être de quelque utilité pour la littérature en général et celle de l’Afrique en particulier…
Je ne sais pas a quoi cela sert, la soi-disant “littérature-monde en français”, à part pousser la carrière littéraire de certains, en défendant une cause, la fin de la francophonie, quand cela n’est plus dangereux. Je note cependant que bien de ceux qui se retrouvent dans ce bateau-là, n’ont aucun problème par la suite, par exemple, à aller serrer la main à Sassou Nguesso et refusent de signer des pétitions pour protester contre les injures racistes de Sarkozy à la jeunesse de chez nous. Pour ce qui me concerne, il n’y a pas plus entraînant que de vouloir exprimer l’imagination de nos pays, de notre continent, qui s’exprime déjà dans des centaines de langues, dont l’intelligence ploie ici et là sous des infâmes dictatures, qui est torpillée ici et là par des génocides comme au Darfour aujourd’hui, ou celui qui eut lieu en pays Bamiléké il y a trente ans. Alors, passer mon temps à me battre contre la francophonie ? Elle me laisse indifférent. Au contraire, il n’y a pas plus entraînant que de restituer la grandeur de la terre de chez nous. Or celle-ci, pour ce qui concerne le Cameroun par exemple, s’exprime déjà en français et en anglais, langues que je parle quotidiennement. Notre passé colonial y inclurait l’allemand, bien sûr, que je parle aussi.

L’année dernière, vous avez fait paraître "L’apologie du vandale" là où vos lecteurs attendaient "La chanson du joggeur"dont ils avaient apprécié la tonalité dans les extraits publiés auparavant au quotidien Le Messager. Que s’est-il passé? Auriez-vous programmé sa publication à plus tard et pourquoi?
Il y a deux ans, c’était ma dixième année de publication. Je me suis rendu compte qu’en dix ans, je n’avais jamais rien publié dans mon propre pays. Or le Cameroun n’a pas seulement de multiples maisons d’édition, il a aussi une scène des medias très performante. En plus avec internet, tout est possible et si facile! J’ai donc commencé avec une expérience que je continuerai certainement: publier au pays. Dans cette aventure je me suis rendu compte qu’il y avait un certain nombre de mentalités qu’il fallait changer également, tout comme un certain nombre de structures, au pays comme en France qu’il fallait faire bouger. Ce serait long à expliquer, mais je crois, je suis à une période de mon écriture où la question des droits, c’est-à-dire, d’à qui appartient la somme de cela que j’écris est aussi importante que mes mots et mes livres. C’est un genre de discussion que nous n’avons même pas encore commencé à mener chez nous, les droits de la majorité de nos écrivains, bref, notre patrimoine intellectuel étant tout simplement, de notre propre chef, la propriété de la France.

Il y a un peu plus de six ans disparaissait Mongo Béti pour qui vous aviez au moins de l’admiration. Que reste-t-il de son héritage à votre avis ? D’ailleurs, vous avez dit dans un hommage qu’il " aura révélé le chemin de croix qui attend l’intelligence au Cameroun "…
Il reste le plus important : son œuvre. Je crois que nous commençons à le lire avec quiétude et nous nous rendons compte combien ses pensées sont devenues classiques. Prenons l’exemple de la lutte contre la francophonie. Je disais par exemple à Edouard Glissant, signataire du texte sur la soi-disant littérature-monde, que c’est intéressant que les idées de ce texte avaient été formulées par Mongo Béti il y a plus de trente ans, avec bien sûr des ramifications politiques évidentes qu’aujourd’hui ceux-là qui se sont appropriés son combat n’ont même pas encore le courage de prendre : la lutte contre les dictatures. Pour eux, je me rends compte, il s’agit au contraire d’avoir leurs livres exposés dans des librairies à Paris ! Il s’agit d’avoir sa place à la table de France et sa part du gâteau! Où est l’indignation devant la dévaluation de la vie chez nous-mêmes? Bref, Mongo Béti c’est un auteur sur lequel je reviens tout le temps. Tout le temps. Après tout, c’est lui qui a véritablement fondé une littérature camerounaise d’expression française, en la mettant en adéquation avec l’intelligence critique de chez nous, de l’Afrique et du monde en général.

Vous avez annoncé il y a deux ans la création d’une revue culturelle dénommée "Pulsations africaines " à laquelle devaient prendre part des intellectuels comme Ambroise Kom, Alain Mabanckou, Achille Mbembé, Boubacar Boris Diop, Marcellin Vounda Etoa et bien d’autres. Quel en était l’esprit ? Où en est le projet?
Cela suit son chemin. Patience, patience.

