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Esperanzah !, un festival du monde solidaire

Esperanzah ! Pour ce festival qui s’est tenu en Belgique début août, l’argent n’est pas la priorité. Ici les musiques du Sud sont synonymes de cultures à préserver et ce rendez-vous est aussi celui des peuples et de leurs combats – "J’ai toujours respecté la nature. Ma démarche en tant que musicien est la même : j’évite la surconsommation qui détruit la culture. Je préfère que les gens apprécient ma musique plutôt qu’ils ne la ‘consomment’." Ces mots du chanteur réunionnais Danyèl Waro ont donné le ton du festival Esperanzah !, à l’abbaye de Floreffe, en Belgique, en ce début août. Sauvegarder les liens des musiques du monde avec les cultures dont elles sont issues passe en effet aussi par leur protection contre des circuits de consommation mercantiles qui, pour coller à la mode, les pillent sans en garder l’essence. Le Nigérien Abdallah Ag Oumbadougou, les Béninois du Gangbe Brass Band, la Cap-verdienne Sara Tavares, les Israélo-américains du Balkan beat box, le Malien Fantani Touré étaient, parmi d’autres, à l’affiche de la cinquième édition d’Esperanzah ! Autant d’artistes qui préfèrent partager leur culture plutôt que la rentabiliser à tout prix.

Agri-cultures
Avant l’entrée sur scène de Danyèl Waro, Christiane, Geneviève et Alima . agricultrices en Belgique, au Burkina Faso et au Mali, témoignent devant des milliers de personnes de leur combat quotidien et de leur refus des circuits commerciaux dominants. L’artiste réunionnais prend le relais, avec le maloya, ce rythme traditionnel sur lequel les travailleurs des champs de canne chantaient leurs joies et leurs peines.
D’autres artistes veulent aussi préserver leur tradition, comme les Béninois du Gangbe Brass Band, qui ont créé l’Union des instrumentistes à vent pour sauvegarder les musiques du Bénin. Le Touareg d’origine nigérienne Abdallah Ag Oumbadougou, lui, continue à se battre pour son peuple avec des mots. En exil, il a écrit des chants de révolte. Au Niger, il a lui aussi créé une association de sauvegarde du patrimoine et ouvert deux écoles de musique. Il défend le droit des artistes face aux firmes qui pillent leur culture. Quant aux Burkinabé de Rayangnewind, ils fabriquent des instruments traditionnels comme l’arc à bouche. Le festival co-finance l’installation de deux moulins à grains au Burkina, "afin que, expliquent les organisateurs, les musiciens puissent au moins assurer leur subsistance."
En trois jours 26 000 personnes sont venues à Esperanzah ! : le chiffre paraît maigre face aux 300 000 personnes qu’attirent de gros festivals rock ou aux 70 000 de Couleur Café, autre fête des musiques du monde et urbaines, à Bruxelles, la capitale belge. Mais l’impact du festival de Floreffe vient de la cohérence de son engagement politique plutôt que du nombre. Pas de Coca-Cola (les syndicalistes sont harcelés dans leurs usines dans le Sud), pas de rhum Bacardi (la firme soutient l’embargo états-unien envers Cuba), etc… Et donc, pas d’argent non plus de la part de ces sponsors, remplacés par des partenaires d’un autre type, comme le Cncd, fédération d’Ong belges.

Cultures de résistance
Esperanzah ! est aussi le paradis du commerce équitable (cafés, thés, fruits, cocktails, vêtements…), et un vaste espace de sensibilisation. Trente films engagés y sont projetés, une radio y fonctionne sur logiciels libres et sans publicité commerciale. Entre les podiums, une campagne d’affichage aborde les politiques d’immigration en Belgique, dénonçant la détention chaque année, dans des centres fermés, d’étrangers illégaux, "coupables" d’avoir rêvé de cieux plus cléments que les leurs. Certains festivaliers trouvent ce rappel "dur, alors qu’on est là pour faire la fête", mais la majorité s’arrête pour y réfléchir.
Cette année, le thème choisi par les organisateurs était celui de la souveraineté alimentaire. Intriguée par l’affirmation que "l’agriculture industrielle est 66 fois moins productive que l’agriculture traditionnelle", une jeune festivalière avoue ignorer ce qu’est cette "souveraineté", "mais j’espère qu’au bout de ces trois jours je serai plus informée". Quelques mètres plus loin, un des nombreux volontaires lui explique : "Pour qu’ici nous puissions manger et boire ce qu’on veut, quand on veut et tant qu’on veut, là-bas les pays producteurs sont obligés d’exporter toute leur production, sans que les conditions de vie de base de leur propre population – la souveraineté alimentaire – soient garanties." La musique adoucit les mœurs, mais pas les luttes. 

