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Espace livres : La science se cherche dans l’épopée

Auguste Mbondé Mouangue s’intéresse à la littérature orale duala.
Léger Ntiga
– Sous le titre "Pouvoirs et conflits dans Jèki la Njambè", un travail de recherche qu’il publie, Auguste Léopold Mbondé Mouangue pose a la fois le problème de la déperdition qui s’opère chez l’Africain qui reste de manière très prolongée au contact de la culture occidentale. Mais aussi, la question de la formation de l’informateur traditionnel, souvent face au conservatisme de la société archaïque. Le dernier thème abordé par l’auteur est celui de l’initiation du chercheur. Pour lui, l’accès à ce cercle fermé dans la société duala reste très actuel.

L’étude que mène Auguste Mbondé révèle certaines limites du dialogue des cultures. L’objet de son travail de recherche:,l’épopée, la spécialisation qu’il choisit, la littérature comparée et la société dans laquelle se déroulent les faits relatés ,entretiennent et font re-surgir certains débats qualifiés d’anciens par certains courants de la littérature. Il en est du conflit de génération, de la puissance du sorcier, comme de la magie. "Pouvoirs et conflit dans Jèki la Njambè", c’est aussi la balade dans les arcanes de la culture sawa, la maîtrise du conte, et surtout l’authenticité du rendu du texte de l’épopée. Pour mettre en exergue ce dernier élément de la richesse des 382 pages du texte classique au style simple de Auguste Mbondé, l’auteur oppose trois versions de la même épopée.

La version de Manga Bekombo qui repose sur la performance du diseur virtuose, Jo Diboko’a Kollo du quartier Bonabéri. La mise en scène de ce fils du clan Bell est recueillie en 1969 et éditée en 1993 par le chercheur Manga Bekombo. Cette version de l’épopée objet du travail de M. Mbondé est la plus connue en Europe contrairement au Cameroun où elle est la moins connue. L’auteur reproche à Manga Bekombo de s’être installé dans "la situation inattendue de défenseur correcteur de la langue d’arrivée plus tôt que dans celle souhaitée et commandée, c’est-à-dire de traducteur tout simplement fidèle". A cette version, succède la version de Libermann. Elle est pour l’auteur la plus longue, rigoureuse et la plus aboutie en tant qu’elle convoque les deux univers de la représentation mentale des Bantous. Il s’agit du monde sensible et donc humain. Où le héros, Jèki, fils de Njambè’a Inono, le dernier maillon d’une famille maudite, parvient, au fil des victoires sur ses adversaires ,au rang de notable.

La version de Elolonguè Epanya Yondo, qui date de 1971, est la première occurrence textuelle de cette épopée qui attire Lilyan Kesteloot alors enseignant à l’université de Yaoundé. Le chercheur Auguste Mbondé la qualifie de version inaboutie. Pour lui, en tant qu’elle est différente des autres, elle est inspirée de la littérature (surréalisme) et des images nostalgiques d’un pays natal en prise aux crises des époques coloniales. "Le héros ici se trouve au confluent des deux mondes (visible et invisible)". Pour tout dire, le héros de Elolongue Epanya Yondo se situe au carrefour de plusieurs époques.
Le texte préfacial du père Eric de Rosny magnifie la richesse de l’étude menée par Auguste Mbondé, dont l’analyse restitue la beauté du drame de la famille de Jèki. En effet, le grand père du héros est tué par les siens pour pratiques de sorcellerie, son père est obligé de fuir le village pour en fonder un nouveau, cependant que le fils, héros devant l’Eternel, est doué de capacités extraordinaires qui bousculent l’ordre social établi grâce à une mère elle aussi sorcière. L’ouvrage présenté par Lilyan Kesteloot n’ignore pas en boucle l’éternel conflit entre le clan (groupe) et chaque membre individuellement pris. Tout ce ceci fait "Pouvoirs et conflit dans Jèki la Njambè", une "belle étude sociocritique".

Quotidienmutations

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Moteur : Dix ans, quel bel âge !

Le Festival Ecrans Noirs a grandi au fil des éditions.
Jules Romuald Nkonlak


Ce pourrait être un film. Une histoire qui commence par un rêve, une idée qui grandit progresivement, pour devenir un rendez-vous courru, aussi bien des cinéphiles, des personnes impliquées dans l’activité cinématigraphique, que du grand peuple en général. Le Festival Ecrans Noirs est devenu au fil des ans, un cadre privilégié de diffusion et de promotion du cinéma africain et francophone dans la sous-région Afrique Centrale.
Cette année, il est rendu à sa dixième édition et déjà, on peut se rendre compte du chemin parcouru depuis le début. Cette année, à Yaoundé, on pourra le vivre à travers certains films. A travers des images, on se souviendra d’un moment, d’un geste, d’un homme. Et on pourra se dire que le temps passe vite.
C’est en 1997 que le rêve commence à se mettre en place, à devenir réalité. C’est la première édition du festival ecrans noirs. Et depuis lors, plus une année ne s’est pasée sans que les populations de la ville de Yaoundé ne remarque le mouvement qui, entre mai et juin, s’est installé à l’arrière du centre culturel français : le chapiteau de célèbre renommée.

Une affaire d’images, une affaire de salle, mais surtout une affaire d’hommes. Ces passionnés de cinéma conduits par le cinéaste Bassek ba Kobhio qui ont mûri l’idée du festival à travers l’association Terre africaine.
Créé en 1995, elle s’est donnée pour objectif principal la diffusion des œuvres cinématographiques africaines dans six pays d’Afrique centrale : le Cameroun, le Gabon, le Congo Kinshasa, le Congo Brazzaville, la République Centrafricaine et le Tchad. Ecrans Noirs a ainsi réussi depuis 1995 à diffuser près de 125 films africains, et organise depuis juin 2004 des projections en vidéo numérique sur grand écran dans les zones rurales et les écoles.
Une affiare d’hommes qui se sont illustrés dans le monde du cinéma, partout dans le monde, et que les Ecrans noirs ont pu amener au Cameroun. Ils s’appellent Sembene Ousmane, Idrissa Ouedraogo, Cheick Doukouré, Gaston Kaboré, Henri Duparc, Cheick Omar Sissoko, mais aussi Audrey Tautou, Patrick Grandperret…

Une affaire de films aussi qui se sont taillés une place de choix dans les mémoires des visiteurs du désormais célèbre festival. "Les couilles de l’éléphant", le film du Gabonais Bididi Koumba, avec la belle franco-Ivoirienne Nadège Beausson-Diagne, et dont le titre faisait pouffer de rire. Le Fleuve de Mama Keita, Chocolat de Claire Denis, Moi et mon blanc de Pierre Yaméogo, pour ne citer que quelques moments inoubliables, quelques arrêts obligatoires d’une histoire qui est en train de s’écrire.
On a attendu un moment l’entrée des films camerounais, qui s’est faite après plusieurs éditions. Depuis lors, ils sont présents, et cette année encore, on pourra se faire une idée de ce qui se fait au Cameroun en matière de cinéma. Sans oublier bien sûr, comme d’habitude ces films africains de renom, à commencer par Tsotsi, du Sud-africain Gavin Hood, qui ouvrira demain la 10e édition des Ecrans noirs. On annonce aussi Congo River de Thierry Michel, Les Saignantes de Jean Pierre Bekolo, Sisters in law Florence Ayissi et Kim Longinotto, qui seront, certainement, autant de moments forts de cette édition.

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