Quel regard portez-vous sur la réception des œuvres camerounaises à l’étranger ?
Je crois que la littérature camerounaise s’est toujours portée très bien à l’étranger. De la littérature anticoloniale, à la littérature d’exil hier à celle d’aujourd’hui qui cherche encore ses marques, notre littérature a toujours été surtout de location externe. Les raisons de cet état de faits sont nombreuses, parfois douloureuses, mais parfois trop triviales aussi pour les mentionner ici. L’enjeu, et la véritable question pour moi, c’est comment constituer un patrimoine littéraire au pays, et aussi, comment constituer une littérature faite de textes, d’institutions, d’un échange intellectuel, qui soit un dialogue entre le pays et l’étranger. Je lis toujours avec avidité ce qui se produit au pays, mais je pense aussi qu’il est important de situer la production chez nous en relation avec ce qui d’abord se produit entre francophones et anglophones. Il faut voir que nous sommes les voisins du géant africain de la littérature, le Nigeria, et que cela n’a eu presque aucune retombée sur la production de chez nous ! Le feu Bate Bessong et les écrivains anglophones exceptés, qui regarde chez nous le Nigeria ? Ce dialogue passe par un dialogue nécessaire entre écrivains anglophones et francophones.

La réception au pays souffre du manque d’un terreau critique digne de ce nom. Que faut-il faire pour renverser cette tendance qui pourrait plomber la production au niveau du Cameroun?
Je crois que nous devons cesser de pleurnicher, et faire mieux au contraire. La réception est liée à la force critique, or la critique camerounaise est des plus vivantes dans toute l’Afrique francophone, d’abord parce que dans notre pays il y a des cercles de discussion littéraire et poétique. Je veux parler de la “Ronde des poètes” par exemple, et de leur revue “Hiototi”, ou alors de la production poétique autour de “Bouquinons” à Douala, avec Marcel Kemadjou Djanke. Il y a des revues locales comme “Patrimoine”, qui est de plus en plus respectée internationalement, qui a défini les standards de cela qui peut être produit en termes critiques, et a renvoyé “Abbia” à la préhistoire.
La première critique sérieuse de mon roman “Temps de chien” a été publiée dans “Patrimoine”, par le professeur Ntonfo, jadis. Son directeur, Marcelin Vounda Etoa, est aujourd’hui directeur des éditions Clé. Il y a ailleurs en Afrique, des Camerounais qui dans le domaine de la critique littéraire et des revues, font des choses supersoniques. Je veux parler de Ntone Edjabe avec sa revue “Chimurenga” qui est basée en Afrique du sud, et est disponible sur internet, est à la pointe de la créativité actuellement sur tout le continent. Tout cela nous fait oublier “Peuples Noirs Peuples Africains”, car il se situe dans la longueur de l’énergie africaine jeune qui s’exprime au Kenya, au Nigeria, mais aussi à Londres. En termes de méthodologies critiques, l’école camerounaise de la critique, autour de Jean-Marc Ela et Eboussi Boulaga, s’est finalement imposée avec Achille Mbembe et son concept de la “postcolonie”, qui a placé les paradigmes camerounais à coté de l’école indienne de la “subalternité” qui étaient dominants ces deniers années. Je crois que s’il y a quelques années on pouvait parler du balbutiement de la critique de chez nous, aujourd’hui au contraire, la critique camerounaise est foisonnante partout.

Nous pouvons faire mieux, certes, mais nous ne sommes pas au bas de l’étage. Au contraire. N’oublions pas qu’avec les journaux au pays, et surtout avec internet, nous avons tout ce qu’il faut pour exceller, un texte publié dans “Mutations”, étant en même temps lu à Paris, à New York, à Bamenda et à Dakar.
Les critiques vous présentent souvent comme un "écrivain de la dissidence". Vous y reconnaissez-vous?

Je les laisse parler.

Après le triptyque sur l’imaginaire des sous-quartiers, sur quel projet littéraire travaillez-vous maintenant?
La quête est longue. Je crois qu’il est important de ne pas définir le travail d’un écrivain uniquement en termes de ses productions romanesques, car écrire c’est en même temps définir les critères de lecture de ses livres, et baliser le terrain des productions intellectuelles futures. J’ai publié cette année même un essai-manifeste sur une écriture préemptive, et je travaille sur beaucoup d’autres choses à la fois. L’esthétique animale, des sous-quartiers, des bars et du camfranglais est entretemps devenue bien dominante, et est pratiquée partout même par des gens qui ne sont pas Camerounais, avec beaucoup de succès comme on voit. Je peux donc continuer mon chemin. Je suis par exemple en chemin pour La Haye ou Charles Taylor, l’ex-président du Libéria, est en procès. Je dois dire que ce procès historique à un président me fait rêver un peu de ce que le futur nous réserve peut-être dans notre pays.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.