Par Maude Malengrez (Syfia Belgique)
Le 17-08-2006

Le messager

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Musique : Et si le temps passé revenait…

Les anciens succès sont de plus en plus écoutés par les consommateurs camerounais.
Jules Romuald Nkonlak


L’image a gardé toute sa qualité, malgré le poids des années. Solo Muna, artiste musicien camerounais perdu de vue depuis quelques années se trémousse en compagnie d’autres personnes. La chanson aussi date d’un certain nombre d’années. Une vingtaine. Le tube fut un succès en son temps. On ne l’a pas écouté pendant plusieurs années. Maintenant, il est à nouveau d’actualité.

Ce mercredi 17 mai 2005, il est environ 8h30. Dans le cadre de l’émission Bonjour, diffusée sur les antennes de la Cameroon Radio and Television (Crtv), on a choisi de rappeler au bon souvenir des téléspectateurs un succès d’hier. "Succès d’hier", c’était déjà le titre d’une émission présentée sur ces mêmes antennes, il y a quelques mois, par Haoua Adji Garga. L’idée consistait à repasser des clips vieux de plusieurs années, et qui avaient connu un certain succès. L’occasion donc de revoir des oeuvres de Misse Ngoh François, Emile Kangué, Maurice Njoumé, ou encore Djene Djento.
D’autres médias, les radios principalement, ont suivi cette mode qu’on pourrait qualifier de retro. Une façon de satisfaire une certaine attente du public camerounais qui est subitement devenu nostalgique. "Moi je préfère les anciennes chansons à celles que l’on fait aujourd’hui", affirme Alexis. A 28 ans, on se serait pourtant attendu au contraire. On se serait attendu à le voir, plutôt que de frédonner des airs de Fela et de Prince Nico Mbarga, s’émerveiller sur des musiques actuelles.

Dans un bar situé au carrefour Emombo, il est tard dans la nuit et certains promeneurs attardés se sont arrêtés pour épancher leur soif. Le barman ne se faitpas prier. Pour agrémenter le séjour de ses hôtes, il met de la musique. Celle qui sort des haut parleurs installés àcôté du comptoir a une qualité de son légèrement altérée. On reconnaît la voix de Nkotti François et quelques airs bien connus des Black Styls, un groupe qui a pendant longtemps été au sommet de la musique camerounaise. Emerveillé, l’un des clients se renseigne sur l’origine du disque. Le barman lui présente une pochette d’un Cd piraté. Ils courrent actuellement les rues des villes camerounaises et se vendent bien moins cher que les oeuvres originales. Ce phénomène de la piraterie n’est donc pas étranger au fait que plusieurs oeuvres anciennes sont aujourd’hui remises au goût du jour.

Piraterie
C’est d’ailleurs ce que nous explique un vendeur de Cd piratés : "On les transfère à partir des vinyls. Lorsqu’un album a marché à l’époque, on peut le retrouver sur vinyl et le transférer ensuite sur Cd." Il indique cependant que si dans les débits de boisson, bars dancing et autres lieux publics, la musique des années 60, 70 et 80 est remise au goût du jour, la demande, auprès des vendeurs n’est pas vraiment forte.
"Les clients ne demandent pas les anciens succès plus qu’un autre type de musique. Mais, c’est dû au fait qu’ils ne savent pas toujours qu’on peut trouver cette musique sur Cd. Lorsque certaines personnes voeint des Cd de Misse Ngo ou d’autres anciens, ils sont surpris et les achètent. Il ne s’agit pas seulement de la musique camerounaise. Des groupes comme les Beatles intéressent également les gens."

Selon ce vendeur ambulant de Cd, les artistes qui ont la côte ces jours-ci dans la catégorie des anciens succès, sont Ekambi Brillant (dont les pirates ont mis sur le marché deux compilations) et Charlotte Mbango (le best). L’évolution technologique qui a permis de récupérer les anciens succès, mais qui a aussi accentué le phénomène de la piraterie, n’est pas le seul élément qui a rappelé ces musiques aux consommateurs.
Il y a bien sûr les personnes d’un certain âge qui se souviennent de leur jeunesse et pensent que c’est à cette époque-là que s’est faite la meilleure musique. C’est le cas de Célestin Owona qui déclare : "Aujourd’hui, les musiciens ne travaillent plus assez et les chansons sont bricolées. Même celles qui marchent ne durent pas bien longtemps."
Cet argument de la qualité des oeuvres servies aujourd’hui est valable pour une certaine catégorie d’artistes. Il rentre surtout dans un environnement global de baisse de niveau. Il y a un autre élément qu’il faut également tenir en compte dans cette résurgence d’anciens succès, c’est le phénomène des reprises et des pots pourris.

Il y a quelques années, deux grandes expériences ont pariculièrement bien marché. Celle de la Bible du makossa, initiée par Edgard Yonkeu, et qui était une compilation d’anciennes chansons reprises. Une expérience similaire a été initiée par Aladji Toure : le testament du makossa. Tous ces deux projets ont été produits en différents volumes et ont grandement contribué à cette remise au goût du jour des anciens succès.
Par la suite, l’option a changé et les mélomanes ont voulu retrouver ces oeuvres originales, entendre de nouveau les voix des Black Styls, de Tala André Marie, de Toto Guillaume ; les guitares de Manulo, la basse d’Aladji Touré. Et ça dure… en attendant le reveil de la musique d’aujourd’hui ?

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L’image a gardé toute sa qualité, malgré le poids des années. Solo Muna, artiste musicien camerounais perdu de vue depuis quelques années se trémousse en compagnie d’autres personnes. La chanson aussi date d’un certain nombre d’années. Une vingtaine. Le tube fut un succès en son temps. On ne l’a pas écouté pendant plusieurs années. Maintenant, il est à nouveau d’actualité.

Ce mercredi 17 mai 2005, il est environ 8h30. Dans le cadre de l’émission Bonjour, diffusée sur les antennes de la Cameroon Radio and Television (Crtv), on a choisi de rappeler au bon souvenir des téléspectateurs un succès d’hier. "Succès d’hier", c’était déjà le titre d’une émission présentée sur ces mêmes antennes, il y a quelques mois, par Haoua Adji Garga. L’idée consistait à repasser des clips vieux de plusieurs années, et qui avaient connu un certain succès. L’occasion donc de revoir des oeuvres de Misse Ngoh François, Emile Kangué, Maurice Njoumé, ou encore Djene Djento.
D’autres médias, les radios principalement, ont suivi cette mode qu’on pourrait qualifier de retro. Une façon de satisfaire une certaine attente du public camerounais qui est subitement devenu nostalgique. "Moi je préfère les anciennes chansons à celles que l’on fait aujourd’hui", affirme Alexis. A 28 ans, on se serait pourtant attendu au contraire. On se serait attendu à le voir, plutôt que de frédonner des airs de Fela et de Prince Nico Mbarga, s’émerveiller sur des musiques actuelles.

Dans un bar situé au carrefour Emombo, il est tard dans la nuit et certains promeneurs attardés se sont arrêtés pour épancher leur soif. Le barman ne se faitpas prier. Pour agrémenter le séjour de ses hôtes, il met de la musique. Celle qui sort des haut parleurs installés àcôté du comptoir a une qualité de son légèrement altérée. On reconnaît la voix de Nkotti François et quelques airs bien connus des Black Styls, un groupe qui a pendant longtemps été au sommet de la musique camerounaise. Emerveillé, l’un des clients se renseigne sur l’origine du disque. Le barman lui présente une pochette d’un Cd piraté. Ils courrent actuellement les rues des villes camerounaises et se vendent bien moins cher que les oeuvres originales. Ce phénomène de la piraterie n’est donc pas étranger au fait que plusieurs oeuvres anciennes sont aujourd’hui remises au goût du jour.

Piraterie
C’est d’ailleurs ce que nous explique un vendeur de Cd piratés : "On les transfère à partir des vinyls. Lorsqu’un album a marché à l’époque, on peut le retrouver sur vinyl et le transférer ensuite sur Cd." Il indique cependant que si dans les débits de boisson, bars dancing et autres lieux publics, la musique des années 60, 70 et 80 est remise au goût du jour, la demande, auprès des vendeurs n’est pas vraiment forte.
"Les clients ne demandent pas les anciens succès plus qu’un autre type de musique. Mais, c’est dû au fait qu’ils ne savent pas toujours qu’on peut trouver cette musique sur Cd. Lorsque certaines personnes voeint des Cd de Misse Ngo ou d’autres anciens, ils sont surpris et les achètent. Il ne s’agit pas seulement de la musique camerounaise. Des groupes comme les Beatles intéressent également les gens."

Selon ce vendeur ambulant de Cd, les artistes qui ont la côte ces jours-ci dans la catégorie des anciens succès, sont Ekambi Brillant (dont les pirates ont mis sur le marché deux compilations) et Charlotte Mbango (le best). L’évolution technologique qui a permis de récupérer les anciens succès, mais qui a aussi accentué le phénomène de la piraterie, n’est pas le seul élément qui a rappelé ces musiques aux consommateurs.
Il y a bien sûr les personnes d’un certain âge qui se souviennent de leur jeunesse et pensent que c’est à cette époque-là que s’est faite la meilleure musique. C’est le cas de Célestin Owona qui déclare : "Aujourd’hui, les musiciens ne travaillent plus assez et les chansons sont bricolées. Même celles qui marchent ne durent pas bien longtemps."
Cet argument de la qualité des oeuvres servies aujourd’hui est valable pour une certaine catégorie d’artistes. Il rentre surtout dans un environnement global de baisse de niveau. Il y a un autre élément qu’il faut également tenir en compte dans cette résurgence d’anciens succès, c’est le phénomène des reprises et des pots pourris.

Il y a quelques années, deux grandes expériences ont pariculièrement bien marché. Celle de la Bible du makossa, initiée par Edgard Yonkeu, et qui était une compilation d’anciennes chansons reprises. Une expérience similaire a été initiée par Aladji Toure : le testament du makossa. Tous ces deux projets ont été produits en différents volumes et ont grandement contribué à cette remise au goût du jour des anciens succès.
Par la suite, l’option a changé et les mélomanes ont voulu retrouver ces oeuvres originales, entendre de nouveau les voix des Black Styls, de Tala André Marie, de Toto Guillaume ; les guitares de Manulo, la basse d’Aladji Touré. Et ça dure… en attendant le reveil de la musique d’aujourd’hui ?

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Les anciens succès sont de plus en plus écoutés par les consommateurs camerounais.
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L’image a gardé toute sa qualité, malgré le poids des années. Solo Muna, artiste musicien camerounais perdu de vue depuis quelques années se trémousse en compagnie d’autres personnes. La chanson aussi date d’un certain nombre d’années. Une vingtaine. Le tube fut un succès en son temps. On ne l’a pas écouté pendant plusieurs années. Maintenant, il est à nouveau d’actualité.

Ce mercredi 17 mai 2005, il est environ 8h30. Dans le cadre de l’émission Bonjour, diffusée sur les antennes de la Cameroon Radio and Television (Crtv), on a choisi de rappeler au bon souvenir des téléspectateurs un succès d’hier. "Succès d’hier", c’était déjà le titre d’une émission présentée sur ces mêmes antennes, il y a quelques mois, par Haoua Adji Garga. L’idée consistait à repasser des clips vieux de plusieurs années, et qui avaient connu un certain succès. L’occasion donc de revoir des oeuvres de Misse Ngoh François, Emile Kangué, Maurice Njoumé, ou encore Djene Djento.
D’autres médias, les radios principalement, ont suivi cette mode qu’on pourrait qualifier de retro. Une façon de satisfaire une certaine attente du public camerounais qui est subitement devenu nostalgique. "Moi je préfère les anciennes chansons à celles que l’on fait aujourd’hui", affirme Alexis. A 28 ans, on se serait pourtant attendu au contraire. On se serait attendu à le voir, plutôt que de frédonner des airs de Fela et de Prince Nico Mbarga, s’émerveiller sur des musiques actuelles.

Dans un bar situé au carrefour Emombo, il est tard dans la nuit et certains promeneurs attardés se sont arrêtés pour épancher leur soif. Le barman ne se faitpas prier. Pour agrémenter le séjour de ses hôtes, il met de la musique. Celle qui sort des haut parleurs installés àcôté du comptoir a une qualité de son légèrement altérée. On reconnaît la voix de Nkotti François et quelques airs bien connus des Black Styls, un groupe qui a pendant longtemps été au sommet de la musique camerounaise. Emerveillé, l’un des clients se renseigne sur l’origine du disque. Le barman lui présente une pochette d’un Cd piraté. Ils courrent actuellement les rues des villes camerounaises et se vendent bien moins cher que les oeuvres originales. Ce phénomène de la piraterie n’est donc pas étranger au fait que plusieurs oeuvres anciennes sont aujourd’hui remises au goût du jour.

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C’est d’ailleurs ce que nous explique un vendeur de Cd piratés : "On les transfère à partir des vinyls. Lorsqu’un album a marché à l’époque, on peut le retrouver sur vinyl et le transférer ensuite sur Cd." Il indique cependant que si dans les débits de boisson, bars dancing et autres lieux publics, la musique des années 60, 70 et 80 est remise au goût du jour, la demande, auprès des vendeurs n’est pas vraiment forte.
"Les clients ne demandent pas les anciens succès plus qu’un autre type de musique. Mais, c’est dû au fait qu’ils ne savent pas toujours qu’on peut trouver cette musique sur Cd. Lorsque certaines personnes voeint des Cd de Misse Ngo ou d’autres anciens, ils sont surpris et les achètent. Il ne s’agit pas seulement de la musique camerounaise. Des groupes comme les Beatles intéressent également les gens."

Selon ce vendeur ambulant de Cd, les artistes qui ont la côte ces jours-ci dans la catégorie des anciens succès, sont Ekambi Brillant (dont les pirates ont mis sur le marché deux compilations) et Charlotte Mbango (le best). L’évolution technologique qui a permis de récupérer les anciens succès, mais qui a aussi accentué le phénomène de la piraterie, n’est pas le seul élément qui a rappelé ces musiques aux consommateurs.
Il y a bien sûr les personnes d’un certain âge qui se souviennent de leur jeunesse et pensent que c’est à cette époque-là que s’est faite la meilleure musique. C’est le cas de Célestin Owona qui déclare : "Aujourd’hui, les musiciens ne travaillent plus assez et les chansons sont bricolées. Même celles qui marchent ne durent pas bien longtemps."
Cet argument de la qualité des oeuvres servies aujourd’hui est valable pour une certaine catégorie d’artistes. Il rentre surtout dans un environnement global de baisse de niveau. Il y a un autre élément qu’il faut également tenir en compte dans cette résurgence d’anciens succès, c’est le phénomène des reprises et des pots pourris.

Il y a quelques années, deux grandes expériences ont pariculièrement bien marché. Celle de la Bible du makossa, initiée par Edgard Yonkeu, et qui était une compilation d’anciennes chansons reprises. Une expérience similaire a été initiée par Aladji Toure : le testament du makossa. Tous ces deux projets ont été produits en différents volumes et ont grandement contribué à cette remise au goût du jour des anciens succès.
Par la suite, l’option a changé et les mélomanes ont voulu retrouver ces oeuvres originales, entendre de nouveau les voix des Black Styls, de Tala André Marie, de Toto Guillaume ; les guitares de Manulo, la basse d’Aladji Touré. Et ça dure… en attendant le reveil de la musique d’aujourd’hui ?

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Ce mercredi 17 mai 2005, il est environ 8h30. Dans le cadre de l’émission Bonjour, diffusée sur les antennes de la Cameroon Radio and Television (Crtv), on a choisi de rappeler au bon souvenir des téléspectateurs un succès d’hier. "Succès d’hier", c’était déjà le titre d’une émission présentée sur ces mêmes antennes, il y a quelques mois, par Haoua Adji Garga. L’idée consistait à repasser des clips vieux de plusieurs années, et qui avaient connu un certain succès. L’occasion donc de revoir des oeuvres de Misse Ngoh François, Emile Kangué, Maurice Njoumé, ou encore Djene Djento.
D’autres médias, les radios principalement, ont suivi cette mode qu’on pourrait qualifier de retro. Une façon de satisfaire une certaine attente du public camerounais qui est subitement devenu nostalgique. "Moi je préfère les anciennes chansons à celles que l’on fait aujourd’hui", affirme Alexis. A 28 ans, on se serait pourtant attendu au contraire. On se serait attendu à le voir, plutôt que de frédonner des airs de Fela et de Prince Nico Mbarga, s’émerveiller sur des musiques actuelles.

Dans un bar situé au carrefour Emombo, il est tard dans la nuit et certains promeneurs attardés se sont arrêtés pour épancher leur soif. Le barman ne se faitpas prier. Pour agrémenter le séjour de ses hôtes, il met de la musique. Celle qui sort des haut parleurs installés àcôté du comptoir a une qualité de son légèrement altérée. On reconnaît la voix de Nkotti François et quelques airs bien connus des Black Styls, un groupe qui a pendant longtemps été au sommet de la musique camerounaise. Emerveillé, l’un des clients se renseigne sur l’origine du disque. Le barman lui présente une pochette d’un Cd piraté. Ils courrent actuellement les rues des villes camerounaises et se vendent bien moins cher que les oeuvres originales. Ce phénomène de la piraterie n’est donc pas étranger au fait que plusieurs oeuvres anciennes sont aujourd’hui remises au goût du jour.

Piraterie
C’est d’ailleurs ce que nous explique un vendeur de Cd piratés : "On les transfère à partir des vinyls. Lorsqu’un album a marché à l’époque, on peut le retrouver sur vinyl et le transférer ensuite sur Cd." Il indique cependant que si dans les débits de boisson, bars dancing et autres lieux publics, la musique des années 60, 70 et 80 est remise au goût du jour, la demande, auprès des vendeurs n’est pas vraiment forte.
"Les clients ne demandent pas les anciens succès plus qu’un autre type de musique. Mais, c’est dû au fait qu’ils ne savent pas toujours qu’on peut trouver cette musique sur Cd. Lorsque certaines personnes voeint des Cd de Misse Ngo ou d’autres anciens, ils sont surpris et les achètent. Il ne s’agit pas seulement de la musique camerounaise. Des groupes comme les Beatles intéressent également les gens."

Selon ce vendeur ambulant de Cd, les artistes qui ont la côte ces jours-ci dans la catégorie des anciens succès, sont Ekambi Brillant (dont les pirates ont mis sur le marché deux compilations) et Charlotte Mbango (le best). L’évolution technologique qui a permis de récupérer les anciens succès, mais qui a aussi accentué le phénomène de la piraterie, n’est pas le seul élément qui a rappelé ces musiques aux consommateurs.
Il y a bien sûr les personnes d’un certain âge qui se souviennent de leur jeunesse et pensent que c’est à cette époque-là que s’est faite la meilleure musique. C’est le cas de Célestin Owona qui déclare : "Aujourd’hui, les musiciens ne travaillent plus assez et les chansons sont bricolées. Même celles qui marchent ne durent pas bien longtemps."
Cet argument de la qualité des oeuvres servies aujourd’hui est valable pour une certaine catégorie d’artistes. Il rentre surtout dans un environnement global de baisse de niveau. Il y a un autre élément qu’il faut également tenir en compte dans cette résurgence d’anciens succès, c’est le phénomène des reprises et des pots pourris.

Il y a quelques années, deux grandes expériences ont pariculièrement bien marché. Celle de la Bible du makossa, initiée par Edgard Yonkeu, et qui était une compilation d’anciennes chansons reprises. Une expérience similaire a été initiée par Aladji Toure : le testament du makossa. Tous ces deux projets ont été produits en différents volumes et ont grandement contribué à cette remise au goût du jour des anciens succès.
Par la suite, l’option a changé et les mélomanes ont voulu retrouver ces oeuvres originales, entendre de nouveau les voix des Black Styls, de Tala André Marie, de Toto Guillaume ; les guitares de Manulo, la basse d’Aladji Touré. Et ça dure… en attendant le reveil de la musique d’aujourd’hui ?

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